Ordre, Vide et Chaos

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Message par DALOKA le Ven 16 Aoû - 14:37

Chapitre II


La rage envahissait l'esprit de Ralph, cette femme l'avait dupé, fait de lui un monstre et revenait toujours le harceler... Il ne pouvait plus supporter ça. Le chasseur de monstres sorti son épée et se jeta sur la vampire afin de la décapiter, mais bien sur ça ne marchait pas, son bras ne pouvait plus bouger alors que sa lame était à quelques centimètres du cou de sa cible, c'était toujours pareil, il ne pouvait pas la frapper. C'était si frustrant d'avoir la cause de tout son malheur en face de lui et d'être impuissant alors qu'il avait été entraîné à tuer ces aberrations.

- Toujours aussi brutal à ce que je vois... Après trois années tu devrais savoir qu'essayer de m'agresser est inutile, je suis toujours au dessus, tu sais? Lâcha t-elle dans un rire mesquin en caressant la joue de Ralph immobilisé.

-Cause toujours... Un jour je te tuerais et je prendrais un malin plaisir à planter ta tête sur un pieu! Hurla t-il, tentant de se mouvoir en vain.
-Eh bien? Ce n'est pas bien tu sais, on ne parle pas comme ça à une dame.
-Pourquoi tu me suis tout le temps et qu'est ce que tu veux de moi? Pourquoi tu ne m'as pas transformé en esclave si tu en a le pouvoir depuis le début?
Refinia leva les yeux au ciel, réfléchissant d'un air pensif tout en s'éventant avec son éventail, puis elle sourit et claqua des doigts, un parapluie noir apparu alors dans sa main gauche, elle le déploya alors.
-Que dirait tu d'une petite course poursuite? Si tu m'attrape, je veux bien te le dire.


Tout à coup la vampire s'envola, flottant à un mètre du sol, et recula alors. Ralph put de nouveau bouger, et il devait faire quoi? Faire une course poursuite avec une vampire volante dans la forêt... Il se demandait souvent quel âge mental avait cette femme... Il n'avait néanmoins pas le temps de penser à ça, si il voulait des réponses, il devait battre Refinia à son propre jeu. Ralph se mit donc à poursuivre la vampire, elle volait et lui il devait courir, c'était un peu injuste mais il se doutait bien que ce n'était qu'un divertissement pour elle, en étant immortel on finit par s'ennuyer sans doute... Cependant il ne voulait pas être un jouet pour une gamine de plusieurs siècles. Refinia se mit à rire, si elle le voulait elle pouvait s'envoler bien plus haut là ou il ne pourrait jamais la rattraper, mais ce ne serait pas drôle. Alors qu'elle comptait bien faire durer cette course poursuite jusqu'au matin, elle fit une grossière erreur: ne pas faire attention à ce qu'il y avait derrière elle. Ainsi elle fut bloquée par l'arbre se trouvant dans son dos, Ralph en profita alors pour se jeter sur elle et la maintenir au sol.

-Damnation, au secours, au viol! Hurla Refina en frappant Ralph de son éventail.
-Tu ne peux pas être sérieuse deux minutes? Soupira le chasseur de monstre en se levant. J'ai gagné, tu me dois des réponses à présent. Pour commencer, pourquoi m'as tu transformé en vampire et pas en une chose comme une goule?
La Vampire ne semblait pas vraiment enthousiaste à l'idée de devoir parler mais s'y résigna, la défaite était due à son insouciance alors elle devait l'assumer.
-Parce que j'ai besoin de te garder en vie bien sur, tu dois devenir mon servant.
-Encore ça?... Et ce n'est pas plus simple de me soumettre avec tes pouvoirs si tu tiens tant à ce que je t'obéisse?
-Ca n'a aucun intérêt si tu ne le deviens pas de ton plein gré.
-Je ne vais pas essayer de comprendre ta logique... Il y a autre chose, n'est ce pas?

Refinia hésita à parler, de toute évidence elle n'y tenait pas, mais elle finit par lâcher:
-De toute façon le moment approche alors autant que je t'éclaire... Tu est une pièce importante d'un certain plan qui ne concerne pas que moi. Elle comptait s'arrêter là mais continua devant l'attitude insistante de Ralph qui n'avait pas du tout compris ou elle voulait en venir. Comment dire... Ah voilà, tu connais bien un homme du nom de Vandeir Dreke? Celui qui t'as vaincu une fois?
En effet il le connaissait, Dreke, un homme barbare qui méprisait les faible, il l'avait combattu plusieurs fois sans jamais gagner. Il le défiait car il ne supportait pas sa manière de pensée, pour lui les forts devraient protéger les faibles, et la force ne devait pas être utilisée pour un usage personnel. Il espérait que quelqu'un qui ne jurait que par le combat l'écouterait peut-être si il était vaincu, enfin, c'était sans doute un peu idiot de sa part. Il savait très bien qu'il ne pouvait pas se mêler des affaires des autres comme ça, et que changer les gens était bien plus difficile que les tuer... Il n'était qu'un enfant qui rêvait d'un monde juste et bon. Mais là n'était pas le sujet, si il pouvait obtenir des réponses, il devait les avoir, peu importe le moyen. Il confirma donc les dires de Refinia d'un signe de tête.

-Très bien! Alors rencontre le à nouveau, défie le à nouveau, et peut-être que là je te dirais tout... Ca m'arrangerais même si tu le tue, en fait.
-Et tu sais ou le trouver?
Comme pour répondre à sa question, une petite chauve souris se posa à l'envers sur l'index de la vampire qui esquissa un sourire, puis la bestiole alla sur la tête de Ralph.
-Prend la donc avec toi, elle sait ou se trouve Dreke et t'y mènera, évite de te faire tuer aussi.
Alors que Ralph allait poser d'autres question, elle se dématérialisa aussitôt. Ca ne lui plaisait vraiment pas d'être aidé par les pouvoirs des créatures qu'il avait juré d'exterminer, mais il devait avoir des réponse. L'animal se dirigea vers l'Est et Ralph se mit à le suivre, en quoi Dreke était il lié à cette histoire?


Le lendemain dans l'après midi, Dreke arrivait dans la petite ville de Chehor, située au nord de la région de Pithorn. Il avait malheureusement pour lui du dormir dehors car il n'y avait aucune auberge sur la route, enfin, c'était les aléas du métier et il y était habitué... Il portait un grand sac contenant ses vivres et un objet emballé, long et lourd, sa hache. Le mercenaire avança donc dans les rues de Chehor, cherchant des yeux une auberge ou il pourrait se reposer, profiter d'un sommeil et d'un repas convenable, boire de la bonne boisson, enfin bref, tout ce qu'un voyageur demande. Soudain il sentit que quelque chose clochait, il était suivit par une personne. Depuis combien de temps? Il ne le savait pas, et vu qu'il n'était pas doué pour repérer les gens, cette personne pouvait très bien le suivre depuis longtemps.
Quoiqu'il en soit, il n'aimait pas trop ça et comptait bien lui toucher quelques mots. Il se retourna donc et l'observa mieux, une personne encapuchonnée qui évitait de montrer son visage, et semblait t'il une femme. Il s'approcha d'elle, cette femme était grande vu qu'elle ne faisait qu'une dizaine de centimètre de moins que lui.

-Qu'est ce que tu me veux toi? Si tu es une fille de joie je ne suis pas d'humeur, peut-être plus tard.

La femme poussa alors un soupir et releva légèrement la tête pour dévoiler son visage à Dreke. C'était une femme dans la vingtaine aux cheveux noirs aux yeux bridés, une Bérilienne ce qui expliquait surement pourquoi elle cachait son visage , mais elle était extrêmement belle, plus belle que toute les femmes avec qui il avait put coucher, du moins selon sa mémoire -assez sélective en fait-.

-Finalement je suis pour, combien je te paye? Changea t-il d'avis en voyant la beauté de la fille, cependant à ce moment là la femme sortit un katana, un sabre Bérilien.
-Pour qui me prend tu, traître? Répliqua t-elle avec colère avant de ranger son arme, repensant qu'on risquait de la remarquer vite.
-Bon d'accord t'es pas une prostituée, mais t'es qui alors bordel et qu'est ce que tu me veux? Demanda Dreke en durcissant ses traits, perdant patience.
-Tu ne me reconnais même pas? Je fais partie de ta famille je te rappelle, du moins ce qui était ta famille.
Le guerrier devina alors que c'était une membre de son ancien clan, mais qui? Inutile d'essayer de s'en souvenir, il avait mauvaise mémoire et il avait bien trop de frères et soeurs pour se souvenir de tout le monde.
-Mon nom est Lucia, t'en souviens tu maintenant? Fit la Bérilienne, voyant que son interlocuteur n'était pas très actif.
-Non. Répondit purement et simplement Dreke, tout en se creusant la tête pour savoir qui c'était... Il ne pouvait avoir qu'une seule Lucia dans son clan, et cela lui revint à l'esprit. Ah oui! Tu es l'un des gosses que je m'amusait à martyriser à l'époque! Dit il en riant de son rire grave. C'était le bon vieux temps!
Lucia serra les poings, ce n'était pas vraiment la peine de lui parler de cette période humiliante ou elle et ses amis étaient impuissants face à un jeune adulte déjà aussi fort qu'un guerrier expérimenté. Un jour, cette brute avait bien failli la tuer car il ne contrôlait pas sa force...
-Je suis venue ici pour te défier en duel dans la tradition Bérilienne et reprendre Yukkikaze.
-Ouais, ouais... J'ai déjà tué deux gars du clan et j'en ai vaincu 3 autres, tu es sure de vouloir y passer? T'es un peu jeune pour me défier quand même...
-Peu m'importe, allons dans un endroit plus approprié, je sais très bien que tu n'es pas du genre à refuser les défis, tu es bien trop fier pour ça.


Ainsi Dreke suivit sa petite soeur hors de la ville, jusqu'à une petite clairière ou il n'y avait personne, une fois arrivé, le guerrier déposa ses affaire à terre. Elle retira alors sa cape, la beauté n'était pas une qualité spécialement reconnue à Bérilion, il n'empêche que Lucia a toujours été une femme magnifique dans son pays. De taille élancée et dotée d'une poitrine opulente ainsi que d'un superbe visage, Lucia possédait des yeux d'un noir profond comme le vide et de longs cheveux noirs tombant jusqu'au bas de son dos. Elle portait une robe noire fendue sur les deux côté, ainsi qu'une paire de sandales de son pays. Sur son bras gauche était dessiné un tatouage symbolisant un serpent s'enroulant autour de ce bras. Devant cette magnifique créature, Dreke ne put s'empêcher de siffler, ce qui eu pour effet de vexer Lucia.
-Je suis ta soeur, je te rappelle...
-Adoptive, et d'ou tu te permet de faire des réflexions à ton aîné?
-Tu es un traitre au clan!
Se fâcha Lucia. Je n'ai aucune raison de te respecter d'une quelconque manière!
La jeune femme sortit alors son sabre, le mercenaire sourit, il allait enfin s'amuser dans ce voyage barbant, et l'idée de pouvoir donner une leçon à son ancienne famille une fois de plus n'était pas pour le déplaire. Dreke sortit son épée, une épée à une main relativement longue, au manche et à la lame noire comme le charbon, gravée de motifs anciens, sertie d'un joyau pourpre, une véritable oeuvre d'art pour le guerrier. Par dessous tout il appréciait collectionner les armes, et cette épée qu'il avait surnommée Luxuria était l'une de ses favorites. Il l'avait nommée ainsi suite à une affaire qui serait inutile d'expliquer, c'était au passage la raison pour laquelle il était recherché à Haynailia, des détails tout ça...
-Je vais t'apprendre à respecter tes ainés... Dit Dreke en se mettant en garde. Je vais essayer de ne pas te tuer, ce serait une perte d'enlever la vie à une si belle femme, n'est ce pas?
-Passons aux choses sérieuses... Tu te souviens des paroles?
-Bien sur, ils ont mit 5 ans à me les faire retenir, pense bien que je m'en souviens encore...


Lucia et Dreke avaient étés tout deux été élevés dans le clan Nerimazu, à Bérilion. Quand deux membre d'un même clan croisaient le fer, il était de coutume de faire un rituel plus ou moins simple avant ce dernier. Chaque clan disposait d'un rite unique, celui des Nerimazu était on ne peut plus simple.
Gardant leur armes dégainées mais ne montrant aucune hostilité, les deux adversaire se mirent face à face à une dizaine de mètres d'écart, puis s'avancèrent tout deux. Ils continuèrent de marcher jusqu'à ce qu'ils passent dans le dos de l'autre pour finir dos à dos. Ils dirent alors en choeur l'ancienne prière, celle qui dans la légende fut dite par les héros Fuen'Shi et  Loen avant leur duel sanglant.

Sanken, Havir, Kul'Ziang, aujourd'hui nous combattons, pour nos âmes et pour nos coeur, pour notre honneur, pour notre victoire. Aujourd'hui par le fer, afin de connaitre une gloire éternelle, notre sang nous vous offrons. Baeng'Tun, ou que nous soyons, regarde nous, car nous te donnons notre chair et nos os, observe nos lames se déchaîner et la terre se teinter de rouge, et en ce jour sanglant... Juge nous!
Une fois les derniers mots prononcés, les adversaires se retournèrent rapidement et donnèrent tout deux un coup de leurs armes qui s'entrechoquèrent. Ce type de duel pouvait tout aussi bien se finir en une seule seconde.
Lors de ce coup Lucia se rendit compte à quel point la différence de force physique entre elle et Dreke était grande, il tenait sa lame à une main, elle à deux, et ce dernier ne faiblissait pas d'un pouce. Mais cela ne voulait pas dire qu'elle ne pouvait pas gagner, elle avait toujours été effrayée par cet homme mais elle était adulte à présent, c'était une digne guerrière Bérilienne et si elle tuait le traître, elle serait digne d'arriver à la tête du clan.

Lucia recula d'un pas pour enchaîner avec une autre attaque à l'horizontale visant le flanc droit de Dreke, il para ce coup une fois encore sans difficulté. Le traître répondit alors par un coup en diagonale que son adversaire bloqua, cependant la force de ce dernier la fit reculer. Après un autre échange, Lucia comprit qu'elle n'a avait aucune chance de le vaincre en s'y prenant ainsi, elle feinta alors un coup visant les jambes puis bondit pour donner un coup de genou dans le visage de Dreke qui recula alors, la main sur la mâchoire. Un filet de sang s'échappa de la bouche du mercenaire, il l'essuya de sa main gantée et sourit alors.
-Oui... C'est ça que j'attend! Dit il plus pour lui même qu'autre chose. Les Bériliens étaient un peuple guerrier, mais peu prenaient du plaisir à combattre comme Dreke, bien que le véritable plaisir était d'écraser l'adversaire. Ce dernier chargea et donna un coup à l'horizontale avec une force furieuse en utilisant ses deux mains, Lucia eu bien du mal à bloquer ce coup, il frappait avec une telle force qu'elle croyait que sa lame ou ses bras allaient se briser. La guerrière Bérilienne se décala sur le côté pour tenter une attaque qui fut esquivée, Dreke fit alors un coup d'estoc qu'elle évita de peu, récoltant tout de même une blessure à la hanche. Lucia riposta en visant sa tête avec un coup à la verticale mais son adversaire se décala sur le coté et la lame ne fit que frapper son épaulette qui bien qu'usée par le temps était drôlement solide, le mercenaire en profita alors pour attraper le bras droit de son ennemie, qui se dégagea rapidement en repoussant ce dernier d'un coup de genou en dessous de la ceinture. Lucia recula d'un bond en arrière, pendant que le borgne ruminait à cause de la douleur, il releva la tête, la colère brillant dans son oeil.
-Il y a des chose à ne pas faire, "petite soeur"... Grogna Dreke avant de se lancer dans une charge furieuse, frappant Lucia de toute de sa force ce qui la força à esquiver rapidement avant de se faire trancher en deux, il donna un autre coup à l'horizontale et elle se baissa pour l'éviter. La, c'était le moment ou elle avait une ouverture; avant que son adversaire ne puisse replacer sa garde, elle fit un coup en diagonale sur la partie supérieure de son corps. Malheureusement elle avait raté, le mercenaire avait eu le réflexe de reculer à temps, néanmoins il en avait récolté une blessure au torse qui saignait avec abondance, cependant il ne semblait gère s'en soucier. Dreke a toujours été plus résistant qu'un homme normal, ce n'était pas pour rien qu'on le surnommait "le monstre".
-On dirait que tu m'as pas touché assez profondément pour me tuer, dommage! S'écria Dreke avant de lancer un coup que Lucia para, cependant elle avait ses deux mains prises et lui avait sa main gauche libre, il frappa donc de suite sa soeur au visage, la faisant reculer de quelques pas. Le guerrier ne s'arrêta pas, il donna un coup de pied dans les jambes de la Bérilienne pour la faire chuter, mais elle réussi à reprendre son équilibre et à ne pas tomber. Ne lui laissant pas le temps de se remettre, Dreke attrapa Lucia par les cheveux et l'étala ventre au sol avant d'appuyer sur son dos de son pied droit et de transpercer sa main droite de son épée afin d'empêcher toute riposte.
-Tu vois?J'ai gagné. Se vanta le traître, riant aux éclats de son rire grave, Lucia ne disait pas un mot mais bouillonnait de rage, elle avait avec cette défaite déshonoré son clan et elle même.
-Que fait tu faire maintenant monstre, me tuer, me violer?
-C'est pas l'envie qui me manque pour être sincère mais j'aimerais éviter que mes frères aînés aient de la rancune envers moi pour ça... Qui plus est tu m'as un peu amoché alors j'aimerais bander cette sale blessure avant de perdre trop de sang. Ne m'en veux pas trop, ce sera pour une prochaine fois.

-Parce que tu crois que je vais te laisser partir? J'ai encore ma main gauche, je peux encore te tuer! Je ne partirais pas tant que je n'aurais pas récupéré le sabre!
-Si tu y tient tant que ça à ramener cette arme, fais le, mais en tout cas je ne l'ai pas sur moi alors débrouille toi pour la trouver toi même.
Le guerrier ôta son épée et prit le soin de briser la jambe droite de Lucia d'un coup de pied pour éviter qu'elle n'insiste et ne le poursuive encore, il avait autre chose à faire que régler ses histoire de familles. Dreke assumait parfaitement sa trahison envers le clan Nerimazu qui n'était qu'une prison pour lui, peuplée de gens trop accrochés aux traditions pour se montrer logiques... Ils pouvaient reprendre leur arme si ils le voulaient, jamais il ne mourrait de leur main.
Ainsi Dreke repartit vers la ville pour trouver un médecin, laissant sa petite soeur ruminer sur son humiliante défaite... Il ne se doutait pas que ses ennuis n'étaient pas finis...
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Re: Ordre, Vide et Chaos

Message par DALOKA le Mer 21 Aoû - 19:39

Chapitre III

La plaine d'Urkhilf était le dernier obstacle à traverser pour Dreke avant la vaste forêt de Crawn, l'endroit était assez majestueux, mais aujourd'hui un terrible vent froid soufflait sur la plaine, faisant flotter sa cape usée au vent... Dreke n'aimait pas le froid, mais en vivant à Nurenuil, il était indispensable de s'en accommoder... Et l'humidité de son pays n'était de toute façon pas spécialement plus agréable. Le mercenaire vit alors avec surprise une personne sur son chemin dans ce désert vert, qui ne bougeait pas et semblait attendre quelque chose, il se demandait comment quelqu'un pouvait attendre calmement sans bouger par un temps pareil sans avoir peur de tomber immédiatement malade, bien que ce n'était pas vraiment son problème... Mais soudain, cette personne se tourna vers lui et commença à marcher à sa rencontre, c'était un homme... Armé, pâlichon, habillé en noir... Il l'avait déjà vu quelque part, il en était certain.

-Ainsi la chauve souris avait raison, tu passais bien par ce chemin... Dit Ralph.
-Excuse moi, on se connais? Demanda Dreke, vu que cette personne le tutoyait, cela voulait certainement dire qu'il l'avait déjà vu.
-Je m'appelle Ralph Friedsang, ça ne te dis rien?
Dreke se gratta le menton, pensif. Qu'est ce qu'elles avaient toutes, ces anciennes connaissances dont il ne se souvenait pas, à venir le déranger dans son voyage? C'est vrai qu'il avait la fâcheuse tendance de causer des problèmes là ou il passait, mais il n'en demandait pas tant.
Devant le silence du guerrier, Ralph sorti son épée. Il savait que si Dreke ne retenait pas vraiment les noms des personnes, il se souvenait clairement de leurs armes.


-Ah, tu es le pâlot! S'exclama t-il. J'aurais du te tuer, mais je préférais éviter que la garde s'en mêle... Tu reviens encore pour me défier?
-Exact.
-Quel mauvais perdant... Je n'ai pas envie de me battre contre quelqu'un que j'ai déjà écrasé une fois, mais ça me ferait mal d'ignorer un duel...

-Je ne peux pas supporter les gens comme toi qui pensent qu'ils peuvent tout se permettre car ils portent une arme.
-Encore ça?
Fit Dreke, c'est MA force, je l'utilise selon MON intérêt, je ne joue plus au chevalier servant. Pour moi vivre pour les autres, ce n'est pas vivre... Cependant, les discussions ne sont pas mon fort.
Alors le mercenaire sortit son épée noire. Je vais utiliser mon meilleur "argument" pour ce débat.

Le vent était toujours aussi puissant et faisait voler les cheveux des deux hommes et frissonner l'herbe à leur pieds. Les deux adversaires se fixaient, l'un arborait un arrogant et confiant sourire, certain de gagner une fois de plus, l'autre était en proie au doute. Il savait combien Dreke était redoutable, si il avait tendance à sous estimer ses adversaire et donc baisser sa garde, il devenait une véritable machine de guerre dès qu'il était sérieux. Ralph ne savait pas du tout si il était en capacité de le vaincre, mais il fallait bien essayer.
Dreke débuta le duel en chargeant l'épée en avant pour un coup d'estoc, Ralph esquiva donc sur le côté mais son opposant en profita pour lui faire un croche patte, le chasseur de monstre chuta donc en avant mais se rattrapa sur sa main gauche et se retourna pour contre attaquer avec un coup d'épée qui fut paré.

-Tu sais très bien que tu ne peux pas gagner, ricana Dreke pour provoquer Ralph, ce dernier ne répondit pas et se concentra sur le combat. Il commença par reculer d'un pas pour donner un autre coup, s'ensuivit un échange qui ne joua pas en faveur de Ralph. Dreke frappait vite et fort, et semblait inépuisable par dessus le marché, il lui fallait trouver un moyen de répliquer. Bien qu'il n'avait pas l'habitude de faire usage de ce genre de coups, il tenta de donner un coup de pied dans les jambes de son adversaires pour le faire chuter, mais les 1m95 de muscle du guerrier ne vacillèrent pas et il donna en réponse un puissant coup de coude dans la face de celui qui l'avait défié. Ne se décourageant pas, Ralph tenta un coup à la verticale mais il fut assez haut pour que Dreke puisse l'éviter en se baissant, ripostant en blessant le Friedsang assez gravement au bras gauche.
Etouffant un cri de douleur, Ralph ignora sa blessure pourtant profonde pour tenter une autre attaque, mais elle fut bloquée  et le mercenaire lui donna un violent coup de genou dans le ventre.
-Si tu veux vivre, c'est maintenant qu'il faut abandonner mon gars, proposa Dreke, Je t'ai laissé une seconde chance, il n'y en aura pas d'autre... Tu es un perdant, c'est comme ça.
Mais l'Haynailien était bien trop fier pour demander à son ennemi de l'épargner, alors en guise de réponse Ralph tenta un coup d'estoc vers les jambes de sa cible, mais il dévia le coup à l'aide de sa propre arme et l'épée ne fit que l'érafler à la cuisse.  Décidant d'en finir avec cet adversaire têtu, il donna un uppercut à ce dernier et lui transperça le torse de son épée noire comme le charbon, il ne savait pas si il avait touché le coeur mais même sans ça l'hémorragie le tuerait.
Ralph s'écroula sur le sol, des flots de sang s'échappant de sa poitrine. Dreke se baissa pour prendre l'arme du vaincu en guise de trophée et l'examina; une jolie pièce pour sa collection.
-L'âme des combattants réside dans les armes. Pâlot, je ne sais pas dans quel autre monde tu te réveillera, mais pense à y faire connaitre le nom de celui qui t'as envoyé.


Ainsi Dreke reprit sa route, victorieux, laissant "le Pâlot" à l'agonie. Ce dernier aurait peut-être aimé mourir en noble guerrier humain, mais il en fut décidé autrement. Privé de son épée Alanocte, Ralph perdait peu à peu son humanité pour redevenir ce qu'il était vraiment; un Vampire. Une fois que les rayons du soleil s'affaiblirent, sa blessure commença à guérir et la douleur était bien moins vive, mais il avait cette insoutenable envie de sang presque animale, il ne supportait pas ça... Il se sentait mourir tout en étant vivant, Ralph voulait rester humain. En peu de temps, toute ses blessures fut complètement guéries indépendamment de sa volonté.
Ralph ne bougeait pas, il regardait le ciel étoilé et l'astre lunaire, perdu dans ses pensées et déprimé par cette cuisante défaite. Que pouvait-il faire maintenant? C'était un vampire, un mort qui marche, il avait perdu sa chère humanité, sa famille, et sa fierté également, il sentait que son existence devenait futile...  Il attendait les explications de Refinia, car peut-être que sa réponse lui montrerait qu'il avait encore une raison de vivre.
Etrange coincidence, si c'en était une, la silhouette de la dame vampire lui apparu, il pouvait voir qu'elle le fixait avec un regard assez méprisant.

-Tu m'a déçue une fois de plus.
-Qu'est ce que ça pourrait bien me faire?
Dit Ralph en se relevant, Refinia lui tendit alors l'épée que Dreke lui avait prise en le pensant mort.
-Comment as tu eu ça?
-J'ai ordonné à un serviteur de la récupérer sans qu'il s'en rende compte, de toute façon, peu importe la méthode... Il n'est pas nécessaire que tu sache ça.
-D'accord, mais pourquoi me la rendre? Sans cet objet je suis un vampire à part entière.
-Je te l'ai dit, ce n'a aucun intérêt pour moi si tu ne l'accepte pas.

-Bref, tu m'as promis des explications, je ne voudrais pas m'être fait tué pour rien.
Refinia étendit son éventail et se mit à marcher dans la plaine en l'agitant, avant de commencer.
-Je vais essayer d'être clair... A tu entendu parler du monstre nommé Zigarne? Il n'est pas très connu à Haynailia. Il est apparu ici en Nurenuil il y a 1000 ans... C'étais un monstre écarlate à l'apparence de dragon, entouré en permanence de flammes rouges consumant toute magie ou matière. Chaque chose qu'il détruisait venait augmenter sa puissance, ainsi Zigarne grandit et saccagea l'est de Nurenuil avant de descendre en Bérilion... Alors qu'il était plus haut qu'une tour, il fut tué par une armée dirigée par les trois Héros Naaman, Arweld et Mark.
-Et en quoi cette légende est en rapport avec tout ça?...
-Laisse moi continuer jeune insolent! Cette créature était dotée d'une puissance inégalée, c'est pourquoi un mage de notre époque ambitionne de recréer pareil monstre... Il a découvert que la base pour créer Zigarne était un humain, mais pas n'importe quel humain, à force de recherches il a trouvé le sang idéal pour donner naissance à son jouet... Beaucoups étaient des ratés, sauf un... C'est l'homme que l'on connais sous le nom de Vandeir Dreke.
Il n'a pas conscience de sa nature et sa puissance est scellée en grande partie dans son armure, mais l'heure approche dangereusement et il va devenir Zigarne. Ce Mage dénommé Jigen sait parfaitement les conséquence d'une telle création, mais je crois qu'il manque cruellement de raison et de bon sens...

Ralph était plutôt perdu, cette histoire lui semblait tellement tirée par les cheveux... Néanmoins, il continua d'écouter.
-Moi et une autre personne avons décidé de remédier à ceci en créant une arme capable de vaincre Zigarne, cependant il y a seulement 3 personne dans ce monde pour les manier... Tu es l'une d'elle.
-Attend un peu là... Qu'est ce que j'ai de spécial?...

-Je n'en sais pas grand chose moi même... "L'autre" le sait, mais n'a rien voulu me dire... Dans tout les cas, nous avons besoin de toi pour manier l'épée.
-Je n'ai pas fini... Si Dreke est si... Dangereux, tuez le pendant qu'il est humain! Tu dois bien pouvoir le faire.
-Hum, selon l'autre, le tuer pendant qu'il est humain serait un crime... Une excuse bien fade à mon gout, mais je ne peux savoir ce qu'il a derrière la tête... J'ai bien essayé contre sa volonté mais je n'ai actuellement pas de serviteurs assez puissants et hors de question de me salir les mains.

-Qui est l'autre?
-Tu pose beaucoup trop de questions... On dirait un gosse. Et je n'ai pas à te le dire ça, tu verra bien si il veut se montrer.
Si tout se passe bien, cette arme va être ramenée au Temple Nerimazu à Bérilion, tu va y aller et prouver à ces macaques de Bériliens et à "l'autre" que tu es digne de porter cette arme. Je pense bien que c'est beaucoup d'un coup alors je te laisse du temps avant de partir.
Ralph allait poser une autre question mais, trop tard, elle avait déjà fuit en s'évaporant...
Ainsi il était une sorte d'élu? Il ne savait pas comment réagir à cela, mais il allait réfléchir à ça après un sommeil mérité... Tout ça lui semblait ridicule et il n'avait pas vraiment envie d'être impliqué dedans... Dreke avait peut-être raison, vivre pour les autres, ce n'est pas vraiment vivre... Mais il avait besoin d'un but, et ce dernier se présentait enfin à lui...
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Re: Ordre, Vide et Chaos

Message par DALOKA le Sam 14 Sep - 15:10

Voici enfin le chapitre IV. Et une petite annonce:
Dorénavant les chapitres sortirent uniquement Samedi et plus Mercredi, toutes les 2 ou 3 semaines.

Chapitre IV

Le rideau pourpre s'ouvrit pour mettre fin à l'attente du public et révéler la vedette de l'opéra, dans les tribunes étaient assis nobles et autres personnes de familles aisée qui venaient parfois de loin pour voir la Diva Luciane Jellicy à l'opéra de la capitale impériale. Les instruments de musiques se firent entendre pour introduire la chanteuse dans son éclatante robe de scène, dès qu'elle éleva la voix, les spectateurs furent tous conquis et ne regrettèrent pas d'avoir fait le déplacement et d'avoir attendu. Une fois que sa prestation fut finie, l'idole fut fortement applaudie par les spectateurs impressionnés ou émus, un franc succès.
Mais même la plus belle des voix ne peut toucher le coeur de certains, Téko Dyra aupplaudit plus en guise de reconnaissance du travail et de l'effort qu'avait produit la Diva, malgré tout cela lui semblait une perte de temps. Il avait été invité à regarder cet opéra par un de ses plus proches amis, Saero Adamas qui appréciait particulièrement l'artiste. Dès que tout deux sortirent de l'opéra, il faisait nuit. Si le fils aîné de la famille Adamas était enjoué d'avoir assisté au spectacle, Téko n'avait comme d'habitude pas une seule once de joie sincère sur le visage. Saero était un homme élancé aux cheveux bruns liés en queue de cheval et aux yeux bleus portant une veste orangée et bleue aux longs manches ainsi qu'un pantalon de la même couleur. Il avait l'habitude d'avoir un grand chapeau orange ornée d'une plume blanche. Vêtus tout deux de capes bleues foncées, ils avançaient en direction du carrosse chargé de les ramener alors que la pluie commençait à tomber sur la capitale.


-Alors, qu'as tu pensé de la représentation? Demanda Saero à son ami, mais ce dernier se contenta de dire qu'elle avait été appréciable, sans plus de convictions.
L'aîné des Adamas était habitué à ce genre de réactions, mais si Téko n'avait jamais été très ouvert aux autres, il était vraiment devenu insensible depuis qu'il avait commencé à rebâtir la fortune de sa famille. Ils montèrent dans le carrosse et Saero reprit.

Détend toi un peu Téko... Si Dally te verrait dans un tel état il aurait envie de te donner des baffes, et nous savons tout deux qu'il faudrait mieux éviter que ça arrive. Rigola Saero, Regarde toi, je pourrais te faire boire le meilleur alcool, te faire voir les plus belles femmes du pays, tu ne réagirais même pas! Il faut t'y faire mon vieux, tu es humain, tu ne peux pas vivre comme ça.
Téko se fit silencieux un moment, levant les yeux au ciel, puis se décida à répondre.
-Et moi je ne sais même pas pourquoi tu essaye encore de me divertir... Ce temps perdu aurait put être utilisé avec sagesse... Je suis particulièrement occupé en ce moment, tu devrais le savoir.
-Toujours la même chose... Soupira Saero qui à l'opposé de son ami était un feignant de première. Je n'aimerais pas être à la place de ta fille...
-Félicia comprend parfaitement ma manière de faire, si tout le monde pensait comme toi notre monde serait bien dans l'embarras.
-Surement, mais je ne me vois pas marié et surtout pas avoir des enfants... Je me sentirais emprisonné moi.
-Comme je le disais, si tout le monde pensait comme toi nous ne vaudrions pas mieux que des animaux....

Chacun était exaspéré par le comportement de l'autre et c'était à se demander comment ils pouvaient se qualifier d'amis. Ils se connaissaient depuis l'enfance et étaient en vérité plus comme des frères, mais en grandissant ils avaient empruntés des voies totalement opposées...

Téko avait laissé Félicia au manoir et lui avait confié afin de passer le temps de son absence un certain nombre de livres à étudier, il savait que sa fille était très studieuse et que ça ne lui poserait que peu de problèmes... Jones lui était parti accomplir d'autres mission de son côté.
Après la mort d'Arond, les Vinnairse avaient été tournés en disgrâce pour avoir utilisé de la magie jugée illégale, bien entendu les fils de Durand n'étaient au courant de rien et étaient accusés de crimes qu'ils n'avaient pas commis. Le Valet de l'ancien chef de famille avait disparu, Alexia Vinnairse avait fait de même... Il était trop tôt pour affirmer que ces disparitions étaient liées.
Arond et Jigen étaient supposés morts, mais il n'avait aucune idée de l'emplacement du Codex cité dans le Journal... Un autre événement attirait l'attention de Téko: Après l'affaire, Albert Harrans s'est vu recevoir une promotion, et n'arrêtait pas d'enchaîner les succès... On vantait ses qualités de stratège et songeait même à lui pour siéger au conseil impérial. Il semblait maintenant évident qu'il était liés aux Vinnairse, mais Durand mort et la famille en crise, qui pourrait le soutenir autant?
Toujours était-il qu'en ces temps ou Haynailia disposait d'un Empereur faible sans aucuns pouvoirs, devenir conseiller donnait une influence très importante.


Au même moment, dans une autre ville de l'Empire se déroulaient des événements différents...
Alexia était recroquevillée dans une ruelle d'un quartier abandonné habité habituellement par des mendiant sans le sou, l'endroit avait été pour ainsi dire "nettoyé" à son arrivée. Alexia répétait dans ses pensées son prénom pour ne pas l'oublier, après sa défaite contre Téko son esprit déraillait sans qu'elle ne comprenne pourquoi. Afrazael amplifiait toute ses sensations physique et ses émotions, elle pensait aussi bien plus vite, bien trop vite pour qu'elle puisse comprendre correctement ses propres pensées. De temps à autres, des souvenirs qui ne lui appartenaient pas lui venaient à l'esprit, et certains disparaissaient subitement... "Arond", c'est le nom qui tournait en boucle dans son crâne, le nom qui tentait de supprimer son identité en écrasant le sien.

Des pensées différentes et totalement incohérentes se bousculaient dans sa tête, lui causant d'horribles et fréquentes migraines, et pour une raison inconnue elle avait froid en permanence... Le seul moyen pour elle de rester saine d'esprit était de penser à West, imaginer ses yeux, son visage souriant, sa voix, le sentir à ses côtés... Ses muscles se détendirent, sa migraine cessa, ses battements de coeur ralentirent et ses pensées devinrent légèrement plus claire. Elle devait le retrouver, c'était la seule pensée qui occupait son esprit. Ca faisait des mois qu'elle était partie du manoir Vinnairse, elle s'éloignait des milieux peuplés car son esprit fragile et ses sens sensibles ne supportaient plus l'agitation, ses vêtements étaient depuis le temps sales et déchirés.
Alexia entendit avec son sens de l'ouie amplifié des pas et des voix, personne ne venait ci d'habitude... Elle se leva et marcha près du mur de la ruelle à pas lents pour ne pas se faire remarquer jusqu'à atteindre la fin de ce dernier et de jeter un coup d'oeil furtif à ce qui se passait. Un jeune homme embrassait tendrement une femme d'à peu près son âge en lui disant des mots doux, et la jeune femme y répondait en l'embrassant encore... Ce genre de scène n'affecterait normalement pas autant Alexia, mais Afrazael fit surgir en elle un sentiment qu'elle ressentait intérieurement en les voyant: La Jalousie.
"Pourquoi y avaient t'ils droit et pas moi?" se disait elle frénétiquement, perdant son calme. Afrazael donnait des réactions disproportionnées aux possesseurs, révélant et multipliant la force des sentiments au fond de leur coeur... Alexia ne fit pas exception. La simple vision de cette scène lui fit se rappeler tout au sujet de Téko et Félicia... La Jalousie se transforma en haine qui la mit dans un état de rage irraisonnée.
Alexia craqua, elle ne voulait plus voir ça, elle ne le supportait pas... Elle prit sa tête entre ses mains et hurla, faisant sursauter les tourtereaux. Le pouvoir de la Sarth monta et des tentacules violets sortirent du dos d'Alexia. Avant que les innocents ne puissent commencer à courir, les membres magiques les attrapèrent bien vite.


-Pourquoi? POURQUOI? Hurla Alexia, ses interlocuteurs ne furent que frappés de terreur et d'incompréhension alors que les tentacules se resserraient sur eux... Encore et encore...
Les tentacules écrasèrent leurs pitoyables et faibles corps tandis qu'ils hurlaient, jusqu'à que les os se brisent, que la chair se déchire, que les crânes éclatent. Les restes des corps furent absorbés par Afrazael pour les transformer en mana utilisable... Les cadavre disparurent, entièrement consommés par l'artefact.  
Les tentacules vinrent lécher le sang qui avait éclaboussé Alexia avant de disparaître dans son dos... Cette dernière, haletante, ressentait un grand sentiment de soulagement et tomba à genoux.

Alors que la jeune noble pensait pouvoir enfin être apaisée, elle entendit un bruit métallique dans son dos et se retourna. Jigen se présentait là, souriant. Il était sans doute la cause de son état, mais une force en elle l'empêchait de l'attaquer, elle ne pouvait que le fixer...
-J'ai mis du temps à te retrouver... Soupira le mage en s'approchant, avant de reculer vivement en se bouchant le nez Eh bien, tu t'es pas lavée depuis combien de temps?... On dirait que la Sarth t'as complètement écrasée. Bah, ce serait tout de même bête que son corps choppe une maladie... Je t'emmène avec moi.
La même scène se répétait encore... Jigen ouvrit un portail et Alexia, se levant indépendamment de sa volonté propre, le suivit...
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Re: Ordre, Vide et Chaos

Message par DALOKA le Sam 28 Sep - 20:38

Chapitre V

Le matin suivant, Téko était déjà en carrosse pour son rendez vous suivant qui lui, était vraiment important. Suite à l'affaire Arond Vinnairse, le comte avait décidé d'enquêter sur les personnes impliquées, et particulièrement Albert Harrans. Afin de réunir plus d'informations sur lui qu'en avait la Magicae Cohortis, il s'était tourné vers l'organisation la plus puissante que l'Empire avait à sa disposition: L'inquisition. Il s'était donc associé à un des purificateurs, Hector Meileil. Ce dernier lui avait dit qu'il pouvait le trouver près de la grotte de Nierz, ou lui et d'autres inquisiteurs avaient étés chargés de faire un petit "nettoyage". Dès qu'il arriva sur les lieux, il ne tarda pas à voir les restes du combat, mais ce n'avait pas vraiment été un combat, "massacre" convenait mieux à la situation. Perte chez les mages noirs profanateurs: Tous morts, pertes chez l'inquisition: 0.
Dès que le cocher fit stopper les chevaux, Téko descendit du carrosse et repéra l'Inquisiteur Hector, qui observait les cadavres brûler, un large sourire au lèvres. Physiquement, l'homme dans la quarantaine n'avait rien d'impressionnant et était de taille moyenne et fin, malgré tout il restait un mage redoutable et intelligent. Hector avait un visage allongé, des cheveux noirs, disposait d'un monocle. Des yeux grands ouverts, presque exorbités, associés à un large sourire qui semblait lui déchirer les joues, le rendaient dérangeant au plus au point. Hector le malsain, comme on le surnommait, était un fou, un dérangé, un malade qui contemplait les scènes les plus horribles sans cligner des yeux et en gardant son sourire, la seule expression que son visage semblait adopter. Malgré tout, l'état mental d'Hector importait peu à Téko, ce dernier partageait ses doutes sur Albert Harrans et l'inquisition était un allié de poids. Il approcha le malsain tandis qu'il contemplait la scène devant lui, il ne se retourna même pas pour saluer le comte.


-L'Odeur de la chair brûlée de bon matin m'aide toujours à bien commencer la journée. Fit Hector.
-Je ne partage pas vraiment les mêmes plaisirs... Répondit Téko avant d'aller au vif du sujet et éviter une discussion morbide contre-productive avec l'inquisiteur. Avez vous les documents que j'ai demandé?
-Bien sur. Confirma t-il en sortant de son sac une pochette de cuir contenant un bon nombre de manuscrits. Voici ici une petite biographie d'Albert Harrans, une description physique et psychologique ainsi que la majorité de ses rapports de la Magicae Cohortis... Consultez certains de ces documents pendant que je vais m'assurer que notre travail a été fait, et bien fait! Il serait dommage qu'un rat se soit échappé, n'est ce pas sire?
Téko ne fit pas de commentaires et se mit à consulter rapidement les premiers écrits sur Albert Harrans.


Né le 23 septembre 1833, il était le 4ème fils de la famille Harrans. La famille Harrans, bien que dénuée de toute trace de sang noble se vantait de disposer d'un don pour la magie, et personne n'a put démentir ceci en 110 ans d'histoire... Deux jours seulement après l'accouchement difficile de Céline Harrans qui lui donna naissance, on put déjà remarquer chez lui une prédisposition à l'art des arcanes supérieure à celle de ses aînés et une couleur de cheveux peu commune... Malgré tout, son éducation fut catastrophique: Albert refusait d'écouter et d'apprendre, et se croyait même supérieur à ses parents, préférant fuir la maison pour faire on ne sait quoi... Ne pouvant tenir en laisse ce turbulent enfant, ils l'envoyèrent à Axaques, ou il fit ses études à l'académie des mages... Il réussi à obtenir son diplôme après 4 années laborieuses, à un point près d'échouer. Se disant qu'il avait besoin de bien plus de discipline, sa famille l'envoya à l'armée, lâche et n'aimant pas les efforts physiques, ce fut un véritable calvaire pour lui... Finalement il devint secrétaire à la Magicae Cohortis, bien plus doué pour remplir des documents qu'autre chose même si il était plutôt lent au travail.
Nul ne sait comment il devint commandant mais tous soupçonnent une aide des Vinnairses avec qui il avait certaines relations... Ou du moins soupçonnaient. Après l'affaire Arond Vinnairse, le jeune commandant enchâina succès sur succès avec des stratégies dignes d'un génie, à un tel point qu'il avait été désigné pour siéger au conseil impérial en tant que stratège militaire ou même diplomate. Bien sur, cela attirait la jalousie et la méfiance de ses collègues, qui avaient pour la plupart plus d'expérience que lui dans le métier, ils étaient qui plus est exaspérés par son comportement plutôt insouciant.
En dehors du travail, son loisir principal était L'Entomologie, et ce depuis très jeune... Ses parents disaient qu'il parlait aux insectes, et que ceux ci... Semblaient répondre et obéir.

Mis à part ceci, la vie d'Albert semblait tout à fait banale, du moins selon les documents qu'il avait sous les yeux. Dès qu'Hector revint, toujours souriant, il interrompit la lecture du comte.


-Excusez moi, mais il y a quelque chose dont j'aimerais discuter avec vous...
-Oui?...
-J'ai une hypothèse quand à la nature d'Albert Harrans.
-La "nature"?... Que voulez vous dire?
-Observez donc... Son physique, premièrement. Yeux jaunes, cheveux argentés... Ce n'est pas si courant, n'est ce pas? Mais ça ne suffit pas à établir une hypothèse... Vous avez je suppose, compris qu'il avait un intérêt envers les insectes depuis qu'il était tout jeune? J'ai des témoignages de personnes disant que le jeune Albert était parfois suivit par ces bêtes, comme si il les guidait...
-Quand bien même il disposerait d'une sorte de pouvoir pour commander un type de créature... Ce ne serait pas le premier.
-Je vous l'accorde, cependant...
Fit Hector en élargissant son sourire. Regardez sa date de naissance.
-23 septembre 1833, et alors?
-Souvenez vous... Que s'est il passé, le 23 septembre 1833?...

Téko commença alors à comprendre ou l'inquisiteur voulait en venir... Ce physique... Ce lien avec les insectes... Cette date... Mais non, cette hypothèse lui semblait bien trop farfelue, et rien ne la confirmait.
-Vous n'avez aucune preuve de ce que vous avancez, monsieur Meileil...
-Peut-être sire, mais ceci est parfaitement possible...



Dans une plaine d'Haynailia avançait un destrier blanc, chevauché par nul autre que Laurence, ancien Valet de la famille Vinnairse... Ces derniers le recherchaient, mais malheureusement pour eux leur terrible chute de réputation ont fait qu'ils ont perdus beaucoup de contacts et d'alliés et n'avaient plus autant d'influence dans le pays, ainsi il était facile pour l'ancien Valet de ne pas être retrouvé... Tout se passait bien mieux qu'elle ne l'aurait cru. Laurence recherchait les artefacts ayant appartenu à l'Empereur, elle en avait déjà récupéré deux chez les Vinnairse... Et celui qu'il venait de trouver n'était pas le moindre: L'épée personnelle de l'Empereur il y a des siècles, privée de son enchantement maintenant, mais restant une pièce magnifique. Ces pièces lui étaient indispensables, mais il lui manquait d'autres éléments pour que tout soit parfait...
L'objectif pour lequel il vivait allait enfin aboutir, et personne ne pouvait se mettre en travers de sa route, Laurence était sous l'excitation mais gardait les idées claires: Une erreur était fatale... L'anneau de l'Empereur était dans la forêt de Jill, le plus simple à prendre... Pas de gardiens, ni personne, les loups qui s'y étaient installés faisaient fuir les voyageurs, mais de simples animaux n'allaient pas LE mettre en déroute.
Laurence laissa le cheval une fois qu'elle eu atteint le début de la forêt qui semblait assez calme, il s'y enfonça donc, prudent malgré tout... Attentif, il su vite qu'il n'était pas seul dans ce lieu, cependant il fut assez surpris dès qu'il aperçu un homme et non une bête sauvage...

Nolan Vinnairse, un homme assez grand et fin, dans la trentaine, les cheveux longs. Il s'était vêtu d'une armure de cuir et était équipé d'une épée à sa ceinture, ce qui laissait clairement entendre que ses intentions avaient peu de chances d'être pacifiques... Nolan était un plutôt bon escrimeur et un homme assez rusé, le parfait successeur des Vinnairse et le favori de Durand. Dès qu'il fut sur qu'il était repéré, Nolan sortit de sa cachette pour se révéler à Laurence, avec une humeur montrant clairement son insatisfaction.


-Eh bien, si ce n'est pas le fils à papa... Oh pardon, tu n'as plus de père, mes condoléance. Fit Laurence d'un air faussement désolé.
-Ce n'est pas le moment de me charrier, vipère! Réagit brutalement le fils de Durand en sortant son épée afin d'intimider celui qui devrait être à son service. Je suis venu te ramener et t'interroger!
-M'interroger?
-Je savais que tu complotais quelque chose... Tu as forcément organisé la mort de mon père!
-Je n'ai rien organisé, mais je comprend que ça fasse un choc de savoir que Durand était un traître à notre chère patrie... Tu t'en remettra un jour ou l'autre, alors ne veux pas tu retourner chez toi aller boire ce vin du sud que tu adore tant?
-C'est moi qui parle, valet! J'ai remarqué que tu as volé deux pièces ayant appartenu à l'Empereur Sans nom... Et je sais que quelque part ici est caché l'une d'entre elle, l'épée que tu possède en est surement une également.
-Belle déduction, bravo, mais sais tu pourquoi je collecte ces objets?
-Sans doute pour les vendre, je te connais, tu n'es qu'un déchet de profiteur...
-Je suis vexé là, je suis quand même plus imaginatif que ça... L'argent est une ressource qui s'use, je recherche quelque chose d'immortel.

-Dans ce cas tu va me dire ce que j'ignore de gré ou de force, tu n'as toujours été qu'un parasite pour notre famille!
-Tu compte me forcer, MOI, à te dire quelque chose? Tu as vraiment un humour fou.


Nolan craqua et se jeta sur Laurence avec l'intention de lui infliger un coup non létal au bras, cependant ce dernier bloqua la lame de sa main gauche... Laurence portait deux gants ensorcelés, résistants aux lames communes.
-T'arracher la vérité sera la première étape pour rétablir la gloire des Vinnairse!
-Tu es doué et plus âgé que moi, mais ne monte pas sur tes grands chevaux... Je ne tiens pas spécialement à ta mort, retourne accomplir tes fonctions au manoir.


Nolan ignora les paroles de son adversaire et tenta de lui faucher les jambes, ce dernier sauta en arrière pour esquiver. Laurence était confiant, IL ne pouvait pas perdre contre cet enfant pourri gâté... A ses yeux c'était toujours un gosse immature, même à 28 années. Il aurait put faire un très bon chef de famille, mais gonflé par les félicitations de ses aînés, il ne ressentait pas les besoin de devenir plus compétent... Grossière erreur. Laurence était un très bon escrimeur, mais il aurait été insultant pour l'histoire d'utiliser l'épée de l'Empereur contre lui... D'habitude, le valet se battait avec un art du combat que lui avait apprit son prédécesseur au titre de Valet des Vinnairse, consistant à se battre sans arme en entourant ses membres d'une aura tranchante ou perçante, mais invisible. Personne ne se méfiait bien sur de ce genre de tour, et Nolan ne savait rien de cette technique, ainsi il ne fit pas attention à la main qui se dirigea vers son torse... Pour le transpercer entièrement. Le bras de Laurence avait entièrement traversé le corps de Nolan et la main ensanglantée du Valet ressortait par le dos.

-Tu es une marche, il est normal que je t'écrase pour avancer... Ne le prend pas mal.
-Comment as tu... Put prononcer Nolan avant que Laurence n'ôte son bras, laissant le corps du noble saigner comme une fontaine macabre... Il avait salit sa tenue du coup, mais bon, il en trouverait bien une autre. Laurence jugea inutile de cacher le cadavre car vu que le lieu n'était pas vraiment fréquenté, les charognards du coin le dévoreraient bien avant sa découverte, et il n'avait pas de temps à perdre avec une personne qui n'était à présent qu'une inutile pièce du passé. L'ancien valet avait du pain sur la planche, personne ne se doutait qu'il détenait peut-être le sort de l'Empire d'Haynailia entre ses mains...

Le prochain artefact à trouver était une tiare, elle était difficile d'accès car se trouvait au fond d'un lac dans cette forêt. En une petite marche, il trouva ce lieu fréquenté par aucun humain, qui était il devait l'admettre, d'une grande beauté. Il allait devoir plonger pour récupérer l'objet qu'il désirait, tant mieux, ça allait lui permettre de retirer tout ce sang sur son corps.
Il plaça ses affaires en hauteur dans un arbre afin qu'aucun animal n'ait l'idée de les toucher et détacha ses cheveux blonds qui tombèrent sur ses épaules. "Il" retira ses vêtements un à un, dévoilant son corps féminin jusqu'à en être nu, avant de tremper le pied puis tout le bas du corps dans l'eau claire et fraîche. Il pouvait contempler son reflet dans l'eau, oh peut-être que pour une femme il manquait de formes mais on ne pouvait pas dire que ça l'affectait vraiment. Qu'on le prenait pour une femme ou un homme, qu'importe? Il était absolument magnifique, et il le savait.
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Re: Ordre, Vide et Chaos

Message par DALOKA le Dim 13 Oct - 16:18

Chapitre IV



5 jours avaient passés et Laurence était à la recherche des autres artefacts de l'Empereur... Il lui en manquait un en particulier, sans lui son plan n'avait aucune chance de marcher. Le médaillon qu'il avait prit sur le cadavre de son ancien maître était autrefois serti d'une certaine pierre, il savait qui était le nouveau propriétaire de l'objet, mais pas son emplacement... L'ancien Valet avait donc décidé de rechercher des informations en ville, et si il fallait payer pour les avoir il s'était doté d'une quantité assez conséquente d'argent avant de partir du manoir... L'argent que Nolan possédait sur lui fut un bonus assez appréciable également. Pour couronner le tout, il était à présent totalement libéré de la famille Vinnairse, car les agents encore partisans de cette dernière recherchaient Nolan, et plus lui. Cette liberté d'action allait grandement accélérer les choses. Vêtu d'un costume plus ample et d'une cape de voyage à cause de la fin de l'été approchant, il décida de s'arrêter dans la ville de Rueca, qui se situait vers l'Ouest d'Haynailia. D'habitude, Laurence aurait évité de se mêler au peuple, pas pour sa sécurité vu qu'il n'était plus en danger, mais juste parce qu'il n'aimait pas ça... Mais sans interroger la population il ne trouverait jamais ce qu'il recherche. Il n'avait que le nom de sa cible; Birkiel Beghilionne.


Pendant ce temps, Vandeir Dreke avait passé la frontière entre Nurenuil et Haynailia. Il était recherché, mais ça datait donc il a du se faire oublier... Enfin, du moins c'était son point de vue de personnel... Mais bon, il allait quand même éviter les grandes villes, il savait faire preuve d'un peu de prudence quand même. Et puis les cités impériales l'énervaient par dessus le marché... Ces gardes partout, les clochers qui décident de l'heure des repas et du couvre feu, cette obsession pour l'ordre... Il s'y sentait en cage, plus que dans son enfance au clan Nerimazu en tout cas. Des règles, des règles, toujours des règles... Ces putains de règles qui l'empêchaient de vivre, ces saloperies de règles qui lui dictaient sa manière d'agir... Le mercenaire s'en fichait d'être considéré comme la pire des ordure ou comme un sauvage, tout ce qu'il voulait c'est une liberté, une liberté absolue.
Toute son enfance à Bérilion il sentait qu'on essayait de le maîtriser, non pas comme un humain, mais comme un animal féroce, un chien enragé qu'on essayerait d'attacher à un arbre... Ne fait pas ci, ne fait pas ci, respecte untel... Mais tout ce qui était dans leurs pitoyables yeux, c'était de la peur. Au début, cette peur qu'il trouvait dans le regard des autres le dérangeait, mais il s'en accommoda et voir la crainte des autres envers lui était devenu un véritable plaisir. Au final, les seuls Nerimazu pour lesquels il avait du respect étaient ceux qui ne le craignaient pas, ils ne devaient pas être plus d'une dizaine, du moins selon sa mémoire. Parmi eux se trouvaient ses frères aînés adoptifs, Dally, qui a toujours été sympathique avec lui malgré son sale caractère, et Metsu, qui l'agaçait mais qu'il respectait pour ses talents à l'épée bien supérieurs au siens. Il avait croisé la route de Dally dans un de ses voyages, il lui avait donné des nouvelles de certains membres du clan. Metsu serait devenu aveugle, dommage pour lui... Mais il y avait peu de chance pour que la perte d'un sens empêche ce génie de l'épée de se battre. Dès que Dreke piquait une crise, Metsu le calmait toujours... Cet homme avait une espèce d'aura paisible et terrible à la fois, qui s'opposait à ses déchaînement de violence... Les stoppant entièrement.


Toujours dans la cité, Laurence interrogeait les personnes qu'il jugeait susceptibles de lui donner les renseignements nécessaires sur Birkiel. Ce dernier selon les dires, était un assassin à présent tueur en série. Pas mal de rumeurs circulaient sur lui, comme quoi il serait un effrayant mort vivant déchaîné... Quand bien même elles seraient vraies, il reprendrait cette pierre de force si le meurtrier ne se montrait pas coopératif.
Cependant, si ce dernier s'avérait trop dangereux, l'ex Valet aurait besoin d'aide et ça l'embêterait d'engager un mercenaire, les risques de faire connaître ses plans étaient trop importants, il devait être le seul à poursuivre cette quête.
Alors qu'il avancait dans les rues à la recherche d'un autre informateur potentiel, il croisa un visage familier dans la foule, une personne qui accepterait volontier de l'aider si il en avait besoin. Son ami West Adamas allait lui être très utile. Ce dernier reconnu également Laurence et se dirigea à sa rencontre.

West avait toujours été gentil, bien trop gentil selon Laurence. Même si il était intelligent et devinait souvent dès qu'on le manipulait, il se lassait faire. En fait, il n'était en rien semblable à Laurence, et malgré tout c'était précisément la raison de leur amitié, que Laurence préférait autrefois qualifier d'alliance. Alliance qui fut créée à l'époque ou ils étaient à l'académie des mages, ils n'étaient pas vraiment appréciés des autres élèves pour différentes raisons, et l'un ne possédant pas les défauts de l'autre, cette amitié fut donc créée à la base pour que tout deux puissent survivre au quotidien infernal que leur réservait les autres élèves. Si Laurence avait du mal à utiliser le terme "ami" au début, il se mit à apprécier sincèrement son "associé". Après s'êtres salués, ils expliquèrent tout deux leur situation actuelle; West, sans surprise, était à la recherche d'Alexia, qui avait été aperçue dans cette ville, mais étais à présent introuvable. Laurence expliqua qu'il était dans une quête de grande importance dont il ne pouvait pas parler en public. Vu qu'ils étaient tout deux à la recherche d'informations pour trouver une personne. Laurence proposa de sortir de la ville pour reprendre la route, mais également pour parler tranquillement et sans risques. Une fois sortis de la cité, Laurence reprit la discussion.

-C'est une très bonne chose que tu soit ici, car tu pourrais te révéler important dans mes plans.
-Vraiment?
Réagit West, quelque peu surpris mais intrigué. Je t'écoute.

Afin de tout expliquer depuis le début, Laurence parla de l'homme qui l'avait élevé: Gérard. Ce personnage n'avait pas toujours été valet des Vinnairses. Avant d'être au service d'Arond, il faisait partie d'un groupe secret vénérant le premier Empereur et s'étant mis en tête de rechercher sa réincarnation sur terre. Après des siècles de recherche sans succès, les effectifs de l'organisation se réduisirent petit à petit, et dès que Gérard rejoignit le groupe ils n'étaient que quelques dizaines. Autrefois un tueur à gage réputé grâce à sa technique de la "main tranchante", il aurait décidé de se repentir en trouvant pour son pays le dirigeant idéal qui saurait égaler les miracles d'Haynailia 1er du nom. Cependant, lors des toutes premières révoltes Waiennes la majorité du clan fut décimé et il fut considéré pour mort.
Un noble et puissant mage, Arond Vinnairse, le sauva alors en le soignant. Gérard jura alors de servir les Vinnairse, tout en continuant sa mission. Comprenant que les miracles n'existaient pas et que l'Empereur ne se réincarnerait pas, il décida suite à la disparition d'Arond d'élever son fils Durand et d'en faire un gagnant, fier, rusé, mais patriote envers Haynailia. Il rendit avec succès Durand obsédé par le le titre d'empereur et par la légende des précédents... Mais il réalisa que Durand était un échec, sans autres ambitions que de devenir Empereur d'Haynailia. Cependant même vieillissant, la mission de son ordre n'était pas achevée, et il adopta Laurence.


-Tu recherche comme lui l'Empereur idéal?... Demanda West, sceptique.

-Je l'ai déjà trouvé depuis longtemps et il se trouve ici...
-Ne me dis pas que...
-Eh oui West, cette place me reviens.
-Attend, attend... Tu es jeune, personne ne te connais, tu n'est même pas noble! Ca ressemble à une mauvaise plaisanterie...
-Laisse moi t'expliquer... Vois tu, dans sa folie Arond a collecté un nombre énorme de livres et divers textes, certains ouvrages étaient stockés dans sa bibliothèque. Un des livres parlait de la vérité sur l'Empereur sans nom. Les mythes populaires disent qu'il est né avec ses pouvoirs... C'est faux, il les a obtenus et je sais ou. Si je les obtiens, l'Ordre Haynailique, qui nomme les empereurs, pensera aussitôt que je suis l'héritier légitime de la volonté de l'Empereur Dieu, sa réincarnation...  Ce qui ne serait qu'à moitié faux. Certains protesteront mais mon ascension au trône sera légitime et non contestable, peu importe mon sexe, mon age ou mes origines... Particulièrement si j'arrive en plus à "apprivoiser" le dragon de l'Empereur.
-C'est donc une aubaine que tu soit le seul à savoir ça...
-Ce n'est pas la chance, c'est le destin.
-C'est une question de point de vue. Et moi dans tout ça?
-Je t'en parlerais plus tard, nous nous arrêtons.


Ils décidèrent de passer la nuit dans une forêt, enfin, West décida, car il adorait dormir en pleine nature, et Laurence n'avait pas vraiment d'avis sur la question.
Soudain un bruissement de feuille attira leur attention. Une jeune femme qu'ils ne connaissaient pas qu'un peu. Alexia Vinnairse adoptait un effrayant regard vide et était vêtue d'une manière qui ne lui ressemblait pas. Ses cheveux étaient noués en une longue tresse atteignant ses cuisses. Elle portait une tenue confectionnée par Jigen: majoritairement faite de cuir noir moulant, elle était constituée de gants et de collants ainsi que d'une pièce couvrant son corps. Sur cette pièce principale était dessiné au dos le symbole de l'infini, l'avant ne couvrait ni le nombril ni le haut de la poitrine, ces deux ouvertures formaient une sorte de 8. Cette tenue un peu osée témoignait des goûts douteux de Jigen, de l'absence de conscience d'Alexia, et de l'indifférence absolue D'Arond envers l'apparence. Alexia portait néanmoins une veste longue et noire par dessus cette tenue. A la vue de West, son visage s'éclaircit pour devenir rayonnant et elle se jeta dans les bras de ce dernier, très surpris de la revoir si subitement.


-Enfin, enfin je t'ai trouvé... Gémit Alexia les larmes aux yeux, tout en serrant incroyablement fort West dans ses bras. Ce dernier était également heureux de la retrouver, mais il connaissait Alexia mieux que quiconque et sentait que quelque chose clochait.
Dès que le regard d'Alexia se posa sur Laurence, elle changea subitement d'expression pour entrer dans une colère noire. Toute son attention avait été concentrée sur West et et elle n'avait même pas remarqué la présence de l'ancien Valet.


-Toi! Pourquoi es tu ici avec MON West, oiseau de malheur!
Laurence comprit rapidement l'état dans lequel était Alexia, et également le danger qu'elle représentait pour lui. Malheureusement les tentacules d'Afrazael attrapèrent son bras droit avant qu'il n'eu le temps de faire quoique ce soit.
-Alexia, mais qu'est ce qui te prend?
-Eloigne toi, c'est personnel!

D'autres tentacules vinrent immobiliser Laurence et Alexia mit la main sur le manche de son épée, bien décidée à l'éliminer.
-Dis à cette folle de me relâcher de suite! Fit Laurence, c'était de toute façon le seul moyen pour lui de survivre. West se plaça entre son aimée et son ami, bien qu'il était dépassé par les événements il ne pouvait pas laisser les personnes qui lui importaient le plus à ses yeux s'entretuer.
-Arrête ça tout de suite, ça ne mènera à rien peu importe ce qu'il t'as fait.
-Ecarte toi!
-S'il te plait Alexia, écoute moi.
-Ne t'en mêle pas, c'est entre lui et moi!

Comprenant que ses paroles n'avaient que peu d'effet sur la colère d'Alexia, il l'enlaça et l'embrassa fougueusement. Cette action fit reconcentrer son attention sur son aimé et elle perdit sa rage sur le moment. West passa ensuite sa main derrière la tête d'Alexia et elle s'endormit aussitôt. Il avait utilisé un puissant sort de sommeil qui ne marchait cependant seulement au contact de la tête de la cible. Laurence, maintenant libéré, poussa un soupir de soulagement alors que West portait Alexia endormie et la posa sur le sol un peu plus loin.

-Tu aurais pu faire ça depuis le début au lieu de perdre ton temps en paroles.
-Je n'aime pas utiliser de sorts sur des personnes que j'aime... C'est un peu traître, tu comprend?
-Tu es trop doux West... L'important, c'est le résultat, et ce n'est pas comme si ce sort était dangereux.
-En tout cas, sais tu ce qui lui est arrivée?
-J'en ai bien peur... Tu es sur de vouloir entendre? Ca ne va pas te plaire.
-Assez Laurence, si c'est grave je dois le savoir.
-Tout indique qu'elle est possédée par Afrazael, tu as du en entendre parler dernièrement...
-Oh non...
-C'est pire que tu ne l'imagine, et j'avais envisagé cette possibilité. Arond avait écrit un ouvrage sur les Sarth et je me suis renseigné sur le sujet, il a trouvé un astucieux moyen de devenir immortel... En devenant la Sarth littéralement. Pour faire bref, Alexia est possédée par Afrazael, qui est aussi l'esprit d'Arond.
-Tu as une solution?
Dit West, paniqué et terriblement inquiet.
-Non. Je n'ai ai pas et il n'y en a pas.
-Que veux tu dire?
-Cette Sarth n'ayant pas de receptacle, elle s'accroche à l'âme du "propriétaire" et fusionne avec en l'engloutissant... Cela doit fait déjà des mois qu'elle doit être possédée, à moins d'enlever son âme, ce qui la tuerais, c'est théoriquement impossible de la retirer... C'est trop tard.

En écoutant ces paroles, West était horrifié et n'osait pas parler. Ca ne pouvait pas se terminer comme ça...

-Il y a un moyen. S'écria t-il, pour tenter de se rassurer lui même et de fuir l'horrible réalité devant laquelle il devait faire face.
-Quoi?
-Il y en a forcément un!
Hurla West, perdant le contrôle de ses émotions. Elle ne peut pas mourir, pas comme ça!
-Je comprend que c'est dur, mais ne te laisse pas aveugler par tes sentiments. Elle est condamnée.
-Et je devrais faire quoi? L'abandonner et attendre ce jour comme un lâche?
-La tuer.
-Tu plaisante j'espère.
-Je suis on ne peut plus sérieux. Pour commencer, ça lui épargnera des mois de souffrance. Tu ne réalise peut-être pas à quel point porter cette Sarth est affreux.
Et surtout, soyons réaliste, en la tuant nous débarrassons le monde d'un mage surpuissant disposant potentiellement d'un moyen d'anéantir une ville, si ce n'est plus.

-Jamais je n'oserais même porter la main sur elle, et tu le sais très bien.
-Oui, aussi je propose que ce soit moi qui m'en occupe. Je peux le faire de manière totalement indolore...
-Mais tu n'as donc pas de sentiments?
Réagit brutalement le cadet des Adamas en coupant son ami. Alexia ne mourra pas, et si elle te dérange tant que ça je l'emmène ailleurs!

Alors qu'il prenait Alexia pour l'éloigner de la vue de Laurence, ce dernier estima après coup qu'il avait été un peu dur, mais West faisait une erreur et il s'en rendrait compte tôt ou tard.
Il allait passer la nuit ici tant qu'à faire, West ne pouvait pas être partit bien loin de toute façon et le plus important était qu'Alexia ne mettait plus sa vie en danger.
La forêt dans laquelle ils se trouvaient était sur une falaise, en bas de celle ci se trouvait un village mais trop difficile d'accès de la ou il se trouvait. De toute façon, il ne comptait s'y rendre...


Le lendemain, dès que Laurence se réveilla, une senteur comme une odeur étrange de brûlé lui vint au nez. Devinant bien que ça n'était pas naturel, il se leva et se dirigea vers ce qu'il pensait être la source de l'odeur... Elle venait du village d'a côté!
Laurence arriva à la pointe de la falaise donnant la vue sur le village et ses champs, West y était déjà, à genoux, ébahit et horrifié. Il ne pouvait que contempler ce qu'il y avait devant lui: Un tas de cendres, rien d'autre. Il n'y avait aucune trace de cadavre et tout les bâtiments avaient été brûlé suite à un incendie certainement pas naturel, il était aussi possible d'observer des traces d'explosions... Bien sur, il savait qui était responsable de cette catastrophe, mais c'était trop dur à admettre.
Laurence était presque aussi surpris que lui, jamais il n'aurais imaginé qu'Alexia aurait perdu le contrôle à ce point auprès de West, la situation était bien pire qu'il ne le pensait... Son ami lui, ne savait quoi dire. Tant de personnes, qui vivaient, avaient une famille, étaient mortes, et il en était responsable. Il aurait du se méfier, il aurait du penser à la possibilité qu'elle utilise le même sort sur lui pour l'endormir. Homme, femmes, enfants... Il n'y avait plus rien. Laurence avait raison, Alexia ne pouvait pas vivre, elle était trop dangereuse et son âme était condamnée, mais il ne pouvait pas se résoudre à la simple pensée de la voir morte.
Si il l'avait voulu, il aurait pu sauver tout ces gens, c'était lui qui avait du sang sur les mains, c'était lui le responsable... Et il ne pouvait rien y faire.


-J'ai tenté de te prévenir West... Dit Laurence en s'approchant de l'Adamas, qui ne pouvait détourner les yeux.
-Ca n'aurait pas du se passer comme ça... Toutes les promesses que je lui ai faites... A quoi servaient t-elles si c'est pour que ça finisse ainsi! Cria West en se levant, sans pour autant tourner le dos. Laurence n'était pas vraiment doué en sentiments et ne pouvait pas trouver des mots pour le réconforter... Et il doutait qu'il y en avait de toute façon.
Maudits soient ma famille et le Comte Dyra! Maudit soit Arond! Ils n'ont pas le droit d'arracher le bonheur aux mains des gens comme ça, pour leur profit personnel, encore plus dès qu'il s'agit de leur propre famille! Maudits soient tout les mages, à se croire au dessus de la vie! Si je le pouvais, je les tuerais tous sur le champ avec leur propres arcanes!
West se retourna vers son ami d'enfance, son regard était empli de colère, contre le monde mais surtout contre lui même.
Je vais trouver une solution! Je vais tout arranger et tout deviendra comme avant, comme nous l'avions rêvé elle et moi, comme...
-Ca suffit West, tu te fais du mal. Coupa Laurence. Suite à cela, la colère de West devint tristesse et ses yeux se noyèrent de larmes. Il étreignit son ami, la seule personne qui pouvait encore le soutenir. Il était perdu, dépassé par des forces qui lui étaient supérieures...
-Dis moi quoi faire Laurence... Dis moi quoi faire. Sanglota le jeune homme.


...

Le 7 Octobre 1856, le village de Denverte, vers l'Ouest du territoire du Duc Gardefer, a été rasé par une entité magique non identifiée. Ce n'était que l'annonciateur d'un drame plus grand encore...


Dernière édition par DALOKA le Ven 4 Juil - 21:14, édité 1 fois
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Re: Ordre, Vide et Chaos

Message par DALOKA le Sam 9 Nov - 23:34

Chapitre VII

Des semaines plus tôt, Ralph avait longuement réfléchit à l'histoire de Refinia. Il n'avait aucune envie d'être mêlé à cette histoire, cependant son sens du devoir le rattrapait... Il se sentait obligé d'aider. Après des jours de doute, il fini par céder aux harcèlements de la dame vampire et se mit en route de nuit. Il devait traverser Nurenuil pour atteindre Bérilion et il n'avait pas de cheval... Il du donc en acheter un en négociant un bon prix dans une écurie, il n'aimait pas monter mais il n'avait pas  vraiment le choix...
Ralph n'avait jamais été à Bérilion, ce pays était bien loin du sien et les bériliens sortaient eux même peu de leur pays. Néanmoins de manière générale les habitant de l'Empire avaient plutôt une mauvaise image de Bérilion, et l'inverse était vrai aussi. L'haynailien allait malgré tout devoir parcourir ce pays de gens belliqueux pour atteindre son objectif.

A quelques jours de Bérilion il fit une halte dans une auberge et commanda une chambre sans dire plus de mots, bien qu'il évitait la civilisation à cause de sa monstrueuse nature, il lui arrivait de se le permettre de temps en temps. Alors qu'il déposait ses affaires et allait ôter ses habits les plus lourds pour s'installer dans le lit, Refinia apparu sans prévenir. Ralph était habitué à la voir sortir de nulle part, même dans ce genre de situation car la vampire n'avait cessé en trois ans d'essayer de le séduire, mais la simple idée de coucher avec une créature maléfique, impure et fourbe comme elle le répugnait, quand bien même il était comme elle.

-Tu n'as pas besoin de dormir tu sais? Dit-elle d'un air moqueur.
-Habitude, je suppose que ça fait trop longtemps que tu es corrompue pour l'avoir.
-"Corrompue"... Va tu cesser d'utiliser cet adjectif?
-Oh bien sur madame. Sans doute préférez vous "maudite"?
-L'immortalité est elle vraiment une malédiction.
-Quand elle a pour prix la vie de tant d'humains, oui.

Refinia s'approcha de Ralph à moitié dévêtu et posa sa main sur son épaule avant de continuer.
-Ca n'a rien de maléfique. Les humains se demandent ils pourquoi ils mangent de la viande?
-Comment ose tu comparer les humains à des animaux?
-Quelle différence? A part l'attrait pour les plaisirs inutiles, rien ne les différencie. Et en parlant de plaisir...
Fit elle en approchant sa bouche de celle de Ralph, ce dernier immobilisé par ses pouvoirs ne put répliquer. Refinia l'embrassa et en même temps lui mordit la lèvre pour prendre un peu de son sang. Ralph fut alors prit de spasmes, mais ce n'était pas à cause d'elle. Il perdit connaissance et s'écroula sur le sol, victime d'un étrange rêve.


Il se voyait attaché à un bûcher par des cordes qui lui compressaient le ventre et la poitrine, une foule devant lui, des gens du peuple en grande partie. Ils lui lançaient des pierres et il sentait certains de ses os se briser sous les projectiles les plus lourds. La foule en furie se calma dès qu'un homme en robe blanche accompagné d'un autre richement vêtu de rouge et de bleu, se plaça devant lui et le peuple en sortant un parchemin pour réciter son discours.
Les paroles étaient floues, il ne pouvait pas les comprendre même si elles étaient dans sa langue, ce n'était que des murmures pour lui. En revanche il comprenait parfaitement certains mots de la foule.

"Sorcière", "Monstre", "Démone", "Brûle!"... Des insultes, des menaces de mort, tout le monde semblait le hair et il ne pouvait pas parler, il pouvait juste entendre une voix familière mais qui n'était pas la sienne supplier d'arrêter, une voix féminine qui venait de sa propre bouche. L'homme en robe blanche termina son discours et celui à côté s'approcha de lui, un sort de feu dans la main. Il avait des cheveux blancs comme les hauts nobles Haynailiens et son visage indiquait une tristesse qu'il échouait à masquer...
"Désolé" murmura cet homme avant de mettre le feu au bûcher. Il sentit ensuite les flammes attaquer sa chair, et entendit un cri, un horrible cri de douleur.
Dès que Ralph se réveilla Refinia l'observait d'un air intrigué. Cette vision il en connaissait l'origine, depuis tout petit il lui arrivait dès qu'il touchait quelqu'un de voir un de ses souvenirs. Il n'en avait parlé qu'à ses proches et depuis sa transformation en vampire les visions étaient de plus en plus rares. Dès que Refinia l'interrogea à ce sujet, il accepta de lui expliquer tout ce qu'il savait sur son pouvoir.
Il ne pouvait voir que les souvenirs marquants, ou les récents. Ils pouvaient être déformés selon t'interprétation que la personne donnait à ces derniers et n'étaient pas toujours exact.

-Alors, quel moment de ma vie as tu vu, toi l'insolent qui pénètre la mémoire d'une dame?
-J'étais sur un bûcher, et...
-Ne va pas plus loin, inutile d'en parler.
Se raidit tout à coup la vampire. Si tu veux bien m'excuser, je vais te laisser seul avec ton pitoyable sommeil.
Refinia s'évapora alors sans d'autres mots. Ralph eu bien plus de mal à dormir que prévu à cause de cette vision inattendue, il se remit en route à l'aube pour ne pas perdre plus de temps  réfléchir. C'était clair pour lui, les vampires étaient des aberrations maléfiques qui n'avaient pas le droit de fouler la même terre que les hommes, mais malgré tout... Il avait pu ressentir la peur et la souffrance de Refinia dans son souvenir. Contrairement à ce qu'on disait aux Friedsang lors de leur éducation, les vampires avaient des sentiments et pouvaient ressentir la douleur... Ces créatures étaient humaines à la base après tout.
Mais Refinia avait porté atteinte à la vie d'un grand nombre de personnes, le pardon était impossible, un monstre qui pleure reste un monstre.


A nouveau sur de ses convictions, l'Haynailien passa la frontière entre Nurenuil et Bérilion par un chemin dit "sur" qu'un voyageur lui avait indiqué. Il était à présent en terre inconnue, la terre d'un peuple dont il ne connaissait pas du tout les moeurs. Il allait être délicat de communiquer sans risquer de les irriter, mais il devait le faire.
Alors qu'il prenait la route vers le lieu habité le plus proche, il entendit le galop de plusieurs chevaux derrière et à côté de lui. Trois cavaliers le suivaient et lui firent signe de stopper sa monture. Dès qu'il s'arrêta, lui et les trois hommes furent rejoins par une petite troupe de soldats armés sans montures.

-D'ou viens tu étranger? Demanda l'un des cavaliers.
-De loin.
-Tu veux dire que tu n'es pas un espion Nuren?
Demanda le Bérilien en fronçant les sourcils.
-Non je viens d'Haynailia, loin dans l'ouest. Ralph ne savait pas si c'était une bonne idée de le dire mais que pouvait il faire d'autre?Les trois cavaliers discutèrent alors entre eux à voix basse, puis celui qui lui avait précédemment parlé reprit.
-Viens avec nous, un étranger louche comme toi ne traînera pas sur nos terres si on ne l'y juge pas autorisé. Nous en discuterons une fois au village.
Alors que Ralph allait suivre la patrouille Bérilienne, une voix l'interrompit.
-Halte mes amis, il est avec moi.
La voix provenait d'un autre Bérilien, il avançait d'un pas décontracté et ne portait aucune arme. De grande taille et atteignant presque la quarantaine d'année, il portait des vêtements sobres dans les tons sombres, accompagnés d'une cape de voyage. Il portait un chapeau Bérilien traditionnel en guise de couvre chef, personnalisé avec une lettre en langue classique de l'Est dessinée dessus.
L'homme releva son chapeau abaissé sur ses yeux, révélant son regard brun sombre ainsi que son visage.

-Sire Dally! S'exclama un cavalier avec surprise. Que faites vous ici?
-C'est un ami, je suis venu à sa rencontre pour le guider, il est sous ma protection.
Les soldats se regardèrent entre eux avant d'autoriser le passage de Ralph, à la condition qu'il évite de trop se faire remarquer. Les cavaliers partirent ensuite à pas lents, suivis par le reste de la patrouille.

Suite à ça, l'haynailien descendit de sa monture pour saluer et surtout remercier l'inconnu.

-Merci... Mais pourquoi m'avoir aidé?
-Et pourquoi ne l'aurais-je pas fait? Tu es étrange mais tu n'es pas ici pour créer des ennuis, je le vois dans ton regard.
-Vous plaisantez? Je ne vois pas en quoi j'ai l'air aimable.
-Chut l'étranger. Dès que j'affirme que j'ai raison, j'ai raison. Et inutile de me vouvoyer, je n'aime pas ça.
Ou va tu mon ami?
-Je suis ici pour une importante mission et je dois aller à la maison... Nerimazu, je crois.
-Ca tombe bien, je vais au même endroit! Je peux t'y guider.
-Je préfère voyager seul, désolé.
Refusa Ralph, préférant éviter qu'on découvre ce qu'il est.
-Il vaut mieux pour un étranger d'éviter de voyager tout seul dans ce pays. Qui plus est les inondations bloquent souvent les routes et il est difficile de traverser ces terres dès qu'on ne les connais pas. Et puis, il faut bien quelqu'un pour prendre ta défense si tu t'attire des ennuis.
-Je vous assure que je m'en tirerais très bien sans vous...
-Pas de protestation mon petit! Je suis ton guide un point c'est tout. C'est quoi ton nom pâlichon?
-Ralph Friedsang. A présent il serait courtois que vous me donniez le votre.
-Dally.
-Mais encore? Vous avez bien un nom, tout de même.
-Dally tout court! Et pour la dernière fois petit, ne me vouvoie pas, ça me met mal à l'aise.

Ainsi Ralph accepta cet étrange énergumène en tant que guide pour l'aider à parcourir ce pays inconnu. Dally s'invita sur le cheval de l'Haynailien et ils ne tardèrent pas à se mettre en route.
Le bérilien lui indiqua le chemin du village le plus proche, ou il disait avoir à faire. Ralph ne désirait pas perdre du temps, même pour rendre service, mais il insista en disant qu'il pouvait acheter des provisions là bas. Sur le chemin, Dally lui posa une tonne de questions sur son passé, ce type était réellement agaçant et bavard pour quelqu'un qui ne voulait rien dire sur sa propre personne. Le Friedsang refusa également de dire quoique ce soit, jusqu'à ce que Dally lui dise qu'il savait déjà son secret de toute façon. Ralph lui demanda comment, le bérilien lui dit alors qu'il le dirait si il racontait son passé.

Ralph était né au sein de la famille Friedsang qui était divisée en deux branches: Une politique et une combattante. La première gérait les différents vassaux et territoires du comté, la deuxième s'adonnait à la tradition de la famille: la chasse aux monstres.
Bien bâti et plus adroit à l'épée qu'à la parole, on destina Ralph à la branche guerrière auquel son père et son grand père avaient également appartenu. On lui apprit, en plus du combat, à connaitre et à tuer toutes les créatures dangereuses et maléfiques, de la goule au démon. A 18 ans déjà il rapporta avec fierté la tête de son premier vampire. Loyal et talentueux, son avenir était brillant.

Tout bascula pour lui lors d'une mission simple: il devait éliminer les morts vivants qui avaient investis une ferme sous la demande du propriétaire des terres. Le lieu était infesté de ces monstres qu'il défit sans grande difficulté malgré tout. Le chasseur n'avait pas tardé à se frayer un chemin pour entrer dans le bâtiment ou à peine entré, il entendit le cri d'une jeune fille. Immédiatement il couru à l'étage pour sauver une enfant qui n'avait pas plus de 12 ans, attaquée par d'horribles goules. En tant que chasseur de Vampire et démons, il avait prit l'habitude de se méfier des belles femmes depuis longtemps déjà... Mais il ne se méfia nullement de la jeune fille. Ainsi dès que la gamine pleura en lui sautant au cou pour le remercier, il ne s'attendit pas à ce quelle plante quatre crocs pointus dans sa chair. Ralph perdit connaissance et le lendemain dès qu'il se réveilla il était seul. Il se sentait bizarre et marcha dans la maison délabrée, observant que toute menace avait désormait disparue. Avant même qu'il ne comprenne ce qui lui était arrivé, Refinia apparu dans son dos et lui expliqua qu'elle l'avait transformé en vampire avec le dessein d'en faire son prochain serviteur, alors que lui ne pouvait rien faire, paralysé à cause des immenses pouvoirs de la dame.
Abattu par la perte de son humanité et de sa vie, il resta néanmoins fidèle à sa famille et ne la fuit pas, même si cela voulait dire que ses anciens proches le considérait à présent comme un monstre. Une fois rentré, il perdit son honneur en plus de son humanité pour être devenu un monstre après s'être fait berné par une créature du mal.
L'amour de ses parents, le respect de ses frères et soeurs, tout ses biens... Tout fut détruit suite à ça.

-Voilà, tu connais toute mon histoire à présent. Acheva Ralph. Inutile de dire qu'il faudrait éviter de trop en parler.
Mais maintenant que je t'ai raconté, va tu faire de même?
-Ai je que c'était un échange équitable?
Rigola Dally.
-Ainsi tu ne va rien me dire sur toi?
-Eh non!
-Ca me parait injuste...
-Que veux tu, tu t'es fait avoir mon petit! Dis toi juste que le gaillard en face de toi a vécu trop d'aventures extraordinaires pour tout te raconter.

C'est sur ces mots que Ralph Friedsang et son guide, le dit Dally, commencèrent leur voyage dans le pays de l'Est.
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Re: Ordre, Vide et Chaos

Message par Akety le Dim 10 Nov - 20:47

J'adore le personnage de Dally \o/
Y'a énormément de fautes de BBCodes dans tes textes, ça me fait tiquer plus que n'importe quoi Mignon
J'en ai corrigé quelques unes mais pas toutes : c'est pas joli-joli, alors pitié, édite. Stupid 
Mis a part ça, la fic' s'améliore et on est de plus en plus impatient de voir l'ampleur des évènement par la suite. Que dire sauf "continue comme ça" et "accèlère le rythme, j'en veux plus vieux singe !" ? Mignon


Akety, qui délire.
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Re: Ordre, Vide et Chaos

Message par DALOKA le Sam 30 Nov - 20:18

Chapitre VIII


Deux dizaines d'années plus tôt lors d'un banal jour de pluie à Bérilion vers le sud du pays, un jeune garçon aux cheveux noirs marchait sous la pluie, la tête protégée par un chapeau de paille. Il dépassait de quelques années la dizaine et disposait de deux yeux verts éméraude, il avait comme chaque jour un regard dur, profitant de sa grande taille pour impressionner les autres jeunes de son age et les tenir à distance. Cependant une grande taille ne suffisait pas à écarter tout le monde, et un autre groupe d'enfant légèrement moins âgés le suivirent. L'un d'entre eux, visiblement la tête de la petite bande, tapota sur son épaule pour l'interpeller.

-Eh Dreke! Qu'est ce que tu fais sous la pluie? C'est pas toi qui te plaint en permanence de l'humidité de notre pays. Dit-il avec un sourire hypocrite.
-Ne me touche pas. Répondit froidement le concerné en jetant un regard mauvais à celui qui l'avait dérangé.
-Oh il se calme le Nuren! Tu devrais respecter les vrais natifs de Bérilion qu'on est au lieu de me parler comme ça.
-J'ai vécu plus d'années sur ces terres que toi, crétin.

Suite à ces mots le bérilien tira une face contrariée et cracha au visage du dit Dreke avant de pouffer de rire, alors que l'autre tentait tant bien que mal de garder son calme.
-Excuse toi. Exigea Dreke.
-Hein? La pluie est trop forte, je t'entend plus.
-Je t'ai dit te t'excuser sur le champ, petit con!
Faisant toujours mine de ne rien entendre, le jeune bérilien se retenait de ne pas éclater de rire, mais ses camarades derrière lui ne se gênaient pas pour rire aux éclats. Les rires cessèrent dès que le Nuren donna sans prévenir à l'autre enfant un violent coup de poing dans la mâchoire, l'envoyant quelques mètres plus loin pour le laisser assommé dans une flaque d'eau. Devant une telle brutalité soudaine, les gamins prirent naturellement peur. Beaucoup de racailles dans leur genre auraient normalement fuit immédiatement, mais un bérilien qui fuit à l'adversité d'un étranger?  Ils auraient tous eu honte de rentrer chez eux après avoir adopté un comportement si lâche. Les quatres restant se jettèrent donc sur Dreke... Et furent tour à tour mit à terre d'un seul coup. Mais cela ne lui suffisait pas, la colère l'envahissait de plus en plus, pour qui se prenaient ils? Ils méritaient une leçon.
Dreke attrapa le chef de la bande inconscient par le col, le coup qu'il avait reçu lui avait sans doute fendu la mâchoire, et le Nuren était bien parti pour lui briser tout les os du corps un par un. Cependant, une main se posa sur son épaule. Aussitôt il se retourna et avant de dire un seul mot, reconnu son frère aîné Metsu. Il avait un regard calme mais qui semblait transpercer son âme, il n'eu besoin d'aucun mots pour faire comprendre à Dreke d'arrêter de suite et de se retirer. Ce dernier partit alors vers la maison des Nerimazu, baissant la tête... Il ne regrettait pas du tout ses actes, ils l'avaient mérité.
Le lendemain, cette dispute avait créé un autre conflit. Le père de l'un des enfants, Tori Yatome, avait demandé à voir les Nerimazu sur le champ. Metsu l'avait retrouvé dans une des salles servant à accueillir les invités, et servi deux coupole d'alcool. La salle était tapissée des armoiries du clan: Un dragon formant un N et deux sphères tournant autour de lui.
-Pourquoi est ce qu'Ishin ne vient pas en personne? Grommela le visiteur. Je n'ai pas l'intention de parler à son fils.
-Mon père a d'autres chose à faire que de s'occuper de disputes d'enfants, inutile de le déranger. Qui plus est son fils est un homme depuis plusieurs années à présent, parfaitement apte à converser avec vous. Que voulez vous donc?
-Je suis ici pour parler de l'enfant Nuren que vous abritez.
-Je croyais que le débat sur ses origines avait été réglé en public par lame de mon père il y a longtemps.
-La n'est pas le problème. S'il n'aurait fait que frapper mon fils, passe encore, mais il a failli le tuer! Vous vous rendez compte que mon fils risque de ne plus marcher?
-Ou voulez vous en venir? Demandez vous des excuses? Votre fils a provoqué Dreke et en a payé le prix, voilà tout.
-Ne comprenez vous donc pas?
-Comprendre quoi?

-Sa force et son agressivité... Ne sont pas humaines. D'un seul coup, un seul, il a brisé le dos de mon fils qui est pourtant un solide garçon. Ce n'est pas normal.
-En quoi est-ce un problème?
-En quoi est ce un problème?
Répéta Tori, choqué. Vous vous moquez de moi?
-Assez Tori Yatome, vous insultez la branche principale des Nerimazu en nous accusant de cacher un monstre parmi les notre. Si discussion il doit y avoir, elle se réglera par le sabre. Je vous recommande de quitter notre maison sur le champ.

Ne préférant pas répondre à l'invitation, Tori se leva et se retira sans d'autres mots.

Cette discussion achevée, Metsu décida d'aller rendre visite à Dreke, il savait déjà ou le trouver. Le jeune homme quitta la salle et en parcourant les couloirs de la maison ne tarda pas à entendre les cris de rage de son petit frère. Une fois devant la salle d'entrainement il attendit un moment avant d'ouvrir la porte.
Même dans un pays de guerriers comme Bérilion, Dreke faisait peur. Tout le monde savait que l'enfant n'était pas normal, mais personne ne savait quelle était sa vraie nature, c'est pour cela qu'il faisait peur. Bien qu'il n'avait pas grand chose à craindre de lui, même Metsu s'inquiétait parfois sur son identité, mais il savait très bien que le montrer n'aurait pour seul que résultat que de perdre la confiance de Dreke et le rendre plus agressif.
Metsu ouvrit la porte coulissante et découvrit Dreke frappant un mannequin de bois furieusement à l'aide d'un sabre d'entrainement. Il ne fit même pas attention à l'entrée de son ainé et continua, mais au bout de 5 autres coup, l'épée en bois se cassa. Dreke leva alors la tête vers Metsu.

-Pourquoi est ce que tu es la? Dit froidement le "Nuren".
-Je reste ton frère aîné, qui plus est je vais ou je veux, je suis chez moi ici.
-Tu es venu pour me disputer peut-être.
Dit Dreke en riant.
-Pas vraiment.

Un silence s'ensuivit et Metsu partit saisir un sabre d'entrainement et indiqua à son petit frère d'en prendre un également. Dreke comprit immédiatemment et s'éxécuta. Les deux Nerimazu se mirent l'un en face de l'autre, en garde. Comme il en avait l'habitude, le plus jeune attaqua le premier, mais son coup fut bloqué avec aisance. Metsu ne plaisantait pas sur ce combat, car bien que ne disposant d'aucune maîtrise, il n'avait pas la force d'un enfant. Dreke chargea en avant et tenta un coup de haut en bas, son adversaire l'évita en passant sur le côté, ce qui lui permit d'être dans le dos de son petit frère et de plaquer son arme de bois contre sa nuque.
-Ce coup était stupide. Commenta Metsu.
-Ferme la, ne me donne pas de leçon. Cracha l'enfant en se dirigeant vers la sortie, vexé.
-Tu as trop confiance en ta force naturelle pour pouvoir progresser, tu dois t'en détacher si tu veux me vaincre un jour.
Dreke ne se retourna pas et quitta la salle, oubliant de déposer son sabre d'entraînement par la même occasion, "il y repensera quand il sera moins énervé", se dit Metsu.
A présent il devait absolument parler à son père, il était dit introuvable mais il savait ou il se rendait dès qu'il disparaissait sans prévenir. Le bérilien sortit jeter un coup d'oeil dehors, la pluie s'était arrêtée, tant mieux.


De retour en 1856, Dreke poursuivait son voyage et était forcé de marcher sous la pluie d'automne d'Haynailia. Etant été élevé à Bérilion ce genre de pluies étaient pour ainsi dire, insignifiante à ses yeux. Il a toujours horreur de la pluie... Mais il avait bien du s'y habituer.
Ca faisait longtemps déjà qu'il marchait à pied, le sac contenant sa hache commençait à lui peser sur le dos. Pourquoi l'avait il amenée déjà?... Il ne savait plus, ou tout simplement pas. En effet quel intérêt de prendre avec soi une arme encombrante en plus de son épée? C'était surement pour la même raison qu'il était partit en voyage: l'instinct, ou le destin.

Malgré tout jusque là tout se déroulait sans problème pour lui, et il devait admettre... Que c'était ennuyeux. Il aurait presque préféré avoir des ennuis avec des gardes ou quelques chasseur de primes, ou encore une autre "connaissance" qui voudrait sa peau. Mais il aurait son défi, l'aura rouge à l'ouest était de plus en plus proche, il n'y avait aucun doute... C'était l'ultime adversaire, celui qui devait abattre de cette hache. Il le sentait, après cette bataille tout allait changer... La vie morose et sans intérêt prendrait fin et il allait ENFIN s'amuser.
Le mercenaire ne savait pas ce qui allait se passer, qui ou qu'est ce qu'il devait affronter, mais c'était son "destin".
Qu'avait il fait dans sa vie de toute façon? Rien, absolument rien, une somme de futilités ajoutées à une survie vide de sens, sans autre but que la liberté.
Il était grand temps d'accomplir quelque chose... D'énorme.
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Re: Ordre, Vide et Chaos

Message par DALOKA le Sam 28 Déc - 22:20

Chapitre IX


Ralph voyageait depuis deux jours maintenant aux côté du dit Dally. Ce dernier s'était révélé bien plus utile que l'haynailien l'avait prévu, grâce à lui il avait même pu obtenir de l'eau et de la nourriture gratuitement. En plus de cela, il connaissait les meilleures routes, les plus praticables et les plus courtes. Le Bérilien semblait être respecté parmi les siens, tout le monde l'appelait poliment "Sire" ou "Monsieur", ce qui était dans ce pays très étrange pour un homme ne pourtant pas d'armes.  
Un jour ou ils voyageaient, le ciel était sombre et leur offrait une pluie froide et désagréable. L'Haynailien et son accompagnateur avaient du trouver un abri de fortune, une cavité creusée au pied d'une falaise s'offrait à eux par chance. Trempés jusqu'au os, ils décidèrent de s'arrêter jusqu'à ce que le temps se calme. La pluie était trop forte et ils ne pouvaient plus progresser, alors Dally décida de faire un feu en comptant sur les faibles talents magique de Ralph. Ce dernier fut alors un peu surpris qu'un Bérilien lui demande sans aucune gêne d'utiliser de un sort, mais Dally insista. Une fois le feu allumé, non sans mal à cause de l'humidité du bois, Ralph regarda dehors, la situation empirait et un grondement de tonnerre vent confirmer sa pensée. Frissonnant à cause de ses vêtements mouillés, Ralph éternua.


-Quel temps... C'est toujours comme ça ici? Demanda Ralph.
-Pour la saison ce n'est pas grand chose. Il arrive que les pluies détruisent les petits villages.
-Mais que faites vous si vos maisons sont détruites.
-Tu es stupide ou quoi,
rit Dally, on les reconstruit en espérant que ca tiendra pour la prochaine saison des pluies. Enfin, c'est que dans ton pays c'est plus commode.
-Tu es déjà allé à Haynailia?

-Bien sur, puisque je te dis que j'ai fais le tour du monde! Suis un peu.
Dally fouilla dans sa sacoche et en sourtit une gourde, il en ota le bouchon et bu une gorgée de son contenu avant de la tendre à l'haynailien.
-De l'alcool, t'en veux? Proposa l'aventurier.
-Non merci, je ne bois pas. Déclina poliment le concerné.
-Vraiment... Soupira Dally, t'as aucun goût, tu rate quelque chose.
Le Bérilien bu encore un peu de sa boisson avant de la remettre à sa place et de se réchauffer les mains près du feu.
-Au fait, tu m'as dit que dans ta "quête", tu devais tuer un gars. C'est quoi le nom de ce type? Demanda t'il.
-Dreke, il se fait appeler Vandeir Dreke.
-Dreke...
Murmura le voyageur un instant.
-Ca te dit quelque chose?
-Non, rien du tout, désolé.
Et bien évidemment, Dally mentais. Ce nom lui ramenais à une époque lointaine, dès qu'il vivait encore avec les Nerimazu.
Il y avait presque 20 ans, Dally quitta les siens pour partir en voyage. Il n'avait jamais été très lié à sa famille et n'avait qu'un désir: partir faire sa propre vie...


Félicia Dyra, comme le lui avait demandé son père, étudiait sans relâche. On ne pouvait pas dire qu'elle avait autre chose à faire en l'absence de son père de toute façon. Mais aujourd'hui, ayant déjà étudié tout les ouvrages qu'on lui avait demandé de consulter, elle avait décidé de s'attaquer à un livre de magie. Il ne contenait que des sorts simples et ne causant aucun dégâts, c'était un livre pour novice qu'on donnait aux jeunes élèves de l'académie des mages d'Axaques. Elle tentait d'effectuer un sort consistant à créer  une sphère lumineuse pour éclairer les endroits sombre, mais elle n'arrivait à rien. On a jamais su pourquoi, Félicia n'avait jamais pu lancer correctement un sort, même basique. Un moment elle cru apercevoir une petite lumière, mais elle ne dura que qu'un court instant.
La jeune fille soupira et s'écroula dans son siège, feuilletant les pages de livre pour trouver un autre sort à essayer.
Après deux essais sans succès, elle leva les yeux vers le mur. Xephiel y avait été accrochée, tel  un objet décoratif. Elle avait dorénavant l'autorisation de la garder, en fait c'est même son père qui avait demandé à ce qu'elle soit toujours près d'elle.
Félicia se leva et retira l'épée de son emplacement, avant de repenser aux évènements passés. Avec cette épée, elle avait put défaire des êtres semblants invincibles comme Jigen ou Arond... Le pouvoir de cette arme était grisant, c'en était presque terrifiant. Elle n'avait pas osé poser plus de question à son père sur la nature de son épée, mais elle en avait des tas. Elle tira l'arme de son fourreau et contempla la lame, même avec les sceaux actifs elle pouvait maintenant sentir son immense pouvoir.

Félicia fut interrompue dans ses pensées par un servant qui frappait à la porte, elle se demandait bien ce qu'il se passait pour qu'on vienne la déranger dans ses études.

-Mademoiselle, Sire Rosentia arrive pour le déjeuner à l'instant.
-Comment? S'écria t-elle avec surprise Il n'était pas censé ne pas venir suite à l'absence de mon père?
-Il a changé d'avis, semble t-il. Nous nous hâtons en ce moment même de préparer la table, je vous recommande d'immédiatement vous changer.
Alexandre Rosentia, c'était l'héritier des Rosentia, famille de la haute noblesse, fraichement placé à la tête de sa famille à cause de l'assassinat de son père. On sait à présent que sa mort fut le fruit d'une manipulation de Durand Vinnairse. Bien que n'ayant qu'une vingtaine d'années, Alexandre était dit doué de tout les talents et un comte tout aussi, voire plus, digne que son père. Il écrivait des poèmes, était doué aux calculs, était mage, escrimeur, et surtout était doté d'un charisme et d'une beauté naturelle. Il avait pour seul défaut l'un des plus terribles: l'insolence.
Une fois vêtue d'une robe plus élégante, elle se poudra et se coiffa avant d'ouvrir la porte de sa chambre. Un servant l'y attendait, visiblement paniqué et pressé.

-Hâtez vous mademoiselle, monsieur s'est déjà installé à table!

Félicia acquiesça et se dirigea aussi vite qu'elle le put vers la salle à manger du manoir, dans une telle situation elle pense que son père l'aurait surement refusé... Mais elle n'osait pas demander au comte Rosentia de sortir, et par dessus le marché elle devait admettre qu'il n'était pas antipathique et qu'elle n'avait aucune raison de le refuser.
Une fois à la salle à manger, elle découvrit Alexandre Rosentia assis dans son siège, tenant dans ses mains un carnet et un crayon. Il sursauta un moment à l'entrée de Félicia et elle comprit qu'elle l'avait surprit. L'homme rangea immédiatement ce qu'il avait en main pour reprendre une attitude habituelle, plus correcte.


-Veuillez m'excuser pour avoir tardé, Sieur Rosentia. Fit poliment Félicia dans une révérence en faisant comme si elle n'avait rien vu.
-Non, non. C'est moi qui m'excuse d'être venu à l'improviste, je suis très honoré de me voir accepté chez vous. Rétorqua Alexandre. Que diriez vous de discuter un peu?

La jeune Dyra s'assit de l'autre côté de la table. Alexandre était un homme qui était béni par la nature, il avait un très, très beau visage, et un corps svelte. Ses cheveux blancs caractéristiques de son sang étaient coupés courts et coiffés vers le côté droit, ses yeux étaient eux d'un bleu très sombre, tant qu'il pouvait paraître noir.
Il portait une veste longue aux brodures dorées dotée de la couleur de sa famille: un rouge éclatant, accompagné de teintes plus sombres. Une rose blanche, également symbolique des Rosentia, y était accrochée.

-Eh bien de quoi parlerons nous? Je vous laisse décider. Fit Alexandre, son visage illuminé d'un sourire paisible comme à son habitude.
-Je n'ai pas d'idées qui me viennent en tête, vous en revanche, me semblez en avoir à ne plus compter. Allez y.
-Comme vous voudrez alors. Tiens, la raison de ma venue pour commencer. J'étais censé voir votre père, mais il est allé à la capitale...
-Je suis au courant de cette affaire, et je m'en excuse.
-Pourquoi donc? Vous n'avez pas à le faire voyons. Enfin, je disais que même si Sire Dyra n'est pas là je pouvais rendre visite à sa fille. Je vous ai déjà vue, mais c'était il y a deux ans et nous n'avons pas put converser! Je me suis alors dit que c'était l'occasion pour moi de vous connaitre.
Au fait, depuis que vous êtes entrée dans cette salle... Vous ressemblez vraiment à la cadette des Vinnairse.

Le coeur de Félicia se serra à l'évocation de sa soeur portée disparue, mais elle tâcha de paraitre naturelle et reprit la conversation.
-Cela n'a rien d'étonnant. Alexia Vinnairse est ma jumelle.
-Je vois, tout est plus clair à présent. Je vous plaint, en plus de votre soeur, votre futur époux est lui aussi porté disparu...
-Ce n'est rien, je... ne suis pas vraiment proche d'eux.
-Oh...
Fit Alexandre Néanmoins, j'ai une question: avez vous des amis?
-Que voulez vous dire?
-Eh bien, vous ne semblez pas très proche de votre père non plus... Alors je me demandais si vous aviez des gens dignes de confiance à qui vous confier, par exemple?
-Messire Alexandre Rosentia, les nobles n'ont que des relations, pas des amis.
Réliqua froidement Félicia. S'ensuivit un long silence.
-... Excusez moi, vous ai-je vexée?
-Non,  ce n'est rien... Parlons d'autre chose je vous prie. Tiens voilà, parlez moi de vous. Votre rôle de Comte n'est pas trop lourd à porter?

-Eh bien maintenant j'ai très peu de temps pour moi, le fait que je soit présent à cette table est assez exceptionnel d'ailleurs. Qui plus est la mort de mon père a secoué toute la famille et mis à part ma mère, j'en suis le seul adulte.

L'homme lâcha alors un long soupir avant que les serviteurs ne viennent servir la soupe en guise et déposer une caraffe de vin sur la table, puis repartent sans un mot.
-Dieux, qu'il est ennuyeux d'être noble! S'écria Alexandre avant de se lever de sa chaise sans prévenir et se diriger vers la fenêtre. Si je faisais comme je l'entendais, je serais déjà en selle, me dirigeant vers des contées étrangères pleines de mystères à découvrir! J'oserais même réaliser une épopée digne du premier empereur!
Il se tourna alors vers Félicia, qui ne montrait aucune réaction.
J'ai entendu dire que votre père vous a envoyée seule, sans garde du corps, traverser la région il y a des mois. Que je vous envie! Peu de familles osent faire ça de nos jours, et pourtant vous êtes une femme. Il commence à s'éloigner le temps des braves chevaliers...
Félicia savait bien sur que si elle était sortie seule sans gardes du corps, c'est parce qu'elle n'en avait pas besoin... Mais il fallait mieux taire toute information à ce sujet.
-Nous avons d'autres rôles à jouer. Répondit Félicia sans toucher à son assiette, il semblait que son invité avait plus faim de discussion qu'autre chose de toute façon.
-Des rôles? Certes oui, mais sommes nous vraiment utiles? Répliqua le Rosentia en commençant une marche autour de la table tout en parlant. Vous ne vous en rendez peut-être pas compte, mais observez un peu la situation actuelle: Cela fait un an que la noblesse s'entredéchire pour obtenir la place d'Empereur, Durand Vinnairse, mon défunt père, et bien d'autres ont payés cher le prix de cette ambition. Au fait, vous n'êtes jamais allée à un conseil impérial, j'imagine?
Félicia fit non de la tête, écoutant attentivement chacune de ses paroles.
-Ces conseils sont infernaux. Je pensais qu'on pouvait parler calmement de ce qui serait idéal pour la patrie... J'étais bien naif! Parmis tout ces nobles et prestigieux conseillers, je n'ai vu que des charognards tentant de profiter de la situation actuelle de notre pays. J'ai bien peur que le prochain conseil qui sera dans un mois ne se déroule exactement de la même manière.
La jeune noble était pourtant très bien consciente de ce fait... Mais elle ne pouvait rien dire, ni faire, ce n'était pas en son pouvoir de changer cette situation.
-Vous savez... La puissance militaire et économique d'Haynailia a beau croitre, je pense que le pays va s'effondrer si ses dirigeants se montrent aussi immature.
-Mais la place d'Empereur ne vous intéresse pas? Demanda Félicia.
-Non, votre père non plus ne la veut pas, qui y a t'il de mal à cela?
Dans tout les cas... Si l'Empereur ne vit pas, l'Empire non plus, et pour ce que j'ai vu de l'Empereur actuel, il a l'air tout sauf vivant. Alors soit nous désignons le plus compétent une bonne fois pour toute, soit...
Fit Alexandre sans terminer sa phrase.
-Soit?
-Rien, des bétises.
Termina le noble en se rasseyant à la table. Mais au fait, vous semblez m'écouter, mais vous ne dites pas grand chose. Quel est votre avis sur la question?
Son avis sur la question?... Elle n'avait rien à dire, elle n'y réfléchissait jamais vraiment. Pour elle les choses étaient ainsis et elle ne pouvait rien y faire. Ainsi elle ne répondit que par un silence en commençant à manger.
Vous ne répondez pas?... Soit, je ne vous agace pas plus avec des débats politiques alors. Oublions cela et mangeons avant que ce ne soit froid.
Enfin une chose sur laquelle ils étaient d'accords.

Ils commencèrent donc à manger en silence. Mais contrairement à Félicia, Alexandre ne supportait pas le silence et ne mit pas bien longtemps avant de le briser entre deux bouchées de pains.

-J'ai une faveur à vous demander. Ca peut vous sembler ridicule et enfantin mais... Hum, c'est assez gênant. Pouvez vous me montrer juste un sourire?
-Comment? Réagit Félicia avec surprise, s'arrêtant de manger.
-Eh bien, je connais un peu votre père et comme vous il ne sourit jamais. Alors je me disais que si je réussisais à apercevoir ne serait-ce que l'esquisse du sourire d'un Dyra, j'aurais rempli ma journée!
-Vous vous moquez de moi?
-Non, non! Il ne faut pas le prendre mal! C'est juste que ça me  ferait vraiment plaisir de voir votre sourire.
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Re: Ordre, Vide et Chaos

Message par DALOKA le Sam 4 Jan - 12:41

Chapitre X


Dans les collines qui séparaient les états Waien de l'Empire d'Haynailia, un géant avançait sous le ciel gris... Ce "géant" de 2 mètre 18 se faisait connaitre sous le nom de Bloody Jones.
Il venait d'accomplir sa mission à Waien, une quête dangereuse pour tout le monde, mais bien simple pour lui. Sa routine habituelle; Entrer, éliminer tout ceux en travers de son chemin, atteindre l'objectif. Si risqué et pourtant si enfantin, le genre de mission que seul lui pouvait accomplir ... Son bras gauche bouillonnait, il semblait être en feu, une conséquence normale de son utilisation abusive. Tuzak, selon l'analyse de Téko, avait été scellée à l'aide d'une vingtaine de sceaux, qui permettaient à Jones de réguler le pouvoir de Tuzak plus ou moins à sa guise, c'était pratique et simple mais bien plus éprouvant qu'on ne pouvait le croire. Heureusement, le guerrier pouvait de ce côté compter sur son incroyable vitalité.
Quand bien même... Sans raison, sa sarth devenait de plus en plus difficile à contrôler. Il ne doutait pas une seule seconde de la fiabilité des dires de Téko, l'un des plus grands mages en matière de sceaux magiques de l'Empire, mais... Tuzak semblait déchaînée, comme si l'orbe rouge allait s'arracher de son gantelet à tout moment.
"J'en parlerais à Téko une fois rentré.", conclu t-il, décidant de penser à autre chose et d'essayer d'oublier cette sensation de brûlure qui parcourait son bras.
Alors qu'il continuait sa route, un vent violent dans la face, il cru apercevoir un édifice de pierre familier au loin... Piqué par sa curiosité, il détourna de sa route pour s'approcher et l'observer de plus près.
Une fois proche de l'objet, il le reconnu aussitôt. C'était un vulgaire menhir, rien de plus, du moins c'était le cas pour n'importe qui d'autre. Jones savait très bien ce que c'était...
La tombe des déserteurs.
Tout à coup, un grand sentiment de nostalgie envahit Jones, qui ne put que rester immobile à contempler le plus que modeste édifice de pierre qui rendait hommage à ses défunts camarades... Dans cette terre reposait les cadavres de ses plus fidèles compagnons qui ne l'avaient pas abandonnés même après qu'il ait commit l'irréparable.
Le géant posa son grand sac de toile contenant ses affaires sur le sol et s'assit devant le menhir, un sourire triste aux lèvres.

-Ca fait combien de temps maintenant?... Se dit il. 17 ans? J'avais presque oublié cet endroit...
Il ouvrit son sac et en sortit une bouteille d'alcool qu'il débouchonna à l'aide de ses dents. Il versa ensuite la moitié du contenu de la bouteille sur le sol.
-A la votre les gars. Dit Jones avant de boire une gorgée d'alcool. Vin de Decan, Celui, c'était notre favoris, il a du vous manquer.
Allons donc, voilà qu'il se mettait à parler avec les morts... Ca ne lui ressemblait pas.
Le géant poussa un lourd soupir et repensa à tout ce qu'il avait vécu... Comment avait il fait pour en arriver là? Il avait tout perdu, de son épée, à sa famille et son nom. Pour couronner le tout il était condamné à porter une arme maudite et à combattre toute sa vie.
Il ria. Oui sa vie avait été un fiasco total, il ne pouvait pas le nier...
Jones Correl, c'est son vrai nom. C'était un gamin ordinaire d'une famille ordinnaire. Son père était cordonnier. Ne voulant pas suivre la même voie que ce dernier, il s'enrôla dans l'armée dès qu'il en eu l'âge. Certes il n'apportait rien à la famille, mais quel plus grand honneur que d'avoir un fils militaire de profession?
La première chose que remarquèrent ses supérieurs est sa taille. Non seulement il dépassait déjà presque tout le monde dès qu'il avait 15 ans, mais en plus il continuait de grandir. On plaisantait sur le sujet, parfois méchamment, en disant que sa mère avait couché avec un démon ou qu'il était lui même un monstre. D'autres encore le comparait au premier fondateur de l'inquisition, réputé pour sa taille anormale lui aussi. Jones s'en moquait, il était fait ainsi, il ne pouvait rien y faire, c'est tout.
Il se démarqua vite de par son talent à l'espadon, arme plus qu'adaptée à un homme de sa carrrure. Il pouvait manier ces armes avec plus d'aisances que n'importe quel autre soldat.
A l'époque, l'Empire était en paix mais préparait la guerre contre Waien, par conséquent on attendait beaucoup de soldats comme Jones, et il ne comptait pas les décevoir.
Cependant, entretemps, il fut prit par une autre occupation: l'amour. Le géant tomba sous le charme d'une demoiselle de basse noblesse nommée Fiona, fille de baron. Après avoir fait la cour à la dame, il redoubla d'efforts pour convaincre le baron qu'il n'y avait pas de plus brillant soldat que lui. Ses efforts portèrent leur fruits sans attendre et il obtenu la main de sa bien aimée.
En 1834, dès que l'armée fut appelée pour combattre au front Waien, Fiona avait accouché d'une fille il y avait deux ans déjà. Jones se jura de revenir voir grandir son enfant.
Les hauts gradés se pavanaient et disaient que la guerre allaient être un franc succès. Oh, ils avaient raisont, mais pas pour l'infanterie.
La magie militaire, encore expérimentale à l'époque, faisait parfois autant de dégâts chez les alliés que les ennemis. Et pire que tout: Le conseil impérial avait fait durer le plaisir pour tester toute les manières possibles d'exploiter ses nouvelles armes, c'était pour cela que cette guerre clairement à l'avantage impérial a duré cinqs années, alors qu'un an aurait suffit pour la conclure...
Mais à l'époque, Jones Correl ne pensait pas à ça. Il se battait pour revenir vivant et glorieux auprès des siens, il ne cherchait même pas à savoir la raison de son combat. Ce n'était pas un impérialiste, juste un soldat qui cherchait la gloire, comme beaucoup d'autres.
Lieutenant au début de la guerre, il comptait bien se démarquer pour obtenir le grade de Général. Au commandement de la 18ème troupe d'infanterie, il était très lié avec ses hommes. Il se souvient encore du nom de chacun ayant survécu à la première année. Il a bataillé avec eux des jours et des jours sans s'arrêter, sur le champ de bataille ils devenaient aussi liés que des frères... Ensembles ils étaient prêt à se jeter dans la gueule d'un démon et à affronter Marvolaeth en personne.
Hunkel, le pseudo chevalier servant et son sous lieutenant, Oscar, un jeunot pas sur de lui mais débrouillard, Julie, une des premières femmes soldats qu'il ait vu de sa vie, Hector, le vieux vétéran qui avait combattu Waien lors de la révolution, Gregoire, l'alcoolique rigolard... Et bien d'autres. En dehors de la guerre, jamais il ne seraient devenus si liés. On ne pleurait pas les morts, on les honorait en tuant plus d'ennemis pour que leur mort ne soit pas vaine...
Un jour, lors d'une bataille nocturne dans la forêt Waienne, Jones et deux des ses hommes avaient été séparés du reste de la troupe. Dans leur course, un carreau d'arbalète vint abatre l'un des trois fugitifs, puis un autre. Jones fut également touché à l'épaule. Le géant avait déjà reçu auparavant une terrible blessure, son bras gauche avait été transpercé par une lance ennemie. Perdant de plus de sang, les soldats Waien aux trousses, tout semblait fichu... Cette nuit il allait mourir seul comme ce qu'il était: un chien.
Un autre carreau lui transperça la cuisse et il tomba à genoux. Sa vue se troublait à cause de ses blessures et de sa longue course... Jones se souvint que ce jour là, il entendit une voix...

"Lève la tête."
Jones Correl le fit, s'attendant à voir un ennemi prêt à en faire un prisonnier de guerre. Il ne vit pas d'ennemi, mais il vit quelqu'un.
Ses souvenirs étaient flous... Mais ce "quelqu'un" avait quelque chose d'étrange, non, ce n'était clairement pas un homme.
Svelte, il n'était vêtu que d'une toge blanche et or et portait une grande couronne d'or sertie de joyaux rouges, bleus, verts et violets qui lui encerclait le crane. Ses cheveux étaient... D'une couleur verte éméraude, le genre de chose qui n'exisete normalement pas. Ses yeux... Non, il ne voyait pas ses yeux, ils étaient masqués par sa chevelure.
De cet homme émanait quelque chose de divin, de puissant, ça ne pouvait pas être un humain. C'était un ange, un dieu, mais pas un mortel.

"Les ennemis arrivent, gardien. Mais je vais te donner un présent..."
Ses souvenirs s'arrêtent là. Il ne se souvient que d'une chose: les cadavres d'ennemis vaincus autour de lui, et son bras gauche... Transformé.
Il inventa maladroitement que ce gantelet n'était qu'une protection un peu customisée, et la guerre reprit son court normal pour lui, son bras gauche à 4 doigts ne le gênant nullement pour manier son lourd espadon. Parfois en combat son bras s'illuminait, et il se voyait donner une nouvelle force si il était épuisé, surpassant ses limites.
Victoires, morts, victoires, morts... Ainsi de suite jusqu'en en 1839, ou tout bascula.

La dernière bataille, celle ce Cerinorst, fut un vrai massacre. Une fois que l'armée atteignit la ville, les mages la firent brulet et les soldats n'eurent qu'à ramasser les restes.
Les soldats s'en donnaient à coeur joie, meurtre, viols... C'était une guerre après tout, et à la guerre on est tous des bêtes.
Jones lui, était blessé au ventre. Normalement il se serait retiré avec sa blessure pour excuse, mais pas cette fois... Durant la bataille, un mercenaire, engagé dans leur camp, l'avait blessé et tué un de ses compagnons. Il ne pouvait pardonner un tel coup...
Il allait profiter de la situation pour le tuer dans le chaos, c'était un mercenaire de toute façon, sa mort aurait été sans importance pour Haynailia.
Ainsi, même blessé, il suivit sa trace dans la ville en flamme. Il aperçu sa cible, se tenant devant deux enfants inconscient. Une tenue noire, des cheveux d'argents, deux yeux rouges... Impossible de le rater.
Alors que l'homme allait ramasser les enfants, une jeune fille et un jeune garçon aux cheveux sombres, pour les ramener on ne sait ou, Jones, un sourire aux lèvres hurla le nom du mercenaire.

-Trath!
Le concerné tourna la tête vers le géant, le fixant de ses yeux rouges perçants, froids comme l'acier qui avait tué le camarade de Jones.
Alors pauvre chien? Tu pensais t'en tirer comme ça? Dit le grand guerrier, haletant. Désolé mon gaillard, tu te fera plaisir sur des gosses dans l'autre monde!
Il prit son épée fermement dans ses deux mains alors que Trath lâchait les enfants endormis.
-Hum? C'est toi que j'ai touché tout à l'heure? Quel est son nom déjà... Ah oui, Correl.
-Ferme là et ramène toi! J'suis ici pour ta tête, rien de plus!
Beugla Jones.
-Tu es blessé. Tuer une proie déjà affaiblie n'est pas intéressant.
Décidant de couper court à la conversation, le guerrier chargea. Son adversaire esquiva simplement sur le côté et le blessa à la hanche.
Tu es lent et épuisé. Constata Trath. Abandonne si tu veux vivre.
Jones n'en écouta pas un traître mot et tenta un autre coup, le mercenaire esquiva encore et blessa son opposant à la poitrine.
Je crois que le sang que tu as perdu te fait perdre la raison. Si tu insiste, je vais t'achever.
Mais il ne l'entendait pas de cette oreille... Sans prévenir, son  bras gauche s'illumina de rouge, à la surprise de Trath. Jones sentait qu'une nouvelle force coulait en lui, qu'il pouvait vaincre n'importe qui... Mais en même temps, son corps bouillonnait de rage, il se sentait en feu. Dans un cri de rage monstrueux qui se fit entendre dans toute la ville, il fonça une fois de plus sur Trath, tel une bête féroce. Ce dernier, comprenant immédiatement qu'il était à présent en situation de faiblesse, peu importe quel en était la raison, attrapa les deux enfants de son bras et fit un bond pour éviter la charge du géant.
-D'ou tire tu cette force?... Se demanda l'homme aux yeux rouges, n'obtenant que des rugissements rauques pour réponse.
Des soldats, alertés par ces cris qui n'avaient rien d'humain, virent alors au pas de course.
-Mais... Que se passe t'il? Questionna l'un d'entre eux. Jones, toujours enragé par Tuzak se retourna vers les soldats, qui purent apercevoir un regard de bête folle. Ce n'était plus un homme, mais un animal, et ils eurent du mal à reconnaître l'homme qu'on nommait Jones Correl.
Entièrement possédé par sa Sarth, il chargea sur les nouveaux venus, Trath avait quand à lui profité de ce moment pour s'enfuir.
De son arme il les déchiqueta d'un seul coup. Il en arriva d'autres qui subirent le même sort... Il ne sait pas combien d'hommes il avait tué ce jour là, mais il avait perdu conscience et ne s'était réveillé que des kilomètres plus loin de la ville, tellement couvert de sang que ses vêtements et sa cuirasse étaient pourpres.

Jones savait qu'avec ce qu'il avait fait il devait fuir, mais ou? Rentrer dans son pays était du suicide, traverser Waien était trop risqué également. Il décida alors d'attendre la mort méritée, ne bougeant pas de la forêt ou il avait regagné conscience.
C'est alors que tout à coup, cinq soldats sortirent des bois... Il les connaissaient bien, c'était tous des hommes de sa troupe! Parmis eux se trouvait  Hunkel, son sous lieutenant. Jones pensa de prime qu'ils avaient envoyés les hommes de sa propre unité pour l'exécuter, mais la vérité était tout autre... Ils avaient déserté l'armée pour l'aider, lui un traître!
Jones ne put retenir ses larmes, lui qui pensait que tout le monde l'avait abandonné, il avait tort au final...
Mais ça ne réglait pas le problème, ils étaient à présent 6 fugitifs et il fallait fuir l'armée qui n'allait pas leur faire de cadeau... Une seule solution s'offrait à eux: traverser Waien et joindre Scarrath pour faire une nouvelle vie.
Le trajet n'était pas simple, ils rencontrèrent des troupes impériales qu'ils durent décimer... Mais ils avançaient, ils étaient si près de leur but...
Et un soir...

Un soir agréable de printemps, autour d'un feu de camp, les six déserteurs parlaient joyeusement des possibilités futures qui pouvaient s'offrir à eux. Quelques dizaines de kilomètres plus loin et ils étaient à Scarrath, ils trouveraient bien une caravane qui avait besoin de bras armés, et s'arrêteraient à la première ville pour voir leur possibilité. Jones lui, ne pensait qu'à une chose: revoir sa famille, son aimée et sa fille. Mais il ne pouvait pas, pas encore, il lui fallait un nouveau nom, une nouvelle vie qu'il commencerait à Scarrath.
Cependant rien ne s'est passé comme prévu, et José, l'oreille la plus fine du groupe, ne tarda pas à entendre les pas d'une troupe de soldats armés... Non, il y en avait plusieurs!
Mais il était trop tard pour fuir, ils n'avaient pas de chevaux et étaient encerclés... Se battre était la seule solution, alors chacun empoigna son arme le plus vite qu'il pouvait en se mettant en garde, prêt à accueillir l'ennemi. Malgré tout, le découragement les envahit dès qu'ils virent le nombre de leurs adversaires... Des dizaines d'hommes sortirent des bois, ils étaient au moins une cinquantaine, voire plus encore!
Deux hommes traversèrent la foule de soldats et s'avancèrent vers eux, l'un était un commandant, reconnaissable par les motifs de son armure, mais l'autre était un homme de grande taille vêtu d'une cape blanche sur des vêtements noirs. Tout son visage n'était pas visible mais Jones pouvait observer ses yeux bleus, des mèches de cheveux noirs, et un large sourire.

-Nous les avons enfin trouvés! Soupira le commandant de soulagement. Ce n'est pas facile de traquer un petit groupe en territoire inconnu, comment avez vous fait monseigneur?
-Je ne répond qu'aux questions de sa majesté. Fit l'homme en cape blanche.
-Comprit. Dois-je ordonner l'exécution?
-Ne soyons pas si barbare commandant Valérian. Je désire m'entretenir avec sieur Correl.

Ainsi l'homme encapuchonné s'avança, fixant Jones puis son bras gauche.
Brachium Daemonium, Tuzak... Marmonna t'il. Devrais-je t'interroger pour savoir comment as tu obtenu cet objet?... Oh non, c'est inutile.
-Qui es tu? Dit Jones, toujours en garde.
-Je l'ai déjà dit: Mes oreilles n'entendent que la voix de l'Empereur, et ma bouche ne répond qu'à ses paroles. Entre autre, tu n'es pas en position de poser des questions.
Je suis venu récupérer cet artefact au nom d'Haynailia Ier, le glorieux, et ses successeurs.
-T'es quoi? Un de ces inquisiteurs? Dit Hunkel, toujours également à l'affût.
-Par le grand aigle, écoutez vous mes paroles ou n'avez vous pas l'intelligence requise pour les comprendre?
Enfin, inutile de perdre plus de temps. Commandant!

-Oui! Répondit Valérian, garde à vous.
-Laissez Sieur Correl en vie, tuez les autres.
-Bien monseigneur!
Le commandant ordonna alors et ses hommes s'exécutèrent du mieux qu'ils pouvaient. Les six combattants étaient expérimentés et braves, mais ne mirent que peu de temps avant de se faire tuer. A chacun des cris de ses compagnons, le coeur de Jones se resserait... Les seules personnes qui ne l'avaient pas abandonnés mourraient ses yeux. Il tentait de les protéger, mais les coups venaient de partout, c'était inutile même en servant de bouclier humain.
Ce n'était pas comme à la guerre... C'était juste un massacre humiliant.
Jones était seul à présent, abattu, sans espoir, il tomba à genoux.

-Tuez moi qu'on en finisse! Hurla t-il.
-Il ne reste plus que lui, doit on le capturer monseigneur? Demanda Valérian à son supérieur.
-Non. Amenez ma... Non, mes surprises. Se corrigea t-il dans un rire.
-Ce sera fait.
-Quoi encore?
Fit le géant, n'en pouvant plus.
-Sieur Correl, depuis combien de temps n'avez vous pas vu votre femme et votre fille? Demanda l'homme en cape blanche, s'approchant de Jones.
-Vous n'avez pas... Paniqua Jones, craignant alors le pire.
Des soldats arrivèrent, ils avaient en main Fiona ainsi que sa fille, un foulard dans leur bouches, gigotant inutilement.
-Tout de même... Quel est le sens de tout cela? Dit le commandant Valérian avec inquiétude.
-Qu'ai je dit au sujet des questions? Allez, je met ça sur le compte de votre jeunesse, nous avons d'autres chats à fouetter.
Il attrapa alors la femme de Jones par le bras avant de s'adresser au mari, qui hurla son nom en tentant de la rejoindre mais fut intercepté par les gardes.
Ah mon cher dieu! Je pleure devant ces émouvantes retrouvailles! Une famille brisée, puis réunie par mes mains!
-Salaud!
Qu'est ce que tu compte faire? Rugissa Jones.
-Mais! Continua l'homme sans écouter le géant. Pour que le spectacle soit complet, il faut d'abord donner la parole à la dulcinée du héros!
Ainsi il ôta le foulard de la bouche de Fiona, en larme, qui fixa Jones avec colère.
-Fiona! Je vais te sortir de là, attend moi! Dit le déserteur, tentant de bousculer les hommes qui le bloquaient.
-Silence! Hurla t-elle. Tout ça c'est ta faute! Tu part pendant cinq et que nous ramène tu? Ils nous ont tout prit, mon père est à la rue, déshonoré et privé de ses titres et biens, nous n'avons plus aucun avenir!
-Fiona, je...
-Silence, silence, silence!
Cria la femme de Jones de plus belle. Moi et ta fille allons mourir par ta faute! C'est ce que tu veux hein? Tu ne pense qu'à toi! Je te hais, tu m'entend? Je te hais!
-Eh bien, eh bien... Soupira l'homme encapuchonné. Je m'attendais à des retrouvailles digne d'un roman, je suis déçu, tellement déçu... Qu'en pensez vous mon cher Valérian?
-Que... Quoi? S'étonna le commandant.
-Qu'en pensez vous? Avoir gâché un tel moment de bohnneur à notre héros... Mérite la peine capitale, n'est ce pas? Fit l'homme sur un ton intimidant.
-Ou-oui! Bien sur!
-Eh bien madame, monsieur, le verdict du commandant Valérian est sans appel!
Dit l'homme d'un air solennel, avant de sortir un poignard.
-Attendez! Cria Fiona. Je ne veux pas mourir! Vous m'aviez dit que je vivrais si...
Elle fut interrompue par la lame se plantant dans son dos.
-Non! Pleura le géant. Pourquoi? Elle n'avait rien fait!
-Rien fait?
Dit l'homme avec surprise. Elle a dit qu'elle vous haissait, cette créature mériterait même votre propre courroux. Qu'en dites vous? Je vous libèrerais si vous l'achevez vous même!
-Mais qu'est ce que voulez à la fin!
-Mon cher Correl, soyons honnête.
Dit-il en agitant le couteau dans le dos de la femme, lui faisant pousser d'horribles cris de douleur. Cette mélodie n'est elle pas plus agréable que ses paroles de serpent? Le commandant Valérian est de mon avis également!
-A-Absolument monseigneur! C'est exquis!
L'étrange personnage dirigea le couteau à gauche, puis à droite de la victime, la faisant souffrir encore plus.
-Ouvrez grand vos oreilles et écoutez...
Il traça dans son dos un aigle à l'aide de son couteau, se délectant de sa macabre symphonie avant de laisser tomber un cadavre encore chaud.
Morte, le signe d'Haynailia premier, l'absolu, sur le dos! Oui, les ailes de l'aigle blanc sauront purifier sa monstrueuse âme!
-Arrêtez ça...
Tuez moi par pitié! Supplia le porteur de Tuzak, cet objet maudit.
-Sieur Correl, il serait bien peu courtois que vous nous quittiez avant la fin du spectacle! Commandant, aportez l'enfant.
-Non! NON! Pas elle, vous ne pouvez pas faire ça, vous n'en avez pas le droit!

-Pas le droit? Moi l'agent de l'Empereur sans nom, la lumière incarnée, n'aurait pas le droit d'exécuter une simple enfant?
Valérian tira par le bras la jeune fille blonde, complètement horrifiée par le spectacle de sa mère morte et mutilée. L'homme l'attrapa, lui retira son foulard et lui parla gentiment en caressant le haut de son crâne.
-Ma chère Henriette, en bon prêtre je me dois de guider les enfants vers la voie de lumière... Contemple ton père, dévoré par les ténèbres. Désire tu devenir ainsi?
La Jeune fille, traumatisée, ne pouvait plus parler, ni même répondre d'un geste.
Non, n'est ce pas? Tu es une bonne enfant...
Sans prévenir, il lui ouvrit le ventre de son couteau, exposant ses entrailles aux yeux de Jones qui ne pouvait qu'hurler, les yeux emplis de larmes.
Les bons enfants comme toi expient les pêchés de leurs parents en servant la lumière à sa source. Empereur, que ce meurtre d'innocent me soit excusé, moi ton serviteur.
Il enfouit sa main dans la plaie béante au ventre de la jeune fille, et la ressortit pleine de sang frais. Tout les soldats tirèrent un rictus de dégoût alors qu'il se recouvrait les contours de sa propre bouche et de ses yeux de sang, lui créant un masque macabre.
-Vous... Vous êtes complètement fou... Fit le géant, tout les soldats pensaient en vérité comme lui.
-Allons donc, tout de suite les grand mots... C'est juste qu'il agréable de sentir l'essence chaude d'une vierge sur son visage... C'est... Rafraichissant! Voulez vous essayer? Vous ne pourrez plus vous en passer.
-ASSEZ! Finissons en, maintenant!

L'orbe du gantelet de Jones se mit à briller, et le sourire ensanglanté de l'homme en blanc s'élargissa.
-Mon cher Valérian, il est temps pour moi de me retirer.
-Mais... Que faisons nous à présent?
Beggaya le commandant.
-Tuez le.
Sur ces mots, ils s'éclipsa... Jones quand à lui bouillonnait de rage comme jamais. Sa colère, amplifiée par sa Sarth, était si forte qu'autour de lui l'air était brûlant.

Ce jour là, Valérian rentra accompagné d'un seul soldat vers ses supérieurs, 64 hommes périrent de la main du géant. Il n'avait pas perdu conscience, il se souvenait exactement de comment il les avait broyés, tranchés, transpercés, avec toute la haine qu'il avait. Jones retrouva les cadavres de ses camarades et de sa famille. Sa femme et sa fille, il s'arrangea pour les renvoyer en Haynailia en payant un commerçant qui allait y passer.
Il porta les cadavres de ses compagnons jusqu'à la frontière Haynailia-Waien, dans les collines ou ils avaient menés leur plus mémorable bataille, et les enterra là. Avec toute sa force, endurant ses horribles blessures qu'il avait récolté lors de son combat, il transporta cet énorme rocher et le plaça en guise de pierre tombale...
Jones alors descendit à Scarrath, mais l'influence d'Haynailia s'y exerçait aussi, alors il alla à Bérilion, d'ou il du tout naturellement vite partir à cause de leur xénophobie rendant vite le travail impossible, bien qu'il démontra sa valeur au combat.
Ainsi Jones Correl s'installa en tant que mercenaire nomade à Nurenuil. Il se sentait alors affreusement vide... Seul un sentiment subsitait dans son énorme corps: la colère, la haine et le désir de revanche, mais il n'était pas stupide. Se dresser contre un pays ne ramènerait personne, se dresser contre cet homme ne les ramènerais pas... Alors il survivait, encore et encore, défoulant sa rage partout ou il pouvait, en chassant des criminels, des monstres, en se battant contre Bérilion... Tout tant qu'il pouvait sentir son épée emplie de toute sa rage tailler la chair de ses ennemis.
Un jour il perdit, mais fut laissé en vie par son adversaire. Ce jour là il comprit qu'il en avait assez: il était temps de faire ce qu'il aurait du faire depuis longtemps.

Jones Correl décida d'enterrer son arme souillée par le sang et la colère depuis bien trop longtemps et retourna à Haynailia pour se rendre. Son jugement fut alors sans appel: l'exécution publique. Il se souvient très exactement de cette journée, en 1845, il était assit dans son cachot. Son bras droit était attaché au mur par une chaine ordinnaire, mais les mages impériaux avaient fait apposer des dizaines de symboles sur son gantelet gauche, inséparable de son corps. Il ne comprenait pas ces signes runiques mais se doutait qu'ils retenaient la puissance de Tuzak au cas ou. Il était vrai que si il l'utilisait il pouvait briser ses chaines et tordre les barreaux avec facilité, mais il n'avait plus aucune envie de vivre.
Sa mort avait été prévu pour le lendemain, il attendait patiemment sans bouger... Mais un visiteur imprévu lui apparu alors.

Un jeune homme dépassant de peu la vingtaine en tenue bleue dotés de cheveux blancs, jeune mais qui semblait plus mature que n'importe quel noble. Il était tout naturellement accompagné d'un garde.

-Alors c'est lui le fameux Jones Correl... Dit le haut noble en s'approchant des barreaux de la cellule. L'homme qui tua à lui seul une cinquantaine de soldats.
-Qu'est ce que tu me veux nobliau?... Je ne suis pas une bête de foire. Grogna le géant, ne désirant pas être dérangé dans ses derniers moments.
-Surveille ton langage traître! Beugla le soldat à côté du noble.
-Je vais mourir demain de toute façon, je n'ai pas besoin de m'encombrer en courtoisies...
Le jeune noble restait silencieux quand à lui, observant le bras gauche de Jones avant de demander au soldat de les laisser seuls.
Répond à ma question à présent, que me veux tu? Reprit le géant.
-Je suis venu t'interroger au sujet de ta Sarth.
-Sarth?
Se demanda Jones.
-Selon les mages t'ayant étudié, cette orbe rouge nommée Tuzak est scellée par ce gantelet sur lequel sont apposés 20 sceaux. Ils devraient te permettre de contrôler sa puissance?
-Vaguement... Mais je perd vite le contrôle.
-Faire une telle manoeuvre sur un artefact aussi puissant est d'ordinaire impossible. Ca ne peut-être l'oeuvre d'un homme, les sceaux que les mages ont placés en guise de sureté sont misérables à côté d'eux.
Qui t'as donné ce gantelet?
-Je ne sais pas.
-Je vois... Toujours est il que si tu le désirait tu pourrait faire éclater la puissance de Tuzak et briser ces sceaux d'amateurs, pourquoi croupis tu encore ici, Correl?
-Je... Veux mourir.
Avoua l'ancien soldat.
-Mourir dis tu?... Quels sont tes raisons?
-Mes raisons? J'ai tout perdu, j'ai brisé tout ce que j'avais de mes propres mains! Non... De cette saloperie de bras gauche! Ma vie n'a plus de sens, et j'en ai ôté trop pour rester sur cette terre la conscience tranquille.
-Si ta vie n'a pas de sens, trouve en un.
-Parce que tu crois que c'est si simple nobliau? Ah! Pour quelqu'un né avec une cuillère en or dans la bouche, tout doit être bien simple!
-Il me semble que tu te trompe gravement sur mon compte, mais je vais passer l'éponge là dessus. Mon nom est Téko Dyra, comte de la région à mon nom et seul représentant de ma famille, et si tu ne peux pas trouver de sens à ton existence, moi je le peux.

Jones ne voulait plus parler avec cet homme, il voulait juste qu'on le laisse mourir en paix. Mais il n'avait pas d'autre choix que de l'écouter dans sa position.
Jones Correl, tu dis que tu as enlevé beaucoup de vies et que ces dernières pèsent sur ta conscience... Alors voilà ma proposition: Au lieu de mourir inutilement et laisser ton pouvoir à des gens mal intentionnés, rachète toi en te battant pour ma cause.
Mourir ne suffit pas à te racheter Jones, tu dois encore souffrir pour que tes crimes soient pardonnés.
-Je suis trop dangereux pour vivre! Réalise tu le nombre de vie que j'ai enlevé avec ce bras?
-Alors je t'aiderais. Je possède déjà une Sarth, je comprend leur fonctionnement. Qui plus est, je suis l'un des mages les plus compétents du pays en matière de sceaux.
-Et quelle est ta cause, hein? Qui me dis que tu n'es pas différent du serpent qui a tué ce que j'avais de plus cher?
-Je n'obéis pas à l'Empire, Jones. Je me bats pour mes idées, je me bats pour la paix, mais à présent je suis tout seul, et je ne peux pas me battre sans aide.
Par dessus tout, ta Sarth possède un secret que je dois percer, et je ne tolérais pas qu'elle tombe entre les mains de l'Empire. J'ai de l'influence, je peux te faire passer pour mort... Et te faire renaître sous un nouveau nom.
-... Alors, j'accepte.
Conclu Jones. Mais je te préviens: si tu me déplaît, je m'en irais et j'irais trouver moi même la mort.
-Je m'en souviendrais.
-Et pour mon nouveau nom... Je sais déjà ce que ce sera.
-Ah?

-Un homme gigantesque, qui commet des massacres si grands que son armure, ses vêtements et sa peau se couvrent de rouge...
Jones Correl meurt ici, et je renais en tant que Bloody Jones.
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Re: Ordre, Vide et Chaos

Message par DALOKA le Sam 11 Jan - 12:43

Chapitre XI

Pendant ce temps l'ancien Valet et l'Adamas continuaient leur trajet. Laurence avait finit par découvrir la ville ou se cachait l'homme dénommé Birkiel Beghilionne: Haguère. Le seul port insoumis à la puissante milice impériale, habité par les pirates, fourmillant d'arnaqueurs... Ceux qui n'étaient pas commerçant évitaient cette ville, mais elle restait le plus grand port de l'Empire. Ca n'allait surement pas être une partie de plaisir de trouver sa cible, mais ce n'était qu'un obstacle parmi tant d'autres.
West lui, était toujours choqué et abattu par les récents événements, il se faisait plus silencieux et son regard s'était obscurci, il était en permanence perdu dans ses pensées.
Les deux voyageurs montaient tout deux à cheval, ils se faisaient tout deux discrets. West était recherché par sa famille car il aurait du rentrer il y deux semaines déjà, en vue de préparer son mariage avec Félicia Dyra. Il savait que sa famille était morte d'inquiétude, mais il ne pouvait pas rentrer, pas tant qu'Alexia était dans cet état, il devait la retrouver à tout prix.


-Il commence à faire trop sombre pour avancer, campons près de la rivière. Annonça Laurence en se dirigeant vers le dit lieu avant de descendre de sa monture. Je ne sais pas si on pourra se réchauffer, il a plu dernièrement et ce ne sera pas évident de trouver du bois sec.
Voilà ce que c'était de voyager en saison froide, ils n'avaient bien sur jamais eu à affronter cette situation jusqu'alors mais c'étaient tout deux des débrouillards. Ils partirent récupérer ce qu'ils pouvaient en bois et tentèrent de le brûler à l'aide de leur magie jusqu'à ce qu'il prenne enfin feu. Ceci fait, ils installèrent leur campement autour du feu, se créant un abri de fortune dans une grande tente en toile, munie d'un trou pour que la fumée puisse s'évacuer sans problèmes. Son sac de couchage déposé, West s'assit près du feu et sortit de ses affaires un cylindre de métal marqué de runes et du sceau de sa famille. Il dévissa le couvercle du cylindre et en sortit une arme particulière.
N'étant guère plus grande que son pied, la lame était d'un teint légèrement doré et était doté d'une spécificité qui la rendait unique: l'absence de manche. A la place se trouvait juste un crochet permettant de l'attacher par exemple à la ceinture.
Dans le cylindre se trouvait un second exemplaire de cette arme, elles étaient serties d'une pierre qui leur donnait leur nom: Agathe pour la première, Zircon pour la deuxième.
Ces lames jumelles étaient destinées à se manier grâce à la seule force de la magie de lévitation, dès qu'on apprenait à les manier correctement elles devenaient des armes redoutables et imprévisibles. Qui plus est, les pierres sur elles permettait de les infuser de magie offensive, améliorant leur efficacité.
Mais ces armes terribles étaient difficiles à maîtriser, il était facile de se blesser en les maniant, mais ce genre de risque ne stoppait en général pas un mage de la famille Adamas...
Cependant West détestait les armes, elles ne pouvaient que blesser alors que la magie pouvait soigner, créer de belles choses... Même si c'était des "armes de mage", cela restait des armes.
Il contemplait la lame d'Agathe et le reflet des flammes dansantes qui semblait enflammer l'arme.

-Alors, que vas tu faire? Demanda Laurence en s'asseyant près du feu lui aussi.
-Je ne sais toujours pas... Fit West sans détourner son regard d'Agathe.
Je crois... Que je me prépare à l'inévitable. Dit il après un long silence. Si il n'y a rien à faire... Je devrais utiliser cets armes pour la sauver dans la mort.
Aussi, Ajouta l'Adamas en levant les yeux vers son ami, tu m'avais dit que tu aurais besoin de mon aide... Désolé, mais je ne pourrais sans doute pas t'aider cette fois.
-Puis-je au moins énoncer ma proposition?
-Evidemment, je suis tout de même apte à t'écouter.
-Une fois que j'aurais le pouvoir, j'aurais une horde de serviteurs... Mais j'ai besoin d'une personne de confiance qui pourrait me parler d'égal à égal, qui ne me trahirais pas et transmettrais mes messages les plus importants avec fidèlité. Tu serais mon ombre, mon serviteur et mon messager.
-Au final je resterais ton serviteur.
Fit West avec une pointe d'humour en s'allongeant sur sa couverture. Tu es fidèle à toi même.
-Voyons il ne faut pas le prendre comme ça...
Soupira l'ancien Valet en se levant et marchant jusqu'à West. Tu aurais beaucoup de privilèges et de libertés... C'est une offre exceptionnelle.
-Et en quel honneur moi, West Adamas, cadet de basse noblesse, aurait tout ces avantages? Dit le jeune homme en plaçant ses bras derrière la tête en position de détente.
-Tu te sous estime beaucoup, West... Ricana Laurence en se mettant près de son ami, sur ses genoux. Tu sous estime vraiment tout ce que la nature t'a donné.
-Vraiment?

-Vraiment.
-Et quoi donc, ma très chère "Empereur"?

-Tu sous estime ton intelligence, Commença le valet en passant son genoux de l'autre côté de West allongé, de façon à être au dessus de lui. Tu sous estime tes capacités. Continua t'"elle" en baissant sa tête vers lui. Tu sous estime ta beauté... Fit elle en caressant la joue du bas noble.
Alors qu'elle allait déposer un baiser sur les lèvres de West, il l'arrêta en la repoussant de sa main droite.

-Pas de ça Laurence, tu me connais, je ne suis pas ce genre d'homme.
-Humf. Soupira Laurence en se relevant. Quel rabat-joie, c'était pour te consoler.
-Ne me fais pas rire, c'est seulement pour ton propre plaisir.
-Ce n'est pas bien gentil ça.
Ria le"futur Empereur". Tu pense que je ne me soucie pas de ton état?
West se releva sur ses coudes, il n'était plus vraiment d'humeur à plaisanter.
-C'est que tu es étrange Laurence, même moi parfois je ne te comprend pas.
-N'est ce pas normal? Moi aussi il m'arrive de ne pas te comprendre, ce n'est pas ça le plus important.
-Je vois de quoi tu parle, mais en tout cas... Evitons ça je t'en prie.
-Et pourquoi donc?
-Car tu es mon meilleur ami Laurence, c'est aussi simple que ça.
-Si ce n'est que ça qui te gêne... Alors je suis ta meilleure amie.

-Tu ne comprend pas ce que je veux dire... Dit West en se levant à son tour, avec l'intention de sortir dehors.
-Oh que si je comprend... Mais je ne veux pas t'écouter. Fit-elle en ôtant son lourd manteau d'hiver.
-Pourquoi donc retire tu ton manteau par ce froid?
-Tu comprend très bien ce que je veux dire.
-Oui... Mais je ne veux pas en entendre parler.
-Désobéirais tu à ton Empereur?
-Allons bon... Tu parle comme si tu l'étais déjà.
-Mon petit West...
Rigola Laurence en s'approchant de l'adamas pour l'enlacer. Tu sais très bien que si je veux quelque chose, je l'obtiens.
-Et si je refuse?
-Tu ne refusera pas...
Souffla t-elle à son oreille. Je te connais mieux que personne, tu n'en as pas le courage, tu n'es pas ce genre d'homme. Dit-elle avant d'embrasser West qui cette fois, ne se débattis pas.
J'obtiens toujours ce que je veux. Acheva Laurence en articulant chaque syllabe.



La tour magique de Gahartelle. Un lieu entièrement consacré à l'étude de la magie, se situant dans la glorieuse capitale de l'Empire. A l'intérieur, nuit et jour, se déroulaient expériences et débats, mais aujourd'hui était un jour spécial: De temps en temps, les mages de la tour présentaient leurs créations à la haute société.
Téko Dyra avait profité de sa présence dans la capitale pour assister à la présentation d'aujourd'hui, il fut accueilli avec grand plaisir dans l'amphithéâtre ou allait se dérouler cette dernière et avait le privilège d'être aussi au premier rang.
Un mage en robe bleue s'avança sur la scène et se racla la gorge avant de commencer son discours. Derrière lui se trouvait un rideau, cachant la fameuse création.

-Mesdames et messieurs, je suis heureux de vous voir si nombreux en ce jour ou nous allons vous présenter une création qui sera peut-être, dans un futur proche, à même de bouleverser notre mode de vie.
Il claqua des doigts et deux serviteurs tirèrent le rideau pour révéler deux pierres  transclucides de la taille d'une tête, posés sur des piedestaux.
-Ces deux cristaux transmettent la voix et la silhouette de la personne d'un cristal à l'autre. C'est assez impressionant, il suffit juste d'un peu de magie, je vais vous faire une petite démonstration en communiquant avec mon collège à Axaques.
Sur ces mots, le mage s'approcha du cristal et le toucha de ses deux mains, à ce moment la pierre incolore s'illumina de bleu et au dessus de l'objet apparu la silhouette floue d'un autre homme apparemment aussi en tenue de mage
-Alors, vous m'entendez? Demanda la silhouette.
-Parfaitement. Sourit l'autre mage avant de se tourner vers la foule. Comme vous le voyez la portée est extraordinaire, nous comptons faire des test à l'est de Scarrath pour tester la distance de cette création.
-En effet. Confirma la voix. Une fois cet artefact perfectionné, il sera possible à deux personnes éloignées de communiquer bien plus rapidement que par écrit, ou même d'être "présent" à d'importantes réunions sans devoir faire le déplacement si nous perfectionnons et adadptons l'objet.
-Il nous reste cependant un bon nombre de défauts. Le matériaux est très couteux et complexe à produire, en plus de cela l'objet est encombrant et lourd. Par dessus tout, il est très fragile: une rayure peut suffire à troubler voire annuler la communication. Ce type de magie dérivé de l'illusion est complexe à reproduire dans un objet.
C'est alors que Téko Dyra leva le bras droit pour prendre la parole.
-Une fois les tests effectués, pourront nous nous en procurer un exemplaire? Je suis intéressé par le projet et suis prêt à le financer.
-Bien sur sieur Dyra! Votre soutien est fort appréciable et je reconnais vos talents en tant que mage, vous serez sans conteste dans les premiers à en profiter.
-J'en suis grandement satisfait.
Acheva le comte en se rasseyant.
Les deux mages commencèrent alors à expliquer comment leur était venue l'idée, et de quelle manière ils ont procédés pour arriver à ce résultat. Dans le public, des nobles, mages et agents du gouvernements suivaient attentivement leur paroles. La magie était l'avenir, tout les haynailiens pensaient ça, même ceux qui ne savaient pas lancer un seul sort. La magie améliore la santé, le travail, la guerre, et maintenant également la communication. C'était cette maîtrise de la magie qui faisait de leur pays le pays le plus glorieux du continent, les haynailiens se demandaient souvent comment les bériliens pouvaient refuser les bienfaits que leur offraient les arcanes.
L'Empire allait créer un monde plus beau pour les hommes, comme l'avait rêvé le fondateur, l'Empereur sans nom.
Une fois la conférence achevée, Téko n'allait pas se reposer. Le comte avait beaucoup de choses à faire dans la capitale... Il prit une charette qui le conduisit au bureau de l'académie d'Axaques. Cette grande école de magie était à des lieux de la capitale, mais disposait d'un bureau dans la capitale ou l'on pouvait s'y inscrire. Il comptait bien résoudre le mystère qui planait autour d'Albert Harrans, et bien que l'inquisition lui avait donné une piste, c'était loin d'être suffisant.


Le bureau était de l'extérieur un bâtiment en pierres, au dessus de la porte était gravé le symbole d'Axaques: Une main tenant une étoile, l'homme tenant la magie, l'avenir.
Téko poussa la porte d'entrée, le bureau n'était pas un énorme bâtiment fréquenté, c'était surtout un endroit on l'on entreposait la paperasse. Et c'est cette paperasse qui l'intéressait, il voulait tout savoir sur ce qu'avait fait Albert à l'académie.
Une seule personne gérait le bureau, un homme d'age mur qui lisait et tamponnait tout les dossiers d'élèves de l'académie, derrière lui se trouvait des tiroirs pleins à craquer de document. L'homme releva la tête et se leva d'un bond dès qu'il vit devant lui l'un des dix comtes de la haute noblesse en personne, d'habitude les gens importants envoyaient des lettres et ne venaient jamais directement pour inscrire leurs enfants.
-Sieur Dyra! Bienvenue au bureau de l'académie, je suis déso...
-Inutile mon brave. Interrompit Téko en avançant de quelques pas. C'est moi qui m'excuse d'interrompre votre travail, vous avez à faire.
-Merci monsieur... Qu'est ce qui vous amène en ces lieux?
-Je recherche des informations sur quelqu'un qui a étudié dans votre académie, pourriez vous m'aider.
-Bien sur.
Dit l'homme en présentant les tiroirs derrière lui. Tout les élèves sont référencés ici, quel est le nom de cette personne?
-Albert Harrans.
-Oh, j'ai déjà entendu ce nom... Peut-être qu'il est effectivement dans la liste, je vais les chercher.
-Non merci, je vais le faire moi même si ça ne vous dérange pas.
Pria le comte, cachant en fait qu'il préférait chercher lui même par méfiance. Rasseyez vous, je vous appellerais dès que je trouve quelque chose.
Téko passa donc derrière le gérant et fouilla à la lettre H, la deuxième lettre de son nom étant A il allait le trouver rapidement...
Mais il ne trouva pas le nom d'Albert Harrans. Alors fouilla plus loin dans la lettre H, toujours rien.

-Je ne le trouve pas... Fit le comte, agacé.
-Vraiment? C'est impossible voyons, les dossiers sont parfaitement classés et aucun élève ne manque, si vous ne trouvez pas son nom alors il n'a jamais été à Axaques.
Comment cela était ce possible? Les informations de l'inquisition sont infaillibles... A moins qu'on ne l'aurait menti? Mais pourquoi l'inquisition protégerait Albert Harrans, surtout si il était bel et bien lié à Ranyard, un mage qui a essayé de détruire Haynailia?
Téko pensait obtenir des réponses, mais il ne récoltait que des questions supplémentaires... Cependant, par chance,  l'inquisition n'avait pas pensé à venir corriger les dossiers  de ce bureau, ou alors n'était ce juste qu'une question de temps? Il ne devait pas être si simple de pouvoir corriger les dossiers de la plus grand organisation de mages de l'Empire. Toujours est il qu'ils ne devaient pas savoir qu'il s'était apercu du mensonge.
Il se tourna vers l'homme et jeta sur son bureau une bourse.

-Que?... S'étonna le gérant.
-Si on vous le demande, je ne suis jamais venu ici. Conclut le noble avant de sortir d'un pas pressé. Quelque chose se complotait alors que le conseil d'hiver allait bientôt commencer... Qui était cet homme? Qu'est ce qui se tramait? Il devait absolument le savoir... Les ennuis commençaient, et Téko le sentait bien.

// L'action va bientôt reprendre les amis  Noël .//
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Re: Ordre, Vide et Chaos

Message par DALOKA le Sam 18 Jan - 11:45

Chapitre XII


Toujours à cheval et accompagné de Dally, Ralph parcourait les terres Bériliennes avec lesquelles il devenait un peu plus familier. Le climat n'était pas commode, mais dès que le soleil daignait s'offrir à eux, l'haynailien pouvait contempler les majestueuses collines et les rivières de ce pays qui lui semblait de suite plus beau. Il avait longtemps pensé que Bérilion était un pays avec plus d'eau que de terre et de boue que d'herbe, il réalisait ici à quel point il avait tort.
Cet après midi ensoleillée était un véritable bain de fraîcheur, le soleil brûlait sa peau pâle de monstre mais ce n'était nullement désagréable, la douleur le prouvait qu'il avait encore une part d'humanité en lui. Et par dessus tout, c'était un faible prix pour pouvoir admirer le ciel bleu et le sol vert émeraude illuminés par les rayons de l'astre.
A l'horizon, le chasseur de vampires aperçu la pointe du toit d'un grand bâtiment, Dally releva alors son chapeau et se redressa pour mieux identifier ce dernier.
-On y est bientôt champion! S'exclama l'aventurier en donnant une grand claque dans le dos de Ralph, qui se serait bien passé d'un tel geste alors qu'il montait à cheval. Voici Midoritsume, la ville ou loge le clan Nerimazu, il pointa alors du doigt le toit à l'horizon, ce que tu vois là bas, c'est le temple Nerimazu, le lieu le plus sacré de toute la région. La ville est en contrebas d'une falaise, le temple est sur cette dernière.
Ca voulait dire que son voyage s'arrêtait et qu'il allait enfin avoir plus de réponses sur sa si importantes quêtes, du moins c'est ce que Ralph espérait... Impatient, il accéléra la marche de son cheval à la surprise de Dally qui manqua de chuter. La falaise de Midoritsume se découvrit peu à peu à ses yeux et il se mit à galoper, il ne savait pas pourquoi mais depuis sa transformation en vampire, il n'avait jamais été aussi excité.
Une fois enfin aux portes de la ville, il ralentit pour laisser reposer son cheval. A peine entré dans la cité il remarqua que tout le monde le fixait avec méfiance, il était facile de le reconnaître en tant qu'étranger avec ses vêtements et son apparence, mais la présence de Dally à ses côtés semblait dissuader tout le monde de l'aborder. Il attacha son cheval quelque part dans la ville sans soucis: très peu de gens volaient à Bérilion, dans ce pays l'on devait remporter un duel dans les règles si on voulait prendre les biens de l'autre.
Une fois descendu de sa monture il suivit Dally qui lui recommanda de se rendre au plus vite à la maison Nerimazu. Ils traversèrent la ville pleine de gens discutant ou travaillant, mais l'haynailien remarqua que presque tout adulte, même la plupart des femmes, portaient une arme, même petite. Ce n'était clairement pas le genre d'endroit ou il fallait se faire remarquer au risque d'immédiatement le regretter amèrement.
Ils marchèrent jusqu'à la falaise, Dally fit remarquer à l'étranger qu'un escalier taillé dans la pierre montait jusqu'en haut.

-Au dessus de la falaise se trouve la maison Nerimazu et le temple, on ne dirait pas mais c'est très vaste la haut.
-Ca en fait de la marche... Constata Ralph.
-Eh oui, il y a un détour ou l'on peu passer derrière la falaise, mais c'est réservé aux membres du clan, tu aurais essayé de passer... Couic, si tu vois ce que je veux dire.
-Alors commençons, après ce voyage je n'ai pas peur des ampoules. Dit Ralph en s'avançant, jetant l'un des rares sourires que Dally avait put voir dans le voyage.
-Tu commence, je ne t'accompagne pas.
-Comment?
S'étonna l'étranger. Pourquoi?
-Eh bien... On va dire que les Nerimazu ne peuvent pas me voir, je devrais éviter de venir. En tout cas je ne me suis pas ennuyé avec un étranger comme toi Ralph.
-Tu ne me dira toujours rien sur toi, j'imagine.
-Tu commence à assimiler le truc mon petit. Néanmoins je ne vais pas te laisser tomber, pour entrer évoque mon nom, ça suffira à leur faire se poser des questions. Allez... Bonne chance, ne te rate pas surtout!

Dally serra la main de Ralph et lui fit un coup d'épaule amical, et puis s'en alla, saluant l'haynailien de sa main alors qu'il partait au loin...
Mais de quoi parlait-il par "ne te rate pas?". Il n'en avait strictement aucune idée mais décida de prendre le conseil en compte, sans doute en comprendrait il le sens plus tard.

Serrant bien fort la poignée de son épée, une manie qui avait pour effet de le rassurer, il prit une grande inspiration et s'élança vers la première marche taillée dans la pierre. Des Bériliens le regardèrent avec curiosité ou mépris, mais restèrent silencieux, il n'était pas courant qu'un étranger ose rendre visite à un clan, pour ne pas dire que ça ne s'était jamais vu.
Ses affaires placées dans un sac qu'il portait dans son dos, l'étranger en tenue noire commença l'ascension. Il ne savait pas quelles épreuves l'attendaient mais il les affronteraient sans hésiter, une nouvelle volonté, une nouvelle vie commençait à naître dans le coeur de Ralph. Au bout d'un moment, il se rendit compte qu'il était monté très haut et qu'une chute lui briserait tout les os du corps, l'absence de tout point auquel s'accrocher en cas de chute et la largeur réduite de l'escalier rendaient la montée très périlleuse.
Une fois arrivé au sommet, il poussa un long soupir de soulagement... Grâce à son épée, il ressentait encore l'épuisement, et seul lui pouvait comprendre à quel point c'était agréable.
De ses yeux jaunes il observa la glorieuse maison Nerimazu qui se présentait devant lui. Moins impressionnante que l'énorme temple qu'il voyait de loin, mais tout de même imposante. Tout les toits du grand bâtiment étaient d'un vert foncés, au dessus de la porte d'entrée faisant la hauteur de deux hommes était gravé dans la pierre le symbole du clan: Un dragon se tordant en N et deux sphères enflammées semblant tourner autour de son corps.
Une demie douzaines de gardes étaient près de l'entrée, adossés aux murs ou assis sur le sol, discutant une coupole d'alcool de l'est en main. Parmi eux se trouvaient deux femmes, ce qui surprit l'haynailien, les femmes soldats étant d'une grande rareté chez lui. Dès que Ralph vint parmi eux ils se retournèrent et le dévisagèrent, l'un des hommes se leva et s'approcha de Ralph, un bérilien d'âge mur au visage lacéré par un coup de sabre.

-Ce lieu t'es interdit étranger. Dit il brièvement.
-Je suis venu voir une personne de votre clan, j'ai été guidé jusqu'ici par Dally.
Le garde se figea alors instantanément, un autre, sous les effets d'une consommation légèrement abusive d'alcool, se leva et prit la parole.
-Le briseur d'armes n'a pas le cran de revenir ici! S'exclama t-il dans un fou rire en s'approchant de Ralph. Pourquoi viens tu étranger? Si tu me déplaît je te jette d'ici jusqu'en bas!
-Je suis venu récupérer une arme.
Son interlocuteur tira une mine surprise et se tourna vers les autres.
-L'étranger veut un katana!
Il éclata de rire et parvint à arracher des sourires moqueurs à ses camarades. Malgré tout, le balafré conseilla à son camarade de s'asseoir et reprit la conversation en main.
-Et quelle arme? Nous n'avons absolument rien à t'offrir étranger.
-Une... Fit Ralph, cherchant ses mots. Epée pour tuer un monstre.
Le bérilien ne semblait pas bien comprendre de quoi il parlait, mais il avait déjà entendu quelque chose de similaire. Il réfléchit un moment puis conclu:
-Je vais en parler aux autres à l'intérieur, certains savent surement de quoi il en est. Tenez le à l'oeil, je ne serais pas long.
Ralph resta donc debout, immobile, pendant que les bériliens le regardaient fixement sans bouger de la place ou ils s'étaient installés. L'ambiance était plutôt tendue et désagréable, ces hommes et ces femmes étaient tous des tigres prêts à bondir au moindre geste brusque.
Le balafré tarda un peu mais revint briser quelque peu la tension, accompagné d'une autre personne. Cette personne était une jeune femme d'une beauté éblouissante et impressionnante, mais elle avait un regard dur comme la lame qu'elle devait manier, présente à sa ceinture.

-Lucia, est-ce bien lui? Demanda le bérilien à la cicatrice.
La dite Lucia s'avança sans un mot vers Ralph, ses longs cheveux noirs flottant derrière elle. Une fois en face d'elle l'Haynailia réalisa avec surprise qu'elle faisait sa taille, elle le dépassait peut-être même légèrement, lui qui n'était pourtant pas petit. Il ne put qu'être intimidé devant le regard sombre et glacial de la bérilienne.
-... Malheureusement il n'y a pas d'erreur, c'est bien lui. Fit elle en se retournant vers le balafré. L'étranger est à présent sous ma responsabilité.
Nous discuterons à l'intérieur. Dit elle ensuite à Ralph.
Lucia remarqua ensuite l'ivrogne rigolant toujours, adossé sur une pierre mousseuse, et tira une mine contrariée et fâchée.
Boire à l'excès durant la garde est inacceptable. Zanshin, assurez vous qu'il ne boive plus et qu'il soit puni en conséquence.
-Je le ferais. Affirma le balafré.
Sur ces mots Lucia s'apprêta à entrer à l'intérieur et fit signe à l'étranger de la suivre. Une fois dedans Ralph contempla l'architecture intérieure et les décorations plus finement dessinées qu'il ne le croyait venant d'un peuple guerrier.
-Ton nom? Demanda t-elle en s'avançant sans se retourner.
-Ralph Friedsang.
-Un nom typiquement Haynailien...
Fit la Bérilienne sans finir par dire ce qu'elle pensait vraiment, avec une pointe de mépris. Je ne m'attendais à ce que l'homme venu manier Yukkikaze vienne de si loin.
-Moi non plus je ne m'attendais pas à venir un jour si loin de ma terre natale.
Ils finirent par entrer dans une salle destinée aux invités. De part son comportement, il était facile de sentir l'antipathie de Lucia vis à vis de Ralph. L'on ne servit pas de thé, ni d'alcool, ni rien pour le soulager de son voyage... Au moins il n'avait pas à craindre l'empoisonnement, pensa t-il avec ironie.
-Nous, les Nerimazu, nous n'autorisons à venir uniquement car tu est la seule personne pouvant vaincre le traître Vandeir Dreke, sous la vraie apparence du Zigarne... Seule les hautes têtes du clan et ceux de la branche principale comme moi sont au courant de toute l'histoire. Mon père, Ishin Nerimazu, ne tolère pas que cette créature soit libre et est prêt à tout mettre en oeuvre pour sa destruction.
Cependant, nous resterons fidèle à nos règles: tu devra mériter le sabre Yukkikaze qui peut atteindre la bête. Pour cela le plus fort d'entre nous doit reconnaître ta valeur.
-Cela implique donc un duel?

-Bien sur, fit Lucia comme si c'était une question d'une effarante stupidité, tu devra marcher seul jusqu'au temple, où le duel aura lieu selon les règles que désire ton adversaire.
Elle grinça des dents, laissant voir que tout ça l'insupportait, tout comme la présence de Ralph.
-Et c'est tout? Fit l'haynailien.
-C'est tout. Nous n'avons pas de temps à perdre alors les épreuves commençeront après demain, tu n'aura que peu de temps pour te préparer à ton combat. Je vais te guider jusqu'à ta chambre.
Ils s'étaient assis dans cette salle juste pour ces quelques minutes d'explication?... Le principe échappait à Ralph, mais cela accélerait les choses. Il suivit donc à nouveau la jeune femme dans l'immense demeure, jusqu'à sa chambre. Au moins elle avait la courtoisie de ne pas le faire dormir dehors. Une fois Lucia partie, ce qui it très peu de temps à arriver, Ralph posa son sac sur le plancher et s'assit sur le matelas posé au sol. Les murs de la salle étaient décorés mais il n'y avait la présence d'aucun meuble, qui plus est la taille de la chambre était vraiment réduite... Tout de même, il attendait mieux, mais ayant dormi dehors la majorité du temps de son voyage depuis Haynailia, il n'allait pas se plaindre. Otant sa grande veste et gardant toujours son épée près de lui, il se dit qu'il pouvait se permettre un long sommeil après ce voyage épuisant. Il s'allongea donc et se laissa emporter par le sommeil inutile mais agréable...
Cependant, au beau milieu de son rêve, une voix dure lui demandait, ou même lui ordonnait de se réveiller. Dès qu'il ouvrit les yeux, il mit quelques temps avant de réaliser qu'un katana était pointé vers lui. Par réflexe il empoigna son épée et redressa son dos, il ne put indentifier clairement la silhouette le menaçant à cause de l'obscurité.
-Je ne suis pas venu te tuer, dit la voix féminine qui sembla aussitôt familière à l'haynailien, je ne tue pas un homme dans son sommeil.
-Alors pourquoi pointez vous votre arme vers moi?
-Pour que tu me prenne au sérieux, maintenant écoute moi bien.
Dit elle de son ton hautain, sec et tranchant. Viens armé dans le 7ème Jardin à l'aube vers la porte ouest, j'y serais.
La femme rangea sa lame et quitta la chambre, Ralph avait put deviner son identité grâce à sa voix et son comportement...
Il voulait des explications, alors c'est sans hésiter qu'il irait à ce petit rendez vous.
Ralph ne se rendormit pas et se leva pour observer de sa petite fenêtre le clair de lune. Il se doutait bien, vu les manières de ce pays, qu'il allait devoir se battre, bien qu'il désirait éviter cette situation.
Dès qu'il sentit que la nuit s'achevait enfin, il se rhabilla et alla ou l'on lui avait indiqué, non pas sans mal à cause de la grande taille du bâtiment.
Le fameux septième jardin était un jardin de cerisiers. En cette saison bien sur, les arbres étaient mornes, nus de toute fleurs ou feuilles, au printemps cet endroit devrait être magnifique, se disait Ralph. Le Jardin était à l'intérieur du bâtiment en quelque sorte, car entouré par quatre grands murs munis de toits. De dos vers le fond de l'endroit, Lucia attendait, de dos. L'Haynailien s'avança, comptant essayer de discuter avant de frapper.

-Ca ne pouvait être que vous, Lucia, c'est bien ça?
Ne se retournant pas, la grande femme aux magnifiques cheveux noirs resta silencieuse.
-Ecoutez, je ne veux pas me battre contre vous. J'ai remarqué que vous aviez quelque chose contre moi, expliquez moi quoi je vous en...
-Silence!
Coupa brutalement Lucia en se retournant, son visage était marqué par la colère et sa main déjà sur le manche de son sabre.
-Mais pourquoi me haissez vous, vous ai je offensée?
-Réalise tu seulement ce que tu fais étranger? Yukkikaze est une arme sacrée réservée aux plus grands guerriers de notre famille, je ne tolérais pas qu'un étranger comme toi ne pose une seule de ses mains sur cette arme! Je ne sais pas ce qui passe par la tête de Metsu et de mon père... Mais nous avons nos codes, ils sont là depuis plus de 1500 ans! Jamais je ne laisserais un étranger violer nos lois et prendre notre plus précieux bien, jamais!
-Etes vous aveugle? Le Zigarne va détruire tout un pays!
-Ton pays peut mourir, je n'ai que faire d'Haynailia!
-Vous serez aussi touchés si l'on ne le vainc pas!

-Nous l'avons déjà tué il y a un millénaire, nous pourrons recommencer!
-La colère vous fait perdre la tête...
-Silence! C'est moi qui devrait manier cette lame..
. Elle serra les poing en se mordant la lèvre inférieure, Ralph comprit alors la raison de sa haine qui n'était pas juste de la xénophobie.
C'en est assez Ralph, dégaine ta lame et finissons en! Fit Lucia, hors de ses gonds en tirant son sabre de son fourreau et en passant à l'attaque sans attendre. Ralph dut réagir rapidement et sortit lui aussi son arme pour parer le coup de Lucia, et la jeune femme avait plus de force qu'il l'avait imaginé.
Sans qu'il n'ai eu le temps de répondre, la bérilienne donna un autre coup de son katana à Ralph, il le para et du ensuite vivement en parer un deuxième, elle était rapide...
Lucia ne laissa pas l'Haynailien souffler et lui donna un violent coup de genoux dans le ventre et enchaîna avec un coup de sabre que Ralph réussit à esquiver de justesse, malgré tout ce dernier le blessa assez profondément au bras gauche. Il du vite repousser Lucia d'un coup de coude avant qu'elle n'attaque encore.

-C'est tout que ce que tu vaux? Et l'on veux me faire croire que c'est toi qui vaincra le Zigarne? Dit elle d'un ton froid et méprisant, son adversaire décida de ne pas répondre par la parole mais par un coup d'épée en diagonale que la superbe femme para sans réelle difficulté.
-Tu ne vaux rien... Tu ne mérite même pas de voir cette arme. Ajouta t-elle pendant qu'elle bloquait la lame de l'homme. Sa main gauche lâcha alors le manche de son épée pour venir frapper le côté droit du visage de Ralph et elle profita du fait qu'il soit déstabilisé pour faire un petit saut et lui donner un violent coup de pied dans la mâchoire.
Ralph ne put que reculer et cracher une partie de sa dentition sur le sol, ce coup avait été très douloureux... Il ne pouvait continuer comme ça ou il allait perdre à coup sur. Lucia attaqua encore d'un coup de haut en bas que Ralph esquiva en se déplaçant sur le côté, il para ensuite un coup à l'horizontale venant de la droite. Ce n'était pas bon, il ne saisissait aucune occasion d'attaquer... C'était maintenant ou jamais.
Comme Dreke lui avait fait par le passé, il donna un coup de pied dans les jambes de Lucia, un coup qu'il qualifiait auparavant de lâche... Cette dernière fut déséquilibrée un moment mais se ressaisit vite, Ralph tenta néanmoins un coup à l'horizontale vers sa nuque, mais cette dernière se baissa et planta son katana dans l'épaule gauche de Ralph qui étouffa un cri de douleur. Il était blessé mais allait saisir l'occasion, de son bras gauche pourtant blessé il attrapa celui de Lucia, l'empêchant de retirer son épée, et lui donna comme elle lui avait fait un violent coup dans le ventre... Il avait réussit à lui faire lâcher son arme et à la faire chuter.

Il serra les dents, sortit le sabre de son corps et le jeta sur le sol... Même avec son épée, il n'était pas humain, il en fallait plus pour l'abattre.
-J'ai gagné. Dit Ralph dans un sourire empreint de fierté en pointant sa lame vers Lucia, elle était à présent à sa merci. Cette dernière, sur ses coudes au sol, bouillonnait de rage en serrant les poings.
-Tu as gagné, décapite moi et finissons en. Fit la bérilienne.
-Te décapiter?
-Ce sont nos coutumes, je te prie de les respecter... Allez, vas y!
-... Je ne peux pas faire ça.
Avoua l'Haynailien en rangeant son épée dans son fourreau.
-Quoi? S'insurgea Lucia, offensée.
-Tu as perdu, je n'ai rien contre toi... Je ne veux pas tuer les humains qui n'ont rien fait de mal... Et là d'ou je viens, on ne décapite pas les femmes. Je ne te tuerais pas, désolé.
Immédiatement, la jeune femme roula sur le côté pour saisir son épée déjà couverte de sang sur le sol, se relever et reculer... Avant de plaquer la lame du katana sur son cou.
-Si tu ne le fais pas je le ferais moi même!
-Attend! Tu n'as pas besoin de faire ça!
-Silence! J'ai perdue, je n'ai plus rien, je peux mourir à présent!

Alors qu'elle était décidé à se trancher elle même la gorge, une voix retentit, imposante mais paisible.
-Que fais tu donc, Lucia?
Ralph se retourna en entendant cette voix qui venait de la porte du jardin derrière lui, et vit l'homme en question... De taille moyenne et vêtu d'un kimono blanc et noir, le bérilien portait ses cheveux en chignon et avait un bandeau noir sur ses yeux, marqué d'une étoile jaune à quatre branche dans un cercle. L'aveugle s'avança à l'aide de sa canne en bois, il avait malgré tout un sabre à sa ceinture... Il émanait de lui une aura, quelque chose d'invisible, d'immatériel qui n'avait aucun rapport avec quelquonque sortilège. L'Haynailia pouvait sentir que cet infirme était bien plus impressionnant qu'il n'y paraissait.
-Frère Metsu...Bégaya Lucia.
-Tu perd ton calme et adopte un comportement immature. Reprocha Metsu avec son calme habituel. Ton ennemi se réserve le droit de te tuer ou te laisser en vie, ce sont nos règles ça aussi, l'aurait tu oublié?
-Mais je...
-Médite sur cette erreur... Alors s'épanouira ton potentiel.

Lucia ne répondit pas cette fois et rangea son arme dans le fourreau avant de rapidement quitter les lieux.
L'aveugle s'avança alors vers Ralph et posa sa main sur son épaule.

-Tes blessures guérirons vite, j'imagine.
-Alors vous savez?...

Metsu répondit d'un geste de la tête avant de continuer.
-Lucia est forte et digne mais manque encore de sagesse... Elle ambitionne de prendre la tête du clan, je lui souhaite de progresser.
Toujours est il que vaincre une combattante comme elle n'est pas donné à tout le monde, Ralph, je ne peux que te féliciter.
-Merci... Ce n'était pas de tout repos.
-Je m'en doute... Je vais te ramener, tu dois te reposer avant ton épreuve.
-Non merci... Vous êtes... Enfin ce n'est pas la peine.

-Et toi tu es blessé, allons y.
Ainsi commença la journée pour Ralph... Il ne s'attendait pas à finir dans cet état... Mais ce n'était rien comparé à ce qui l'attendait.
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Re: Ordre, Vide et Chaos

Message par DALOKA le Sam 25 Jan - 22:13

Chapitre XIII


En ce jour au palais impérial allait se dérouler, comme à chaque début d'hiver, le grand conseil réunissant les plus importants représentants du conseil impérial et de la noblesse. Le programme de la journée était simple, les invités arrivaient vers dix heures, puis l'ont déjeunais lors d'un grand banquet avant de débattre l'après midi pour se quitter à la tombée du jour. Téko étant déjà à Gahartelle, Alexandre Rosentia, afin de s'excuser de son comportement à l'égard de Félicia, avait proposé de l'emmener à la capitale, ce que la demoiselle avait accepté. Ces derniers étaient donc partis sur le chemin de Gahartelle et carrosse, et avaient au passage récupérés une connaissance du comte Rosentia, le fameux jeune conseiller Albert Harrans. Tout les trois dans le même carrosse, ils avaient décidés de lancer une discussion.

-Je suis très heureux de vous accompagner pour votre premier conseil impérial, bien que l'une soit spectatrice et l'autre acteur. Commença Alexandre. Cela fait plaisir de rendre service à deux aimables connaissances.
-Jamais je ne vous remercierais assez! S'exclama Albert, tout souriant. Mademoiselle Félicia, observer sera sans doute très enrichissant pour vous.
-Oui... Répondit la concernée sans trop de conviction. Sans doute.
Ce n'était pas qu'elle n'était pas d'accord avec lui mais... Bon sang, elle aurait préféré ne jamais revoir cet homme... Et surtout ne pas être dans le même carosse que lui. Il lui donnait toujours une mauvaise impression... Ce personnage était malsain à ses yeux.
-Vous semblez tendue. S'inquiéta Alexandre, à côté d'elle. Quelque chose vous tracasse?
-Non, ce n'est rien... Ne faites pas attention.
-Je vais donc essayer de détendre l'atmosphère.
Rit Albert. Et si je vous racontais une histoire?
-Allez y! S'exclama joyeusement Alexandre. Vos récits sont toujours passionnants.
-Très bien, alors je commence. Dit il avant de se racler la gorge.
Donc. Il y a des siècles dans une terre lointaine, une jeune femme faible et malade était enceinte. Tout le monde au village savait qu'elle ne pourrait survivre à l'accouchement... Aussi on la considéra comme condamnée, plus son ventre grossissait et plus elle se savait plus proche de la mort.
Mais un jour, un dieu qui ne se nomma pas lui apparut: il lui proposa un cadeau en lui promettant de débarrasser son corps des jumeaux qu'elle portait, mais la mère demanda un autre voeu.
"Oh toi qui te dit dieu, je refuse ta bénédiction.
Deux vies valent mieux qu'une, alors voici mes voeux.
Force et courage pour le premier fils, sagesse et compassion pour le deuxième, longue vie et santé éternelle pour mes deux enfants. "
Le dieu accepta la requête et disparut. Un mois plus tard la  mère mourra en donnant au monde deux jumeaux aux yeux bleus et aux cheveux sombres. Ils étaient beaux et en bonne santé, et en grandissant ils devinrent des hommes extraordinaires. Le premier frère avait la force de 100 hommes et la bravoure d'un héros, le deuxième savait guérir n'importe quelle blessure ou maladie, du corps ou de l'âme, et était doté d'une grande sagesse.
Aimés et admirés par tout le village, jamais plus les habitants ne furent touchés par une épidémie ou une attaque de brigands. Ils vécurent heureux, avaient chacun une femme et des enfants qu'ils chérissaient plus que tout... Mais ils étaient immortels, insensible à la loi de la vieillesse.
Leurs femmes, leurs enfants et leurs petit enfants vieillissaient et mourraient sans qu'ils ne puissent rien faire... Et la même chose se répéta encore et encore à chaque vie qu'ils souhaitaient construire.
Malheureux, trahis, brisés, les frères se perdirent... Ils se perdirent et devinrent fous. Le premier s'élança sans armure ni arme contre des armées dans l'espoir de mourir, le deuxième essaya de changer le monde et ne fut que plus désespéré par l'égoisme des hommes, tant qu'il se lança dans d'immoraux massacres.
A eux deux, le chien fou et le serpents aux cents visages mirent plusieurs régions à feu et à sang... Puis un jour, ils furent vaincus par un homme aux cheveux blancs émanant d'une lumière divine, chevauchant fièrement un dragon aux écailles aussi pures que la neige... L'Empereur sans nom.
Ils se repentirent, virent en lui un modèle, un dieu, et se joignirent à sa cause...


-Mon bon Albert,
rigola Alexandre, combien de fois me raconterez vous l'histoire de Drafian et Draskdy.
-Je ne sais pas... J'adore cette histoire après tout, on me la racontait souvent enfant. Soupira t-il en regardant l'extérieur d'un sourire nostalgique. Je connais beaucoup d'histoires Alexandre, mais jamais je n'égalerais votre talent lyrique.
Félicia approuva en silence, se souvenant de la sérénade catastrophique de l'homme aux cheveux gris chez les Vinnairse.
Pendant ce temps, Téko avait décidé qu'avant de partir pour le conseil il allait voir une connaissance. Le Baron Tourneflamand était un vieil homme usé qui appréciait d'habiter dans une une petite maison malgré sa grande fortune. Cet homme avait été impliqué  dans toute sortes d'affaires de l'empire, on disait même qu'il était en contact fréquent avec l'inquisition... Si il avait des informations, Téko en avait besoin. Il se présenta à l'aube devant la petite mais décorée porte de la modeste demeure, il savait que Henri se réveillait avant même d'entendre les cloches du matin. Il frappa à la porte et peu de temps après, un domestique lui ouvrit, il n'y en avait qu'un seul dans cette maison. Il sursauta dès qu'il vit qu'un comte était à la porte de son maître, il était jeune et ne le connaissait pas.

-Sieur Dyra, quelle surprise de vous voir si tôt... Dit il en l'invitant à entrer. Installez vous dans le salon, je vais prévenir mon maître.
Le comte le fit et entra dans le salon. La salle n'avait pas changé: les murs étaient pavés de tant de diplômes et de tableaux qu'ils suffiraient à eux seuls pour les couvrir.
Téko s'installa dans le fauteuil et Henri Tourneflamand entra quelques temps après. C'était un homme âgé, fatigué et grassouillet, s'appuyant sur sa canne pour ne pas perdre pied. Mais il était du genre souriant et plaisantin, même si il vieillissait et avait vu d'affreuses choses dans sa vie.
-Mon cher comte! S'exclama t-il avant de s'asseoir lourdement dans son fauteuil. Quelle heureuse surprise de te voir.
-Moi de même.

-Quelle folie de venir me voir à l'aube du conseil, rit il, c'est pour quelque chose d'urgent j'imagine?
-Oui, assez. Je veux savoir tout ce que vous savez sur Albert Harrans.
-Vraiment? Ce nom me dit quelque chose... Ah oui, le nouveau représentant de la Magicae Cohortis, j'ai entendu la nouvelle. Gilles!
Appela t-il. Va me chercher dans mon bureau les papiers du tiroir  9, ceux du fond!
De loin, on entendit son majordome répondre "D'accord".
-Alors et toi mon petit, comment allez vous toi et ta fille?
-A merveille, merci de vous en soucier.
-Ah, Saero est venu me voir il y a deux jours! Ca me rappelle quand vous étiez enfants... Je vous connais depuis que vous savez marcher vous savez?

Son domestique arriva alors et donna une chemise de cuir à son maître. Il l'ouvrit et en consulta les documents à l'intérieur.
-Je vous préviens, vous pourriez avoir des problèmes avec l'inquisition.
-Peu m'importe! Tu m'as vu? Je n'ai pas d'enfants, que des bâtards, je me fais trop vieux et malade, ils peuvent me tuer ça m'est bien égal! Dit-il, toujours en riant.
Donc... Reprit le vieil homme en cherchant. Ah, c'est là...
Bon...
Soupira t-il après avoir lu le dossier. Pas grand chose que tu ne dois pas savoir, mais j'ai une piste. Tu as déjà entendu parler de la main blanche?
-C'est un lieu entièrement dédié au culte de l'Empereur sans nom.
-Exact. Le nom de ce lieu apparaît dans mes fiches comme l'endroit ou il aurait été envoyé depuis ses 10 ans, avant de rejoindre l'armée.
On n'envoie d'habitude que des orphelins pour une éducation très religieuse...

-Je n'ai rien put tirer des Harrans.
-Logique, si l'inquisition y est mêlée... Une famille en plein essor a peur de s'effondrer.
-Oui. Je vous remercie pour cette information capitale.

-De rien voyons. Tu voulait quelque chose d'autre?
-Non,
Fit Téko en se levant, j'ai à faire et je ne souhaite pas plus vous déranger.
-Va! Et reviens quand tu veux.
Téko quitta donc la maison du vieux Baron pour se diriger vers le palais impérial, il y retrouverait sa fille et le comte Rosentia. Ces derniers étaient déjà sur les lieux et s'étaient séparés d'Albert Harrans, qui était allé accomplir ses travaux dans son bureau.
Vêtu d'une cape bleu, il se rendit à pied au palais qui trônait fièrement au milieu de la ville, cet édifice était ce qui faisait la plus grande gloire des architecte Haynailiens. Gargantuesque, majestueux, énorme et éclatant de couleur et de beauté, les couleurs impériales resplendissaient sur ce superbe bâtiment dont le toit avait l'insolence de tenter d'atteindre le ciel. Une foule de bourgeois et petits nobles s'amassaient souvent devant le palais pour faire des courbettes aux grands qui passaient, qui plus est les conseils devenaient de plus en plus animés et tendus. La faute à ce trône occupé par un  "mort vivant" et des vautours qui volaient autour.
Le comte s'avançait et les gens se poussèrent un à un de son chemin en le saluant avec la plus grande politesse qu'on pouvait attendre d'eux...
Un pays rongé par des dirigeants égoistes et hypocrites, ces petits nobles représentaient bien ce que devenait le si glorieux Empire d'Haynailia.
Il retrouva Félicia et Alexandre une fois entré à l'intérieur et les salua. Après une brève conversation sur les évènements actuels, le comte Rosentia proposa, puisqu'il n'y avait pour l'instant rien à faire à part discuter avant le déjeuner, de faire visiter le palais à la demoiselle. Téko n'émit pas d'avis négatifs et partit chercher les autres comtes plus âgés pour converser avec eux. Enfin, en vérité il écoutait plus qu'il ne parlait, mais c'était la moindre des choses de signifier sa présence. Néanmoins il évita Damoc Vinnairse, le nouveau comte succédant à Durand, pour des raisons évidentes.
Dès que que midi sonna, on réunit toute la haute noblesse dans une grande salle pour un banquet, ici seuls les nobles étaient présents, les autres participants du conseil ne partageaient pas leur table.


Et pendant ce temps, Albert Harrans était prit à d'autres occupations. Il s'était mit en tête, sans en évoquer la raison, de monter sur le toit du palais, point culminant de la capitale... Là haut était installé l'Exaccus, un énorme artefact magique dont l'utilité était perdue et qui semblait inutilisable.
Albert avait demandé à être emmené, car ce lieu était réservé à un petit cercle de personnes... Dont il faisait à présent partie. Il était actuellement dans un couloir, tout proche de la porte menant à l'escalier, accompagné d'un autre homme à l'air soucieux et de deux gardes.

-Monsieur... Etes vous sur de vouloir monter?
-N'en ai-je pas le droit? Je suis le représentant officiel de la Magicae Cohortis au conseil, mon bon ami.
Dit il sans perdre son sourire.
-Mais c'est que... Le jour du conseil d'hiver...
-Je ne peux pas souvent venir au palais et je veux vraiment voir à qui ressemble l'Exaccus, c'est une occasion unique.

Ils arrivèrent devant une grande porte de pierre marquée de plusieurs cercles de runes, ils brillaient d'une lumière bleue.
Et c'est une occasion unique de tester la Sanguinem Clausuris, mon sang l'ouvre à présent?
-Oui, bien sur... Mais cela ne peut attendre?
-Absolument pas!
S'exclama le conseiller avec euphorie.
-... D'accords, mais des gardes vous accompagnerons.
-Est ce utile de se soucier à ce point de ma sécurité? Il n'y a personne là haut.
-Monsieur, votre présence est indispensable cet après midi, si vous faites quelque chose d'imprudent...
-Bien, bien... Les deux gardes viendront avec moi.

Albert s'approcha de la grande porte, sortit de sa veste un petit couteau et s'érafla le pouce gauche avant de le presser contre le cercle de runes central. La lumière des écrits magiques s'affaiblit et la porte s'ouvrit lentement.
-Extraordinaire! L'archimage Arond Vinnairse était vraiment un mage de talent, tout de même... Un sceau modifiable, quel génie.
Il s'avança et se retourna ensuite vers l'homme qui l'accompagnait.
Je ne serais pas long... Si on me demande, dites que je suis partit faire une promenade à l'extérieur.
Et la porte se referma, Albert et les gardes de l'autre côté.

Deux bonnes heures plus tard, tout le monde était installé à la grande table du conseil ou en tant que spectateur dans les tribunes autour.
Mais Albert Harrans n'était toujours pas revenu, pire encore, Téko Dyra s'était éclipsé sans rien dire après le repas... Sans le comte la réunion ne pouvait pas commencer.
Un brouhaha s'échappait des tribunes et l'ont chuchotait à l'oreille de son voisin plainte, hypothèse ou rumeur.

-Que se passe t-il bon sang! Ce jeune insolent et cet insupportable Dyra... Ils nous cachent des choses! Hurla le comte Marinus en frappant du poing sur la table. J'ai toujours su que Téko avait trop de secrets...
- Sieur Marinus, calmez vous... Fit le comte Vlanhonder, sentant la situation dégénérer.
-Non! Nous savons tous que Téko nous cache des choses, TOUS!
-En effet, mais se mettre dans une telle colère n'arrangera rien.

-Néanmoins le comte Marinus a on ne peut plus raison, ajouta le comte Vantusius, nous méritons des explications.
Toute les personnes assises approuvèrent.


Alors que tout le monde au conseil l'attendait, Téko était lui partit pour suivre Albert Harrans. Il devait savoir ce qu'il préparait là haut... Il avait réussi à tirer les vers du nez au serviteur qui l'avait accompagné, il lui fallait à présent se rendre sur le toit et empêcher toute catastrophe d'arriver. Il était impossible qu'un jour si important, Albert désire voire l'Exaccus juste par curiosité.
Au bout d'un moment alors qu'il progressait toujours dans le couloir, trois gardes se montraient devant lui, gardant le passage jusqu'à la porte menant en haut.

-Le conseiller Harrans est bien monté, n'est ce pas?
-Oui monseigneur.
Affirma le plus haut gradé des trois hommes. Cependant, vous n'avez pas l'autorisation de passer... Vous devez retourner au conseil.
-Cet homme prépare quelque chose là haut.
-Vous avez des preuves?
-Il serait trop long de m'encombrer de plus d'explications, je dois passer. En tant que Comte de la haute noblesse, je vous prie de vous écarter du chemin.
-Je regrette mais nous ne bougerons pas, même si c'est vous monseigneur.
-Je vois...
Soupira Téko, les mains derrière le dos, retirant en vérité son gant gauche. Dans ce cas pourriez vous me raccompagner jusqu'à la grande salle?
Le soldat répondit "bien sur" en s'avançant d'un pas, mais à peine il eu terminé le second que Téko révéla sa main gauche enflammée et fit un grand mouvement de bras de gauche à droite. Suivant son mouvement, une grande aile de feu balaya toute la salle.
Après cette attaque inattendue, les trois hommes étaient au sol, leur corps consumés par les flammes du pheonix. L'un d'entre eux hurlait encore en brûlant, condamné. Le comte s'approcha, sortit sa rapière et l'acheva. Il n'avait pas de temps à perdre, avec eux ni personne.
Il l'aperçu enfin, la Sanguinem Clausuris... Oh certes son sang n'ouvrait pas le sceau, mais il avait plus d'un tour dans son sac... Il sortit de sa poche un médaillon, ce dernier conservait le sang de l'ancien représentant de la Magicae Cohortis, qu'il avait obtenu en secret en échange de quelques informations en prévision déjà d'une étude personnelle de l'Exaccus.

Il aurait put essayer de déchiffrer et forcer le sceau, mais un des chefs d'oeuvres d'Arond Vinnairse lui prendrait des jours à déchiffrer... Alors il ouvrit le médaillon, trempa son index dans le liquide rouge conservé grâce à l'enchantement de l'objet, et pressa son doigt contre la porte.


Pendant ce temps au conseil, la patience de beaucoup était à bout, et l'irritation de certains fit monter la tension, menant petit à petit à des disputes sans réel intérêt... Alexandre Rosentia était lassé de ce conseil et désirait plus que tout sortir de cette salle, chose bien sur impossible. Il jeta un sourire triste à Félicia dans les tribunes, d'un air voulant lui dire "Vous voyez?".
Le débat dura une bonne demi heure, chacun mettant sur la table ses problèmes personnels, montrant bien l'égoisme qu'évoquait le comte Rosentia.
Cependant tout cela fut interrompu par un garde entrant au pas de course dans la salle, en sueur. Tout les regards se tournèrent vers lui et il porta son message haletant.

-La situation est critique! Une femme aux cheveux blanc, toute vêtue de noir massacre tout le monde et se fraye un chemin vers l'Exaccus!
-Cheveux blancs... Est ce une haute noble? Avez vous pu l'identifier?
Demanda l'un des conseillers.
-C'est la cadette des Vinnairse!
A ces mots le coeur de Félicia fit un bond et elle se leva, ôta ses talons et sans rien dire, couru vers la sortie de la salle devant tout le conseil, ne sachant que dire face à cette situation incompréhensible...
Alexia était vivante et se trouvait ici, mais pourquoi était elle dans une situation? Félicia ne pouvait pas se permettre de l'ignorer, peu importe ce qui arrivait... Elle devait savoir.
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Re: Ordre, Vide et Chaos

Message par DALOKA le Sam 1 Fév - 14:00

Chapitre XIV


Ralph rouvrit ses yeux en sentant la chaleur brûlante du soleil matinal sur sa peau fragile au teint cadavérique. Il se releva sur ses coudes et observa son épaule: comme prévu tout avait guéri en un éclair. Metsu l'avait raccompagné jusqu'à sa chambre et avait demandé à ce qu'on bande ses blessures, bien que ce n'était pas utile il devait paraître tout d'un humain normal... Les bériliens attribueront sans doute la vitesse de sa guérison à la magie, dont ils ne saisissaient de toute manière pas le fonctionnement.
Aujourd'hui était déjà le fameux jour de son épreuve, l'aveugle lui avait dit qu'un viendrait le chercher et qu'on lui expliquerait tout ce qu'il avait à savoir, alors l'haynailien s'habilla, prit son épée et attendit.
Quand sa porte s'ouvrit, il aperçu un jeune homme. Ce dernier dit qu'il était l'heure et qu'il devait le suivre, ce que Ralph fit. Comme tout les autres, ce bérilien se montrait distant en méfiant envers lui... Metsu était vraiment très différent des autres, tout comme Dally l'était.
Il suivit son guide jusqu'à l'extérieur derrière la maison Nerimazu... Devant lui se présentait alors la partie cachée de la falaise: une forêt, où un petit sentier s'enfonçait.


-Prenez simplement le chemin. Au bout vous trouverez le temple, vous devrez traverser un pont pour y accéder.
Il le vouvoyait? Ralph avait gagné plus de respect qu'il ne le pensais mine de rien.
De toute manière vous allez perdre.
Peut-être avait il pensé trop vite.
Mais c'était sans importance, et il n'attendit pas que le bérilien prononce une autre phrase dans ce genre pour poser le pied sur le sentier et s'avancer.
Le lieu était très calme et vide de toute présence, c'était assez reposant comme endroit. A ce qu'il semblerait, y entrer était un vrai privilège... Il pouvait comprendre la jalousie de certain, lui non plus à une époque n'aurait pas apprécié qu'un étranger vienne lui prendre ce qu'il pensait destiné à sa personne, au point de vouloir sa mort.
Mais dès qu'on est rejeté par les siens comme un monstre et que le seul but de notre vie est d'en tuer d'autre, on perd vite cette arrogance.
Au bout d'une bonne heure de marche dans cette forêt, il en sortit enfin. La phase finale de sa marche était un grand ravin traversé par un pont de planches et de cordes... Dans les livres qu'il lisait, enfant, ces ponts tombaient toujours en morceaux, heureusement il n'était pas paranoiaque et posa pied sans aucun problème sur le pont.
Au bout de ce dernier, le temple Nerimazu était là, gigantesque, décoré de deux statues de dragons presque aussi grandes que le pont qu'il traversait. Ce temple devait être là depuis des siècles... Dès qu'il arriva devant la grande porte, les deux hommes de chaque côtés de cette dernière lui ouvrirent. "Monte jusqu'en haut", fit un des hommes.
Il entra alors et monta les yeux au ciel... Le plafond était très, très haut, comme dans une cathédrale, et la salle fourimillait de statues de guerriers légendaires ou de dieux de la culture Bérilienne. Le sol était également décoré, entièrement sculpté de symboles circulaires ou formant des vaguelettes... Sur le mur de droite, faisant face aux statues était peint une fresque de champ de bataille.
Sur le mur du fond se trouvait une échelle, seul passage vers le niveau d'au dessus... C'était haut mais vu ce qu'il avait monté il y a deux jours, il n'était pas à ça près.
Il atteint finalement la salle suivante, et ne fut gère étonné que la salle était une pièce destinée aux combats... Autour se trouvaient des tribunes et au centre, une partie du sol était surélevée en un rectancle. Il y avait des spectateurs l'observant de haut, tous des hommes d'âges murs voire très vieux, les aînés du clan. Il restèrent silencieux dès qu'il s'avança, se contenter de le regarder sans rien dire.
Sur le terrain était assis en tailleur un homme qu'il connaissait: Metsu. Il était immobile, comme une statue, il ne semblait même pas respirer et son katana était dans son fourreau, placé à l'horizontale devant lui.


-Est ce lui qui est entré? Demanda Metsu aux spectateurs derrière lui, ayant entendu des bruits de pas, l'un d'entre eux confirma et alors l'aveugle prit son sabre et se leva.
Ralph restait là, surpris de la situation: c'était lui son adversaire? Un infirme? Il devait y avoir erreur, avec tout le respect qu'il avait pour Metsu, la situation était trop étrange.
-Qui y a t-il Ralph? Tu n'avance plus, monte sur le terrain.
-Je... Vais vraiment vous affronter?
-Pour l'instant j'ai le titre d'homme le plus fort de notre clan, alors oui.
-Je ne comprend pas...
-Assez de questions, monte sur le terrain.

L'Haynailien le fit donc, les spectateurs ne disaient toujours rien, il restaient presque aussi calme que Metsu, mais avaient un regard dur.
Ainsi moi, Metsu Nerimazu, le fils aîné d'Ishin, je déciderais des règles de notre duel. Cela convient il à tout le monde dans cette pièce?
Le silence lui répondit que oui.

Parfait... Voici la seule règle que tu auras à suivre: pour gagner, touche moi une fois.
-... C'est tout? S'étonna Ralph.
-C'est tout.
Tu ne connais pas les paroles rituelles... Alors je crois que nous devrons nous en passer, c'est un cas exceptionnel bien sur. A présent avance encore un peu et dégaine ton arme.

L'étranger allait protester sur le fait de combattre un aveugle, mais décida de se taire, il était en présence de tant de gens qui le fixaient, la pression qu'ils exerçaient sur lui était trop grande pour qu'il conteste les règles. Ralph sortir son épée de son fourreau et dévisagea Metsu...
Il n'était pas spécialement grand, il ne portait aucune protection, il avait un katana ordinaire, et même déjà un peu usé, il était aveugle... Et pourtant ce personnage dégageait une aura impressionnante, il ne pourrait expliquer pourquoi.
Ce dernier, arme sortie lui aussi, semblait attendre le coup de Ralph. Mais ce dernier n'osait pas approcher, ses mains étaient moites et une goutte de sueur coula de son front.

-Eh bien? Se demanda Metsu, ne sentant aucune action chez Ralph. Tu es venu en sachant que tu devrais te battre n'est ce pas? Ralph ne répondit pas et serra fort l'épée entre ses mains.
Dans ce cas... Je porterais le premier coup.
Sur ces mots Metsu avança vers son adversaire, tenant son katana la lame positionnée vers l'arrière de son corps dans une position offensive. Alors que Ralph était en garde pour parer ce coup, le bérilien se baissa et tenta un coup d'estoc que son adversaire dévia de sa lame, de peu. Quelque centimètres de plus et la lame n'éraflait pas seulement sa hanche mais la transperçait.
L'haynailien répliqua immédiatement par un premier coup mais Metsu se décala simplement sur le côté pour l'éviter, il essaya trois autres attaques qui furent évités avec la même facilité. Metsu évitait sans faire de grand gestes, d'une manière extraordinaire: la lame de Ralph était toujours proche de lui mais n'arrivait pas à atteindre sa cible... Cet homme sentait le moindre de ses mouvements.
Alors qu'il ratait une autre attaque, son opposant lui donna un violent coup de coude dans le nez et essaya d'enchaîner avec un autre coup que Ralph réussit à parer, le vampire contre attaqua avec un coup de genoux mais il l'évita en reculant. Metsu revint à la charge en lui donnant un coup du pommeau de son sabre, puis de son pied, puis de sa lame de haut en bas, l'haynailia para le troisième coup qui aurait touché sa tête et aurait été mortel. Un autre coup de pied repoussa Ralph
Il était vraiment, vraiment très fort.Ralph comprenait à présent mieux pourquoi son défi consistait à le toucher une fois... Comment pouvait-il le vaincre? Etait il vraiment humain? Il n'avait aucune chance...

-Ne me déçoit pas, Ralph Friedsang. Si tu as peur de moi tu n'as aucune chance d'affronter la vraie nature de Dreke.
Il avait raison. Il devrait peut-être affronter un monstre cent fois pire que tout ceux qu'il avait affronter... Il ne pouvait pas se permettre de craindre un homme! Sa détermination ranimée, il chargea à nouveau.
Raté, paré, ses attaques ne passaient pas! Encore, encore, et encore... Le bérilien évitait et bloquait toute attaque avec aisance, Ralph n'avait jamais vu un épeiste pareil, il ne se doutait pas une seule seconde qu'un tel humain existait sur cette terre. Mais ça ne le ferait pas renoncer, il frappait avec bien plus d'ardeur qu'avant et sa volonté de vaincre se lisait dans ces coups.
Metsu ne lançait plus une seule attaque, son visage restait éternellement calme... Dès qu'il se décida de passer à l'offensive, il sembla donner un coup latéral... M ais au dernier moment, le coup changea de direction pour lui trancher le torse verticalement.
Ralph posa un genoux à terre, saignant horriblement... Ce coup l'avait presque tué, enfin si il était humain ça l'aurait presque tué, mais à cause de l'épée qu'il portait, il était tout de même grandement affaiblit.

-Relève toi! Tu peux encore bouger! Encouragea Metsu. Ralph était bien d'accord... Ce n'était pas fini.
Je te laisse une dernière chance de vaincre... Nous porterons tous les deux un coup, un seul! Et si ton coup me touche... Tu aura gagné.
L'haynailien se releva, son sang coulant encore sur le sol en pierre et fixa Metsu... Ce coup, il mettrait ce qu'il lui restait dedans, même si il attaquait il n'allait pas être évident d'atteindre Metsu.

Ralph chargea, l'aveugle également... La seconde d'après, Metsu avait perdu son bandeau et son front était marqué d'une lègère entaille... Ralph lui, était étalé au sol, continuant de saigner. Metsu avait réussi son coup, mais Ralph également.
-Bravo garçon... Bravo. Dit Metsu en lâchant un sourire, rengainant son sabre. Tu as gagné.
Ralph, face contre terre, s'assoupit alors un sourire aux lèvres.


Dès qu'il se réveilla il était alité. La première chose qu'il fit fut de passer sa main sur ses blessures: toutes guéries, comme d'habitude. Il se redressa et se débarrassa de ses bandages avant d'enfiler sa tenue noire habituelle... Recousue après chaque combat, elle ne ressemblait plus à grand chose.
Il devait à présent aller revoir Metsu pour lui demander ce qu'il avait à faire ensuite. Dès qu'il sortit, un homme passant dans le couloir lui expliqua qu'il était encore au temple  et qu'on l'attendait pour lui remettre le sabre, il suivit donc ce dernier vers la même salle ou il avait mené son combat auparavant.
Tout au fond de cette grande salle , un grand bérilien âgé portant une tenue verte décorée de symboles brodés en blanc, attendait, plein d'autres Nerimazu autour de lui dont Metsu. L'homme tenait en ses mains un grand nodachi au fourreau à la teinte légèrement verte. Metsu chuchota quelque chose à l'oreille du viel homme, et ce dernier s'avança d'un pas.


-Approche.
Ralph le fit. Cet homme, comme tout les autres, ne montrait aucune sympathie. Une fois l'Haynailien devant lui, Metsu fit signe à Ralph de s'agenouiller, et il ne discuta pas.
-Ralph Friedsang, commença l'homme, Moi Lon'zu Nerimazu, en l'absence d'Ishin, est la tête de ce clan. Tu as réussi l'épreuve de mon neveu, il te fait donc confiance pour la tâche de tuer Vandeir Dreke... Et si il te fait confiance, nous devons le faire nous aussi.
Cette arme, Yukkikaze, a été offerte au clan au cas ou nous échouerions à apprivoiser la bête, et nous avons échoué.
Ton devoir est donc de corriger cette erreur. Si tu l'emporte, nous te respecterons tous. Si tu meurs, nous oublierons ton nom.

Il se baissa et posa la longue lame dans les mains de de Ralph.
Elle est à toi à présent.
Le tueur de monstres se leva et tira le nodachi du fourreau, révélant sa lame d'un blanc éclatant, dont il pouvait facilement dire qu'elle faisait presque sa taille... Comment manier un sabre aussi long? Il était habitué aux épées pouvant se manier à une main, le changement n'allait pas être évident.
-Notre aide s'arrête ici, acheva Metsu. Le reste n'est plus en notre pouvoir.
-Mais... Que dois-je faire ensuite?
-Je ne sais pas, mais la personne qui t'as envoyé ici sait.


Des heures plus tards, Ralph avait quitté la maison Nerimazu. Il avait sur le chemin croisé Lucia, dont il avait préféré évité le regard.
La grande lame attachée dans son dos, les passants le regardaient avec étonnement.
Mais ce dernier n'y faisait pas vraiment attention car il était perdu dans ses pensées. Une seule personne pouvait l'aider à présent, et malheureusement ça ne pouvait être que Refinia. Il n'avait donc plus qu'une chose à faire, attendre la nuit. Il sortit de la ville et s'en éloigna jusqu'à trouver un endroit totalement désert.
Il attendit, jusqu'à entendre des applaudissements, Ralph leva alors la tête pour en découvrir l'origine. Bien évidemment, c'était elle, qui semblait assise sur un objet invisible flottant dans les airs, et était munie d'un grand parasol à cause de la lumière du jour qui lui était désagréable.

-Bravo! S'exclama t'elle. Après t'être fait transpercé et découpé par tout tes adversaires, tu es enfin en possession de cette arme.
Tu devrais me remercier à genoux, sans moi tu serais un vulgaire cadavre immobile depuis bien longtemps.

-Je ne suis pas venu ici pour discuter de mon vampirisime avec toi, sorcière.
-Eh bien? Quel goujat es tu pour refuser la conversation à une dame.
-Ces conversations ne m'intéressent pas, tu sais très bien ce que je veux.
-Oui bien sur...
Soupira la dame vampire. Des réponses oui, mais ce n'est pas à moi de te les donner.
-Alors à qui?
S'agaça l'haynailien.
-A "l'autre".
-Et qui est ce?
-Hum... Eh bien tu dois surement le connaitre sous le nom de Sum Nimium.


LE Sum Nimium? Bien sur qu'il le connaissait! C'était le légendaire forgeron et enchanteur des paladin d'Arzteingard, il a fabriqué des dizaines d'armes maintenant légendaires!
Tout guerrier digne de ce nom le connais, même si personne n'a jamais vu son visage.


-Et ou puis-je le trouver ? Personne ne l'a vu depuis des dizaines d'années.
Refinia soupira et indiqua du bras une direction.
-Là bas, traverse la mer, à la nage.
-... Tu es sérieuse ? Il n'y a rien là bas, et pourquoi devrais-je y aller à la nage ?
Dit Ralph en se demandant si elle ne se moquait pas de lui.
-Humf... J'aimerais te voir le faire mais nous n'avons pas le temps pour que je me permettre tels divertissements.
Elle se moquait bien de lui, en effet. Ralph fut néanmoins soulagé de savoir qu'il n'avait pas à traverser la mer. La dame claqua des doigts et un cylindre de cuivre apparu, elle le saisit immédiatement de sa main et le lança à Ralph.
-Voici un parchemin de téléportation, tu as du apprendre à lire les runes alors même toi, tu ne rencontrera aucune difficulté à l'utiliser.

L'haynailien observa le cylindre et l'ouvrit pour en sortir un parchemin couverts de runes illuminées d'une lumière dorée et flamboyante comme il n'en avait jamais vu. L'objet même était chaud, voire brûlant au toucher.

-Sur ce je vais te laisser discuter avec lui, la représentation va commencer et je ne manquerais cette pièce sous aucun prétexte.
-De quoi parle tu ?...
-Oh ? Tu te croyais le héros principal ? Comme c'est touchant...


Sur ces mots, elle s'évapora sans donner plus de réponses à Ralph. Ce dernier sentait qu'il allait être mêlé à des choses qui le dépassait complètement, et c'était une raison de plus pour rencontrer le fameux Sum Nimium au plus vite. Il ouvrit en entier le parchemin et récita l'enchantement à voix haute, alors les écrits disparurent et un portail doré apparu devant lui, l'éblouissant de sa lumière semblable à celle d'un soleil. Cela semblait plutôt dangereux comme magie...
Il ravala sa salive et se jeta dans le portail, fermant les yeux à cause de la puissante lumière.

Une fois de l'autre côté il rouvrit les yeux et ne put que s'étonner du paysage ou il était. A ses pieds et devant lui ne se trouvaient que de la terre sèche et chaude, bien opposée à l'herbe humide de Bérilion. Il remarqua aussi l'odeur : ça sentait le métal fondu, le charbon et le feu, mais devant lui il ne voyait qu'un horizon vide montrant le soleil s'abaisser dans le ciel... Alors il se retourna et il vit alors un énorme bâtiment, une tour, entièrement faite de fer, d'acier. De la venait toutes les odeurs.
L'édifice était entouré de rochers, il pouvait également voir l'entrée d'une grotte plus loin derrière... Sans doute une mine. Devant la tour, sur un de ces derniers, un individu était assit, alors Ralph s'approcha pour mieux le voir.
Il portait une tenue entièrement blanche et or, tranchant avec l'aspect grisâtre du bâtiment derrière lui. Sa tenue était accompagnée de pièces d'amures des mêmes couleurs, et par dessus cette armure était disposée un grand manteau, toujours dans les même tons. Son visage était couvert d'un masque blanc, et l'orifice oculaire gauche du masque était entouré d'or de façon à faire penser à la tête d'un dragon de profil. Il avait une grande boucle de ceinture dorée marquée du sceau d'Arzteingard : le trident et ses trois cercles entre ses dents. Ses mains gantée de cuir constituaient la seule partie sombre de sa tenue, et aucune partie de son corps n'était visible, impossible de définir sa race ou son sexe.
Son manteau ouvert, flottant au vent, il observait Ralph sans bouger de son rocher, seul dans ce paysage de rocs et de fer, à l'horizon s'étalant à l'infini. Ou étaient ils ? L'haynailien ne pouvait le dire, mais il n'y avait rien, à part cette grotte et cette tour grise.
Il s'approcha du mystérieux personnage, haut sur son rocher, et lui adressa la parole.


-Vous êtes... Le Sum Nimium, n'est ce pas ?
Il répondit d'un geste de tête que oui.
Alors vous savez pourquoi je viens.
Ralph prit le sabre à son dos et le montra à l'homme masqué.
Vous avez forgé cette épée, aucun doute là dessus. On m'a dit que je devais tuer Vandeir Dreke avec... Mais qui est il réellement ?
-Tu le sais. Fit le Sum Nimium, révélant une voix masculine relativement grave.
-Alors dans ce cas... Qu'est ce que le « Zigarne » ?
Silence. Le célèbre personnage ne pipa mot.
-... Vous ne répondrez pas ? Je ne peux même pas savoir qu'est ce qu'est mon ennemi ?
-Tu le saura en temps voulu.
-Bien... Mais en quoi cette arme m'aidera à le tuer ? Et pourquoi moi pour la manier ?
-C'est un être doté d'une terrifiante capacité, un manteau de flammes rouges... Toute matière à son contact est absorbée et il la transforme en ce qui le constitue, grandissant encore et encore jusqu'à devenir plus grand qu'une ville.
Un adversaire qu'on ne peut toucher, et qui devient inévitablement plus puissant... La magie seule pouvait l'arrêter, pensaient ils, mais elle ne fera que la ralentir. Jadis une arme capable de trancher tout être fut utilisée, mais elle est à présent perdue et sans doute à jamais.
Non, j'avais besoin d'une autre astuce, autre chose pour l'atteindre... Et cette chose c'est lui même.
Cette arme, la tueuse de larve, peut utiliser une partie du manteau de la bête... Et ainsi la blesser.
Mais... Personne ne pouvait tenir une arme contenant une telle aura en son sein sans en mourir. Je pensais alors que mon idée était un échec... Cependant trois anomalies m'ont prouvé le contraire.
Il existe en ce monde trois humains résistants à cette aura, et bien que l'un soit mort il m'en reste deux... Dont toi.
Je ne sais pas pourquoi vous existez. Caprice d'un être supérieur ? Miracle ? Destin ? Pur hasard ? Bizarrerie ? Je ne savais pas pourquoi... Mais je n'ai plus le temps de me poser ces questions.
Tu peux manier cette lame, alors nous avons besoin de toi, il est trop tard pour reculer.

-Alors vous ne savez pas grand chose sur moi... Je pensais pouvoir en savoir plus sur... Certaines capacités. Dit il, évoquant son pouvoir de lire dans les souvenirs.
-Je vois de quoi tu parle et... N'utilise plus ce pouvoir.
-Hein ?
-Il est dangereux pour ton propre esprit, tu n'en as pas besoin.
-Ce... N'est pas quelque chose que je peux contrôler.
-Je t'y aiderais, mais la priorité est ailleurs pour l'instant.
-Je vois... Enfin, que dois je faire à présent ?
-J'ai une question à te poser avant.
-Laquelle ? Vous en savez bien plus que moi.


-Es tu humain ?

La question choqua Ralph. Etait il humain ? La réponse lui sembla pourtant évidente...

-... Non. Fit il, blessé.

-Alors qu'est ce qu'être humain, Ralph Friedsang ? Est tu humain ? Suis je humain ? Dreke est il humain. ? Qu'est ce qui peut différencier un homme d'un monstre Ralph ?
Tu affirme avoir perdu ton humanité, mais qu'est ce que l'humanité, peux tu répondre ?


Non, il ne pouvait pas répondre. Depuis qu'il était enfant on lui répétait qu'il y avait les humains, et le reste. Le reste, mis à part nos dieux, était des créatures soit stupides soit maléfiques, toutes dénuées de sentiments, de compassion et d'amour. Il avait été traité tel quel, un vulgaire monstre... Mais ce n'était pas ce qu'il était? Pourtant il ressentait les sentiments humains qu'il a toujours eu, il s'était toujours accroché à son humanité, à ses repas, à ses balades en plein air, à un sommeil reposant, et n'avait jamais abandonné ses valeurs morales... Cela suffisait il à se dire humain?
-Tu ne peux répondre, n'est ce pas?... Moi non plus je ne le peux.
J'ai vécu plus longtemps que toi, j'ai accumulé un grand nombre de connaissances, je sais créer tant de choses...
Et je ne peux répondre.
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Re: Ordre, Vide et Chaos

Message par DALOKA le Sam 8 Fév - 13:52

Chapitre XV


Le Codex.
Une bibliothèque immatérielle énorme, remplie de souvenirs et d'écrits... Chaque esprit lisant le codex avait son interprétation personnelle de l'apparence de cet endroit virtuel.
Pour Arond, c'était un énorme espace, infini, dans lequel flottaient des livres à perte de vue, autant qu'on pourrait voir d'étoiles dans un ciel sombre. Il les avait tous consultés, tous, il savait l'intégralité de cette partie du codex... Tant de savoir, tant de savoir... Mais là, derrière, se cachait peut-être des connaissances inaccessibles, des connaissances qui bouleverseraient le monde entier si elles étaient révélées, des connaissances qui permettraient une évolution superbe ou une immense destruction...
Cependant si le mage retournait lire le codex maintenant, c'est parce qu'une "anomalie" y était présente... Quelque chose qu'il ne connaissait pas? Il devait savoir, savoir.
Il vit l'intru: une silhouette grise sombre, ressemblant vaguement à un humanoide... Que faisait cette chose dans cet espace? Seul lui et Jigen avaient accès au Codex, alors pourquoi? Comprendre, il devait comprendre.


-Qui êtes vous?Demanda Arond, espérant une réponse.
-L'Homme. Répondit la voix.
-... Je ne comprend pas votre réponse.
-Je suis l'Homme. Le créateur de ce lieu, tu es dans mon domaine et tout ce savoir m'appartient.
-Qui êtes vous? Pourquoi avez vous créé le codex? D'ou venez vous? Etes vous vivant? Une simple projection de souvenir? J'ai tant de questions!
S'emballa Arond, ne pouvant résister au désir de savoir.
-Je ne suis pas venu répondre à tes questions, Archimage Vinnairse. Je suis venu réviser mes savoirs... L'horloge tourne, le monde va avancer, je dois être prêt, nous devons être prêts.
Ils arrivent, et ni toi ni moi ne pourrons rien faire contre eux.



Sur ces mots, "L'Homme" disparut... Laissant Arond torturé, en proie aux questions infinies que son cerveau pouvait lui infliger.
Dans la réalité, Félicia courrait toujours jusqu'à en perdre souffle, les pieds nus, jusqu'au Sanguinem Clausuris ou se rendait surement sa soeur. Le garde ne mentait pas: Sur son chemin elle vit un grand nombre de cadavres, tout les soldats sur le passage d'Alexia avaient étés tués... Mais comment pouvait-elle faire une chose pareille? Comment même en avait elle la capacité? C'était insensé, ça ne pouvait pas être sa soeur il devait y avoir erreur.
Il y avait surement d'autres personnes derrière elle, tentant de la rattraper, mais elle n'en avait cure et n'avait pas regardé une seule fois derrière elle. Une fois qu'elle atteint enfin la salle ou la porte se trouvait, elle vit une femme aux cheveux blancs vétue de noire en face de cette dernière. Elle se retourna alors et son visage s'illumina de bohneur.
C'était bien Alexia. Elle couru vers Félicia en hurlant son nom et la serra dans ses bras très fort, anormalement fort en fait.

-Félicia! Tu m'as terriblement, terriblement manquée!
-Moi aussi.
Souria t-elle, bien qu'au fond quelque chose l'inquiétait, l'effrayait.
Alexia fit cesser son étouffante étreinte, euphorique et dit alors avec innocence.

-Je veux aller là haut!
-Mais... Pourquoi Alexia?
-Pourquoi? Mais tu le sais bien...
Continua t-elle de sourire. Ton père s'y trouve et je veux, non, je DOIS le tuer.
-Que... Comment?
-C'est pourtant évident. Il nous a séparé et il essaye de séparer moi et West, c'est intolérable.
S'assombrit la jeune fille. Il doit mourir, c'est tout.
-Alexia... Mais qu'est ce qui te prend? Tu n'es pas dans ton état normal.
-Tu ne comprend toujours pas?... Ton père est un meurtrier qui fait souffrir les gens, il est tout ce qu'il y a de plus mauvais! Il doit mourir, tu comprend? MOURIR.
S'emporta Alexia en sombrant dans une colère noire.[/b]
-Je ne te reconnais plus... Qu'est ce qui t'es arrivée? Répond moi Alexia! Paniqua Félicia, ne comprenant pas le comportement de sa jumelle.
-Il te manipule toi aussi! Cette épée que tu porte dans ta main droite... Tu SAIS pourquoi il te l'a donné? Il veut faire de toi un vulgaire outil dénué d'émotion, en es tu consciente ma soeur? En es tu CONSCIENTE?
-... Mon père ne ferait jamais une chose pareille, il a des lois morales, c'est un homme bon.
-... Je vois.
Marmonna Alexia d'un ton bien plus froid.
Je comprend à présent. Il est trop tard pour te sauver, tu n'est plus qu'une femme sans âme entièrement dévoué à ce MONSTRE. Comment as tu put être aussi stupide? Comment? COMMENT?
Ou alors peut-être que c'est prévu depuis le début? Peut-être que tu veux juste m'arracher MON West? Mais personne ne l'aura tu m'entend? PERSONNE.
-Reprend tes esprits Alexia, je t'en conjure... Nous n'avons pas besoin d'en arriver là.
-Oui, nous n'en avions pas besoin... Mais c'est toi! TOI qui doit reprendre tes esprits! Tu va devenir une coquille vide, une marionnette? C'est CA ce que tu veux? Ca te fait plaisir? Ou tu crois que sa cause est juste? Que sait tu de Téko Dyra? QUOI?

Une aura violette commença à émaner d'Alexia... Sa jumelle reconnu immédiatement l'aura: Afrazael.
... Il suffit! Tu n'es plus Félicia, tu n'es PLUS ma soeur! Tu n'est qu'un tas de chair sans conscience, tu n'as plus aucune valeur!
-S'il te plait Alexia... Arrête, arrête s'il te plait.
Fondit en larme Félicia.Tu es... La seule personne que j'aime, je ne peux pas te perdre, arrête s'il te plait...
-MENSONGES! Tu n'aime rien, ni personne, même pas toi même!
-Souviens toi de qui tu es! Ton nom!

Alexia se figea alors... Elle se mit à prendre sa tête entre ses deux mains et hurla, avant de dire très rapidement.
-Mon nom? Mon nom? Je... Moi... Je suis A... Ar... Vinnairse? Alexia? Arond? Afrazael? Je ne sais pas, je ne sais pas, JE NE SAIS PLUS!  
Cesse de m'embrouiller! Je suis QUI je suis, et je vais te libérer de ta triste existence en tant que pantin!

L'aura s'intensifia, elle retira son manteau et tira l'épée à sa ceinture... Elle avait totalement perdu la raison, quelque chose d'inhumain brillait dans son regard.
Elle projeta une sphère violette vers le plafond, le sol s'écroula alors derrière Félicia, elle ne pouvait ni s'enfuir ni se faire aider à présent... Elle devait se défendre.
Félicia ne pouvait pas, elle n'oserait jamais ne serait ce que blesser sa soeur. Elle savait qu'Alexia était perdue, mais elle ne pouvait pas...
Alors elle décida d'abandonner et de saisir Xephiel. Sous Xephiel elle ne ressentirait aucun amour, aucune tristesse, aucune compassion, aucun regret.
Laissant ses émotions de côté, comme les boulets inutiles qu'ils étaient, elle tira l'épée de son fourreau et récita la formule pour défaire les deux sceaux, illuminant la salle de lumière. Elle apparut alors sous sa forme angélique au regard vide, ne pensant alors qu'à une chose: Tuer celle qui était en face, sans haine ni remords.

-Voilà ta vraie forme... C'est répugnant!Cracha Alexia.Cette affreuse vision de ma soeur... Je ne tolère pas son existence!
Félicia ne répondit bien sur pas et commença à se mettre en position de combat.
Nous sommes à égalité à présent, Félicia! EN GARDE!

Sans plus attendre, Félicia chargea dans un mouvement d'aile, lui donnant une vitesse fulgurante, sa soeur para alors le coup de son épée entourée de l'aura froide d'Afrazael. En guise de réponse, les tentacules de la Sarth sortirent du dos d'Alexia pour tenter de transpercer le corps de l'ange, mais elle dressa ses ailes devant elle et ils se fracassèrent devant ce bouclier. La soeur en noir se téléporta alors dans le dos de Félicia comme Arond savait le faire et tenta de l'avoir par derrière tant que ses ailes ne la protégeaient pas, mais elle réussi à parer le coup en placant Xephiel derrière son dos, anticipant le mouvement.
Elle se retourna alors et passa également à l'attaque, les deux soeurs échangèrent de violents coups, leur épée chargées de magies brillant de mille feu. Elles faisaient égalité jusque là, chacune déterminée à tuer l'autre sans hésitation.
Dès qu'Alexia tenta de faucher les jambes de son adversaire d'un coup en demi cercle vers le bas, sa soeur esquiva en s'envolant et leva sa main gauche au dessus de sa tête. Quatres pics de lumières y apparurent et furent lancés vers son opposante qui en évita trois et dévia la dernière de son épée. Si elle jouait à ce genre de tour, Alexia en était capable aussi... Elle leva la main vers Félicia et une sphère violette de taille conséquente fut projetée vers elle, produisant une explosion magique faisant trembler la salle.
Félicia avait bloqué encore à l'aide de ses ailes, ne recevant que quelques brûlures, anodines dans son état, alors sa soeur décida de combattre sur son terrain. Son aura violette se concentra dans son dos et forma deux ailes similaires à celle qu'Arond pouvait invoquer, elle s'élança alors dans les airs, d'ou elles touchaient presque l'énorme plafond du palais.
Elle se lancèrent dans un furieux combats aérien ou leurs auras magiques dansaient à une vitesse folle... Un combat inhumain, entre deux corps et deux esprits inhumains.
Voyant que ce combat durait trop longtemps déjà, Félicia concentra la puissance de Xephiel dans sa lame et frappa de toute sa force l'épée de son adversaire qui fut brisée sur le coup, elle tenta ensuite de frapper Alexia qui fit disparaitre ses ailes pour retomber au sol.
Elle ne pouvait pas compter sur une épée faite de métal ordinaire... Elle plaça ses deux paumes en face d'elle et un trait d'énergie s'y forma, pour prendre l'apparence d'une lance violette. Comme pour sa téléportation, Alexia ne savait pas d'ou venaient ses capacités... Petit à petit, tant de connaissances, tant de sorts s'incrustaient dans son esprit, elle les faisait de manière quasi-naturelle.
Félicia, reconnaissant cette magie, plongea immédiatement vers Alexia, mais cette dernière plaça sa lance à la verticale , disparut et réapparu juste au dessus d'elle avec pour objectif de l'empaler de dos. Félicia se décala assez pour que la lance ne fasse que transpercer son aile droite et fit une roulade sur le côté avant de repasser à l'attaque.
Avec cette arme, sa jumelle avait gagné en puissance et en allonge, et elle maniait cette arme avec talent alors qu'elle n'avait utilisé que des épées dans sa vie. L'échange de coup tournait de plus en plus à son désavantage et Félicia finit par être touchée à la hanche puis à la jambe alors qu'Alexia n'avait encore essuyé aucun coup.
Elle devait briser cette lance d'un coup, alors l'ange repoussa la soeur noire d'un violent coup d'épée et se mit à concentrer la magie dans Xephiel... Cette dernière, comprenant que sa soeur voulait briser son arme répondit en faisant la même chose.
Les deux soeurs étaient face à face, décidées à porter de sang froid ce coup qui serait probablement décisif... Toute la puissance de leur Sarth étaient concentrées dans leurs mains...


Durant ce moment décisif, Félicia était en proie à une étrange vision, comme si elle rêvait éveillée... Elle posait les pieds sur une étendue infinie d'eau claire... Elle pouvait voir dans l'eau son reflet, alors sans savoir pourquoi elle se baissa à genoux pour observer ce dernier.
Le même visage, exactement.
Elle toucha de la main l'eau claire, alors que le reflet faisait de même...
Comment avait-elle put oublier? Comment avaient-elles put oublier?... Pourquoi CE souvenir avait il était gommé de leur mémoire...
Elle n'y arrivait pas, c'était le néant, comme si CE souvenir n'avait jamais existé.
Tout à coup, l'étendue d'eau sur laquelle elle était s'éffondra, une lumière blanche venait tout engloutir... Et elle revint à la réalité.
Tout s'était passé en quelques secondes et Xephiel replaça immédiatement l'esprit de sa manieuse dans le combat.
Les auras blanches et violette tourbillonnaient autour de leur armes, et elles brillaient d'une lueur éblouissante... Le coup final arrivait.
Les deux soeurs chargèrent toutes les deux et épée et lance se rencontrèrent, dès que les deux auras opposées entrèrent en contact, le choc fut terrible. Mais les jumelles ne renoncèrent pas et maintinrent leurs armes l'une contre l'autre, attendant que l'adversaire lâche. Elle restèrent là plusieurs secondes, quand toute l'énergie explosa et les repoussa chacune à l'autre bout de la salle.
Dès que Félicia reprit conscience, elle semblait libérée de l'emprise mentale de Xephiel, bien qu'elle tenait toujours l'épée en main et était entourée d'un cocon de lumière guérissant ses blessures. Elle se retourna et vit que le mur était brisé derrière elle, la violence du choc l'avait blessée également malgré ses pouvoirs.
Ses os du dos étaient brisés, l'empêchant de se lever, bien que son épée était apte à guérir ces blessure.
Alexia était à l'autre bout, à genoux et inconsciente. Avait elle vaincue ou était ce un match nul?...
Elle sursauta dès qu'elle vit sa soeur se relever et s'approcher d'elle... C'était perdu? Sa soeur folle allait finir par la tuer ici?
Ce n'est que dès qu'elle se fit plus proche que Félicia remarqua que quelque chose n'allait pas... Alexia n'avait pas le même regard fou, c'était un regard froid dénuée d'émotions humaines, et ses yeux brillaient d'une lumière violette.

-Ce qu'a créé Téko est vraiment impressionnant.Dit-elle avant de se retourner pour s'adresser à une personne derrière elle, mais Félicia ne voyait personne.Les résultats sont satisfaisants?
Un portail blanc s'ouvrit derrière Alexia et la jeune Dyra frissonna de terreur... Une seule personne pouvait faire ça, et elle ne tarda pas à entendre ses applaudissements métalliques.
-Bravo! Oui sincèrement, bravo petit ange! S'exclama Jigen en sortant du portail. Je suis très impressionné par ce combat, cette puissance, créée par l'homme! C'est tout simplement merveilleux!
-En effet, ce n'aura pas été une perte de temps.Commenta Alexia.
-Toi... Tu n'es définitivement pas Alexia...Constata la jeune Dyra.
Elle se retourna alors vers sa soeur avec le même regard froid inhumain, et Jigen rigola en frappant dans ses mains comme un maniaque.

-Tu verrais ta tête d'ahurie! J'afficherais bien ce visage dans ma chambre tellement c'est beau!
-En effet. Je suis Arond Vinnairse.
Dit le mage noir.
-Mais... Je vous ai tués tout les deux, de mes propres mains!
-Ta présence était un imprévu, mais nous avons tout prévu pour que le plan se déroule sans encombre.
-Allons ma chère, nous sommes bien plus intelligents que toi,
ajouta le mage aux bras de métal.    
Arond Vinnairse se tourna vers la porte scellée, ignorant à présent la jeune fille. Jigen fit de même.

-Attendez!Cria Félicia, tentant en vain de se lever.
-Je sais que tu as beaucoup envie de changer de main et de devenir mon jouet ma petite,ricana Jigen,[i]mais nous avons bien d'autres priorités. Reste bien sage ici, d'accord?
[i]Le mage noir toucha la porte scellée du doigt et elle s'ouvrit tout simplement. C'était lui qui avait créé ce sceau, rien de plus évident que de l'ouvrir d'un seul coup.

Notre ami et notre invité spécial nous attendent là haut... Je me demande dans quel état allons nous les retrouver? Il serait dommage qu'ils décèdent avant que le rideau ne s'ouvre...
-Peu m'importe leur devenir.Fit Arond.Je suis proche de la connaissance infinie...    
Si proche.
[/i][/i]


Dernière édition par DALOKA le Sam 1 Mar - 11:27, édité 1 fois
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Re: Ordre, Vide et Chaos

Message par Seja le Jeu 13 Fév - 20:44

Je viens squatter un petit peu ce sujet pour féliciter notre cher Daloka de la qualité de sa fiction et de sa vitesse d'écriture (parce que moi, à côté, ben...)
Non, plus sérieusement, y a une bonne intrigue, un bon rythme, les personnages sont attachants et avec de bons caractères. Je trouve qu'il y en a un peu trop, mais ça doit surement être de ma faute, il faudrait que je relise tout de A à Z de manière à bien tout avoir en tête.
Mais (il y a toujours un mais), si je suis venu ici, ce n'est pas pour te complimenter (un peu, quand même ^^) mais pour émettre une critique sur quelque chose que je trouve assez fréquemment dans ce genre de fiction, et qui n'es donc pas adressé uniquement à toi, mais à tout ceux qui écrivent.
Je vais donc vous expliquer ce que j'appelle: le syndrome manga...
En gros, en tant qu'otaku s'assumant entièrement, nous lisons beaucoup de mangas. Or, dans ces mangas, ne se trouvent que les paroles, puisque tout le reste (action, expressions, etc...) est donné par les dessins. Bon, pour l'action, aucun problème, tu t'en sors très bien. Mais pour les dialogues...
Celui qui m'a gêné est celui de Félicia et de sa sœur. Le dialogue est très bien écrit, pas de problème là-dessus, mais sans verbes de paraoles/d'action, on ressent bien moins les tenants et les aboutissants de la chose: le désespoir de Félicia, la folie d'Alexia, ...
Certes, cette absence d'explication autour peut être un effet de style, visant à accélérer le dialogue, mais pas dans ce cas où on a besoin de savoir précisément ce qui anime les personnages, avec des effets de pause qui donnent plus de profondeur à l'ensemble.

Voilà, j'espère avoir été assez clair, si vous avez des questions, n'hésitez pas. A bientôt pour une nouvelle conférence!!

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Re: Ordre, Vide et Chaos

Message par DALOKA le Ven 14 Fév - 17:43

Je suis parfaitement conscient, en me relisant, de cet effet depuis le début de ma fiction ^^'. Je pourrais le corriger en réécrivant les dialogues, en prenant plus mon temps, sans trop de problème. (Oui parce que l'influence "manga" comme tu l'as expliqué fait que j'ai du mal à le faire de manière naturelle.)
Seulement, je me suis fixé l'objectif de finir cette fiction en mars pour pouvoir passer à autre chose pour animer l'univers et commencer d'autres projets. Alors oui, je bâcle un peu et j'en suis conscient, mais je n'ai pas en une semaine, forcément le temps de régler ce problème.

Voilà, juste pour dire que je sais que c'est là mais que je ne compte rien changer pour des raisons de temps, et je m'en excuse sincèrement.
Comprenez juste qu'offrir de la qualité de manière récurrente bah... Oui c'est pas facile.

J'essayerais de montrer que je peux mieux faire sur ma prochaine fiction, qui sera plus courte, mais je passerais plus de temps pour chaque chapitre.

En tout cas merci de ta critique, ça ne peut-être que bénéfique pour moi comme pour les autres.


Papy Seja a écrit:les personnages sont attachants et avec de bons caractères. Je trouve qu'il y en a un peu trop, mais ça doit surement être de ma faute

Ah nan nan t'as raison y'en a trop, c'est un peu une de mes marques de fabrique  Rire2 .
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Re: Ordre, Vide et Chaos

Message par DALOKA le Sam 15 Fév - 21:25

Chapitre XVI


Pendant ce temps, Téko Dyra posait le pied sur la dernière marche de l'escalier menant au toit du palais, atteignant enfin son objectif. La place de l'Exaccus était une grande plateforme circulaire et au centre de cette dernière, surélevée sur un autre cercle de pierre se trouvait l'objet en question.
Un grand obélisque, marqué de symboles en ancien Alefridien, ces derniers brillaient faiblement.
Dès que Téko s'avança il écarquilla les yeux en observant le sol : Un aigle, le symbole de l'Empereur, avait été peint en grand sur la plateforme, avec du sang.

Le comte releva alors la tête et identifia une personne assise sur les marches permettant de monter à l'obélisque, regardant deux cadavres plus bas. Vidés de leurs tripes et de leur sang, ils avait servit à peindre ce symbole.
L'identité de l'homme sur l'escalier ne faisait aucun doute mais Téko fut surpris de voir l'état du visage d'Albert dès qu'il se redressa : Sa face était couverte de sang, autour de ses yeux et de sa bouche pour former un sourire pourpre. Son regard jaune était devenu absolument terrifiant, il était devenu vil et dénué de compassion.

-Je vous attendais, sieur Dyra. Dit il avec enjouement en se laissant retomber au sol, il tenait sa canne dans sa main droite.

-Vous avez tué ces gardes et lancé l'Exaccus... Constata Téko en levant les yeux vers l'artefact. Je savais que je devais me méfier de vous Albert, ou plutôt devrais je dire Ranyard.

Ranyard était un mage noir qui, peu avant la reconquête de Waien, avait tenté d'affaiblir le pays en anéantissant toutes les récoltes et petits villages, mais il avait été tué bien avant que ses projets prennent de l'ampleur.

-Ranyard ? Il est mort depuis une bonne vingtaine d'années vous savez. Le nom est Albert Harrans. Articula l'homme aux cheveux gris en se désignant de la main gauche.

-Ne mentez pas. Vous avez la même apparence et les même pouvoirs.

-Oh, vous parlez de ceux ci ?


Il siffla alors et peu après Téko entendit des bourdonnements... Très vite, une nuée de sauterelles s'amassait, volant tout autour de la plateforme dans un cercle noir.

Oui, je les ai. Mais je ne suis pas Ranyard.

-Alors qui êtes vous ?

-Albert Harrans.
Insista le conseiller.

-Je sais très bien que vous mentez.

-Si je mens ? Oui et non...
Rit il.
Mais cela importe peu, dans tout les cas je suis le loyal serviteur d'Haynailia Ier.

En effet... Vu cet aigle qu'il avait dessiné sur le sol il y avait peu de chance qu'il soit une personne haissant l'Empire comme Ranyard. Mais pour avoir travaillé personnellement avec Albert, il pouvait le dire : Albert n'était certes pas un homme honorable, il était lâche et profiteur, mais ce n'était pas la personne qu'il avait en face de lui.

-Pourquoi l'Exaccus a t'il été activé ? Que comptez vous faire avec ?

-Créer une scène de fin du monde
. Annonça Albert en sortant de sa veste un mouchoir pour s'essuyer le visage. Je pense que je peux tout expliquer à notre invité de marque.
L'Exaccus est un amplificateur de sort, il peut rendre un simple sort assez puissant pour étendre son influence dans tout le pays. Nous l'avons originellement construit et placé ici pour des tests, en théorie une fois l'objet finalisé nous aurions été capable de répandre des flammes sur n'importe quelle région de L'Empire.
Mais il a été en partie neutralisé et nous ne savons pas le réparer... Cependant il marchera pour un sort simple.

Téko laissa Albert continuer, tout cela ne lui inspirait rien de bon.

Vous avez sans doute entendu du parler du Zigarne ? Eh bien là, dans ce pays très bientôt, il va renaître...
L'Exaccus sera utilisé pour l'appeler ici.


-Cela détruira la cité impériale... Vous vous prétendez loyal serviteur de l'Empereur ?

Le sourire d'Albert s'élargit alors et il se mit à rire.

-Je sert L'Empereur sans nom, et personne d'autre ! Mais comme vous le savez, il n'est plus là.... Hors, comme vous le savez également, sans lui Haynailia n'est qu'un fruit pourri dévoré par les vers de l'intérieur. Sans son dieu et maître, ces terres ne sont que souillure, et je suis l'ennemi de la souillure!


Il étendit alors ses bras vers le ciel en s'exclamant :

Alors je vais appeler l'Empereur ! Je vais pousser le pays au bord de l'abîme ! Alors il n'y aura que deux options... Soit il décide de revenir et nous serons tous sauvé, soit il nous ignore et ce pays ne mérite que d'être réduit à néant !
C'est uniquement pour cette raison que j'ai collaboré avec Arond et Jigen... Ils pensent que leur plan est parfait ! Mais si mon dieu repose bien sur terre... Ils comprendront alors l'insignifiance de tout leur savoir !


-Vous avez perdu la tête... Dit Téko en fronçant les sourcils.

-Je suis au contraire le seul fidèle de l'Empereur qui soit encore saint d'esprit! Seul l'aigle pourra sauver ce peuple perdu ! Moi le messager d'Haynailia Ier sur terre, je l'appellerais en invoquant une destruction que lui, lui seul peut stopper! Peu m'importe le châtiment qu'il me réserve.
Et alors, et alors si il revient, il nous enveloppera tous de sa lumière, pas seulement nous mais tout les hommes.


Il cita alors son dieu, semblant complètement possédé.
"J 'unirais tout les hommes entre eux, même si pour cela je dois les enchaîner. Le sang que je fais couler apportera le bonheur, la guerre que je provoque apportera la paix. Suivez moi mes enfants, car tous unis nous sommes plus forts que tout les dieux"

Cet homme était complètement fou... C'était devenu une menace pour tout le pays. Il devait stopper Exaccus, maintenant. Téko tira alors sa rapière et retira son gant gauche, prêt à agir.

Vous voulez jouter? S'enjoua Albert. Quelle merveilleuse idée ! Cela nous fera passer le temps en attendant l'entrée en scène de nos vedettes.

Il dévoila alors la lame de sa canne épée qui avait servit à tuer les cadavres gisant près de lui.

Dans toute histoire, la fin doit être à la hauteur de toute l'oeuvre... Vous qui avez eu une vie si dantesque, je vais vous offrir un sublime duel final !
Le soleil se couche, nous sommes sur le toit de la maison de l'Empereur, sur un sol peint de son symbole... Moi dans ce corps impur, j'opposerais à vos flammes saintes ces êtres répugnant, dévorant chair et os. Quel superbe duel ! Vous qui portez le sang d'Haynailia Ier, vous méritez au moins une défaite aussi digne!


Albert jeta son chapeau à terre et s'avança alors à pas lents, tout en continuant de parler. Son regard n'avait plus une once de raison et son sourire semblait lui déchirer les joues.
Ce jour est le jour du jugement! Et dans ma miséricorde je vous y laisserais assister avant de mourir!
Sur ces mots, les insectes noirs formèrent un dôme sombre au dessus de la plateforme d'Exaccus et l'homme aux cheveux gris accourut vers Téko pour lui donner un coup d'estoc, qu'il dévia. Cependant une nuée d'insectes chargea dans son dos, alors Téko utilisa les flammes de son pheonix pour faire apparaître une aile de feu, brûlant les créatures. Elles étaient capable de dévorer un être humain en un rien de temps, il ne devait pas les laisser le toucher quitte à consommer beaucoup de sa magie.
-Bien joué. Félicita Albert avant de donner un coup latéral que Téko para. S'ensuivit un échange de coups ou Téko fut placé en difficulté. Son adversaire était plus rapide et réactif, et le comte ne pouvait utiliser son plus grand atout à usage offensif, devant en permanence se défendre contre les insectes.
Vous me semblez en difficulté  Sieur Dyra, ces créatures impures vous poseraient-elles quelques soucis? Commenta Ranyard avant de toucher Téko au bras gauche, heureusement pas assez pour l'empêcher de se mouvoir. Il réussit à parer les autres coups de son opposants, alors il l'attaqua avec ses insectes de face.
Le comte pouvait se défendre mais il allait commencer à manquer cruellement de mana, et il savait que des flammes communes ne tueraient pas toute une nuée de ces monstres. Une fois les sauterelles brûlées, Albert fila vers Téko pour tenter de lui asséner un coup mortel, ce dernier para et saisit l'occasion pour faire un petit bond en arrière tenter d'en finir d'un seul coup avec ses flammes. Malheureusement pour lui, l'homme aux cheveux gris avait prévu ce coup et évita la vague de feu. Comme elle avait touché une partie de sa veste il la retira rapidement avant de repasser à l'assaut avec un coup en diagonale qui toucha l'épaule gauche du noble, de sorte à ce qu'il ne puisse plus correctement utiliser son pheonix.
Albert ne s'arrêta pas là et donna un coup d'estoc vers le ventre de Téko, qui fut évité, puis il agit de manière bien plus brutale en attrapant la tête du comte de sa main libre et en l'éclatant contre son genoux, attaque qu'il n'avait pas vu venir. Le comte blessé s'épuisait et ne parait qu'avec difficultés les coups de canne-épée de son ennemi, il essaya alors de lui donner un coup d'estoc de sa rapière entourée de flammes dès qu'il pensa trouver une ouverture. Alors Albert se décala sur le côté, se baissa et planta sa lame dans la jambe droite  de Téko qui perdit l'équilibre et tomba à terre. Le présumé vainqueur donna un coup de pied dans les côtes de l'homme à terre pour lui faire passer l'envie de tenter de se relever, il menaça alors sa gorge de sa lame, toujours un large sourire au lèvres.

-Mes remerciements comte, ce fut rafraîchissant.




L'aura rouge était proche, si proche que tel un soleil écarlate il avait du mal à la fixer sans être éblouit. Car à présent il ne se contentait pas de la « sentir », il la « voyait »  clairement.
Elle était également en mouvement, lent cependant, il pouvait le voir... Dreke, sans même s'en rendre compte avait un large sourire d'excitation aux lèvres, après tout ce voyage il allait enfin le rencontrer...
Son adversaire ultime pour un des plus grands affrontements de sa vie, les duels étaient capitaux dans la vie d'un bérilien et même lui ne faisait pas exception, surtout pas lui.
Le village dans lequel il marchait se nommait Forteglaive, il ne savait pas quel événement avait donné ce nom à ce lieu mais il convenait à merveille... Tout était calme, comme si il n'y avait personne, mais cet endroit allait d'ici peu être son terrain de jeu, son arène, le théâtre de son affrontement. La nuit était tombée, personne d'autre que lui dans cette rue pauvrement pavée, mais l'aura rouge était juste en face de lui. Ils marchaient dans un sens opposé, l'affrontement était inévitable, et ils finirent par tomber face à face.
Dreke leva la tête et rigola en pensant que ce type était plus grand que lui, assurément lever la tête pour voir le visage de la personne en face de lui n'était pas vraiment quelque chose qu'il devait souvent faire.

-Laisse moi passer. Demanda le géant encapuchonné, mais Dreke ne bougea pas d'un mètre.
Qui es tu? Fit il finalement.

-Vandeir Dreke, et toi c'est quoi ton nom ?

-Bloody Jones. Qu'est ce que tu me veux?


Dreke pointa alors du doigt le bras gauche de Jones qui brillait intensément à son approche.

-Ceci m'appartiens, on dirait. Dit le mercenaire.

-Vraiment ?

-Je n'aime pas les grands discours alors je ne vais pas aller par quatre chemins.

-Moi non plus.


Dreke recula de deux pas et prit dans son dos un grand et long sac, il en sortit ce qui semblait être une hache d'arme entièrement couverte de bandeaux de tissus blancs.

-Ici, maintenant, on va se battre pour le "coeur" que tu as dans ta main gauche.
Ira, ma hache noire sera l'arme que j'utiliserais.


Situation inattendue pour Jones... Ce type lui demandait de se battre pour remporter Tuzak, qui elle même réagissait à sa présence. Le géant tilta alors quand les mots de l'être qui lui avait donné l'objet résonnèrent dans sa tête.
Il l'avait nommé "Gardien". Tout était clair à présent : sa tâche était de défendre la Sarth de cet homme.
Une tâche simple comme il savait faire : agir et vaincre.

-Ca me va, mon bras gauche sera ma seule arme.

-Intéressant ! J'ai hâte de voir ce que tu me réserve, dit Dreke en retirant les bandes blanches de son arme, dévoilant une hache entièrement noire, manche comme lame.

Voyant qu'un duel allait se produire, les habitants fermèrent leur volets pour ne pas être incommodés, priant pour que l'un d'eux meure vite afin qu'ils puissent dormir.
Une fois Ira entièrement nue, Dreke l'empoigna de ses deux mains et fit quelques mouvement dans le vide pour ressentir à nouveau le poids de l'arme.


-Parfait, lâcha t-il avec un sourire. Ensuite il dirigea une de ses mains vers son cache œil et l'arracha, dévoilant son œil droit dans lequel brillait le symbole d'Arzteingard, le fameux trident. Jones fut surprit de voir un tel personnage avec ce symbole sur lui, encore plus dès qu'une aura sombre s'échappa de ce dernier.

Allons y, Bloody Jones !

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chapitre complet! à demain.

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Re: Ordre, Vide et Chaos

Message par DALOKA le Sam 22 Fév - 19:56

Chapitre XVII

-Nous n'aurions pas du faire ça. Répéta West en resserrant ses mains sur les brides de son cheval.
-Va tu donc cesser de te plaindre? Soupira Laurence sans se retourner.
-Je n'arrête pas de culpabiliser depuis, j'ai trahis Alexia, je le regrette infiniment.
-Ce qui est fait est fait.

Un silence marqua alors la conversation pendant qu'ils progressaient à cheval vers Haguère. Les nuages annonçaient un mauvais temps ou au moins une nuit nuageuse.
Je sais ce que tu as envie de dire West, que je t'ai incité à le faire. Et tu auras tout à fait raison, vois tu je n'ai fais que profiter d'une faiblesse que tu devras apprendre à corriger.
Le jeune homme ne fit aucun commentaire, attendant simplement l'explication de Laurence sur le sujet.
Tu est doué mais tu es faible. Tu ne sais pas dire "non", tu n'ose jamais agir et c'est en partie à cause de ce défaut que tu es dans cette situation actuellement.
Ce n'est pas parce que le destin existe qu'on ne peut le changer, tu n'es pas un personnage de tragédie alors cesse de pleurer sur ton sort... Et fait quelque chose.

West ne répondit pas et se contenta encore de rester silencieux. Au bout d'un autre long silence il décida de s'exprimer.
-C'est facile à dire dès qu'on est ambitieux comme toi... Moi je voulais juste vivre heureux avec la fille que j'aime, juste ça.
-"Vivre heureux"? C'est une bien grande ambition, au contraire.
Dit Laurence dans un rire.
Tu sais, pour réaliser ton rêve, peu importe lequel, tu as besoin de force d'esprit. Il faut être prêt à passer devant les autres pour obtenir ce que l'on veut.
C'est ce qui te manque, de la force d'esprit... Bon sang West, est ce vraiment à MOI de t'apprendre comment devenir un homme?
West décocha un petit sourire à la remarque de son ami. Il avait raison, il ne pouvait plus se permettre de courber l'échine face à toutes les épreuves et choix qu'on lui imposait, il n'avait pas le choix: il devait changer.
Au bout du chemin qu'ils empruntaient depuis une journée déjà, les tuiles rouges et les façades grises des maisons d'Haguère pouvaient à présent s'apercevoir clairement. L'homme dénommé Birkiel Beghilionne trouvait pour refuge un bâtiment abandonné qui servait autrefois à entreposer les bateaux dont on mettait à neuf la coque, cependant on ne pouvait l'y trouver que la nuit. Cela pouvait sonner comme le début d'une histoire effrayante, mais Birkiel existait vraiment.
Haguère n'était pas une ville dans laquelle Laurence souhaitait particulièrement rester, trop chaotique, trop mal famé... Ils allaient faire comme tout le monde: régler leurs affaires et en partir.

Les dires disaient que la situation criminelle d'Haguère commençait à s'améliorer, mais apparemment pas assez pour être aussi ordonnée que les autres cités impériale, Laurence nota bien de régler ce problème une fois au pouvoir. Il serait intolérable que des pirates circulent en toute liberté dans une cité de SON empire.
Ne s'arrêtant que pour dîner dans une auberge modeste à la nourriture peu ragoutante, ils se dirigèrent tout deux rapidement vers le lieu ou logerait Birkiel, sans en dire un seul mot à quelqu'un dans la ville par prudence. Ce grand bâtiment rectangulaire ne disposait pas de porte, juste d'une grande entrée carrée. D'un pas assuré, Laurence entra le premier. Comme il faisait sombre à cause de la nuit sans lune West alluma une torche par magie.
Pas un rat ici, rien. Non pas qu'il était surprenant que personne ne vive dans un tel lieu, mais cela voulait néanmoins dire que les informations étaient fausses. Il n'y avait rien ici, pas même un feu ou n'importe quel signe signifiant qu'un mendiant s'abritait ici.
Laurence se retourna vers West et ce dernier ne put qu'hausser les épaules avant que, tout d'un coup il écarquille les yeux en étouffant un cri de surprise. Son ami haussa un sourcil en demandant qu'est ce qu'il passait pour qu'il ait une telle réaction, et il lui fit alors signe de se retourner. Dès qu'il vit ce qu'il y avait derrière lui il fit un bond en arrière en se préparant à se défendre.
Un masque de fer souriant, à l'envers, dans lequel brillaient deux yeux bleus. A bien y regarder, c'était une silhouette semblable à un humanoide, suspendu au plafond la tête à l'envers par une chaine accroché à une des poutres soutenant le toit, de cette manière il faisait légèrement penser à une araignée.
L'être dont on pouvait se demander si il était humain inclina la tête à l'horizontale, tordant son cou d'une manière improbable, puis il émit de petits bruits aigus, formant un léger rire étrange.
Il retomba au sol sur ses deux pieds, et alors les deux jeunes gens purent mieux l'observer. Il était grand, très grand, au moins plus de deux mètres, mais également anormalement maigre pour sa taille. Au bouts de ses doigts se trouvaient des fines et longues lames, formant des griffes d'acier mortelles, deux griffes plus courtes et massives décoraient également l'avant et le talon de ses pieds, ce qui fit immédiatement comprendre à Laurence qu'il pouvait se montrer dangereux. Entièrement vêtu de cuir noir, une sorte de lame en forme de croissant de lune lui traversait le crâne et était percée sur chacun de ses côtés pour porter ce qu'on pourrait assimiler à des boucles d'oreilles, bien que trop massives et lourdes pour êtres normalement portées sur une oreille.
Peu de temps après qu'il ait reposé pied au sol, un cliquetis de mécanisme se fit entendre et la chaîne qui le maintenait au plafond retourna à l'intérieur de son bras gauche jusqu'à ce qu'il n'en reste que l'extrémité, triangulaire et pointue. Désarticulé, le personnage se tenait le corps penché sur son côté droit, observant les visiteurs avec curiosité.

-Personne ne vient ici à cette heure ci! S'exclama t-il dans un petit rire. Oh non ne vous en faites pas pour moi vous ne m'avez pas réveillé, ça risque d'être difficile vu que... Je ne dors jamais!
Il éclata alors de rire en tordant son corps dans tout les sens, ses deux interlocuteurs ne voyaient pas vraiment comment réagir, alors Laurence décida d'aborder rapidement le sujet pour couper court à la conversation.
-Excusez moi, vous vous appelez bien Birkiel Beghilionne?
-Lui même, pour vous servir,
fit il joyeusement dans une étrange révérence. Je suis très heureux d'avoir des visiteurs, je me demande pourquoi personne ne vient ici...
Cette maison est pourtant très hospitalière!
-En effet, teprit Laurence, avant de rapidement relancer la conversation. Je viens ici car j'ai entendu dire que vous étiez le possesseur d'un objet ayant appartenu au premier Empereur, la Fleur de Mana. C'est une gemme de couleur bleue.
Birkiel pencha à nouveau la tête à l'horizontale en tordant tout son corps vers la droite, jusqu'à que son crâne touche presque le sol tout en grattant son masque de fer d'une de ses griffes, provoquant un grincement métallique. Pendant ce temps West s'était éloigné de quelques mètres et observait l'intérieur du bâtiment, espérant trouver  quelque chose au sol.
Vous l'avez n'est ce pas?
-Oui, c'est fort probable que je détienne cet objet cher monsieur... Ou mademoiselle?
-Comme vous voudrez.
Fit Laurence sans chercher à se demander comment avait il deviné si vite. La présence de cet homme était dérangeante, et son regard... Même lui n'osait le soutenir, il était effrayant, mais ses yeux avaient étrangement quelque chose de beau à la fois. Tout comme ce personnage monstrueux s'exprimait pourtant avec courtoisie, sans agressivité.
Je serais bref. J'ai absolument besoin de cet artefact que vous détenez, et je suis prêt à payer autant d'argent qu'il le faudra.
-De l'argent? Eh bien je ne suis pas contre, mais... A quoi cela pourrait il bien me servir? Dit il tout en se redressant, avant de hausser les épaules sur sa dernière phrase.
Laurence jeta un regard interrogatif à Birkiel, ce dernier soupira alors.
Voyez vous, je suis dans une condition qui fait que l'argent ou tout bien matériel m'importe peu. Comment vous expliquer... On va dire que dès qu'on ne ressent plus le besoin de manger ou de dormir, ni plus aucune sensation physique, l'argent est... Quelque chose dont l'on peut aisément se dispenser.
Il ria légèrement en placant la main devant la bouche dessinée sur son masque, ne prenant pas vraiment sa triste situation au sérieux.
Et donc, je ne peux pas vous donner votre objet. Pas que je ne veux pas non, mais c'est... Impossible dirais-je? Vous voyez, c'est comme si j'arrachait votre coeur là maintenant, c'est peu courtois, et il se trouve que cet objet est mon coeur.
-Même si vous tenez à cet objet, nous devrions pouvoir trouver un compromis.
-Non non blondinet, vous ne comprenez pas. C'est littéralement mon coeur, si vous l'enlevez je meurs.
L'ancien valet ne comprenait pas vraiment, mais cela s'annonçait mal...
Il semblait bien que pour obtenir la Fleur de Mana, il devrait le tuer.

Mais! Vous tombez bien, non, à merveille. Je m'ennuyais à mourir et ma tête se gonflait tellement d'idées noires que je pensait qu'elle avait exploser!
A présent vous êtes là.
Entendant Birkiel hausser la voix, West se retourna vers lui, toujours méfiant. Laurence eut également le réflexe de reculer dès qu'il vit que l'homme frottait ses griffes entre elles, comme si il les aiguisait. Tout à coups le silence s'installa dans la salle, l'on n'entendit que des battements d'ailes et des croassements de corbeaux.
-Que voulez vous dire? Demanda West, lui aussi prêt à se défendre si il le fallait.
-Dès qu'un bon enfant s'ennuie, on lui donne des jouets.
Aujourd'hui je suis un enfant gâté! Je l'ai toujours été vous savez? On m'a toujours donné plein de jouets amusants!
Ce soir, vous êtres mes jouets.

Sans prévenir, Birkiel se jeta sur Laurence pour tenter de l'abattre d'un coup de griffe, ce dernier ayant vu l'attaque venir évita en se déplaçant sur le côté, l'étrange créature effectua deux autres assauts similaires qui furent également évité. Laurence pouvait voir qu'il faisait des mouvement exagérément grand, il visait mal mais c'était volontaire: il s'amusait.
Afin de protéger son compagnon, West lança un sort de foudre que Birkiel évita en faisant basculer la partie supérieure de son corps vers l'arrière, sa souplesse lui permettait des mouvements improbables. Néanmoins Laurence profit a de cette occasion pour lui administrer un coup à l'aide du sort de la main tranchante, il avait visé la poitrine et avait du atteindre au moins un point vital, mais Birkiel se redressa comme si il n'avait rien subit et attaqua son adversaire.
L'ancien valet évita et donna un autre coup que la créature ne prit pas la peine d'esquiver, il ne pouvait pas bien voir dans l'obscurité mais... Sa cible ne saignait même pas, et dès qu'il frappait il rencontrait une surface plus rigide que la chair. West jeta un autre sort et leur ennemi fit un agile bond en arrière pour ne pas le recevoir, l'éloignant de ce fait de Laurence qui, voyant que le corps à corps ne fonctionnait pas reculait à pas lents pour prendre de la distance.
Mais tout à coup, une chaîne d'acier s'enroula autour du bras de Laurence, elle provenait du bras gauche de Birkiel! Ce dernier se baissa encore pour éviter un sort de West et tira sur la chaîne pour attirer son opposant à lui et tenter de lui trancher la gorge. Malgré ses mouvements entravés, Laurence parvint à l'éviter et donner un autre coup, encore ineffectif. Il ne pouvait s'éloigner et ne pouvait qu'éviter de se faire blesser, il décida donc de maintenir le corps à corps pendant que West préparait un sort puissant pour l'avoir d'un seul coup.
Cependant, l'étrange personnage comprit la ruse et prit sa chaîne à deux main pour envoyer Laurence contre le mur et l'assommer, avant d'éviter le puissant sort de foudre en s'agrippant et disparaissant dans le plafond.
C'était mauvais. West était à présent seul et il ne savait pas ou se trouvait Birkiel, caché dans l'obscurité du plafond. Il était plus faible au corps à corps, il devait absolument le repérer pour l'éviter ou mieux, l'éliminer d'un sort.
Il entendit des bruits au dessus de sa tête et se retourna immédiatement. Birkiel chutait vers lui pour essayer de le tuer à l'aide des griffes disposées sur ses pieds, alors l'Adamas sauta en arrière pour tomber au sol sur le dos, mais évita avec succès les lames de Birkiel.
Mais dans sa position actuelle, il était à sa merci. La chaîne droite entoura et enserra son cou, puis la deuxième chaîne fit de même. Birkiel s'approcha de West tout en l'étranglant et pencha son visage masqué vers lui, le forçant à fixer son terrifiant regard azur.

-Amuse moi un peu! S'exclama t-il. Regarde, regarde mes yeux bien attentivement.
Le jeune homme ne pouvait pas faire autrement, immobilisé et étouffant, il se perdit dans l'éclat de ces yeux qui l'éblouissaient. West ne savait pas pourquoi, il entendait des voix dans sa tête, il ne les comprenait pas mais elles étaient nombreuses. Les murmures semblaient se rapprocher et une voix féminine se fit plus forte que les autres.

C'était celle d'Alexia, il la reconnaîtrait n'importe ou, elle hurlait de rage et de tristesse, elle souffrait. Ses hurlements se firent de plus en plus audibles, elle hurlait son nom, appelait à l'aide... Il sentait toujours les chaines froides lui enserrer le cou mais il ne voyait plus Birkiel, il était dans un espace entièrement sombre ou ne faisaient que briller quelques flammes bleues.
West allait tenter de se lever pour venir en aide à la voix qui demandait son secours, mais une main froide lui attrapa fermement l'épaule. Le jeune homme se retourna et vit le visage froid de Félicia.

"Ca ne change rien West. C'est notre devoir."Dit-elle en le dévisageant.
Il se dégagea et se leva pour accourir vers le néant d'ou provenait les cris, mais un homme se dressa devant lui. Téko Dyra avait un regard glacial qui semblait le geler sur place.
"Tu ne peux rien changer." Fit le comte avant de se déformer et se transformer en une masse d'énergie violette qui représentait Arond Vinnairse.
"Tu ne peux rien changer." Répéta t-il. Suite à cela Arond s'étira et grandit de plus en plus jusqu'à complètement dominer West. Il tenait dans sa main droite le corps d'Alexia.
"Tu n'en as pas le courage après tout." Rit Félicia derrière lui avant de disparaître.
West tenta de grimper à l'énorme pied d'Arond mais son bras disparut à son contact. Il hurla et tomba en arrière, rampant pour reculer de l'énorme masse d'énergie.
"Tu n'en as pas le courage après tout." Dit Arond en refermant sa main sur le corps d'Alexia. L'énorme masse disparut alors et laissa place à la cadette des Vinnairse dans sa tenue noire, le regard violet et vide.
"Tue là." Dit Laurence à côté de lui, un sourire aux lèvres, tendant la lame Agathe à son ami.

-Non... Je ne peux pas! Hurla West en reculant encore plus du corps d'Alexia.
"Tu n'en as pas le courage après tout." Répéta une fois de plus Alexia possédée. "Pas le courage de te dresser contre Téko, pas le courage d'affronter ta famille, pas le courage de me sauver... Pas le courage de ne pas me trahir."
Des larmes violettes coulèrent sur le visage d'Alexia, et la colère se dessina petit à petit dessus.
"Tu... M'a TRAHIS!"
Laurence le souleva alors par le col et l'embrassa.
"J'obtiens toujours ce que je veux, tu te souviens?"
"Traître!" Hurla de plus belle Alexia en grandissant pour atteindre la taille qu'avait Arond Vinnairse.
Tout à coup, au beau milieu du délire de West, un rire affreusement aigu retentit.
-Eh bien en voilà un garçon tourmenté! S'esclaffa Birkiel, sa voix surgissant de nulle part. Voilà ce que tu es vraiment on dirait, un être minuscule. C'est agréable de se sentir soi même, non?

Au beau milieu de son cauchemar, il put voir un être humanoide difforme passer son bras au dessus de son cou de manière amicale, ressemblant presque à un fantôme, souriant. Il avait les mêmes flammes bleues en guise d'yeux, ça ne pouvait être que Birkiel.
Combien de temps vas tu tenir? Je me le demande. Ajouta t-il en révélant un sourire affreusement large et des dents blanches, triangulaires comme celles d'un requin.

Dans la réalité, Laurence reprenait ses esprits. Birkiel ne l'avait pas loupé, la douleur au crâne était encore vive et le sang coulait encore, aveuglant d'ailleurs son oeil gauche. Il ne tarda pas à voir son ami en mauvaise posture avec le bouffon macabre. Ce dernier ne s'arrêtait pas de rire et de railler West qui avait le regard effrayé, tout en s'étouffant à cause de la strangulation de Birkiel.
-C'est agréable n'est ce pas? Continua la créature. Ton âme va éclater comme un jouet cassé! J'adore jouer avec ta tête!
Laurence devait agir, mais il fallait trouver comment toucher Birkiel. Il ne comptait pas sortir l'épée de l'empereur de son fourreau avant de monter sur le trône mais au diable toute la symbolique, c'était un cas de force majeure. L'ancien Valet se releva, la lame éclatante de l'épée mythique en main et se jeta vers Birkiel. D'un seul coup, la paire de chaîne fut brisée et West libéré.
Il donna un autre coup d'épée qui toucha le torse de Birkiel. A présent il en était sur: la surface rigide que ses coups rencontraient étaient du bois depuis le début... Il ne savait comment un être fait de bois pouvait se mouvoir, mais sa faiblesse était évidente à présent.
West lui, commençait à reprendre ses esprits, bien que tout n'était pas encore clair et qu'il respirait difficilement.

-West! Appela Laurence. Des flammes, vite!
L'Adamas ne comprenait pas tout mais il ne faisait aucun doute que sa demande était vitale. Pendant que Laurence retenait Birkiel, il incanta un sort de feu  qui toucha le bras de la créature qui prit feu immédiatement.
Immédiatement, le bouffon macabre stoppa tout mouvement et lâcha un grand soupir.

-C'est échec et mat pour moi cette fois.
Il tourna ensuite sa tête vers l'Est.
... Magnifique.
-Qui y a t-il de si beau? Râla West en se relevant, frottant son cou endolori.
-Les hurlements. Vous ne les entendez pas?
Deux bêtes se battent au loin, avec toute la fureur du monde dans leur mains et dans leur gorges... Ils hurlent comme des monstres.
Quelque chose... M'appelle là bas. Dommage que je ne puisse y aller.

-De quoi parle tu? Demanda Laurence, pointant toujours son épée vers son adversaire qui était presque entièrement recouvert par les flammes.
-Un combat énorme entre deux monstres de rage va commencer, vous n'entendez rien?... On dirait que je suis le seul.  
Le bras droit de Birkiel tomba au sol, le reste de son corps allait bientôt faire de même, et pourtant il continuait de rire.
Le véritable jeu commence! Je sent l'enfer approcher... Reste à savoir qui seront les joueurs et qui seront les pions.
Riant comme un demeuré, Birkiel se réduisit petit à petit à l'état de cendre et son masque de fer tomba sur le sol, semblant encore rire alors que la voix du pantin de bois s'était éteinte, comme les flammes qui le consumaient.


Dernière édition par DALOKA le Mer 29 Avr - 20:22, édité 1 fois
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Re: Ordre, Vide et Chaos

Message par DALOKA le Sam 1 Mar - 21:32

Chapitre XVIII


Deux hurlements déchiraient la petite bourgade, ces deux cris étaient ceux de véritables monstres, c'est ce que pensèrent les habitants. La plupart étaient restés chez eux en attendant que la milice vienne régler ce problème, priant pour que rien de grave ne se produise, d'autres étaient partis voir l'origine des cris de plus près et revenaient effrayés, désirant parfois même fuir la ville, sentant la catastrophe approcher.
Bien sur, la garde s'était déplacée pour voir l'origine de tout ce désordre, et ne cru pas ce qu'elle vit, n'osant pas s'approcher.
Deux hommes, l'un gigantesque et vêtu d'une cape grotesque, l'autre entièrement recouvert d'une armure noire et tenant dans ses mains une grande hache. Il étaient face à face, en position offensive, mais n'attaquaient pas. Ils se contentaient d'hurler comme pour s'intimider, tout deux entourés d'une aura magique qui semblait les enflammer. Le géant avait une aura rouge, le guerrier en armure une aura noire légèrement empourprée.
La petite troupe de garde restait là, à regarder, ne sachant que faire. Le capitaine ne savait pas du tout quel ordre donner dans cette situation: ils ne pouvaient rien faire contre... Ca. Ce n'était que des hommes, alors pourquoi devaient ils gérer ce chaos? Ils devaient appeler des spécialistes, voire contacter la capitale mais voilà, leur ville était perdu dans la campagne Haynailienne, jamais personne ne viendra avant que la catastrophe éclate. Car il était évident qu'à un moment ou l'autre, les deux monstres se lasseraient et commenceraient à frapper... Personne ne pouvait savoir ce qui se produirait dès que cela commencerait.
Le capitaine tira la pointe de sa moustache, vieux tic significatif de son stress, transpirant sous son casque. Il devait prendre une décision et vite... Il se tourna vers les soldats apeurés qui fixaient le spectacle, il ne pouvait pas se permettre de réagir comme eux, lui qui les commandait.

-Je veux qu'on me trouve un mage, même si il n'y en a pas dans cette ville, pour qu'il nous dise que sont ces hommes. Commença à ordonner le capitaine en tentant de paraître impassible, désignant un des hommes pour cette tâche. Ensuite, toi, prend un cheval et va avertir le comte de la région.
Pour ceux qui restent... Nous devons au plus vite éloigner les habitants de ces choses. Evacuez les alentours, exécution.
Il ne put s'empêcher de se vanter intérieurement de son professionnalisme dans une situation de crise, mais il sera félicité une fois les habitants sauvés.
Ainsi la troupe se dispersa, accomplissant ses tâches le plus vite qu'elle put.
Les rugissement continus ne se stoppèrent pas, les deux hommes semblaient être incapable de perdre leur souffle et leur énergie, l'ambiance dans la bourgade devenait de plus en plus pesante. Les soldats se contentaient de faire ce qu'ils pouvaient, personne ne pensait à jouer les braves et à charger vers la tempête noire et rouge, leur instinct leur hurlait que c'était du suicide.


Dreke et Jones étaient à présent face à face pour un premier et ultime duel, ils n'étaient tout deux plus capable de raisonner, en proie à une rage indomptable qui débordait de leur corps et leur brûlait les entrailles. Le mercenaire se sentait revivre malgré toute cette colère... Oui, car il se sentait lui même, et il n'y avait rien de plus agréable. Adieu les règles, adieu le sang froid, une seule chose importait: déchiqueter le géant qui se dressait devant lui, lui faire mordre la poussière, le réduire en morceaux, l'anéantir, l'écraser, massacrer, tuer. Toute cette rage de vaincre qui coulait en lui était si puissante...
Silence, les deux monstres s'arrêtèrent d'hurler, mais la pression ne retomba pas pour autant, elle ne faisait qu'augmenter.
Dreke posa sa deuxième main sur la lourde hache qu'il pouvait, grâce à sa force nouvelle, aisément manier, Jones comprit là le signe que son adversaire allait lui porter un premier coup et tenta de se montrer plus rapide en attaquant de son bras gauche.
Sitôt que le gantelet et la lame de la hache se heurtèrent, une onde de choc secoua les environs, heureusement évacués de la plupart de leurs habitants. Les deux hommes voyant que leurs attaques respectives n'avaient pas touché leur cible, retirèrent leurs armes et se frappèrent à nouveau. Ils se frappèrent de coup successifs sans se toucher, chaque parade provoquait un choc qui ferait trembler tout mortel sur cette terre, et ce combat était l'annonciateur d'un drame encore plus grand.
Le poing de Jones toucha Dreke en plein torse dès que sa garde fut ouverte, l'envoyant voler contre un mur qu'il traversa. Le chevalier noir, protégé par son armure, s'en releva indemne mais la partie couvrant son torse fut abîmée par le coup, fracturée par endroit... Cette armure qui n'avait jamais été usée peu importe les coups montrait ses limites. Surgissant hache en main des décombres de la maison désertée, il fit un saut et abattit sa hache de haut bas vers Jones, mais ce dernier bloqua le coup en attrapant la hache de sa main gauche. Il balança Dreke et sa hache dans un autre bâtiment de la ville à présent fantôme, et chargea pour l'attaquer encore. Le chevalier noir se releva à temps pour bloquer le coup de Jones et les deux guerriers fous se bâtirent dans la maison avant que le géant n'en éjecte Dreke qui malgré son armure et sa force, était acculé par son surpuissant adversaire.
Il se rattrapa au sol, ses pieds glissant sur les pavés à cause de la puissance avec laquelle il avait été projeté, il planta sa main droite dans le sol pour stopper son recul. Mais pas le temps de souffler, le géant revenait à la charge.
Vandeir Dreke répondit en chargeant également, la stratégie et la technique lui étaient inconnus depuis toujours: il se bâtait à l'instinct. Il donna un coup de hache qui toucha l'épaule droite de Jones, mais celui profita de cette attaque pour saisir de sa main la tête du chevalier et courra pour la fracasser contre le mur d'un grand bâtiment: le clocher. Mais le géant ne s'arrêta pas là: il traîna la tête encore enfoncée dans la pierre sur toute la longueur de la façade du bâtiment, laissant derrière lui une grande fissure laissée par le crane de Dreke. Il reproduit la même chose pour un autre côté du bâtiment, au bout d'un moment, le clocher s'effondra sur lui même, broyant les maisons en dessous de lui.
Malgré la catastrophe, les combattants ne s'arrêtèrent pas. Dreke avait été efficacement protégé par son casque, bien que sonné, et put se relever. Le duel reprit avec la même violence qu'auparavant.


Pendant ce temps, en haut du palais impérial, la nuit était tombée et Téko était toujours à terre alors qu'Albert préparait l'Exaccus, qui luisait de plus en plus. Le comte profitait du fait qu'Albert ait le dos de tourné pour se soigner à l'aide d'un sort: un peu plus de temps et il serait capable de marcher...
Il cessa toute activité quand l'homme aux cheveux gris se retourna, toujours souriant. Il descendit les marches de l'Exaccus en chantonnant et faisant tournoyer sa canne, se dirigeant vers Téko.

-Veuillez m'excuser de vous avoir faussé compagnie, Sieur Dyra. Fit Albert en tirant la lame de sa canne épée. De suite une fois près de Téko, il lui trancha les tendons du pied d'un coup, la victime du serrer les dents pour endurer cette douleur supplémentaire.
Cette fois il allait être compliqué de s'en sortir.
Restez confortablement allongé je vous prie, mettez vous à votre aise pour la pièce de ce soir. Dit le conseiller d'une voix mielleuse.
Il se trouve d'ailleurs que l'un de vos agents, ce très cher Jones Correl, est l'un des acteurs de notre triste histoire, raison de plus pour tout suivre attentivement.
Jones était lié à tout ça? Surement à cause de Tuzak... Les choses ne faisaient qu'empirer.
Je propose si vous le voulez bien, et vous le voulez, de commencer notre histoire par quelques paroles de notre dieu et souverain, Haynailia Ier...
Avant qu'Albert ne puisse prononcer un seul mot, il fut transpercé par des dizaines d'épées et de lances d'un blanc translucide, sortant de portails brillants d'une lumière blanche également. Tout son corps sauf sa tête, était traversé de part en part par ces armes.
Un bruit métallique se fit alors entendre: les applaudissements de Jigen. Il montait sur la plateforme de l'Exaccus, accompagné d'Arond possédant le corps de la jeune Vinnairse.

-Le vainqueur du duel était évident. Commenta Arond sans jeter un regard au comte et au conseiller.
-On dirait bien. Vos pronostics sont toujours exact maître Arond. Rit Jigen avant de s'approcher d'Albert.
Désolé pour ça, je ne voulais absolument pas entendre tes discours fanatiques répugnants. Railla le mage. L'homme aux cheveux gris souriait toujours et n'était pas mort.
Le corps de Ranyard est vraiment increvable. S'étonna t-il. Tu peux encore parler, j'imagine?
Albert répondit par un petit rire avant de recommencer à élever la voix, toujours fou de son empereur, hurlant de son air illuminé.
-Stupides rats! Vous n'êtes rien comparé à mon dieu! Dès qu'il descendra vous serez réduits à l'état de poussières. Vos secrets, vos connaissances... Sont insignifiantes!
GLOIRE A HAYNAILIA!

Une lance de Jigen lui transperça alors le dessous du menton pour ressortir par le haut du crâne, l'achevant cette fois bel et bien.
-Nous verrons cela. Cracha le mage aux bras de métal avant de désinvoquer toute ses lances, faisant tomber le cadavre déchiqueté du conseiller à terre. Arond était à présent au pied de l'Exaccus, l'examinant de sa main et de son regard.
-Notre associé a fait un très bon travail. Constata l'archimage.
Jigen s'approcha de Téko à terre, en le narguant un sourire narquois aux lèvres.
-Je ne pourrais pas en dire autant du comte. Dit il en donnant un coup de pied dans le visage de l'homme à terre. Quelque chose à dire mon vieux?
-Je suppose qu'il sera inutile de vous demander d'arrêter... Fit Téko en se frottant son visage endolorit. Mais qu'est ce qui vous fait croire que vous avez la situation sous contrôle?
-Nous avons créé un sort capable d'immobiliser le Zigarne et de le transformer en énergie pure, expliqua Arond en continuant son travail. Il est impossible pour un humain de le lancer avec succès sur un tel être, mais si nous utilisons une deuxième fois l'Exaccus, nous pourrons réussir. Je tiens à ce que vous restiez en vie pour observer notre succès, en tant que collègue mage.
-Le temps de venir jusqu'au palais, la créature sera assez grande pour nous donner toute la puissance nécessaire. Ajouta Jigen en tournant dos à Téko et en levant la main droite, un portail blanc s'allongeant à l'horizontale apparut alors.  
-Tout comme nous, vous ne savez rien de cette créature, prévint Téko. Tout grand esprit que vous êtes, vous faites en ce moment même une grave erreur, méfiez vous.
Arond ne fit que jeter un regard indifférent au comte avant de reprendre son activité. Dans le portail de Jigen, des images commençaient à s'afficher.
A travers le portail, on pouvait voir le combat de Jones et Dreke. Téko ne fut guère surpris de voir cette situation, et tout lui semblait bien clair. L'homme en armure était l'humain qui allait devenir le Zigarne, et il avait besoin de Tuzak pour atteindre cette forme, d'ou leur combat.

-Nous sommes aux premières loges pour assister au combat pour le "coeur", annonça Jigen, sauf que nous ne risquons pour l'instant pas d'être victime de quelques... Dommage collatéraux.
En effet, les bâtiments de la petite bourgade se brisaient bien facilement à chaque contact brutal entre les deux opposants, le lieu se faisait lentement dévaster par le combat.
Notre création était très bien réalisée mais incomplète, nous avions besoin d'un autre élément pour que tout soit parfait. Tuzak était tout indiqué, sa structure est semblable au coeur du Zigarne qui une fois cristallisé, était nommé La pierre sanguine.
Le comte Dyra ne pouvait, dans son état, que compter sur son acolyte pour réussir à vaincre. Il se doutait bien que les deux mages ne lui laisseraient pas l'occasion de se relever, mais puisqu'ils ne le tuaient pas...

Le combat entre les deux monstres ne s'arrêtait pas, ils semblaient tout deux totalement inépuisables, bien que le corps de Jones était marqué de blessures et l'armure de Dreke fracturée de part en part.
Le géant réussit à planter ses griffes dans le bras gauche de Dreke, passant outre l'armure abîmée. Ignorant cette douleur, le guerrier noir prit sa hache de sa main droite seulement, se dégagea de Jones et revint à la charge. Leurs blessures guérissaient pour la plupart assez vite pour qu'ils puissent se battre sans interruption.
Alors que Dreke donnait un coup de sa hache, le géant l'attrapa de sa main mais cette fois, concentra toute sa force dans son bras gauche... Et planta ses griffes dans la lame, empêchant son adversaire de la retirer.
Serrant de plus en plus l'arme, la partie supérieure de la hache noire Ira finit par se briser. Il donna alors un coup de pied dans l'homme en armure qui le projeta en arrière et le fit chuter sur le dos, immédiatement Jones sauta pour lui administrer un coup de pied dans le ventre, qui fit éclater le sol sur lequel il était couché. Il répéta l'action deux fois de plus, mais au bout de la troisième Dreke attrapa le pied de ses deux mains et le souleva, faisant chuter à son tour son adversaire sur le dos.
Il tenta donc d'attaquer Jones au sol mais ce dernier le repoussa d'un violent coup de gantelet avant se relever. Jones était plus fort physiquement, et sans arme Dreke était fortement désavantagé, d'autant que plus que la protection de l'armure Thanatos était de moins en moins efficace.
Le mercenaire observa ses mains... Les bouts des doigts de ses gantelets étaient pointus, pas autant que les griffes de Jones mais cela lui servirait d'arme.
A nouveau face à face, les deux monstres chargèrent en hurlant, Jones visa la tête de Dreke et ce dernier visa le torse du géant. Le chevalier noir évita le coup qui brisa seulement une partie de son casque, et planta sa main droite dans le torse de Jones. Dreke l'enfonça plus encore, jusqu'à ce qu'ils puisse sentir battre dans ses mains le coeur de Jones Correl... Avant de l'arracher d'un seul coup.
Le cadavre du gardien qui avait faillit à sa mission s'écroula sur le sol alors que le vainqueur jetait l'organe au loin, comme un déchet inutile.
Tuzak brillait toujours sur le bras de Jones, alors le à présent seul et unique monstre arracha l'orbe écarlate du gantelet comme il avait arraché le coeur de sa victime.
Il resta plusieurs minutes, silencieux, à observer cette orbe rouge dans sa main droite. Plus chaude que n'importe quelle braise, elle semblait en feu, vivante, et en rage.
D'un seul coup, Dreke transperca son plastron noir pour enfoncer dans son torse Tuzak. C'était fait, le Zigarne avait regagné son coeur.
L'armure noire récupéra sa forme d'autant, se regenérant petit à petit pour recouvrir le corps de son porteur, semblant plus solide encore qu'avant. Ce n'était plus son armure, c'était une véritable carapace qui faisait partie de lui à présent. L'aura qui l'entourait rougissait et devenait plus imposante, plus ardente encore.
La puissance de Tuzak coulait à présent en lui. Il se sentait brûler de l'intérieur comme jamais, c'était comme si à l'intérieur de sa carapace son corps se consumaient.
Il avait envie d'hurler plus fort qu'il ne le pouvait, il était avide de force, de combats et de violence... Oui, il n'avait jamais autant "lui même". Il se sentait renaître à présent... Vandeir Dreke? C'était périmé, Dreke suffisait largement pour le définir, il n'avait plus besoin d'un nom ou d'un titre.
C'était ça la sensation qu'il avait recherchée toute sa vie, la vrai fête commençait.
Il allait commencer par... Gahartelle, quelque chose lui donnait la migraine là bas, lui envoyait des signals... Qui avait l'arrogance de l'appeler comme un chien?
Bien sur qu'il allait venir, et il allait réduire à néant tout sur son passage, pour finir par eux.

Dreke le monstre se tourna vers la capitale haynailienne, prêt à en découdre...
Ce n'était que le début du plus beau massacre de cette terre.


Dernière édition par DALOKA le Mer 29 Avr - 20:26, édité 1 fois
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Re: Ordre, Vide et Chaos

Message par DALOKA le Sam 8 Mar - 20:58

Chapitre XIX

Le pire s'affichait sur le portail de Jigen: Jones avait été vaincu et Dreke avait Tuzak sien. Alors que Téko, incapable de se mouvoir, tentait désespérément de réfléchir à une solution, Jigen croisa les bras et afficha un sourire satisfait. Jusque là, tout se déroulait comme il l'avait prévu, bientôt ces arrogants impériaux qui se pensaient avancés dans les sciences magiques verront à quel point ils étaient loin de la réalité.
Arond Vinnairse lui, ne manquait pas d'étudier le comportement de la création de son élève, cette créature était une source d'énergie bien plus viable qu'une Sarth ou que tout ce qui avait put être précédemment créé.

-Ce n'est que le début, fit fièrement Jigen en se retournant vers Téko. Il n'est pas encore vraiment devenu Zigarne, mais cela ne devrait tarder.
-Si tout mes calculs s'accordent, nous auront bien plus d'énergie qu'ils nous en faut pour briser le sceau, ajouta Arond. Faire disparaître un sort d'une telle puissance revient à briser quelque chose qui ne pourrait normalement pas l'être.
-Nous avons tout le temps de nous préparer pour accueillir la bête, dit son disciple. Je me suis arrangé pour que personne ne puisse venir sur le toit pour intervenir.
-Bien, commençons à placer les premières runes du rituel.

Dreke se mit en mouvement, il se mit à courir avec toute la force de ses jambes vers Gahartelle. Dorénavant tout être qui se présentait à ses yeux était un ennemi, pire, une pierre sur son chemin, qu'il se devait de balayer. Toutes les choses qui emprisonnaient les hommes, le devoir, l'honneur, la vertu... Ne signifiaient rien pour lui.
Il était enfin libre, libre d'hurler toute sa rage quand il le désirait.
Il courait sans faire attention à tout ce qu'il pouvait y avoir autour de lui, mais ça n'allait pas assez vite. Il y avait un autre moyen d'aller à Gahartelle.
Le monstre en carapace noire s'arrêta, provoquant la curiosité d'Arond Vinnairse. Dreke se concentra... Il avait à présent de grandes capacités à essayer, autant commencer de suite.
Son aura rougeâtre se concentra dans son dos et commença à former une structure presque organique. Au final, le chevalier noir se vit doter de deux ailes de chauve souris fixées à ses omoplates.
Il se remit à courir puis battit des ailes plusieurs fois, avant de s'envoler. Il allait bien plus vite qu'à pied et sa vitesse ne faisait qu'augmenter, encore et encore.

Sur le toit du palais, Jigen prit un air surpris alors qu'il préparait le rituel, et son visage se marqua d'une expression de panique. Constatant ceci, Arond fixa le mage aux cheveux d'argent.
-Cette transformation était elle prévue? Demanda l'archimage.
-Non! Enfin, peut-être... Répondit Jigen, semblant ne plus maîtriser la situation d'un seul coup. Il va bien trop vite, jamais nous ne seront prêts à temps! Il faudrait stopper son avancée un moment.
-Si ce n'est que cela alors j'y vais. Cela me permettra de l'observer de plus près.
L'archimage disparu dans un éclat violet, signifiant qu'il se téléportait vers Dreke. Jigen se détendit alors et laissa échapper l'esquisse d'un sourire.

Dreke appréciait l'usage de son nouveau pouvoir, il sentait sa puissance grandir à chaque seconde et avait l'impression d'être inarrêtable. Cependant il vit une lumière violette et se mit à chuter, il constata ensuite que son aile gauche avait été détruite avant de s'écraser sur le sol. Bien entendu, une chute mortelle de ce genre ne l'affectait que peu et il se releva avant de lever les yeux vers l'origine de l'attaque: une jeune femme aux cheveux blancs, vêtue de noire et dotée de deux ailes violettes éthérée dans le dos. Pour qui se prenait elle? Gâcher ainsi son plaisir...
De son côté, Arond étudiait chaque réaction de la créature et descendit lentement jusqu'à poser pied au sol. Il doutait du résultat de cette expérience mais il allait vérifier si le monstre était capable de communication. Certes, il était très dangereux, mais l'archimage comptait sur sa téléportation pour le maintenir en sécurité si il se révélait agressif.

-Mon nom est Arond Vinnairse. Se présenta t-il.
Dreke comprenait parfaitement ce qu'il disait, mais n'en avait absolument rien à faire. Le chevalier noir fonça vers le mage, qui tenta alors de se téléporter, mais étrangement rien ne se produisit. Arond se prit alors un coup de poing de Dreke dans le ventre, qui l'envoya au loin en lui faisant cracher une gerbe de sang, son corps actuel était bien moins solide que le précédent, mais là n'était pas le vrai problème.
Pourquoi sa téléportation n'avait pas fonctionné? Tout était en ordre, il avait assez de mana dans son corps pour encore un moment, jamais ce genre de trouble ne lui arrivait, alors pourquoi? Quelque chose l'avait interrompu, cela venait il du Zigarne?
C'était très peu probable que cette créature destructrice soit capable de faire une telle chose sans qu'il s'en rende compte... Mais il ne voyait rien d'autre.
Il se releva, l'homme en carapace noire chargeait de nouveau en hurlant, alors Arond invoqua sa lance violette pour se défendre en attaquant. Dreke saisit la pointe de la lance éthérée de sa main droite, impossible pour le corps d'Alexia de retirer l'arme de l'emprise du monstre. D'un seul geste, il brisa la lance.
C'était évident, le mage noir ne pouvait s'en sortir par la force. Dreke donna un autre coup de poing qui mit son adversaire à terre, cette fois Arond avait prit le soin de solidifier son corps à l'aide d'un autre sort, mais une de ses côtes fut tout de même brisée, cela ne suffirait pas et sa téléportation était encore inutilisable.
Il avait vérifié plusieurs fois son état et il finit par remarquer que quelque chose n'allait pas avec son corps... Un élément étranger semblait influer. Tout en poursuivant son analyse grâce à son esprit amplifié, il tenta de faire reculer Dreke à l'aide des tentacules d'Afrazael, ce qui fut peu efficace, la magie de la Sarth ricochait sur son armure et les liens qui l'attachaient se déchiraient avec facilité.
Sans qu'Arond ne puisse rien faire, Dreke le saisit par le cou et le souleva en le fixant de ses yeux qui étaient devenus rouges et vides de tout autre chose que de la colère. L'armure était affreusement brûlante, comme du fer rougit par la chaleur, et les doigts ardents ne tardèrent par à marquer la chair. Le monstre se mit à étrangler Arond, qui résistait du mieux qu'il pouvait mais n'était plus en position de faire quoique ce soit.
Son analyse avait néanmoins donné ses résultats, quelque chose de minuscule était dans son corps et bloquait son pouvoir de transport spatial.
Un rire se mit alors à résonner dans sa tête, suivit d'applaudissements métalliques. Le visage de Jigen apparut dans son esprit, riant aux éclats sur le toit de l'Exaccus.
-Alors qu'en pensez vous maître? Dit il avec arrogance. J'ai greffé dans le corps de la jeune Vinnairse cette minuscule gemme et grâce à elle... Pouf, quand je le veux, je peux vous empêcher d'utiliser votre téléportation.
-Quand as tu placé cet objet? Comment as tu fait en sorte que je ne le remarque?
-Oh c'est une bonne question... Vous voulez vraiment savoir n'est ce pas? Dommage, je ne le dirais pas!
Rit l'homme aux bras de métal.
-Pourquoi cette trahison? Nous avions pourtant les même objectifs.
-Faux! Clama Jigen. Vous n'êtes qu'une entité sans intérêt. J'accumule le savoir pour atteindre un but, et j'ai atteint ce but!
-Cette créature belliqueuse est ton objectif?...
-Je connais la véritable nature du Zigarne, et vous? Non, vous ne le SAVEZ pas!
Il rit de plus belle pour se moquer d'un Arond stupéfait. Jigen savait qu'une seule chose pouvait énerver Arond: ne pas savoir.
Vous semblez surpris? Votre intellect infini est un atout, mais à part en lisant dans ses pensées vous ne pouvez pas savoir si un homme va vous trahir ou non. Il faut le dire, vous n'avez jamais été très compétent en relations.
Arond n'oubliait pas non plus sa situation actuelle et avait préparé un sort très destructeur qu'il allait lancer à bout portant sur Dreke, ce qu'il fit.
Mais l'énorme explosion violette ne tua pas le chevalier noir, et ne le fit pas lâcher... Malgré tout, un liquide rouge coulait de chaque orifice de son armure et il ne bougeait plus, cependant l'emprise de sa main restait toujours aussi solide.

Joli coup! Félicita Jigen dans un applaudissement. Mais je crois que la bête est plus tenace que vos calculs vous l'ont dit.
Tout d'un coup, Dreke saisit le pied de son opposant d'une main et et l'épaule de l'autre avant de le soulever au dessus et de brutalement briser la colonne du corps d'Alexia sur son genoux.
-Je n'aimerais pas être à votre place! S'exclama Jigen. Et il se trouve que, par un heureux hasard, je n'y suis pas!
Arond tomba sur le sol, incapable de mouvoir ses jambes et maintenant à la merci de Dreke, qui partit quelques mètres plus loin vers un endroit ou étaient disposés plusieurs rochers. Le guerrier sélectionna le plus gros, assez gros pour écraser entièrement le corps de la jeune Vinnairse, et l'attrapa de ses mains, mettant tout sa force pour soulever la grande pierre au dessus de lui et se diriger vers Arond.
Il est bientôt temps de nous dire au revoir maître. Ne me voulez pas pour vous avoir utilisé comme un pion, vous savez que c'est une vilaine manie chez moi.
Ah oui, j'ai faillit oublier! Merci pour le codex.
Arond ignora ces railleries et tâcha de se focaliser sur l'essentiel: il devait trouver un moyen de survivre. Maintenant que Dreke l'avait pour cible il ne le lâcherait plus avant qu'il soit certain de sa mort, et il se rapprochait dangereusement avec l'énorme rocher qui allait s'abattre sur le corps d'Alexia. S'envoler était inutile, il ferait de même et le rattraperais facilement, et par dessus le marché il avait dépensé de grandes quantités de mana afin de solidifier son corps pour résister à l'étranglement de son assaillant, ceci ajouté à son sort de destruction... Une solution, vite, une solution.
Dreke était arrivé jusqu'à la salope aux cheveux blanc qui l'avait dérangée. Cette vermine était si faible et pourtant l'avait atrocement blessé, tout son corps lui faisait mal et porter ce rocher ne faisait qu'empêcher ses blessures de se refermer, mais il était bien trop enragé pour y faire attention.
Il rugit et laissa tomber son lourd poids sur sa victime, le bruits des os qui se brisent parvint alors à son oreille. La pierre couvrait entièrement sa cible, le corps n'était plus visible mais le sang coulait sur le sol.
Dreke souleva la pierre pour vérifier qu'il avait bien réussit, on ne savait jamais avec ces saloperies de mages. Il ne vit qu'une bouillie informe d'os, de chair et de sang, qui ne ressemble à rien de nommable dans ce monde.
Satisfait, le monstre noir laissa retomber la pierre sur ce qu'il reste du mort et se redirige vers Gahartelle, il ne volera plus pour l'instant, il était fatigué.


Téko n'en croyait pas ses yeux, Arond Vinnairse s'était fait avoir, Jigen avait tué ses deux allié et semblait se présenter en tant que grand gagnant. Néanmoins le comte observa qu'il avait perdu son sourire et effectua une grimace signifiant un grand agacement.
Jigen rumina intérieurement. Le corps d'Alexia n'était pas modifié, si Arond mourrait dedans il mourrait à jamais... Mais il l'artefact qu'il avait placé à l'intérieur de la jeune femme lui indiquait qu'elle était toujours en vie, ce que le Zigarne avait tué n'était pas Alexia.
Il avait échoué et ce vieux débris était encore vivant. De toute manière, le codex était en sa possession et Arond était pour l'instant neutralisé, il avait tout le temps de s'en occuper.
Le mage aux bras de métal se retourna et s'avança vers Téko, toujours dans l'incapacité de se mouvoir et devant rester en tant que simple spectateur. Jigen claqua les doigts de sa main droite et des portails apparurent, des armes étant prête à en jaillir. De toute évidence il était de mauvaise humeur, en vérité il avait envie de passer ses nerfs sur quelqu'un.

-A présent que les deux haynailiens qui voulaient que tu assiste à MON spectacle ne sont plus là, je ne vois pas pourquoi tu resterais en vie. Dit il d'un ton sec.
-Attend, fit le comte en se relevant sur ses genoux. Me tuer ne t'apporteras rien, j'ai quelque chose à te proposer qui sera bénéfique pour nous deux.
-Quoi donc? S'énerva le mage, perdant sa patience et son calme.
-Il faudrait m'écouter, et ranger tes armes.
Jigen fit ce qu'il demanda, de toute manière il ne craignait nullement Téko dans cette situation.
-Je t'écoute.
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Re: Ordre, Vide et Chaos

Message par DALOKA le Sam 22 Mar - 23:15

Chapitre XX

Ralph était prêt. Le Sum Nimium lui avait dit qu'il n'aurait besoin que son nodachi, lui ajouter tout autre arme serait inutile et le temps pressait, la transformation de Vandeir Dreke était en cours. Il allait être transporté à l'aide du même type de porte qui l'avait mené dans ce lieu.
Sans perdre plus de temps, le légendaire forgeron ouvrit le portail à l'aide d'un autre parchemin et tourna la tête vers Ralph.

-Je continuerais à te guider. Grâce à l'arme de ma confection que tu porte je serais capable de te communiquer des instructions par la pensée. Dit il avant de se décaler du portail en face de lui pour laisser le chemin à Ralph. La confrontation sera brutale, tiens toi prêt et ai confiance.
Bien ces derniers mots redonnaient confiance à Ralph, il n'était pas naif, il se doutait qu'on l'envoyait probablement mourir, mais de son point de vue il était déjà mort depuis longtemps.
Il s'enfonça dans la lumière dorée, la détermination dans le regard et... D'un coup il ne sentit plus le sol sous ses pieds, en fait il chutait. Mais ce n'était pas un rêve, le portail l'avait vraiment téléporté dans le ciel!
En chute libre, il ne put s'empêcher d'hurler, et la voix du Sum Nimium vint à son esprit.
"Ah, c'est un problème ça... Soupira t-il."

-Qu'est ce qui se passe bon sang!
"Tu as des bases en magie? Prononce le mot Nuncadunt et ça devrait te sauver."
Ralph l'hurla, mais rien ne se produit.
"Mal prononcé, répète le doucement."
Il répéta l'action et cette fois il fut entourée d'une aura dorée.
"Cela te protégera du choc de la chute."

-Pourquoi ai-je été téléporté ici?
"Parchemin expérimental, il est censé créé un portail à la position du Zigarne peu importe son emplacement. Il t'as juste placé à la mauvaise hauteur."
Ralph n'en croyait pas ses oreilles... "Expérimental", il testait ses créations sur lui? Encore heureux qu'il avait prévu quelque chose au cas ou... Si c'était prévu.
A terre, Dreke continuait sa progression. Ses blessures l'avaient forcé à marcher, mais grâce à ses pouvoirs son corps était de nouveau en parfait état. Il se pensait invincible à présent, peut-être qu'il l'était vraiment d'ailleurs, mais il sentait qu'il pouvait faire encore plus, ce n'était qu'un début. Il passait dans un village et avait éliminé les gardes et toutes les personnes qui n'avaient pas fuit, il était déjà désert.
Alors qu'il avançait une lumière brilla derrière lui, il se retourna donc pour voir ce qu'il en était et fut surpris de voir qu'un homme était apparu une dizaine de mètre dans son dos. Il connaissait cet homme nommé Ralph Friedsang, et reconnaissait surtout l'arme qu'il possédait: c'était sa possession depuis qu'il l'avait prise à son clan, que faisait elle ici?
Plus intriguant, l'épée luisait d'une aura blanche... Il ne se souvenait pas que Ralph ou cette épée pouvaient faire cela.
Ralph était arrivé à terre sans encombre, aussi simplement que si il avait sauté d'un simple mètre, et à peine avait-il posé sur terre qu'il se retrouvait déjà face à face avec un homme en armure noire qui était sans doute Vandeir Dreke. Son nodachi brillait à présent d'une lumière blanche qui l'entourait, une force inconnue coulait à présent en lui... C'était le pouvoir du Zigarne, mais cette énergie semblait bien plus calme que l'aura entourant celui qu'il devait tuer. Les mains moites, il tira la lame de son fourreau et l'empoigna fermement de ses deux mains. Malheureusement, il était inutile de dialoguer et l'haynailien en était conscient, il fallait directement en venir aux armes.
"Il n'est pas encore transformé, mais il est déjà perdu." Fit le Sum Nimium "Tu n'as pas beaucoup de temps à ta disposition, tue le rapidement."
Le Friedsang se mit en position de combat et fixa sa cible, ce n'était pas si différent de ce qu'il faisait avant au final. Il était envoyé pour tuer une créature inhumaine qui menaçait les hommes, seul la gravité de l'enjeu avait grandement changée, mais pourtant... Il ne put s'empêcher de se sentir mal à l'aise devant le regard rouge et vide de Dreke, il n'en avait vu jamais de pareil chez aucune autre créature maléfique.
Le chevalier noir fonça sans prévenir, ses doigts crochus et ardents prêts à arracher la gorge de Ralph vif, ce dernier su se décaler à temps pour éviter cette attaque prévisible et contre attaquer avec un coup de haut en bas vers le crâne de Dreke, mais ce dernier fut très réactif. Le monstre bloqua la lame étincelante entre ses deux paumes, bien que l'énergie de l'arme fit craqueler sa carapace, il donna un violent coup de genoux dans le ventre de Ralph mais fut forcé de lâcher l'arme à cause de l'aura qui le brûlait.
"Même avec l'épée il reste au dessus de toi en termes de capacités physique, reste sur tes gardes." conseilla le forgeron.
Ralph reçut bien le message, mais il ne savait pas du tout comment manier correctement cette grande lame, tant pis, il lui fallait improviser. Il tenta un coup latéral mais sa cible se baissa, il recula alors, craignant une contre attaque. Les mouvements qu'il effectuait avec le nodachi étaient trop lents et prévisibles, même armé il était en désavantage. Ralph tenta de transpercer Dreke et réussit à le toucher à l'épaule, mais ce dernier répliqua en enfonçant son poing dans la face de Ralph, l'obligeant à reculer encore une fois et dégager son épée.
"Même si tu touche ses membres, il pourra encore se transformer. Toucher le coeur est le seul moyen sur."
"Plus facile à dire qu'à faire." Pensa Ralph en tentant de contenir les assauts de Dreke, enchaînant coups de griffes, poings et pieds sans s'arrêter, attaquant comme une véritable bête sauvage. De temps à autre il parvenait à le blesser, sans toutefois atteindre son coeur, mais il restait surpassé car les nouveaux pouvoirs de la créature lui permettaient de guérir très rapidement.
"Je dois te laisser à présent Ralph, tu sais tout ce qu'il y a savoir." Acheva son guide.
Et voilà que celui qui l'avait embarqué là dedans l'abandonnais... Il ne pouvait compter que sur luii même.

Sur le toit de l'Exaccus, Jigen était particulièrement agacé par cette intervention inattendue, néanmoins il se doutait bien qui avait envoyé cet homme. Pour l'instant, sa création était bien partie pour survivre le temps qu'il faudrait jusqu'à sa métamorphose. Malgré les imprévus, le mage était toujours presque certain de réussir.
Un portail doré s'ouvrit alors quelques pas vers sa droite. Il ne connaissait qu'une seule personne utilisant ce sort, et ne fut guère surpris de voir en sortir le Sum Nimium, cependant il eu une expression de dégoût dès qu'il vit qu'il était suivit de Refinia.
-Même avec cette tenue de bouffon et ce masque je te reconnais! S'exclama Jigen. Je suppose que je devrais t'appeler Sum Nimium?
-Je t'en prie.
Approuva le forgeron.
-C'est une joie de te revoir après tant d'années.
-Et moi de même.

Les deux se parlaient comme de véritables vieux amis, et Téko commençait à peine à saisir ce qu'il se passait.
En revanche, ta présence me répugne, cadavre, cracha Jigen en jetant un regard noir à Refinia. Les morts devraient rester dans leurs tombes!
-Je n'ai que faire de tes beuglements,
répliqua la vampire, méprisante. Je suis venue ici pour admirer ta défaite, pas entendre tes mots répugnants ou tes affreuses applauses.
-Allons Jigen, c'est mon invitée, fais comme si elle n'était pas là. Dit le Sum Nimium pour calmer le jeu.
-Et quelle est cette petite chose blessée? Fit la vampire en observant Téko, avant de prendre une expression de colère. Le dernier Dyra?
Le comte ne connaissait bien sur pas cette dame, mais à son expression elle avait sans doute une grande rancoeur à son égard. Même si il lui semblait avoir déjà vu un tel visage, il était certain de l'avoir jamais rencontrée.
-Tout doux la mangeuse d'hémoglobine, Interrompit Jigen alors que Refinia s'avançait vers Téko. Moi et le comte avons un accord et je meurs déjà d'envie d'appliquer toutes les manières de tuer ceux de ton espèce sur toi... Contente toi d'observer.
Elle obéit à contrecoeur à Jigen, jetant un dernier regard sombre à Téko avant de se tourner plutôt vers le portail qui présentait le combat, que le Sum Nimium observait attentivement.
-Alors c'est ce qui porte ton arme secrète? Un autre cadavre? Rit Jigen.
-Cet homme n'est pas un simple vampire, j'ai confiance. Si il meurt, alors je me suis trompé et je retenterais l'expérience.
-Il n'y aura pas de deuxième essai, ma victoire sera totale.
-Nous verrons cela
. Dit le forgeron avec un air de défi.

Dreke donna à Ralph un violent coup de pied dans les côtes, vu qu'il faisait nuit lui aussi pouvait guérir de ses blessures, mais il restait moins résistant que son opposant. Le combat était serré et ne se terminerais pas tant qu'il ne l'aurait pas touché en plein coeur.
Mais alors qu'il avait été mis à distance de Dreke par le précédent coup, le chevalier noir se mit à hurler la tête vers le ciel et son aura rouge s'intensifia pour devenir plus forte que jamais, à un tel point que Ralph ne pouvait plus l'approcher. Une explosion écarlate finit par le repousser à une dizaine de mètre de Dreke, lui brisant quelques os de plus.
Dès que l'aura disparut, le chevalier noir était immobile et son aura s'était totalement éteinte. Il restait dans la même posture, et l'armure qui formait sa carapace avait fondue par endroit, puis s'était solidifiée. La créature ne montrait plus aucun signe de vie.
Ralph se mit à espérer un instant qu'il s'était tué lui même et que ce combat infernal était enfin fini, mais c'était impossible et il le savait bien. Néanmoins, peu importe ce qui se passait, c'était une occasion de le tuer maintenant.
Alors qu'il empoignait fermement l'arme de ses deux mains et s'avançait avec prudence de Dreke, il entendit brusquement un grand bruit sourd, comme si quelqu'un avait frappé dans un grand tambour de guerre. Il regarda autour de lui mais même si le bruit semblait proche, rien ne bougeait à part lui dans ce paysage dévasté.
Ce bruit retentit encore une fois, s'entendant même jusqu'à l'Exaccus, ou Jigen frissonnait de plaisir à l'idée d'avoir atteint son objectif.

-Ecoutez bien ça! Ca commence! S'exclama Jigen en se retournant vers les 3 spectateurs. Les battements de coeur du roi résonnent dans tout l'empire!
-J'entend tout ce grabuge, répondit Refinia. A présent il serait temps que vous deux m'expliquiez ce que vous cachez sur le Zigarne.
Jigen et le Sum Nimium y consentirent, le mage aux cheveux d'argent sourit avec fierté et commença.
-Comme vous vous en doutez, à moins que vous ne soyez aussi primitifs que je ne le pense, le Zigarne n'est pas juste une créature destructrice, autrement l'intérêt de produire tant d'efforts pour la créer aurait été bien moindre.
Le Zigarne n'est que la première étape d'une fabuleuse évolution humaine, ce n'est que la larve d'un sublime papillon.

-Venez en au fait. Dit Téko en se levant, lui aussi intéressé de la réponse des deux mages.
-Cette créature a été imaginée originellement par un ancien peuple avant même que l'homme pose le pied sur le continent d'Eclipse, reprit le Sum Nimium en marchant autour de l'Exaccus. La magie modifie un corps humain pour le transformer en une autre entité au bout d'une certaine durée de stase de plusieurs millénaires.
-La Sarth Tuzak et mes modifications ont permit d'aboutir à une transformation immédiate. Dit le mage aux cheveux d'argents.
-Le Zigarne n'est, comme Jigen l'a précisé, qu'un stade larvaire. Comme une chenille doit se nourrir de feuilles avant de former son cocon, il doit absorber de la matière pour son prochain stade d'évolution. Une fois ce stade atteint, il sera devenu... Comment l'expliquer simplement? Une entité à essence disposant du moyen d'éliminer une entité à essence supérieure ou une causalité macrocosmique, et d'en devenir une en absorbant l'énergie qui le constitue.
-Je ne comprend rien à ton charabia de mage, Nimium. S'agaça Refinia. Jigen rit de l'incompréhension de leur interlocutrice et lança avec mépris.
-Pour les primates comme vous, comprenez juste ceci: C'est une larve et son but est d'atteindre le stade ultime de l'existence et de devenir ce que vous appelez "dieux".

Troisième battement de coeur. Ralph suait à pleine gouttes, la température avait augmenté autour de Dreke, et pourtant un frisson lui parcourait le dos. Pas un des membres de son corps ne tremblait pas, il osait à peine avancer d'un pas de plus vers son supposé adversaire.
Quatrième battement. Le délai entre les deux était bien plus court cette fois, cela n'annonce rien de bon.
Cinquième battement. Il devait y aller et l'attaquer, maintenant... Non c'était trop dangereux.
Sixième battement. Peut-être devait il reculer? Juste se cacher et voir ce qui se passait... Mais ses jambes ne bougeaient pas, et les battements devinrent de plus en plus fréquent.
Septième, huitième, neuvième... Le rythme s'accéléra, de plus en plus vite, jusqu'à atteindre un battement par seconde. Ca ne s'arrêta pas et le bruit de tambour qui s'échappait de Dreke finit par atteindre un rythme très élevé.
Tout à coup, les battements ne s'entendent plus dans le pays, mais Ralph lui les entends encore et s'apprête à avancer pour en finir, la peur au ventre malgré tout.
Une fissure se forme sans prévenir sur le casque noir de Dreke et une lumière rouge en émane, une deuxième apparaît et elles se multiplient. Le casque éclate et un long cou sort de l'armure. Noir, tout enflammé d'une aura rouge, il est surmonté d'une tête monstrueuse et triangulaire de reptile mais au menton pointu et massif, ainsi que des dents trop longues pour loger dans sa gueule. Ses yeux sont vides de tout sauf de rouge, un véritable océan de sang fixe Ralph.
La moitié de l'armure se brise et un grand bras noir munit de longues griffes en sort, se pose sur le sol pour aider le reste du corps à sortir de son oeuf, trop étroit pour son énorme corps.
Un deuxième bras et des patte arrières griffues surgissent de la carapace et dans son dos, deux grandes ailes presque aussi grandes que son corps s'étendent.
Deux fois plus haute que Dreke , entièrement noire et enflammée d'une aura pourpre qui le recouvre comme une deuxième peau, une longue queue fouettant l'air derrière lui, la créature domine complètement Ralph. Elle s'appuie sur ses quatres pattes et allonge son cou vers un Ralph paralysé.
Le sol se fissure et se réduit petit à petit à l'état de poussière sous ses membres, son haleine brûle le visage de Ralph et son regard déchire son âme.
Le Zigarne hurle à la face de son opposant, faisant soulever les débris à ses pieds. Ce dernier serre le manche de son Nodachi à s'en faire saigner les mains.
Ce n'est que maintenant que la catastrophe commence vraiment.


Dernière édition par DALOKA le Sam 5 Avr - 12:37, édité 1 fois
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Re: Ordre, Vide et Chaos

Message par DALOKA le Sam 29 Mar - 16:00

Chapitre XXI

Rien n'allait plus, rien. Le Sum Nimium l'avait laissé tombé et par dessus le marché, il l'avait devant lui la pire créature qu'il avait vu de sa vie. Le monstre dégageait une chaleur supérieure à celle d'un brasier et son cri avait été tel que les tympans de Ralph avaient éclatés. Ce qui fut Vandeir Dreke rapprocha de plus en plus sa gueule du vampire, noyé dans ses yeux qui étaient une vraie mer de rage et de peur, ils avaient à eux tout seuls toute l'horreur de la guerre.
Le Zigarne se contentait de le fixer en brûlant le visage pâle de Ralph de son souffle, qu'attendait il? Se délectait il de l'état de Ralph? Attendait il une réaction? L'haynailien fit un pas en arrière et la créature grogna de mécontentement.
C'était ridicule, cette chose ressemblait à un dragon de légende! Les dragons n'existaient pas et quand bien même, comment un homme pourrait il en vaincre un? Il n'était pas un héros de conte, et pourtant il aurait bien aimé en ce moment avoir le même courage et la même force. Il voulait fuir, mais il était venu de son plein gré!
Il aurait du être conscient qu'en acceptant, il acceptait d'affronter une créature impensable, il acceptait d'être un pion. Ce n'était qu'un mort vivant après tout, alors pourquoi fuir? Il devait le faire, pour assumer ses actes et les conséquences... Il n'avait jamais fuit auparavant, il pouvait sacrifier sa vie sans valeur ici, c'était mieux que d'être un mort couvert de honte.
Soudain, le Zigarne leva sa tête vers le ciel et fit un deuxième cri avant d'étendre des ailes et de s'envoler.
Un défi, voilà quel était la signification de ce cri. Ralph le comprit et partit à la poursuite du monstre, courant après lui et ne le quittant pas des yeux pendant qu'il embrasait les maisons environnantes de flammes rouges qui surgissaient de sa gueule. Le vampire ravala sa salive, c'était une tentative d'intimidation et elle se révélait plutôt effective, mais l'aura de son épée était censée l'en en protéger.
Voyant qu'il ne pliait pas face à cette démonstration de puissance, le Zigarne se mit à voler au dessus de Ralph et à descendre de plus de plus en bas. Le chasseur était devenue la proie.
La longue queue de la créature tenta de frapper Ralph, mais ce dernier esquiva en roulant sur le côté, cependant le monstre était déjà au sol et asséna un autre coup de queue à Ralph qui l'envoya plusieurs mètres plus loin.
Heureusement il n'avait pas été envoyé contre un mur, ce qui aurait brisé ses os et l'aurait rendu incapable de se mouvoir pendant un moment. Mais il n'avait pas le temps de souffler, le Zigarne s'apprêtait à cracher ses flammes sur lui.
Ne sachant pas à quel point son aura le protégeait, il esquiva le jet de flamme et chargea vers sa cible pour se retrouver face avec le monstre tant redouté, il allait essayer un coup et voir si il était si invincible qu'il en avait l'air.
Dreke ne se laissa pas faire et tenta de déchirer Ralph sous sa puissante griffe, ce dernier contre toute attente grimpa sur son bras, planta le nodachi dans son épaule et progressa jusqu'au dos de la larve, tranchant sa chair au passage, avant de retomber derrière lui.
Il fut rassuré, il était bien protégé de l'aura du Zigarne et pouvait blesser ce dernier... Il avait ses chances. Il fut alors l'erreur de baisser sa garde, car la queue de la bête le frappa encore une fois, lui brisant les côtes et le mettant à terre. Dreke se retourna, ses blessures guérissant à une vitesse phénoménale, et allongea son long cou vers Ralph au sol qui tenta d'esquiver, mais les mâchoires de la créature lui prirent un bras qu'il du arracher pour se dégager et décider de battre en retraite pour l'instant, alors que les flammes rouges étaient déjà à ses trousses.
Bon sang, il n'avait pas encore perdu un membre depuis sa transformation en mort vivant, mais il savait qu'il ne pourrait le récupérer  avant un moment... Comment pouvait il gagner ce combat avec un bras en moins? C'était impensable.
Un véritable torrent de flammes écarlates était derrière lui, bloquant aussi la vision de la bête. Ralph en profita pour se cacher dans un bâtiment doté de plusieurs étages, il y réfléchirait à une stratégie. Une fois à l'intérieur, il décida de monter au premier étage pour pouvoir observer le monstre depuis la fenêtre et connaitre sa position tout étant à l'abri. Contre cette chose, combattre face à face était de la folie, il devait réfléchir à un plan.
Mais alors qu'il se pensait en sécurité au niveau supérieur, un mur éclata pour laisser passer la tête du Zigarne, tentant de le déchiqueter de ses crocs mortels. Ralph se demanda comment avait il put le trouver en si peu de temps... C'était certainement son épée, elle utilisait l'aura du Zigarne, il n'était pas étonnant qu'il puisse le repérer grâce à elle.
La bête dévasta tout ce que ses crocs croisaient et l'haynailien avait bien de mal à éviter sa gueule, mais il n'avait nullement envie de perdre un autre membre ou d'être dévoré vif.
Il se dit qu'il fallait répliquer tant qu'il le pouvait et saisit l'occasion dès que la tête du monstre fonçait vers lui pour lui enfoncer yukkikaze dans l'oeil, avant de la retirer pour courir au rez de chaussé pendant que le monstre rugissait à cause de la blessure.
Même avec cette apparence il pouvait ressentir la douleur, il se remettrait facilement de cette attaque mais l'idée que son adversaire puisse souffrir rassura Ralph. Tout n'était pas rassurant cependant, en effet il avait constaté que... Le Zigarne était plus grand maintenant, assez pour que sa gueule puisse gober plusieurs hommes d'un seul coup. Les bâtiments que les flammes avaient anéantis l'avaient certainement renforcé...
Ayant déjà récupéré son oeil, la bête sauta sans même étendre ses ailes pour s'écraser sur le sol devant Ralph dans un grand fracas, hurlant avant de diriger ses longues griffes vers la petite créature qui lui tenait tête. Ce dernier se baissa pour éviter sa patte et en trancha une partie avant de passer sous le corps de la créature afin d'essayer de planter dans son torse son arme, espérant la toucher. Manier un nodachi avec une seule main était très dur, même en étant un vampire, mais son adversaire était trop massif pour qu'il rate son coup.
Mais le Zigarne n'était pas sans cervelle et d'un battements d'aile s'envola, cependant Ralph planta alors le long sabre dans une de ses pattes arrière avant qu'elle ne quitte le sol. Le vampire manchot partit dans les airs avec son ennemi, le combat continuait dans le ciel.
S'accrochant du mieux qu'il pouvait à la patte de la créature qui tentait de le déloger en s'agitant, il plaça son nodachi entre ses croc et se mit à gravir la jambe à une main. Une fois sur son dos, il le décapiterait à l'aide du sabre et tout serait fini.
Après avoir atteint le bas de son dos, il planta son sabre dans son corps et l'agrippa de toute sa force, afin que la larve ne puisse le déloger. Malgré tout, contre les attentes de Ralph, Dreke se retourna sur le dos et se laissa tomber... Il allait être écrasé, il préféra donc retirer vite yukkikaze pour ne pas finir sous le poids du monstre et rencontra le sol avant de pouvoir prononcer le sort du Sum Nimium.
Grâce à ses pouvoirs il pouvait toujours se mouvoir, mais ses os avaient été brisés par la chute et il en fallait plus pour que le Zigarne fasse de même. Il tenta de se lever avec grande difficulté, tout ses membres brisés tremblants, alors que le dragon noir releva déjà la tête et se redressait sur ses pattes.
"Je dois me lever!", pensa Ralph. Mais si il pouvait tenir debout, il ne pouvait plus courir pour fuir, et alors qu'il entendait les pas lourd du monstre derrière lui, la peur de la mort envahit vraiment pour la première fois depuis longtemps le corps du vampire.
La créature était juste derrière lui, il l'entendait, alors il fit un bond désespéré en avant et il sentit des mâchoires se refermer sur ses jambes et les séparer du reste de son corps. Il était vraiment fichu cette fois, et il le savait. Ralph ne prit même pas la peine de tenter de ramper, il avait abandonné le combat et faillit à sa mission... Le vaincre était impossible même avec cette épée et ses pouvoirs, il en était bien conscient.
La gueule du Zigarne s'approche de lui et s'ouvre lentement, plus grosse encore qu'auparavant, Ralph ferme les yeux et repense à tout son parcours... Toute sa vie avait été un échec, un cuisant échec jusqu'à la mort, comment le nier.
Il aurait juste aimé... Réussir quelque chose avant de quitter cette terre.
La bête ferme sa gueule sur le corps de Ralph et l'avale lui et son arme.


Jigen rit et applaudit de plus belle pour célébrer sa victoire, alors que le Sum Nimium restait silencieux et que Refinia se mordait la lève inférieure, bouillonnant de rage et impuissante, tout comme l'était Téko qui ne trouvait de solution à cette catastrophe.
-Naif! Rit Jigen au Sum Nimium. Tu as été naif de penser qu'un cadavre de primate pouvait tuer seul ma création!
C'est le début de la fin pour vous pauvres imbéciles... Vous feriez mieux de fuir tant qu'il en est encore temps!


... Des souvenirs qui n'étaient pas les siens lui vinrent comme des rêves alors que son corps allait lentement se désintégrer à l'intérieur de la bête. Ils étaient très flous, et vieux.
Ce n'étaient ni les sien, ni ceux de Dreke... Des corps dont le visage avaient été effacés par le temps, des voix déformées par l'oubli.
"Ils nous on abandonnés, nous n'avons plus besoin d'eux. Aidez nous et je vous aiderais."
Il ne pouvait savoir à qui était cette voix... C'était trop loin, loin dans le temps.
"Mes frères! Nous devons le faire!"
Les corps disparurent dans un flot rouge tel le sang, mais la voix était toujours là, cette fois paniquée et troublée.
"C'est... Moi qui ai déclenché ça?... Non... Non ce n'est pas ce que j'avais prévu!"
Tout cela n'avait pas de sens pour Ralph... Des morceaux de souvenirs lui venaient à l'esprit mais rien ne les liait entre eux.
Il voyait de grandes étendues d'herbes partir en fumée d'un seul coup, des hommes géants écraser des villes, la terre devenir poussière.
"Arrêtez ça! Nous pouvons revenir en arrière, je..."
Cette phrase avait été interrompue par un puissant rugissement.
D'autres voix, appartenant visiblement à d'autres personnes.
"Il n'est pas invincible. Nous pouvons... Non, nous devons le tuer."
"Tout système a un coeur, Arweld. Dès que le coeur s'arrête, le système fait de même."
... Le coeur!

Tant qu'il le pouvait encore, si c'était la seule solution, il devait trouver le point vital du Zigarne et le détruire. L'estomac de la créature semblait gigantesque, plus grand même que son possesseur, mais il pouvait clairement entendre les battements de coeur de la créature.
Baignant dans un liquide qui le brûlait atrocement, il chercha l'origine des battements. Tenant Yukkikaze de son seul bras, il ne pouvait se résigner à renoncer si près du but malgré sa douleur.
Ralph planta son nodachi dans une des parois de l'estomac du monstre... Elle était terriblement dure à trancher avec un seul bras, plus solide que l'extérieur de son corps. Mais il réussit à ouvrir une faille et à s'enfoncer dans le sang du Zigarne, plus ardent encore et lui infligeant des douleurs plus terribles. Ses yeux furent calcinés et il perdit la vue,  sa peau avait fondue, cependant il pouvait toujours entendre les battements. Le sang bouillant de la bête rentrait dans sa bouche et lui calcinait la gorge, il rentrait dans ses blessures et ce fut comme si tout son corps brûlait...
Là, maintenant, il fallait frapper.
Même si il ne pouvait le voir, Ralph planta le nodachi dans le coeur du Zigarne, l'enfonçant de plus en plus...


De l'extérieur, la bête d'apocalypse rugissait de terreur en s'agitant devant l'étonnement de Jigen qui ne tarda pas à comprendre ce qui se passait.
-Que... Non... Il l'a fait?
-Tel le héros Arweld il y a un millénaire de cela, il a tué la bête de l'intérieur, dit le Sum Nimium en se rapprochant de Jigen de dos. J'ai gagné cette partie Jigen, admet le.
-Non, NON NON NON!
Enragea Jigen en prenant la tête dans ses mains. Toi et cette salope de vampire... Vous vous êtes bien joué de moi!
-Tout ne se passe jamais comme prévu, moi même je ne m'attendais pas à ce qu'il ait cette idée au dernier moment, alors qu'il était sur le point de mourir.
-L'esprit d'un primate peut toujours être imprévisible... Cracha Jigen.
Téko monta lui aussi l'escalier menant à l'Exaccus, ou se trouvaient les trois autres spectateurs.
-Tout ceci n'est donc qu'un défi entre deux mages... Ne vous prenez pas pour des dieux.
-C'est plus qu'un défi comte, expliqua le Sum Nimium. Ces combats détermineront de quelle manière l'humanité évoluera.
-Il est inutile de dialoguer avec vous je suppose...
Acheva le noble en tournant le dos pour se retirer du groupe.

La lame blanche du Nodachi transperça l'énorme cadavre du Zigarne et découpa dans la chair une faille, une main si couverte de sang qu'elle en était entièrement rouge en sort puis un corps nu d'homme, guéris de toute ses blessures et ayant récupéré tout ses membres émergea du cadavre.
Ses cheveux détachés étaient ensanglantés également et lui bloquaient la vue, il toussa et cracha du sang, mais ce sang n'était pas le sien.
Ralph était parcouru d'une sensation étrange de chaleur qu'il n'avait pas connu depuis longtemps, comme si il renaissait.
Le cadavre bouillonna, se déforma, fondit, s'évapora lentement jusqu'à qu'il n'en reste rien, pas même des os. Ralph restait debout, à observer le soleil monter dans le ciel au fur et à mesure que le corps mort du Zigarne disparaissait.
Ni le sang ni le soleil ne le brûlaient plus, et il tombe à genoux.
Il était fatigué... Il allait profiter une fois de plus d'un soleil inutile.


Jigen grinca des dents, mais un sourire presque forcé se dessina sur son visage, il se retourna brutalement et dit avec une pointe de colère au Sum Nimium:
-Rien n'est fini et tu le sais! Même si j'ai perdu le contrôle de la bête, elle n'a pas été définitivement éliminée!
-Oui... Pas tant que la Prêtresse sera toujours en vie. Ce problème sera réglé en temps voulu.
-J'ai bien d'autres coups en réserve... Marmonna  le mage aux cheveux d'argent en souriant avant de se retourner dans un mouvement de cape et de partir dans un portail.
L'écran disparut, le comte et Jigen étaient partis, mais Refinia était troublée, se frottant le front de sa main droite.
-Quelque chose ne va pas Refinia? Demanda le forgeron. Il est temps de se retirer, les autorités Haynailiennes arriveront bientôt et je préfère les éviter.
-Ralph Friedsang est vivant... Souffla la vampire.
-Oui, je le sais bien.
-Non, tu ne comprend pas... Il est VIVANT. Je ne l'ai plus sous mon emprise... Ce n'est plus un vampire.
Un long silence s'étala alors, avant que le mage ne commence à rire aux éclats.
-Dès que Arweld bu et baigna dans le sang du Zigarne, il transcenda son humanité et obtint une longévité extraordinaire... Ralph aurait donc récupéré sa "vie" par le même processus.
C'est très intéressant... Ce n'est plus un mort vivant mais ce n'est certainement plus un homme normal pour autant.
Voilà qui est passionnant! Je vais de suite mettre à l'étude ces symptômes!

Il créa un portail et dans un éclat de rire s'y enfonça, suivit de Refinia.
"Ils sont tout les deux pareils..." Pensa Refinia. "Complétements fous."



////
NE ZAPPEZ PAS! La Semaine prochaine arrive l'épilogue qui contiendra beaucoup d'informations et d'indices utiles pour la suite!
OVC n'est pas encore fini /D!//


Dernière édition par DALOKA le Mer 16 Mar - 17:17, édité 2 fois
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THE END

Message par DALOKA le Sam 5 Avr - 2:01

Epilogue



Il y avait quelques heures encore, le combat dantesque entre Ralph Friedsang et le Zigarne réduisait ce village à néant. A présent plus nulle trace de la créature n'est visible et un vent violent balaie les ruines, faisant voler la caillasse et la poussière.
Sur le toit d'un bâtiment encore intact se trouve une personne, accroupie et immobile. De très longs cheveux verts volent au vent et voilent le haut de son visage, ne rendant visible qu'une bouche ne révélant aucune émotion. Vêtue d'une toge blanche et or dotée de longs et larges manches, ses bras et son cou sont cerclés de bracelets d'or, ses mains possèdent des doigts fins et il n'a point de chausse, ses pieds sont nus . Plusieurs bijoux décoratifs en or ou en argent sont accrochés à sa toge, le vent les soulève et ils se frappent entre eux, provoquant des doux tintements métalliques.
Sa tête est entourée d'une étrange couronne d'or, disposée à peine au dessus de l'endroit ou les yeux devraient être visibles. Une partie de l'ornement passe en demi cercle au dessus de la tête, liant le devant de la couronne à l'arrière. Il y a quatre grandes pierres précieuses sur l'objet, toutes prenant la forme d'un losange: Devant, une rouge sang, à droite une pourpre, à gauche une bleue azure, derrière une verte émeraude.
Cette personne richement vêtue était dotée  d'une aura mystique, mais pas seulement à cause de cet habit qui semble plus cérémoniel qu'autre chose. L'être se lève, il a une figure fine, altière, et presque féminine. Il saute et se laisse tomber au sol, atterrissant avec légèreté comme si il ne faisait que le poids d'une feuille.
Il marche à pas lents vers son objectif. Les restes de l'armure Thanatos gisent encore, soudés au sol et détruits par la naissance de la bête, devenus gris. Il s'approche à pas lents et tends la main vers la carapace vide, avec la plus grande prudence car il sait qu'elle est fragile.
Au contact de l'armure, elle s'effrite comme une feuille morte. Lui il reste immobile, comme si il avait entendu quelque chose qui l'avait troublé.
Le silence dure et seul le vent sifflant provoque un son. L'être lui est tel une statue, sa respiration elle même est imperceptible.
Il baisse alors lentement sa main et sans se retourner, parle à voix haute d'un ton calme ne montrant aucune inquiétude ou tension.

-Je sais que tu m'observe, "l'homme", je sais aussi que tu ne me répondra pas.
Un autre silence.
-La bête et l'arlequin se sont éveillés. C'était inévitable, c'était écrit.
Nous ne pouvons rien contre le destin...
Il s'agenouille et caresse lentement l'armure, que le vent réduit maintenant petit à petit en poussière.
-Les actions du Sum Nimium sont une causalité naturelle, il s'agit d'équilibrer les forces. Ton codex n'y est pas pour rien, mais le destin a fait qu'Arond le trouve.
Le vrai destin, pas celui de Chimasai, celui du macrocosme, du tout.

Silence.
-Tout ce que je dis est absurde pour toi... Mes théories te semblent peut-être fausses, mais nous quatre nous rejoindront le macrocosme, c'est ainsi.
Il se relève et se retourne, marchant pour se diriger loin de la ville, disparaissant petit à petit en poussière verte brillante s'élevant dans le ciel.

___

L'énorme cercueil noir décoré d'or est porté au tombeaux des empereurs. Les chevaux décorés également peinent à tirer ce cadavre dont la boîte funèbre est bien plus lourde que le défunt, tandis que des soldats impériaux, organisés en rangs et dans leur plus belles tenues chantent en hommage du 8ème Empereur, Normand d'Haynailia. Toute la noblesse est réunie et observe le coffre avancer d'un regard dénué de sentiment, mais la plupart se réjouissent intérieurement de cette mort qui leur donnera l'occasion de changer les choses à leur manière ou même de devenir le nouveau dirigeant.
Le cercueil avance sur le grand chemin pavé de pierre blanche menant à la crypte des empereur, gardée par l'ordre gérant le culte d'Haynailia Ier, l'ordre Haynailique.
Des chevaliers de l'ordre en armure blanche et or, portant de grandes capes noires et des hallebardes richement ornées, gardent la grande porte de la crypte.
La journée est froide mais très ensoleillée, le soleil fait resplendir tout , tout les bijoux, les armures, les bordures dorées. Normand n'a pas de proches, personne dans l'assemblée ne pleure sincèrement sa mort, certains en même en rient intérieurement.
Le cercueil va atteindre la crypte, on ouvre donc les lourdes portes de pierre, des portes aussi épaisses que des murs, qui n'étaient ouvertes que lors des enterrement de la famille impériale.
Les chants en Aléfridiens s'achèvent et les comtes de la haute noblesse défilent sur un podium pour faire chacun un discours. Discours gonflés de mots mais vides de tout autre chose, et pourtant acclamés, une simple formalité à passer avant d'enterrer ce vieillard pour de bon.
Ceci fait, le cercueil disparait dans le tombeau, et les portes se referment lentement...
L'Empereur Normand d'Haynailia est mort, et enterré, sans héritier.
La cérémonie avait bien durée toute la journée et le soleil commence à se coucher, tout le monde est heureux d'en avoir fini. Jamais un enterrement d'Empereur n'avait été aussi pitoyable dans l'histoire, "Une fin à l'image du personnage.", pensent certains.
Le comte Dyra, vêtu de sa grande cape bleue et or par dessus son habit et portant une canne noire décorative, décide d'aller converser avec Alexandre Rosentia. L'Empereur est mort, et cela veut donc dire qu'il doit commencer à mettre son projet en action.

-Bravo Sire Rosentia, votre discours était remarquable, félicita Téko. Il avait quelque chose.
-Quelque chose? Se demanda le jeune noble dans un léger rire.
-J'entend par cela que les nôtres n'avaient rien. Mais je ne suis pas là pour parler de cette futilité, vous vous en doutez bien.
Téko observe les alentours et se dit qu'il serait mieux d'aller autre part.
Je vous accompagne jusqu'à votre carosse, nous discuterons sur le chemin.
Et ils marchent.
Si vous n'étiez pas au courant... West Adamas est apparemment mort il y a deux semaines.
-Oui je l'ai entendu dire, mais il n'y a aucun détail sur cette dernière... Vous aviez déjà rapporté la mort horrible de la jeune Vinnairse lors du dernier conseil... Décidément la noblesse n'est pas dans ses beaux jours ce début de 1857.
Il s'est probablement donné la mort...

-Personne ne le sait. Il serait mort vers la côte Ouest de l'Empire, et son cadavre n'a put être rapporté.
Téko avait été élevé par les Adamas pendant des années après la mort de sa propre famille, il est donc très proche d'eux, pourtant on lui avait refusé plus de détails.
Cela veut dire que ma fille n'a pas de mari. Heureusement j'ai trouvé un meilleur parti pour elle.
-Très heureux pour vous, qui est ce?
Dit il d'un ton relativement neutre.
-Vous le savez. Rosentia, nous avons des objectifs communs, il est profitable à nous deux que nous nous associons...
-Que...
S'étonna Alexandre. Tout cela est pour le moins surprenant... Que voulez dire?
-Je l'ai vu lors de ce discours: les gens vous écoutent et vous aiment. Vous avez du charisme et ce n'est pas donné à tout le monde.
Ce pays se doit de changer, mais pour ça je dois créer un mouvement... Et j'aurais besoin de vous.
-... Je vous écoute.
Fit il, encore hésitant.
-Nous allons écrire une page de l'histoire, et je vais faire de vous le protagoniste principal des événements... Ecoutez attentivement.

____

Il ouvre enfin les yeux. Il baigne dans un liquide semblable à de l'eau, et pourtant il peut parfaitement respirer.
Il est dans la mer, ou dans un lac, il ne sait pas, mais la lumière est faible. Il voit clairement la surface mais il ne peut l'atteindre, car tout son corps est paralysé.
Des souvenirs lui reviennent en tête... Il se souvient d'une rage incontrôlable, de cette sensation de libération et de puissance, puis tout avait été interrompu d'un seul coup par une douleur dans sa poitrine.
... Il avait perdu. C'était inacceptable, il ne pouvait pas rester au fond de l'eau à ne rien faire, alors qu'il commençait tout juste à apprécier sa situation... L'homme essaye de nager jusqu'à la surface mais son corps est trop faible, il monte mais n'atteint jamais l'extérieur.
Soudain, une main attrape son bras et le tire pour l'aider à remonter. C'est un bras de femme à la peau d'une couleur étrange, non, plutôt violette.
Il est remonté par cette jeune femme entièrement recouverte d'une cape sombre de la tête jusqu'aux pieds, et alors qu'elle est seule il a l'impression que plusieurs regards se posent sur lui. Une fois à terre elle met ses deux mains sur ses épaules et lui sourit.

-Bienvenue, mon frère...



                                 Fin.................?

//
Bon, j'ai fini et posté ça tard le soir mais je suis assez en forme pour vous laisser un petit mot.
Déjà je vous remercie pour avoir lu jusqu'ici ce qui n'est clairement pas un chef d'oeuvre et de m'avoir, pour certains, fournis certains avis qui m'aideront pour la suite. Le temps a passé et cette fic a duré un an, tout de même... Même si j'ai bâclé certains passages par désir d'aller plus vite, je suis très heureux d'avoir réussit à mener un projet ambitieux jusqu'au bout (En plus à présent je peux me vanter d'avoir le RP le plus long ET la fic la plus longue, wesh). En bref, c'était enrichissant et de toute manière j'adore vous montrer ce que je fais, même si c'est quelque chose que je trouve pas terrible =P. Dans cette fic, y'avait du bon et du moins bon, et je vous invite très fortement à faire votre petit avis dans les commentaires!

Cependant, pour ceux qui suivent un peu, OVC sert surtout à mieux introduire une intrigue à laquelle VOUS pourrez participer. J'espère que vous serez là le moment venu (parce que ce serait con que je le fasse tout seul, sinon cela reviendrait à une autre fic).


Pour finir, j'ai certains points à demander à ceux qui le veulent, cela m'aidera (Soyez aussi constructifs que possible x'D):

-Si vous en avez un, quel est le moment qui vous a le plus marqué?
-Votre personnage favori?
-Une autre idée de titre pour cette histoire car celui là pue un peu?
-Qu'est ce que vous auriez aimé voir?
-Qu'est ce qui vous a déçu?

Et si vous avez des question sur l'histoire à poser, je répond sans problèmes.


Allez, sur ce je vais me reposer un peu et je vous dis à la prochaine dans un prochain post.//


Dernière édition par DALOKA le Lun 26 Jan - 0:09, édité 2 fois
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Re: Ordre, Vide et Chaos

Message par Stefiran le Dim 6 Avr - 0:26

Salut, ça va ?

-Votre personnage favori? Durand. Pour sa technique de combat et pour son caractère avant qu'il ne meure. Et Alexandre Rosentia, parce que j'aime bien son caractère. Very Happy

-Qu'est ce que vous auriez aimé voir? J'aurais bien aimé que tu parles un peu des Clipsiens (ils n'ont pas d'intérêt dans l'histoire, mais du coup, tu écris toute une fan fic' dont on se servira pas pour nos RPs, ou bien dans très longtemps ?)

-Qu'est ce qui vous a déçu? Je trouve que Félicia est pas plus importante que ça au final. Ça m'étonne parce que tout le début du récit était autour d'elle.
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