Quand il faut faire bref...

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Quand il faut faire bref...

Message par DALOKA le Ven 11 Nov - 19:59

Encore un sujet à la durée de vie incertaine, mais j'ai décidé de faire un différent sujet sur mes productions courtes vu qu'il arrive que j'en fasse et que je n'ai pas envie de les classer là où je classe mes one shot... Je mettrais donc ici mes retours les plus courts, mes textes un peu expérimentaux, ceux visant à teaser sur l'univers d'Eclipse, ou bien des textes se reposant plus sur leur aspect lyrique que sur une histoire.

Commençons par un poème vu que cela fait longtemps que je n'en ai pas fait.


Bataille

 Les courbes éternelles d'un tableau de chair,
  Allongé sur un vaste lit pourpré de fleurs
  Rendent blême mon corps qui se serre, devient serf
  Face à la poitrine qui signe mon malheur,
  Face à ces yeux qui me marquent au fer rouge,
  Face à ces lèvres que je voudrais sur mon front,
  Face à ces doigts qui me transpercent comme des vouges.

   Des sires disent « Ta jalousie est affront,
   Traiter choses de la terre, en divinités ?
   Pour être cueillies, elles sont à ta portée ! »
   Leurs irritantes voix me font désespérer.
   Quand les entendrais-je, pour cesser de pleurer ?
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Re: Quand il faut faire bref...

Message par DALOKA le Lun 13 Fév - 23:00

Ce Retour était relativement court, je le poste donc ici. Je me suis posé le défi d'en écrire un en une journée, voici donc le résultat.


Shigyaku, 1863

   
   « Chargez ! Ramenez en pièces ces félons dans les jupes de leur mère ! »

   Les ordres du fils aîné de Drogo fusaient d'une voix claire dans le cerveau des soldats qui y répondaient intensément par des cris endiablés. Sabres au clair, l'infanterie d'élite charge l'adversaire  fatigué. Le choc est terrible, et la pression bérilienne prend rapidement l'avantage.

   En cette même année, des débats faisaient rage à bérilion pour savoir si il en valait la peine de déclarer la paix. Mais il était clair que les guerriers qui participaient à cette escarmouches n'avaient aucune hésitation. Drogo, qui riait au nez des propositions d'armistices, leur servait de modèle. Dreï Dalfan, comme son porte parole, galvanisait ici les troupes.

  Une autre personne, cependant, suscitait également chez ses pairs l'admiration. Une femme en armure rouge, haute de plus de six pieds, qui toujours fonçait dans la bataille un sourire aux lèvres. Son nodachi blanc, quand il tranchait l'air et la chair, allait si vivement qu'on le comparait à un fouet qui ôtait le sang et le souffle des guerriers. Shigyaku Zatoi était terrifiante sur le champ de bataille, et ceci car peu de bériliens même aimaient autant la guerre qu'elle, et aucun n'en tirait autant de plaisir ou de joie.  

   Lorsque Shigyaku humait l'odeur du sang, lorsqu'elle entendait les cris de guerre, lorsqu'elle sentait dans ses poignets la résistance de la peau et des muscles face à sa lame, elle se sentait vivre comment cent hommes. Car le champ de bataille n'était pas pour elle un lieu sacré, mais un grand banquet, elle était celle que l'on surnommait le Dévoreur de Kaigan.

  Comment ne pas la considérer comme folle et monstrueuse ? Et comment, né bérilien, ne pas admirer cette fougue ? Cette envie de bataille, quand elle menait sabre en avant la charge, était plus contagieuse que les rires et les larmes. Chacun sentait s'éveiller dans ses membres et dans son cœur la faim du dévoreur, tandis que les sangs alliés comme ennemis volaient par gouttes et giclées.


   Pourtant les bériliens n'étaient pas les seuls à être ici de leur bon vouloir. Du côté Nurenuilien, contre la charge offensive de Dreï Dalfan, s'opposait Davin Koth, Theldr de Beremor. Car, parmi les seigneurs du nord, il était celui qui se taisait quand l'on parlait de paix. Si les hommes qu'il menait devaient mériter leur nom de Fous de Guerre, il lui fallait, devant l'agression, ne pas faire la sourde oreille, répondre à la provocation et se jeter vaillamment dans la bataille. Des jours durant, Davin avait repoussé les assauts de Dreï, tel un mur infatigable.

  Homme remarquable, il avait le respect de tout guerrier, même vieillissant sous son haubert au tabar décoré. Il avait, sous son casque orné qui brillait à la lueur matinale, la face grisonnante et brute, marquée par un bec de lièvre que dissimulait partiellement l'épaisse barbe. Il portait dans ses mains la claymore qui fut il y a longtemps forgée pour lui, et, malgré les combats, ne laissait pas transparaître la fatigue. Mais tout ses hommes n'étaient pas autant exceptionnels. Alors qu'il tenait les bériliens éloignées jusqu'alors, ils effectuaient à présent une percée, ce qui signifiait que l'infanterie arrière allait devoir se confronter à ces hommes dans l'espoir de les encercler.

 L'œil de Davin ne manqua pas de remarquer quel funeste et impressionnant spectacle se déroulait sous ses yeux. La bérilienne dont les lamelles de l'armure et la chevelure noire étaient tâchées de pourpre était en tête, et mettait avec aisance ses hommes à terre, si elle ne faisait pas voler leur tête d'un seul geste. Tout ceux qui lui survivaient ne pouvaient que se faire massacrer par la horde qui la suivait.


  Les pieds de Shigyaku foulèrent un cadavre nuren, tandis qu'elle fendit sous le casque le visage d'un adversaire du menton jusqu'au nez, ouvrant sa mâchoire comme une bûche. Elle vit que les troupes arrières chargeaient, nombreuses, en dévalant la colline. Et que vit-elle à leur tête ? Rien de moins qu'un Theldr. Sa tenue ne lui laissait aucun doute.
   Rejetant le corps de sa dernière victime, elle passa sa langue sur ses lèvres mouillées de sang. Elle savait que Dreï mènerait la seconde charge pour prendre l'infanterie adversaire sur le côté. Cela signifiait qu'elle avait la meilleure position pour défier leur chef en duel, une aubaine pour elle, car jamais elle n'aurait laissé Dreï lui voler sa proie.

  Sans hésitation, Shigyaku courut à nouveau vers les ennemis, suivie de ses alliés. Le choc des épées et des sabres fut encore plus terribles que le précédent, et les vétérans nurenuiliens faisaient face à des troupes dans une bien plus grande forme. Davin Koth savait que ce combat ne serait pas aisé, et se préparait à affronter la furie qui, le sabre levé, n'attendait que de faucher sa vie.
  La bataille était chaotique, mais l'objectif de la bérilien était des plus clairs. Aussi, elle repoussa brutalement tout les soldats qui tentèrent de l'interrompre, pour pouvoir asséner à Davin un coup de son nodachi. Le Theldr para, ressentant dans ses bras toute la force de la femme qui n'avait qu'un quart de siècle.

« -Jamais je n'ai encore vu couler le sang d'un Theldr, » fit elle avec satisfaction en se remettant en garde.
«-Quel est donc ton nom, téméraire ? » Fit avec raillerie Davin en surveillant les mouvements de la longue lame de la bérilienne.
«-Tyrann, le Dévoreur de Kaigan, et vos descendants comme vos ancêtres s'en souviendront pour l'éternité.
-Ah ! Dans ce cas, je rirai en leur contant à tous comment tu as été vaincue ! »

  Shigyaku passa à l'attaque. D'un coup de taille, elle éloigna la lame de Davin pour ensuite lui asséner une attaque vouée à faire sauter sa tête, mais qui ne frappa que l'épaule. Cette dernière, protégée par la maille et la jaque, ne fut pas tranchée, mais il en ressentit le choc malgré tout dans tout son corps. Même étant jeune, il n'avait pas eu autant de force, mais si il l'était, il aurait au moins l'endurance nécessaire… Le corps douloureux, il para un coup de la bérilienne, puis esquiva le second et, avant qu'elle replace sa garde, la frappa dans l'articulation du bras, mais grâce à l'armure il ne fut que blessé, cependant, Davin ne devait pas relâcher son offensive. Il leva son épée pour cette fois, la frapper au crâne non protégé. Alors Shigyaku bloqua la claymore de son arme et, posant une main sur sa lame, fonça sur Davin, faisant glisser dans un hurlement de métal son nodachi sur l'épée de ce dernier. De la main qui tenait la lame, elle dirigea le tranchant du sabre blanc vers le cou du Theldr. La mort fondit comme un éclair sur Davin, qui n'eut pas la force de repousser ou l'épée ou la guerrière qui la maniait. Il ne vit que les yeux verts de Shigyaku luire d'une aura meurtrière, avant que le fil meurtrier lui ouvre la gorge, et qu'un flot de sang s'écoule sur l'acier des armures. Il n'eut le temps de prononcer mot, ni d'éprouver ses regrets.


    Au loin, les renforts nurenuiliens arrivaient enfin. Au pas de course, le Jundr Orien Koth menait ces hommes. Le fils du Theldr accourait pour venir en aide à son père, qu'il savait tenir cette position depuis plusieurs nuits. Le combattant encore dans l'âge vif portait comme son père la maille brillante sous le Tabar noir de Beremor et, bouclier rond dans la main, épée dans l'autre, ordonna de vive voix de venir en aide aux troupes de son père. Mais, à leur droite chargeaient également les guerriers de Dreï Dalfan, qui lui barraient la route. Orien à la barbe brune aurait par habitude combattu avec prudence, si il n'avait pas vu ce qui lui fit pousser un cri à s'en déchirer la gorge. Le fils du Theldr vit Shigyaku porter sur son épaule le corps de son père, repoussant même ainsi handicapée ceux qui voulaient récupérer leur seigneur.

  Sans en prévenir ses hommes, il accéléra le pas, ivre de rage. Bouclier en avant, il renversa tout les bériliens qui s'opposaient à lui, quitte à s'éloigner de son groupe. Le guerrier, surpassant de loin les troupes de Dreï pour la rage, atteint finalement Shigyaku. Il n'était plus qu'à sept grandes enjambées de la meurtrière de son père, et la haine bouillonnait dans tout son sang.

« -Rends moi le corps de mon père, démone ! » Cria t-il, le visage rougi par la colère.
« -Viens donc me l'arracher ! » Le nargua Shigyaku. Les troupes bériliennes avaient sur cette zone l'avantage, et c'était Orien qui était encerclé. Pour cela, Tyrann jeta derrière elle le cadavre de Davin pour saisir à deux mains son sabre. Ce corps était le parfait appât, et elle avait une fois de plus une grosse prise.
«La vie de cet homme m'appartient! » cria t-elle aux autres soldats. Elle ne voulait pour rien au monde que l'on interrompe son duel.

   Dans un pas dénué d'hésitation, Orien s'élança sans se préoccuper de la situation de la bataille, et attaqua par trois fois Shigyaku de son épée. Par trois fois, il fut paré, mais se protégea à l'aide de son bouclier. La bérilienne ensanglantée continua de le provoquer, ouvrant délibérément sa garde en lui tendant les bras. Il voyait qu'elle était blessée, mais elle n'en avait cure.
« -Tu vis intensément ! Rit Tyrann, un sourire carnassier au visage. Je peux sentir la force sous ta peau ! »

   Orien fut alors à la fois stupéfait et effrayé. Cette femme semblait prendre tant de plaisir à la bataille et à la mort que cela ne lui semblait pas humain. Il se sentit tout d'un coup oppressé par la bérilienne qui le dépassait d'une tête. Le fils du Theldr savait qu'elle avait la force de redresser assez rapidement son épée, et qu'il ne devait pas charger sans prudence… Néanmoins, en un tel moment, si il ne pouvait pas mourir, il ne pouvait également supporter d'être lâche, ou bien son père aurait pitié de lui !

   Il chargea, et soulevant soudainement son épée, Tyrann se lécha de nouveau les lèvres, ce qui inspira un frisson de peur et de dégoût au guerrier qui ne recula néanmoins pas. Elle avait l'avantage de l'allonge, et le forçait à se tenir à distance. Alors, quand le coup de taille de la bérilienne vint, il lui mit en opposition le bord de son bouclier. La lame du nodachi fendit le bois, blessant le poing d'Orien. Cependant, la lame était dorénavant coincée dans le bouclier, laissant Shigyaku sans défense. Le fils du Theldr leva son épée vers la tête de cette dernière, qui tenta d'esquiver en reculant d'un pas. Cela ne fut pas suffisant, car la lame trancha son visage de la pommette jusqu'au front, tranchant l'œil gauche sur son passage. Avec force, elle parvint à retirer sa lame et leva son bras gauche pour protéger sa tête, mais déjà l'épée d'Orien se plantait dans son aisselle, et il lui donnait un violent coup de pied qui la mit à terre.

  Orien était à présent entouré d'ennemis, mais il avait dressé sur ses épaules Davin. Avec tristesse, il confirma que le corps était sans vie, brisant le minime espoir qu'il avait de sauver son père et seigneur. Malgré tout, il était animé par l'ardeur de rentrer en vie pour offrir à ce dernier les funérailles qu'il méritait.

« Hors de ma vue ! Criait il, tandis qu'il chargeait à travers les bériliens qui l'interceptaient. Malheureusement, il ne vengerait pas son père aujourd'hui.


   Shigyaku avait à présent le visage entièrement couvert de sang. Elle avait été vaincue, et en avait perdu son œil. La douleur comme l'extase du combat rendaient sa respiration forte. Orien devait à présent être loin…

   Tyrann, au sol, éclata de rire.
« -J'espère te revoir… Theldr ! »
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Re: Quand il faut faire bref...

Message par DALOKA le Ven 26 Mai - 16:57

« … Deux problèmes majeurs font que ce vampire doit être identifié et éliminé au plus vite, même si il ne semble pas si fort individuellement. Premièrement, sa capacité à échapper aux chasseurs avec aisance. Deuxièmement, le grand nombre de civils qu'il abat, qui est alarmant. Un vampire n'a besoin que d'une victime par mois pour survive, mais on recense en moyenne 8 à 12  meurtre mensuels de ce dernier.
   Ses méthodes de chasses sont d'une simplicité troublante. Personajes s'introduit dans des maisons de nuit, handicape sa victime en endommageant ou tranchant ses membres, puis l'emporte avec lui. Les cadavres sont parfois retrouvés dans des rivières, secs et décapités. C'est l'identification de ces derniers qui nous confirma la nature vampirique de Personajes. »

Extrait du Dossier sur le cas N°836, alias ''Personajes''. Rédacteur : Heilwig Friedsang.


Un Sang Maudit 1


-975…

  Le vampire encapuchonné tenait entre ses mains une tête humaine. Une tête dénuée de tronc, posée sur ses genoux comme une balle. Elle avait appartenu à une jeune femme, une jeune femme banale. Il ne savait même pas son nom, mais elle avait de belles lèvres et surtout, de très beaux yeux vairons. Une qualité rare. Il y a quelques années, jamais il n'aurait osé approcher une femme trop jolie pour lui, même d'un milieu social égal au sien…

-… 982, 983, 984…

  Il plongea ses longs doigts blancs dans les orbites de la damoiselle morte, afin d'en arracher un œil  qu'il amena à sa bouche pour le lécher, en savourant la succulente saveur du sang. Il était bien content de pouvoir conserver les parties qu'il désirait. En comparaison à la succion du sang, manger une tête était un repas bien plus varié. Il y avait toujours quelqu'un pour aimer son fruit avec la peau, ou désirer les parties dont personne ne voulait. Le monde était bien fait.

-… 991, 992…

   Mais il lui était plutôt difficile de se concentrer sur sa tête fraîche avec cette énergumène. Marty leva le regard de sa tête pour contempler avec incompréhension le spectacle sous ses yeux. Dans ce phare en ruine où le rez de chaussé prenait l'eau, elle avait décidé d'installer sa base temporaire. Il n'y avait cependant pas grand-chose à part des tas de livres, des rochers, et cette femme aux cheveux blancs qui, la tête en bas, faisait des pompes, tout en soulevant au sommet de ses jambes un bloc de pierre sans doute quatre fois plus lourd qu'elle.

-1001… 1002…

    Mais voyant qu'elle ne s'arrêterait pas à 1000, Marty décida d'engager la conversation afin d'éclairer sa lanterne.

-… Pourquoi tu fais ça, au fait ?
   Kazhaar le regarda un instant de ses yeux jaunes, avant de projeter le bloc de pierre en l'air d'une poussée de ses jambes, reprendre pied, et frapper ce dernier de son poing. Fissuré, le rocher fut séparé en deux. Sa main droite saignante de son propre sang guérit pourtant bien rapidement de cet immense choc.

-Franchement, ça ne correspond pas à ton image de t'entraîner, fit il en suçotant son œil. Et ça m'effraie.
-Mon petit Marty… Sourit-elle. Pourquoi penses tu que je chasse des tueurs Friedsang depuis quatre ans ?
-… Pour qu'il y en ai moins ? On n'aime pas trop ces gens là…
-Il y aura toujours des chasseurs de vampire, dit Kazhaar en haussant les épaules. Ils sont d'excellents sujets pour acquérir de l'expérience de combat.
-Mais t'es déjà grandement balaise.
-Voilà l'erreur que font la plupart d'entre nous,
déclama t-elle en levant un doigt. Il y a plus de dix ans, un mage et inquisiteur ont manqué de mettre fin à mes jours alors que j'étais certaine de ma victoire. Si je n'avais pas eu de la chance, je serais morte à ce moment là.
-Tu ne mange qu'un humain tout les un ou deux mois… Ta puissance n'augmenterait pas si tu en mangeais plus ? Vu que tu n'as pas peur des chasseurs.
-C'est ce que j'ai pensé Marty…


   Les cheveux blancs de la vampires devinrent plus longs, jusqu'à atteindre le sol. Kazhaar s'assit sur ses cheveux vivants qui formèrent comme une chaise. Le vampire mineur lui, écoutant, achevait son œil.

-Il semble que j'ai déjà atteint mon potentiel maximum de puissance en buvant du sang. Ou plutôt, celui que j'ai toujours eu. Comment t'expliquer… Imagine que chaque vampire est une bouteille. Les seigneurs vampires sont les plus grandes bouteilles qui se trouvent être pleines. Chaque bouteille se remplit quand l'on se nourrit de sang, ce qui augmente notre puissance.
   Moi, je suis une bouteille naturellement pleine. Je suis affaiblie quand je ne bois pas de sang frais pendant longtemps, mais c'est tout.

   En d'autres termes, je ne peux que développer mes capacités actuelles.

-Je vois pas en quoi faire de l'exercice physique rend un vampire plus puissant…
-Tout juste. Le corps d'un vampire étant mort, il ne peut pas réellement se développer. Je suis surprise que tu le comprenne…
-… Te moques pas de moi parce que je sais pas lire.
-C'est justement dans un livre que se trouve un de mes moyens ! Contrairement aux autres vampires, mes fonctions vitales fonctionnent encore. Mais si mes capacités physiques sont décuplées par mes pouvoirs, je peux aussi augmenter mes capacités physiques naturelles… Imagine que la force humaine commune est à 100. Je ne peux pas passer de 4x100 à 5x100, mais je peux passer de 4x100 à 4x110, 4x120, etc. Essentiellement, la méthode est simplement différente.
-Euuuuh…
-… Bon,
fit la vampire avec lassitude en reposant son menton sur sa paume. Tu te souviens que j'ai perdu mes jambes contre ces deux humains ? J'ai donc pris à une femme les siennes pour les greffer à mon corps. Quand ces dernières s'étaient totalement adaptées, et que je les assimilai totalement, j'ai remarqué que leur force était légèrement supérieure à celle de mes précédentes. Même si la différence n'est pas immense, elle est significative. J'avais pris les membres d'une combattante entraînée. Avant ma vampirisation, je n'avais fait quasiment aucun exercice physique de ma vie.

   Et c'est là que je me suis penchée sur ceci.

Une mèche de cheveux de Kazhaar vint saisir le livre ouvert au sommet de la pile. Marty savait qu'elle s'infiltrait souvent dans des bibliothèques pour emprunter des livres. Mais ceci sans autorisation… Même si elle les rendait, ce n'était pas plutôt du vol ?

-''Thèse sur le renforcement physique et mental''. C'est un livre écrit par un médecin et artiste martial bérilien, Fei Long. Il explique au chapitre 15 que les muscles endommagés peuvent devenir plus forts par la suite. C'est ainsi que l'exercice, en les mettant à l'épreuve, les font se rompre pour devenir plus tenaces. Un phénomène similaire se produit sur les os.
  Bien sur, cela ne signifie pas qu'être blessé rend strictement plus fort, vu que certaines blessures graves peuvent endommager à jamais un membre. Quelqu'un qui se ferait broyer la main aurait grand mal à récupérer correctement… Cependant le problème ne se pose pas pour moi.
   Je peux guérir de n'importe quelle blessure. Cela signifie que je peux me renforcer bien plus rapidement, même dans la limite de mon petit corps.
-C'est pas simple, devenir fort chez un humain. Jamais j'aurai pu devenir fort moi,
fit Marty en piochant le second œil de sa victime.

-Laisse moi te montrer. La pratique te démontrera l'efficacité de la théorie.

 Kazhaar, dans un bond, se leva pour se diriger vers le mur derrière Marty. Sa chef avait toujours des idées effrayantes…

   Cette dernière prit une grande inspiration et frappa le mur de son poing gauche. Le mur éclata, mais sa main se brisa tout autant, tout comme son poignet se tordit.
   Puis, elle frappa quelques mètres plus loin du poing droit. Cette autre partie du mur subit le même sort, ruinant un phare déjà en piteux état, mais Kazhaar n'avait que le poing en sang.

-J'utilise toujours le poing droit pour frapper. Voilà la différence… Il faut donc que j'entraîne autant mon poing gauche.
  A l'aide de ces méthodes, je dois avoir les capacités physiques d'un seigneur vampire… Mais il n'y a pas que cela. Apprendre des techniques humaines, étendre l'usage de mes cheveux, tout cela fera de moi une combattante bien supérieure.


-Tu veux affronter un seigneur ? S'angoissa Marty, craignant surtout pour sa vie à lui si sa protectrice mourrait.
-C'est dans mes projets oui, sourit Kazhaar. Si possible, cette pédante Refinia. Mais mon corps n'est pas encore totalement au point. Ma main gauche doit atteindre le niveau de ma main droite. Et enfin… Je n'ai pas encore testé mon atout sur quelqu'un.
   Néanmoins, je comprends mieux mes aptitudes. Mon véritable pouvoir n'est pas ma chevelure, mais l'entièreté de mon corps. A l'aide de technique, je pourrai tuer plus puissant que moi.


-Je sais pas… Ca m'a l'air imprudent cette histoire…
-Bien sur, ce n'est pas pour tout de suite. Il faut d'abord que j'observe la différence… Je dois affronter un adversaire à cent pour cent de mes capacités.
-Hmm… Moi, je n'aime pas me battre.
-Moi non plus Marty,
fit elle avec un grand sourire en lui donnant une tape dans l'épaule qui lui brisa les os, lui faisant pousser un cri soudain de douleur.
Mais j'aime gagner.

-Je me demande, fit un Marty à l'air peiné, En quoi je te suis utile ? Je ne suis pas si fort, ce n'est même pas toi qui m'a vampirisé, et je n'ai pas la meilleure des conversations.
-Je pense qu'en grande partie, les vampires restent humain. Et en cela, nous avons besoin de compagnie. Bien sur, tu es un rustre, mais ce n'est pas comme si tu pouvais me faire du mal.

   Il était vrai que si il devait tenter d'agresser cette dernière, il mourrait dans l'instant sans avoir pu faire quoique ce soit. Sa résistance ne lui permettrait jamais d'être plus tenace que ces murs. Il paraissait que le sang de Kazhaar était d'un goût exquis et particulièrement puissant, mais pour Marty cela était trop peu pour risquer sa vie. Il préférait manger dans la main des forts que mordre la leur.

-D'ailleurs chef, tu as un gamin non ? Il ne te manque pas trop ?
-Bien entendu qu'il me manque. Mais mon mari semble vouloir l'éloigner de moi… Un conflit familial trivial, rien de plus. Je reverrai Seth quand j'en aurai fini ici. J'espère qu'il va bien…
-C'est drôle,
dit avec un sourire Marty, j'ai tendance à oublier que tu es une vieille peau de plus de 40 ans…
-N'est ce pas ? Se réjouit elle, flattée. Je suis la chose la plus adorable en ce monde après mon fils.
-Je vais pas te contredire,
fit le vampire en arrachant avec nonchalance le nez de la tête qu'il n'avait pas lâché.
-Oh, ce n'est pas comme ton opinion comptait beaucoup.


    Après ces mots, la vampire s'avança vers les livres. Tandis qu'elle étirait ses bras, ses cheveux s'activaient à ranger les livres correctement.
-Dépêche toi de manger. J'en ai fini ici, nous partons donc.

   Marty regarda sa tête en soupirant, avant de mordre à pleine dents la bouche du cadavre pour en sucer tout le sang. Quand cette dernière fut si sèche que l'on pouvait en décoller la peau avec les doigts, il la jeta par le trou qu'avait fait Kazhaar dans le mur. Ce dernier prit ensuite dans son manteau un objet blanc. Un dôme de la taille d'un visage, percé au milieu d'un grand trou.

   Le vampire mit son masque. Il fallait repartir en chasse, si la chef le disait.
-On va où ?
-Nous laissons ça ici et allons traverser la frontière cette nuit, nos amis nous attendent là bas… Je vais rendre une petite visite aux Friedsang.
-Je vais encore risquer ma vie moi…
-Je ne m'inquiéterais pas à ta place. Tu es Personajes, n'est-ce pas vrai ?
-Ouais, ouais…

Dans la nuit, l'être encapuchonné et la jeune fille quittèrent le phare, en direction de nouveaux désagréments.
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Re: Quand il faut faire bref...

Message par DALOKA le Dim 4 Juin - 16:36

Un Sang Maudit 2

   Après de longues négociations le comte Oswald Friedsang avait accepté qu'Heilwig obtienne l'autorisation de rencontrer la créature cachée dans le sous sol du domaine. Eleison, le saint devenu vampire, le tout premier apôtre de l'ordre haynailique. Le vampirologue se demandait bien quelle singularité pouvait il avoir pour que même lui doive tant batailler pour une entrevue. Mais ses arguments étaient venus à bout de la méfiance de son oncle.

  Heilwig attendait comme convenu Oswald à l'entrée du couloir des interdits. Il s'aventurait souvent à l'intérieur mais il restait proscrit à un Friedsang seul d'en ouvrir la porte. De telles mesures de sécurité étaient essentielles car un examen sur un vampire était parfaitement susceptible de dégénérer. Parfois, il arriva aussi que des Friedsangs furent convaincus d'aider à la libération d'une créature.

   Heilwig se leva quand il entendit Oswald, l'air toujours aussi rigide, descendre les escaliers. Allant à sa rencontre, il lui serra la main avec politesse. Chez les Friedsang, le rapport au comte était plus celui avec un supérieur hiérarchique qu'avec un parent.

-Vous ne portez pas d'arme.
-Je ne m'abaisserai pas à cela. Si vous avez peur allez donc chercher vous même une épée longue.
  Heilwig, haussant les épaules, inséra la clef dans l'immense verrou circulaire de fer, et dans de multiples cliquetis, elle s'ouvrit. Le fameux couloir s'aligna alors devant eux. Étroit, il ne devait recueillir qu'une poignée de cellules : c'était là que l'on enfermait les pires prisonniers qui étaient faits lors des chasses.
   Oswald s'avança le premier et Heilwig vint à sa suite. Le vampirologue savait très bien ce qui se trouvait derrière les barreaux d'argent. Des créatures affamées et au bord de la folie, mais nul homme saint d'esprit également ne se jetterait dans cette sinistre salle. Les monstres se montraient apathiques et restaient cachés dans l'obscurité tandis qu'Oswald ne leur adressait pas un seul regard. Heilwig connaissait chacun des prisonniers du domaine Friedsang, et, en silence, prenait en pitié ces monstres.

  Quand Oswald passa devant la sixième cellule, une main pâle et griffue se jeta alors entre les barreaux comme pour saisir le comte, qui n'était nullement à sa portée, et restait sévère comme flegmatique. Le bras, pour passer à travers les barres peu espacées, avait dû se broyer contre l'argent, et sa chair en était partiellement noircie.
-Oswald… Vomit une voix féminine dans la cellule. Quel plaisir de te revoir…
   Heilwig, surprit, avait reculé d'un pas, mais le comte ne fit qu'adresser un regard plein d'indifférence et de mépris.
-Je vais sortir, reprit la voix dans un rire étouffé. Je vais sortir et tu n'imagine même pas combien je jouirai de ton malheur ! Tout ceux dans ce bâtiment mourront…
  Elle ne put finir sa phrase, car Heilwig incanta sur son bras un sort d'incinération. Son membre ainsi dévoré par les flammes, elle se retira dans sa prison en gémissant de douleur. Oswald lui, avait continué son chemin sans écouter la vampire.

-Naquanda est une vampire majeure très puissante, dit il à son oncle, une fois sortis du couloir. Vous êtes trop imprudent.
-Heilwig, si je me présentais ici armé, ces vermines auraient l'indécence de croire que je les crains. Ils doivent bien comprendre que leurs espérances sont nulles, et que leur race est insignifiante.
-Très bien, admettons que cela est nécessaire… Naja Naquanda est une vampire majeure de presque un siècle, vous l'avez affrontée, je n'ai rien à vous apprendre sur ses aptitudes. Il serait plus raisonnable de l'exécuter.
-Ah ? Et pourquoi donc ? Risque t-elle de poser un problème, enfermée ici ?
-C'est que, selon les règles de détention, nous avons ordre de supprimer les vampire majeurs après un maximum d'un mois d'emprisonnement.
-Tant qu'il y a de la place dans ce couloir, elle restera ainsi. Telle est ma décision.
-… Je serais très franc avec vous, monsieur, nous n'avons aucun intérêt à garder ici des vampires dans l'unique but de se délecter de leur souffrance.
-Vous cachez votre pitié sous des intérêts logistiques,
sourit sèchement Oswald. Je n'ai que faire de votre tendresse. Je tiens plutôt à savoir quand cette vampire entrera dans le même état de dessèchement mental que le reste du couloir. Si le sujet vous dérange tant, écrivez un rapport détaillé et nous y repenserons.
  Passons à autre chose, voulez vous.

   Ils descendirent les escaliers au bout du couloir, ce qui les conduit à une immense porte de métal, bien plus massive que celle de l'entrée. Entièrement noire, elle était recouverte d'une série de mécanismes complexes et animés par la magie, qui se mêlaient aux multiples gravures religieuses qui tapissaient la surface de fer.
-J'ai la clef avec moi, dit Oswald, la cherchant dans sa veste. Et vous allez ouvrir la porte.
-Je le veux bien, mais je ne comprends pas cette requête.
-Taisez vous, et regardez.
  Oswald tendis une chose incarnat à Heilwig, et il réalisa avec horreur ce que ce dernier lui désignait. Une clef blanche entourée de chairs, de nerf et de muscles encore vifs, comme si elle était elle même un organisme vivant. Il comprit que la clef avait été en vérité taillée dans un os, mais ne put concevoir comment ces amas organiques informes pouvaient s'y attacher et palpiter ainsi.
-Vous feriez mieux de porter des gants comme moi.
-… Messire Oswald,
dit Heilwig dans un rire faux et apeuré, l'usage de cet objet ne serait-il pas dangereux ?
-Vous vous posez trop de questions,
siffla t-il, voilà pourquoi je ne vous informais de rien. Il est plus raisonnable que vous utilisiez un objet peut-être dangereux à la place de votre supérieur. Je vous dédommagerai si problème  il y a.

  Peu confiant, Heilwig sortit des gants de son habit et prit la clef. L'objet ne le répugnait pas, mais l'interrogeait trop pour qu'il puisse rester serein… Le regard d'Oswald néanmoins, se faisait pressant.
  Le vampirologue inséra la clef d'os dans la serrure. Les gravures, alors, s'illuminèrent de doré, et les mécanisme s'enclenchèrent dans une symphonie de cliquetis. Heilwig crut entendre des chants graves venir de la porte, tandis qu'elle s'ouvrit naturellement. Oswald, ouvrant la marche à nouveau,   passa sans crainte entre les deux plaques massives de fer, et Heilwig, suivant ses pas, s'y engouffra à nouveau.
  La grande salle, massive pour un lieu sous le manoir, avait l'air de deux choses. L'air d'une salle du trône, par ses dimensions grandioses et sa forme rectangulaire construite comme un immense couloir, et l'air d'un laboratoire par la multitude d'appareils et d'ustensiles qui peuplaient le lieu, leur acier noir entachant presque la noblesse du lieu. Heilwig reconnut là des appareils d'hémologie, de par les nombreux objets cylindriques et sphériques qui étaient consacrés au stockage et au filtrage du sang. Mais l'hémologie était un art macabre, et voir autant de ces objets, même sans savoir qu'ils étaient pleins ou non, mettait Heilwig mal à l'aise.
-Quelles types de recherches sont effectuées ici ?… Pourquoi n'en ai-je jamais été informé ?
-Taisez vous donc un peu. Les runes éclairent mal le lieu, mais l'on approche du fond… Vous comprendrez quand vous le verrez.

  Cela ne le rassurait nullement. Le clown ne se sentait guère d'humeur à plaisanter, et si il ne soupçonnait pas Oswald capable de lui tordre le cou, il oserait s'offusquer contre son ignorance. Quels vampirologues étaient donc impliqués dans cette mascarade ?

   Plus ils s'approchaient du bout de la salle, plus le mystère se faisait clair. Car au fond se trouvait bel et bien un trône, où était assise une silhouette… Inerte. Nul vampire imposant, mais à la place, un corps pâle et desséché d'un grand vieillard dans des grands habits ecclésiastiques poussiéreux. Heilwig avait étudié de nombreux vampires, et il ne pouvait penser que cette chose en était un. Les corps des vampires morts se putréfiaient à vue d'œil et étaient quasiment impossibles à conserver, et pourtant, ce qu'il avait en face de lui avait bien l'air mort. Mais une autre chose attirait son regard : les multiples tubes métalliques, qui perçaient le dos du vieillard courbé… Pour en extraire, à ne pas en douter, son sang.
-Voici Eleison. N'êtes vous pas déçus ? Railla Oswald en croisant les bras.
-Je… Vous me devez des explications, monsieur le comte. Quelle est cette chose ?
-Je viens de vous le dire. Vous n'êtes pas sans savoir la légende qui dirait que le saint des saints, Eleison, fondateur de l'Ordre Haynailique, s'est retiré du monde après avoir été victime d'une terrible malédiction. Cela fait 35 ans que nous avons récupéré ce corps, dans une crypte où il s'était reclus… Nous nous attendions, comme vous, à un vampire surpuissant de plusieurs siècles. Nous n'avons trouvé que ceci. Son corps, tout le confirme, mais dans un état… De sommeil.
-Il n'est donc pas totalement inactif.
-C'est pour ça que cette porte est utile. Il est ici totalement isolé du monde.

-Je comprend bien le désir de l'isoler… Mais que faites vous exactement, avec cette créature.
-Sa singularité est étudiée. Et elle est terriblement intéressante… Suffisamment pour que j'investisse dans ces expériences. Eleison a une singularité d'hémomancien… Bien que nous ne savons pas si il serait capable de s'en servir soi même.
  Normalement le sang d'un vampire est nocif aux humains… Mais celui d'Eleison agit de manière différente. Si le sang vampirique est dangereux à l'homme, c'est que l'introduction d'essence dans un corps doté d'âme est contre nature.
-Une âme ne peut s'entendre avec l'essence, et cette dernière tentera donc d'affaiblir l'autre pour la remplacer…
-Et si elle réussit, le corps humain, non fait pour survivre par l'essence, périt. Cela, comme vous le savez, cause un sévère traumatisme physique au corps, pendant qu'âme et essence luttent… Ici, l'essence a pour effet de conférer une forte capacité de guérison au corps, guérissant donc les séquelles physiques de la lutte interne. En résulte donc un corps qui, s'étant abîmé et régénéré à de multiples reprises, devient bien plus fort. Les muscles atteignent leur pleine forme, tout comme les os, qui deviennent plus solides, les articulations, qui deviennent plus souples…
-Je vous arrête de suite,
dit Heilwig, déboussolé. Vous êtes en train de me dire que vous drainez le sang de ce vampire… Pour créer des soldats augmentés ?
-Vous avez bien saisit l'idée. L'inquisition poursuit de telles expériences depuis plus longtemps que nous, mais nous possédons le monopole de la vampirologie ! Nous seuls, les Friedsang !
-Cependant, vous l'avez dit, une telle expérience conduit à la mort du sujet.
-Pas si nous trouvons l'exact dosage de sang et une âme assez forte pour que la lutte entre les deux forces ne s'achève jamais… Nous pourrions même atteindre un état de cohabitation entre l'essence et l'âme. L'avantage de cela, c'est d'être remarquablement plus rapide que les expériences inquisitoriales, qui s'effectuent sur des fœtus ou des nouveaux nés. Si nous vendons ceci au gouvernement… Réalisez vous ? Un procédé pour transformer n'importe quel guerrier en machine de guerre !
-… Vous avez décidément perdu la raison,
dit le vampirologue d'un ton grave.
-La chasse aux vampires ne paye plus, vous le savez.
-Pensez vous sérieusement qu'un procédé si immoral et hasardeux fera bon commerce ? Vous n'êtes pas si idiot…


  Oswald émit un rictus d'agacement. Heilwig était désemparé par son comportement, à ses yeux beaucoup moins rusé qu'il n'y paraissait… Avaient il le moindre réel contrôle sur la force entre leurs mains ? En vampirologie, un concept essentiel était bien la conscience des risques. Voilà tout ce qui les séparait vraiment des inquisiteurs ! Oswald bafouait tout ces principes… Pour de l'argent ? La famille avait des terres, avait du renom, et les caisses n'étaient pas vides. Si il voulait tant devenir riche, qu'il devienne un réel commerçant !
  Le comte, frappé de silence, tourna le dos vers le cadavre. Il était sur de lui, comme il l'avait toujours été… Mais n'avait plus le sens des réalités. Il fallait que Kartsa devienne comtesse, au plus vite, ou ce serait la ruine de la famille…
  Mais un doute terrible transperça l'esprit d'Heilwig. Il tourna les talons, et retourna vers la porte.
-Déjà parti ?… N'avez vous pas tant de questions?
  Les mains du vampirologue se faisaient moites quand il atteint la porte… Et l'examina des deux faces avec une grande attention.
-Vous avez bien dit que cette porte servait à empêcher le vampire de sortir.
-C'est exact,
dit Oswald, s'approchant rejoindre Heilwig.
-Mais tout près, se trouvent une dizaine de vampires dangereux. Il y a donc bien une double mesure de sécurité pour les empêcher eux aussi de forcer la porte…
-Merci de me couvrir de vos fabuleux constats!
Eclata t-il, agacé. Je vois que vous n'avez rien d'autre à faire. Devrions nous donc partir sur le champ ?
-… Oui. Cet endroit me donne la nausée,
rit il à voix haute. Prendre l'air me fera le plus grand bien.

  Il y avait sans aucun doute un sort anti vampirique sur la porte… Et c'est pour cela qu'Heilwig n'osa pas poser sa question qui, en vérité, dépassait toutes les autres. De l'identité des autres vampirologues au moyen qui leur permit de découvrir ce corps…
  Pourquoi Oswald lui avait il demandé d'ouvrir cette porte ?
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Re: Quand il faut faire bref...

Message par DALOKA le Mer 21 Juin - 0:30

Les adieux



Les portes de pierre s'ouvrirent dans un lourd grondement, laissant émerger la figure de l'Empereur. Laurence d'Haynailia était vêtu pour la guerre, de son armure étincelante de métal blanc. Il s'avançait cependant seul, sur le sol où lui seul avait le droit d'être. Sur la place de l'Exaccus, au dessus du toit du gigantesque palais impérial.

   Il leva la tête, lui qui se savait au dessus de tous, car quelque chose de bien plus grand lui faisait face. Allongé d'une manière féline comme un grand lion se trouvait l'être qui était quinze fois plus grand que l'empereur. L'immense dragon aux écailles blanches comme la neige souleva ses paupières, révélant les deux grandes sphères vertes brillantes qu'étaient ses yeux. Son long cou alors se dressa, pour que sa tête triangulaire toise le jeune homme infiniment petit face à lui.

-Je suppose que je n'ai aucun besoin de t'informer, fit l'empereur, ne fléchissant pas devant la présence de la créature légendaire.
-Non, répondit Basileus d'une voix tonnante et abyssale. J'entends tout ce qui se passe dans la capitale et au-delà.
-Alors, nous nous passerons des détails. Je pars en campagne, et je voulais avant cela m'entretenir avec toi.
-J'ai tout mon temps à t'offrir,
fit le dragon en croisant ses pattes devant lui. Et je parierais que c'est à propos de tes capacités, à moins que tu n'aies besoin d'un support sentimental.
-Tu serais bien inutile pour ce qui est de ce domaine, de toute façon.
Cela fait à présent treize ans que j'ai obtenu mes pouvoirs dans la fontaine, et j'ai bien constaté avoir changé. Mon corps ne vieillit plus, et désormais j'ai perdu l'usage de la magie. Suite à notre dernier entretien, je me suis alors demandé quelles seraient alors les conséquences d'une plus haute maîtrise de la lumière solaire.
-Ta transformation physique est désormais complète, mais en effet non ton apprentissage. Tu as appris à marcher, et tu peux encore apprendre à nager et à voler.
-Le premier Empereur avait il achevé son apprentissage ?
-Oui… Oui, en effet. Mais il était plus lent, et plus patient, que toi. A la fin de sa vie, il avait finalement apprit à voler…  Mais pas sans prix. C'est peu après qu'il s'éteint.
-Voilà un récit très intéressant,
dit Laurence, s'asseyant en tailleur. Qu'est-ce qui a causé sa mort ?
-Il a cessé de vouloir vivre, et dès cet instant, sa vie s'est sans doute dissipée spontanément. Plus vous devenez puissant, plus votre conscience du monde s'accroît également. Plus cette conscience augmente, moins vous êtes humains. C'est un changement progressif, mais le regard en est totalement changé.
  Si je devais l'expliquer, je dirais que mon cher ami, qui est né avec un seul sens, a fini par gagner celui le plus essentiel à la compréhension de son monde. Pour l'homme, c'est la vue. Hors, ce qu'il a vu quand il a ouvert les yeux… Soit ne lui a pas plu, soit l'a convaincu de l'inutilité de sa quête. Il ne m'expliqua pas la raison. Il est devenu plus qu'humain, et peut-être que cela l'a lassé de tout.
-Cela m'a toujours paru étrange. Pourquoi les dieux, qui aspirent à conserver la barrière entre mortels et immortels close, apportèrent le pouvoir de maîtriser le soleil ?
-Il ne s'agit pas d'une décision commune. Seules quelques entités initièrent ceci, et m'assignèrent à la fin de l'ère des dragons au rôle de gardien de cette force. Il te faut également comprendre que les dieux font en vérité rarement des cadeaux… C'est avec un certain plan qu'ils amenèrent cette force sur terre, une force qui pouvait pourtant les blesser. Et c'est avec, non la volonté de briser cette barrière, mais de la maintenir solidement…
 Un test est nécessaire pour qu'un mortel obtienne ce pouvoir : l'ambition. Une ambition dévorante, ou bien la fontaine dévore le prétendant et alimente sa force, car le courage de s'y baigner n'est pas suffisant. Il n'est pas suffisant car il ne suffit pas à atteindre l'objectif phare de ce plan. Vois tu, un homme si ambitieux que toi, ou ton prédécesseur, viendra tôt ou tard marquer le monde de son influence par son projet quelqu'il soit. Alors, les quelques aberrations nées des bribes d'essence divine restantes en ce monde, feront la rencontre du porteur de la lumière et ceux qui s'opposeront à son ambition seront balayés. Hors, les êtres doués de pouvoirs subdivins sont souvent orgueilleux , et fiers de leur être surhumain, refusent de se soumettre. Il a été déterminé que cette stratégie éliminerait de nombreux faux immortels, en plus de maintenir l'admiration et la crainte envers la force divine.
  C'est le premier commandement dont je suis le gardien… Il y en a un second, mais je ne suis pas autorisé à te dire ce dernier, et il ne te concerne pas directement.
-Je vois que les dieux sont opportunistes,
dit l'empereur avec ironie. Mais je le suis aussi.
-Oh oh, ne le vois tu pas comme de la manipulation ?
-Nous avons des intérêts communs, et leur objectif ne contredit pas le mien… Bien au contraire. Je veux un monde pour les hommes, pas les immortels… Et c'est pour cela, Basileus, qu'il n'est plus la peine de continuer mon entraînement.
-Réalise tu pourtant bien que tu n'es qu'à une fraction de toute la puissance que tu pourrais obtenir ?
-Certainement. Cependant, comme tu l'as bien dit, un tel changement entraîne également un changement dans la perception du monde. Mon rêve n'a pas changé, et je suis prêt à de nombreux moyens pour le réaliser, cependant, c'est en tant qu'homme que je veux y parvenir. C'est ainsi que j'ai conçu ce rêve, et non autrement.
-Eh bien… Peut-être ne peux tu pas le voir, mais je suis surpris. Ta fierté est donc si grande que tu te priverais d'une telle arme ? Intéressant. C'est la première décision de ta part que je n'ai pas anticipé par l'expérience… Bien que j'en avais peut-être le sentiment.
-Tu n'as pas l'air déçu.
-Bien au contraire. A mon regard, la satisfaction de la surprise est bien plus agréable que celle d'être confortée dans son savoir. Le temps pour moi s'est fait long… Peut-être le verras tu, si tu vis assez longtemps.
-Nous verrons cela,
rit Laurence. J'ai l'intention de vivre aussi longtemps que mon rêve, alors, qui sait jusqu'où portera t-il.
-Si tu suis jusqu'au bout la voie d'un homme, alors, je n'ai plus rien à t'apprendre.


  Laurence comprenait bien ce que cela signifiait. Le dragon, qui était devenu son plus proche ami, n'aurait bientôt plus aucune raison de rester ici. L'Empereur s'attendait à une telle tournure, ce pourquoi il ne put que sourire tristement. Il ne pouvait maintenant se représenter la place de l'Exaccus sans y voir ce dragon s'y prélasser, et il s'était habitué à la présence de cet être fabuleux. Se levant, il avança son corps puis sa main vers le museau du dragon aux écailles resplendissantes.
-Me prends tu pour un animal de compagnie, humain ?
-Non,
rit Laurence, avant de blottir son corps contre l'immense tête de Basileus.
-Il est assez perturbant de voir chez toi de telles marques d'affection.
-Ton sarcasme me manquera.
-J'en suis flatté.
-Je suppose qu'il faut te dire adieu,
dit Laurence en lâchant le dragon. Tu ne seras sans doute plus là quand je serais de retour.
-Il y a de grandes chances pour que cela soit notre dernière rencontre, mais, qui sait, l'avenir est plein de surprises.
-Dans ce cas nous verrons ce qu'il nous réserve. Ces 13 dernières années n'étaient pas désagréables j'ai appris auprès de toi beaucoup. Ainsi, parce que je ne l'ai jamais fait… Je voudrais te dire une première et dernière fois, merci.


  Le dragon s'esclaffa et, sans prévenir, attrapa doucement Laurence entre ses griffes pour le poser sur sa tête, alors que ce dernier tirait une mine agacée comme à son habitude lors de ce genre de situation, ce qui fit d'autant plus rire Basileus.
-Parfois tu oublie que je suis la personne la plus importante de ce continent…
-Un peu de modestie ne t'as jamais fait de mal, Laurence d'Haynailia. Si nous volions une dernière fois ? Tu n'auras que peu d'autres occasion d'avoir cette vue sur ton empire.
-C'est avec grand plaisir, mon ami.


  Et c'est ainsi que l'immense créature s'envola, causant au passage l'étonnement, l'admiration et la crainte de tout ceux qui ce jour là avaient levé les yeux vers le ciel.
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