Poems, everybody!

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Poems, everybody!

Message par Aʀτѕᴇɴοʀ le Sam 7 Nov - 18:24

Mesclipsiennes et mesclipsiens, saviez-vous que votre cher camarade Artsenor adorait la poésie?
Oui?
Ah...
Bon, eh bien saviez-vous qu'il se piquait également d'en écrire?
Ah? Aussi?
Ah... Oui, forcément, vu que ma Symphonie de la Démence est pseudo-versifiée et que j'ai posté dix poèmes lors du concours d'écriture sur le vol...
Toujours est-il que j'ai finalement décidé (ou plutôt que ça fait un moment que je veux le faire) de dédier un topic à mes poèmes, puisque après tout, y'en a d'autres qui l'ont fait avant moi.
MAIS!
Je vous proposerai mes poèmes sous forme de recueils (ou pas, ça dépendra), et par conséquent, je ne vous poste pour le moment que mes Envolées Lyriques, recueil que vous avez potentiellement déjà lu. Mais je ne crée pas ce topic aujourd'hui que pour vous proposer de les relire, mais également pour vous annoncer que j'ai bientôt fini mon second recueil, coming soon!
Alors ne vous méprenez pas, je sais que je dois terminer ma fic' de concours (ce à quoi je m'attelle également), que je dois continuer de poster sur le RP La Fête de l'Alcool, que je dois décrire les évolutions de mes personnages post-ellipse, etc. Mais le truc, c'est que ces trois tâches demandent l'utilisation d'un ordinateur, et donc à chaque fois que je ne l'ai pas à ma disposition (en TD à la fac ou quand sa batterie est morte), je passe à l'écriture à la main, et le poème est un genre qui se prête parfaitement à ça, puisqu'il ne balance pas toutes mes feuilles en un écrit.

Voilà, voilà... Donc re-voici mon premier recueil, ça vous évitera d'avoir à chercher dans les fic's de concours pour le retrouver, et à bientôt pour le suivant! Et promis, je bosse sur ma rivalité!







Envolées Lyriques



I / Vol n°818 pour Phoenix


Depuis bien trop longtemps dure ce vol morose,
Quatorze heures durant, rien qu'un ciel bleu, puis noir,
Le nuage est partout, l'observation est close,
Nulle étoile ne luit ou ne vient se faire voir.

« Mesdames et Messieurs, notre avion atterrit. »
Enfin, me dis-je, enfin, ce calvaire prend fin !
Je retourne au hublot, lentement m'ébahis
Face à la féerie m'apparaissant soudain...

Lors des premiers instants, j'aperçois mes étoiles,
Mille Soleils brûlants, étendus sur la toile
D'acier et de métal, tissée dans la vallée.

Cet univers approche, tout y devient si grand...
Si à cela doit ressembler la Fin des Temps,
Oui, je m'y jetterai, ravi de sa beauté...

Et je m'y pose enfin... Et je veux m'envoler...





II / Chrysalide


Voyez cette Chenille, errant sur le sentier ;
Elle est lente et fragile, rampe, appelle pitié,
Elle se noie dans l'ombre, observant les vantards...

Par ici, l'Araignée, fière de son ouvrage,
Une toile tissée d'un trop parfait métrage,
Où vient se condamner sa pitance du soir.

Par là, cymbalisant, l'éternelle Cigale,
Interprète son chant, présente les cymbales
Que lui offrit Nature : Elle chante son art.

Là, encore, devant, bondit la Sauterelle ;
Elle se rit de voir qu'on rampe devant elle ;
Elle, vive et agile, montre un air goguenard.

Lassée ces visions, qu'elle connaît trop bien,
La Chenille perçoit le bout de son chemin ;
Elle va s'isoler dans la soie ; il est tard...

À l'aube, elle est fin prête ; ses ailes déployées,
Ses ailes écaillées, aux couleurs nuancées,
L'Imago émergé quitte son isoloir.

Il vient voir Araignée, Cigale et Sauterelle,
Présente sa beauté, s'envole devant elles,
Et revient chaque jour se faire apercevoir.

Garde-toi de moquer les biens du démuni,
Quand il s'envolera, il en sera ravi,
Et viendra t'observer avec autant d'égards.





III / L'Envol


Je culmine au zénith, surplombe le nimbus,
Icare impétueux, aux cieux, je vais et viens,
Et je rejoins l'Alcyon, et l'oiseau de Vénus ;
L'Albatros, lui aussi, échappa aux marins.

Je contemple d'en haut la rivière opaline,
Et la mine, et l'usine, les caves du redoute,
Les fonderies en feu, et les blanches salines...
Survolant ces cristaux, j'admire, espère, et doute.

L'horizon à l'acmé... La voûte m'invitait...
D'en bas, rien n'y faisait... Ma raison m'accablait...
Mais ce soir, je rejoins le Prince des nuées.

Car j'ai pris mon envol, mes ailes déployées,
Mon âme délestée de trop de boniments,
Mon secret révélé... Je t'aime, t'aime tant...





IV / Constat


Le Dieu est Tout-Puissant, son effigie se doit
D'être tout aussi grande image que son Roi.

Ainsi, force divins ont choisi un oiseau ;
Quel fou se risquerait à le prendre de haut,
Lui qui atteint les cieux, narguant la terre et l'eau...

Vénus fit voler devant l'Homme la Colombe,
D'un vol qui fit taire les fusils et les bombes.

Minerve également dota la chouette d'ailes ;
Quand nous le concevons, elle voit l'idéel.

Des hommes arboraient l'Oiseau de Jupiter,
L'Aigle montre un grand bien, par le Divin offert,
Contemplant des hauteurs, et la paix, et les guerres.

Si nous a rejoint en bas le Paon de Junon,
Ses plumes de géant s'offrant à l'aquilon
Balayant, elles font s'envoler les passions.

Face à pareil constat me vient une question :
Pourquoi Mercure a-t-il fait marcher le Pigeon ?





V / Hommage à Schrödinger


Le sort sera donné par un sou sur le sol.
On le pose en sa main, on donne les enjeux,
La monnaie, elle, attend d'être jetée aux cieux...
Un doigt est agité, elle prend son envol...

Deux univers se créent, l'un d'eux disparaîtra.
Tous les faits et détails, se font à notre insu,
Tout se crée prestement, tout peut être perdu
Tout dépend d'une pièce, et ne se magnant pas.

Ce qu'elle a sur le dos, c'est le destin d'un Monde !
Elle n'en fait que fi, prend toute sa seconde,
Elle tombera bien quand il le lui faudra...

Schrödinger, lui, le comprit, le Hasard seul fonde.
On dit l'Homme impuissant ? Non, il s'illustrera
Lorsque, le temps d'un vol, le Destin doutera...





VI / Envolée Lyrique


Un beau matin, je m'en vais griffonner,
Rassemble alors, et ma plume, et mes feuilles ;
J'irai narrer mes soucis sur papier,
Et mes chagrins, et mes joies, et mon deuil,
Mes sentiments, gardés dans un recueil.

Et je narre la haine, et la colère,
Et la vengeance, et le sang, et la guerre,
La jalousie, les folies meurtrières,
Cette passion ourdie contre nos pairs,
Je la sentis, tout n'était plus qu'hiver.

Et je narre la peur, l'effroi, la crainte,
Sans nul doute, tous voulons la braver,
Sans pouvoir échapper à son étreinte ;
Nous la suivons, échappons au danger,
Ou par survie, ou par timidité.

Je narre la douleur, et les souffrances,
La sentence, la passion du déchu,
Indomptable, brève furie des sens,
Ou long calvaire, à objectif perdu ;
Tantale, oncques ne put payer son dû.

Je narre les chagrins et la tristesse,
Prenant les hommes, menant trop d'entre eux
À se jeter, sans preuve ni promesse,
Sans hésiter, au Jugement des Dieux ;
S'il n'est clément, le pire est derrière eux.

Et je narre l'amour, m'offrant ses ailes,
M'apaisant quand ma haine est la plus forte,
L'amour propre, de ma part et pour Elle,
Qui me trouva, après tant d'années mortes,
L'amour, celui qui fait s'ouvrir ma porte...

Une brise goguenarde y pénètre,
Suit le courant, s'en va par la fenêtre,
Prend avec elle, et ma feuille, et mes plumes...
Moi qui voulus des sens être le maître,
Que n'ai-je fait que contempler la brume ?





VII / Le Deuil de mes Rêves


Je La sens m'approcher, cruelle et orgueilleuse,
Depuis plusieurs années, elle m'épie de près ;
Je ne suis pas de taille à défier la Faucheuse,
Épuisé, je m'allonge à l'ombre des Cyprès...

Sur le sol étendu, je me sens me distordre.
Je vole vers un monde où je ne serai qu'un,
Libéré de mon corps, et des chaînes de l'ordre,
Chrysanthème et Glaïeuls décorent le chemin.

Je nage dans les airs et vole sous les flots,
Sans poids et sans pression, je gagne ce tableau,
Je m'en vais loin des miens, délesté d'empirique.

Bahaef est au Styx, au Sidh passe Charon...
Bercé d'aberrations, aveuglé d'illusions,
Je ne peux plus rêver, j'ai rejoint l'onirique.





VIII / Hommage à l'Homme

Nature décida d'instaurer l'équilibre,
Parmi ses créations. Toutes ses créations.
Nul ne doit décider ou se sentir trop libre,
         Nul ne peut échapper à ses fonctions.

Si tous les animaux ont le droit de nager,
Nul, en un lieu marin, ne double le poisson.
Si tous les animaux ont le droit de sauter,
         Seul celui doté d'ailes peut voler.

Tous se prêtant au jeu, l'un sort pourtant du lot.
Il vainc, sur leur terrains, l'oiseau et le poisson,
Et vole à la Nature la source de ses maux :
         Son droit omnipotent, la Création.





IX / Dernières Volontés d'un Testateur Fou


Je ne suis qu'un vieillard, un mortel dépassé...
Mes mémoires s'envolent à travers les années,
Bientôt, je ne serai plus bon qu'à oublier.

Mais, pendant des décennies, j'ai bien trop accompli...
Pendant toute une vie, les faits se sont inscrits...

La vérité est vraie, nul ne doit la changer.

Nul n'écrira jamais que j'y ai renoncé !

Nous nous devons d'immortaliser la culture !
Je laisse un journal aux générations futures !

Puissent-elles toujours retenir le passé !
Que toute mémoire un jour soit sauvegardée !

Je pars donc sans regrets ! Nul n'aura oublié !

Parmi mes héritiers, l'un en prendra grand soin.

Ainsi, chez le notaire, on partage mes biens...
Et l'on abandonne ce que nul ne veut sien...

On l'incendie alors... le journal a brûlé.
Mes mémoires s'envolent à travers la fumée,
Toutes se sont perdues, le feu les a volées...





X / Autrefois, je rêvais...

Autrefois, je rêvais de pouvoir m'envoler...
Guère étonnant, bien sûr, de la part d'un enfant,
Jeune et impétueux, cherchant la nouveauté,
Il vise l'impossible, et ne cherche pas tant
À savoir s'il le peut qu'à tenter, endurant,
Sans prêter une oreille aux dires des parents
Se voyant mal conter un jour la vérité
À leur enfant rêveur, dès lors qu'il sera grand.

Si l'enfant les ignore, oncques n'ai-je ce choix.
Je ne peux m'envoler qu'au travers d'inventions
Conçues logiquement, à mon grand désarroi...
Je connais le pourquoi, le comment de l'avion,
Et d'autres créations issues de la raison.
J'ornerais volontiers mon esprit d'illusions...
Seul reste Copperfield pour en suivre la voie,
Pour m'offrir un dernier brin d'imagination...

Autrefois, je rêvais de pouvoir m'envoler...
Aujourd'hui, je rêve d'encor pouvoir rêver.

__________________________________________________
La forme la plus pure de la conscience du temps est l'ennui.
avatar
Aʀτѕᴇɴοʀ
Ecuyer

Messages : 397
Date d'inscription : 24/06/2011
Age : 19
Localisation : For each integer A from 1 to 666 (Take random point in (Region set from (Position of (Paladin #0071) offset with (Arithmetic ( (Convert Integer (Integer A) to real) x 60060,61) ) ; (Arithmetic (Convert integer (Integer A) to real) x (Square root (Convert integer (Integer A) to real) ) ) ) ) to (Take random point in (Playable map area) ) ) ... Voilà, avec ça, si vous me tombez dessus, jouez au loto. Si vous avez rien compris, jouez au loto quand même.

Feuille de personnage
Nom des personnages: Artsenor (Oh?), Defaris, Kaoren Sor (En cours de création), Céophraste, Nihlvexo... Néolune, ça compte?

Voir le profil de l'utilisateur http://chevalier-eclipse.forumgratuit.org/

Revenir en haut Aller en bas

Sang d'encre

Message par Aʀτѕᴇɴοʀ le Jeu 12 Nov - 12:31

Aaaaaaand here it is!

Voilà, on entre dans le vif du sujet. De nouveaux poèmes! (Pour ceux qui suivent pas, le premier recueil date d'il y a un an, je suis pas hyperactif au point de pomper tout ça en cinq jours).

Voici donc mon nouveau recueil: Sang d'encre. Je le préfère largement au premier (qui était plutôt une sorte d'exercice de styles), mais je suis potentiellement indulgent parce que je l'ai écrit récemment. J'imagine que dans un an, je le trouverai pas aussi bon.

D'ailleurs, notez que certains poèmes n'ont pas tout à fait la forme qu'ils auraient dû avoir, problème dû à l'absence de tabulations dans un post forum.

Mais trêve de tergiversions! Enjoy!





Sang d'encre



I/ Sang d'encre

Sang immortel, porteur d'une vie éternelle,
Sang d'hui, d'avenir et d'antan,
Aussi noir que l'oubli qu'il condamne et qu'il scelle
En lui. Sang d'encre, sang du temps.

Estampe de mes amours, de mes peines,
Et de mes sombres craintes,
Ce sang amer qui coule dans mes veines
Brûle au bout d'une pointe.

J'empale ma main de ma plume,
Et je déverse
Un flot de mon sang dans la brume,
Et je la perce.

Poison ou ambroisie,
Son chancre
À tout jamais s'inscrit,
Sang d'encre.





II/ Mot d'esprit ou lettre morte

Je te propose une entrevue, quelques instants,
Mon encre à tes iris, hérauts noirs sur fond blanc.
Jure-moi de n'en pas négliger une lettre,
En retour, je promets de ne pas t'y blesser,
T'y mentir ou t'y perdre en fièvres insensées.
Si nous prêtons serment, l'entretien pourra naître.

Tu devines sans peine où je veux en venir,
Je ne peux empêcher la vérité de luire,
Mais je ne saurais pas la formuler pourtant,
Et la graver sans faute au travers d'un billet.
C'est donc un mot d'excuse à fin de justifier
Pourquoi j'ai engagé un combat si dément.

Mais j'essaierai sans relâche, y dédierai
Ma vie, mon temps, mon âme, et de tout ce que j'ai
S'il ne m'est rien pour me conduire à triompher,
Pour avoir eu l'orgueil de prétendre accomplir
De justement le dire, et, plus grave, l'écrire,
Je consens que l'échec punisse mon pêché.

Celui qui parle sans penser est à maudire
Et maudit je serai si j'ai osé mal dire.
Mais s'il me faut braver tourments, honte et l'Enfer,
S'il ne m'est qu'une chance, infime et sans sursis,
À plume-joie j'y lance à sombrer mes écrits,
Ne serait-ce que pour essayer de te plaire...

Je détourne sans cesse et ne dis presque rien...
Peut-être en ai-je peur ? Avisé-je la fin ?
Non. Tu me sauras lire et sauras me traduire.
En qui puis-je placer plus ma foi qu'en mes vers ?
Toi pour l'affermir, l'exhorter et la parfaire.
Tu sais ce que je veux, et je ne veux pas fuir...

Tu sauras me juger mieux que je n'y parviens.
Je raisonne insensé, d'esprit ne suis pas sain,
Je défie l'impossible, implorant l'indulgence...
Blâme au gré mon orgueil, mais estime sa vue,
Raille au gré l'écrivain, mais pardonne au féru
Qui se jette des cieux sans la moindre prudence.

Mais il me faut conclure, affronter cet instant,
Dire le fond de ma pensée sans boniment,
Céder juste valeur à combien j'ose et j'aime
Je l'écris, je l'espère, en deux vers et sans faux :
Si la raison te quitte avant le dernier mot,
Alors tu saisiras le fil de ce poème...





III/ Passions d'agate

C'est vrai, j'aime les fleurs, c'est ainsi,
Je contemple la Lune et la nuit,
Prenez-les si vous voulez ma vie.

J'aime la langue et j'aime parler,
J'aime écrire et j'aime versifier ;
Les mots seuls comprennent ma pensée.

J'aime apprendre le lointain passé ;
J'ai mille et deux mille ans à penser
Et mille pensées à ressasser.

J'aime voir s'étendre l'Univers,
Voir succéder le Printemps à l'Hiver,
Et faire du monde ma chimère.

J'aime les passions, j'aime l'agate
Que forment leurs sédiments en lattes.
Je la sculpte avant qu'elle n'éclate.





IV/ L'Épée des Rois

Décrire un sentiment amène à l'occulter.
Son essence s'efface au travers de l'écrit.
Écrire un boniment amène à s'insulter.
Si mes sens me dépassent, à leurs lois, je me plie.

L’Épée brille à nos yeux, mais échappe à nos mains
Ne pouvant lui tirer un mouvement infime.
L'Homme en rêve, car il saura, s'il y parvient,
Se faire une arme des folies qui nous animent.

De ce qui nous entoure, elles sont les premières
À avoir vu le jour, et le plus grand mystère.
De mille et cent penseurs elles eurent raison.

À jamais l'âme des passions leur tiendra tête.
Sera proclamé Roi de ses frères poètes
Celui qui d'un essai en tirera le fond.





V/ Sens interdit

Pas un mot à ce sujet.
C'est autant qu'il en faut et bien assez pour y songer.

Une idée que tous avons,
Et que l'on vit chassée d'esprits à grands coups de savon.

La pensée qui nous anime
À chaque jour passé où la volonté nous intime.

L'idéal qui ne peut vivre
Qu'en l'accord impartial d'offrir à chacun de le suivre.

En un sens, le sens du droit,
Son être, son essence, à tout jamais le tenant droit.

Le seul droit dont on ne prive,
Et que l'on prit aux rois pour permettre qu'un jour, j'écrive.





VI/ Marché noir

Je m'engage à jamais à subsister sans aide.
Que personne, en retour, jamais ne me quière.
Je m'engage à jamais n'envier ce qu'on ne cède.
En retour, pour mes biens, que nul n'engage guerre.

Je m'engage à pousser chaque homme sur la Terre
À conclure un marché à celui-ci semblant.
Et s'il me faut un jour le soutien de mes frères,
Je m'engage à cacher à leurs yeux ces serments.





VII/ Griffes de fée

Je n'implore jamais la mort sans la guider.
Nul ne craint la Faucheuse, elle ne sait donner
Le sort ainsi que je le fais, sans délivrance,
Et sans cesse enfoncer l'effet de la sentence.

De ceux qui me font face, il ne doit rien rester,
La honte les harasse et leur fin soit voilée.
Je ne veux pas de pleurs au-dessus de leurs membres.
Je ne veux pas de fleurs au début de Novembre.

La haine m'a appris la façon dont on blesse,
J'espère ne jamais décevoir ma maîtresse,
Ne m'armant pas de doigts, mais de griffes de fée.

Je sais tisser les défaites les plus amères,
Je sais faire empirer l'exécution sommaire,
Faire oublier celui qui vient à renoncer.





VIII/ Peint de rosée sur toile

Acte I :

Trois sœurs tressent les sorts dans leur toile de soie
De l'aurore des temps jusqu'à leur ruine.
En prisonniers des fils, à cent lieues de leurs droits,
Les rois et les tyrans courbent l'échine.

Insectes pris au piège, aux portes de leur fin,
Leurs majestés vivent leur dernier acte,
Infectes sur leur siège, aboient ici en vain ;
Trois araignées viennent à leur contact.

La Tisseuse, Nona, première à condamner
À fouler pour un temps l'enfer humain,
Sécrétant une soie aux auspices damnés,
Offre la vie à l'homme et au destin.

La Pholque, Decima, en contemplant les chaînes,
Les décore à son aise et les maintient.
Elle tisse ses lois, elle installe la scène,
Et lorsqu'un acteur pèse, écrit sa fin.

Approche enfin Morta, l'inflexible Faucheuse.
Elle achève l'ouvrage affreusement,
Affirme le trépas, puis s'en retourne heureuse
Itérer son carnage aux fils du temps.


Acte II :

Soudain surgit le drame ! Une battante pluie
Couvre le paysage et fait la nuit.
Fuyant ce temps infâme, accourant à l'abri,
Les dames à l'outrage offrent sursis.

La surprise guettant leur retour est de taille.
Sur la toile s'est peint le cataclysme,
De rosée décorant chaque fil, chaque maille.
Les reines voient un frein à leur cynisme.

C'est le salut de l'Homme aux chaînes du destin.
Morta ne le voit plus tenter de fuir,
Revers du décorum, Decima nul ne tient,
Nona se voit déchue : L'Homme respire.

Quel intérêt a-t-il à perdre de son temps,
À contempler la toile, à l'admirer,
Ou à appeler « Art » visu, sons, mouvements ?
Au destin il se voile... Liberté !

Trois sœurs toujours ignorent à quoi la rosée rime,
Égarent le présent qui se dessine.
Le prisonnier fait corps avec ce qui l'opprime,
Les rois et les tyrans courbent l'échine.





IX/ Glaciales inflorescences

Rien n'est jamais permis à qui l'espère.
Un temps, j'aime la vie et mes espoirs,
Long temps pour que j'oublie ce qui se perd...
J'aime et j'envie à la lueur du soir.

Mais rien à regretter ne me paraît.
Si les sorts sont jetés à notre insu,
Se meurent la beauté et ses attraits,
Sans but, sans âme, ils n'auront rien déçu.

L'effort d'un souvenir, comme le cœur battant
S'endort sans prévenir et éternellement.

Mais quelle peur d'un sort déjà donné ?
Dans la torpeur, qui tient à s'éveiller ?
Jamais les fleurs pour cent ans ne m'exhortent...
Jamais de pleurs d'oublier de la sorte.

Alors je prends un temps au clair de Lune
Pour dames, fleurs, printemps, heurs et fortune
Inspirant ma démence à les graver
En une inflorescence au cœur gelé.

Seule une glace obscure orne encore mes songes,
Seul demeure un murmure où ma plume se plonge.





X/ Myosotis

Mon cœur bat lentement, assez pour me tenir vivant...
Mais les vies ont un temps, et le destin n'est pas patient.
Je vois ma fin poindre devant.

J'aime, quand vient l'hiver, à visiter les cimetières,
Joindre ceux qu'on enterre, et contempler les hautes pierres
De leur résidence dernière.

On y lit un message, une marque de leur passage,
Le témoin d'une page. Existe-t-il plus bel hommage
Qu'un nom qui traverse les âges ?

On leur laisse des fleurs, pour qu'accompagnés ils se meurent...
Ainsi sombrent mes sœurs, après avoir avec ardeur
Mis au monde un peu de couleur...

J'augure mon trépas, tôt ou tard il m'emportera.
Lorsque le jour viendra, quand j'irai rejoindre Ophélia
Dans l'onde... Ne m'oubliez pas.





XI/ La mort dans l'âme

Regrets, dont pas un ne se révèle,
Je sais que rien n'y changera...
J'essaie, je crois de quérir du ciel
Les faits que je connais déjà.

Cessons de penser, ouvrons les yeux,
La foi, les idées importent peu,
Car s'il n'est qu'un monde où je déclame,
Je le laisse aller la mort dans l'âme...

Je le vois sombrer la mort dans l'âme.

Que croire en un monde aux mœurs salies ?
L'espoir, le dernier s'est éteint.
Ce soir, à l'instar de ceux qu'il suit,
Si noir, augure de la fin...

Encore une nuit, le sol s'embrase,
La ruine le suit, le temps le rase,
Je marche en un monde en proie aux flammes,
Je l'entends hurler la mort dans l'âme...

Je le vois brûler la mort dans l'âme.

Alors, j'ai continué d'écrire,
Encore, afin de retranscrire
Le sort de ceux qui n'ont su tenir
L'essor d'un besoin de détruire...

Ils le savaient bien, mais rien n'y fit.
Offrant le destin à ses folies,
L'humanité mit un terme au drame,
Vécut et prit fin la mort dans l'âme.

Assis dans la cendre, il me revient
Ce qu'on doit apprendre auprès des siens :
Ne laisse émerger ce que tu blâmes,
Ou vis à jamais la mort dans l'âme...





XII/ Dantesque néant

Le drame est quotidien. Il ne porte aucun nom.
Plus animé de rien qu'un mal profond,
L'on se morfond en vain, sans fin...
Aucun mot ne convient.

La vie ne laisse fuir un souffle d'air,
La permission d'écrire un vers...
Plus un vent ne m'inspire,
Le monde expire.

Je ne hais rien, en nul ne crois,
Plus de chagrin, d'effroi,
De froid, de faim...
Plus rien.

Papier blanc, pas de sang,
Terme aux tourments,

Néant.





XIII/ Main tremblante

La pensée m'est instable et le membre vacille,
Et sans cesse il essaie de fuir en mille écarts.
Il effleure l'écrit, le détourne et le pille
De son sens assuré, n'en laissant qu'une part,
Pour n'y interpréter au besoin qu'un égard.

Ma main tremble d'effroi, et de l'incertitude
Sur ce qu'il adviendra de son œuvre demain.
Elle se paralyse et perd toute aptitude
À composer sereine, et ce jusqu'à la fin.
Qui plus que l'Inconnu est digne d'être craint ?

Mon écriture est illisible, et semble hideuse.
Sur papier la couchant, j'en arrache l'ébauche.
Ma plume suit une pulsation capricieuse.
J'inscris d'un doigté mort. J'écris de la main gauche,
Verse une larme d'encre, et violemment la fauche.

Si nul manque ne doit être mot superflu,
Trop laid et lourd à lire, ou long à éluder,
J'exhibe un manuscrit qui ne vaut d'être lu
Sic, lorsque chaque mot, cent fois édulcoré,
N'offre qu'un nouveau voile à l'ouvrage achevé.

Baste ! Que justifier qui vaille d'y songer ?
C'est mon honnêteté que d'ainsi m'affermir.
La Main Tremblante est mon effigie. Reprenez
Du début, tout est tel qu'il vous semble le lire.









Et voilà!
Et voici la track bonus! C'est le premier en draconique de Skyrim (et j'ai pas juste tout fichu dans un translater, attention! J'ai retravaillé le truc pour faire de belles sonorités dans la langue cible.)
Et si vous comprenez pas les mots, c'pas grave, vu que ce sont à peu près ceux du premier poème.





Sos do virpal

Vozahlaas sos, vahlok unslaad laas,
Daasulro sos, aluntiidro ahrk ustiidro,
Ol ved ol vodaamahn sos zaal ahrk sos strin,
Ko sos, sos do virpal, sos do tiid.

Praam do kahriikro krosis ahrk ok lokaal,
Ahrk ok vul hahvoth ahrk aank,
Ahzid sos bo ko kahriikro sostrah
Ag ol rot nau zahd ahrk sinak.

Kahriik kinzuk haal voth uft,
Kahriik triir
Luv do sos ko vodaamahn bruh
Sos vosotiiv.

Viidost uv geikaal,
Ok niskren sken
Mahfaeraak los kriinaan,
Sos do virpal.

__________________________________________________
La forme la plus pure de la conscience du temps est l'ennui.
avatar
Aʀτѕᴇɴοʀ
Ecuyer

Messages : 397
Date d'inscription : 24/06/2011
Age : 19
Localisation : For each integer A from 1 to 666 (Take random point in (Region set from (Position of (Paladin #0071) offset with (Arithmetic ( (Convert Integer (Integer A) to real) x 60060,61) ) ; (Arithmetic (Convert integer (Integer A) to real) x (Square root (Convert integer (Integer A) to real) ) ) ) ) to (Take random point in (Playable map area) ) ) ... Voilà, avec ça, si vous me tombez dessus, jouez au loto. Si vous avez rien compris, jouez au loto quand même.

Feuille de personnage
Nom des personnages: Artsenor (Oh?), Defaris, Kaoren Sor (En cours de création), Céophraste, Nihlvexo... Néolune, ça compte?

Voir le profil de l'utilisateur http://chevalier-eclipse.forumgratuit.org/

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum