[Légende] Yôkai

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

[Légende] Yôkai

Message par DALOKA le Sam 12 Aoû - 12:54

Les Yôkais sont des légendes singulières, très populaires chez les bériliens qui aiment croire que les esprits surnaturels courent le monde. Respectés, craints, honnis ou aimés, il en existe une grande variété. Quasiment aucun n'a été confirmé comme réel, ainsi l'on peut supposer un bon nombre d'entre eux d'êtres divers mages, vampires, bizarrerie, ou légende associé à un événement singulier. A la différences des dieux, les yôkais sont bien moins puissants, et sont plus qualifiés d'esprits farceurs, protecteurs, ou dangereux, bien que l'on en honorent certains comme des divinités mineures.

   Le Tsukumogami, Shun'u


   Un tsukumogami est un être courant du folklore bérilien, un esprit qui prendrait possession d'objets. Si beaucoup ne sont que des légendes attribuées à certains objets symboliques ou liés à d'étranges événements, les bériliens, croyant beaucoup en ces mythes, leur accordent une certaine importance dans leurs traditions.

  Shun'u est un tsukumogami très connu dans l'est de la région Nerimazu, tout particulièrement vers Oninami, bien qu'il se soit ancré dans la culture nationale suite à ses exploits.

  Son histoire est liée à un temple connu de la région, bien que maintenant détruit : le sanctuaire Daranibô. Ce sanctuaire était dédié aux esprits des tempêtes et était une destination fréquente de pèlerinage, cependant, il n'avait qu'un usage symbolique. Après la mort du Zigarne, les trois héros, Arweld, Mark, et Namaan, décidèrent d'enfermer dans ce temple des parchemins contenant de terribles secrets, trop précieux pour être détruits, mais trop dangereux pour être laissés sans surveillance. Parce qu'ils ne pouvaient pas faire confiance à un mortel pour garder ce lieu, les héros firent appel aux esprits des tempêtes. L'un d'entre eux répondit, se nommant Shun'u, et accepta alors de défendre cet endroit pendant cent ans. Alors, les trois héros décidèrent de lui confectionner un corps afin qu'il puisse s'incarner sur terre, fait de bois et de métal. Ce corps avait l'allure d'une armure haute de sept pieds de haut, décorée par le savoir faire Nerimazu le plus délicat, et était muni d'un masque à l'air menaçant, imitant le visage d'un mort furieux aux dents tranchantes, ainsi que d'une fière crinière dorée qui décorait l'arrière de son casque. Satisfait par cette superbe enveloppe qui seyait à sa gloire, Shun'u s'y incarna, donnant vie à l'automate. Pour le remercier, on lui fit don du fruit d'Akimitsu, Megumaremashita, avec l'aide duquel il pouvait repousser tout les mages qui voulaient s'emparer des parchemins avec aisance.

   Jurant sur son honneur d'accomplir cette mission, Shun'u devint alors le gardien du sanctuaire Daranibô. Plus personne alors n'entra dans sa salle la plus profonde, ou les rouleaux secrets étaient conservés. Mais l'histoire de Shun'u, que l'on renomma affectueusement le Bon Démon pour son caractère, ne s'achève pas ici et est parcourue de différentes péripéties. En voici deux exemples.

Shun'u sauve un enfant de la noyade

Jour après jour, l'esprit des tempêtes, Shun'u le bon, observait du haut du temple les habitants du village au pied de la grande colline. A ses pieds, il voyait un jeune garçon jouer près de la rivière chaque jour. Shun'u le regardait, et du haut de son temple, riait.
  Un jour de crue, la puissance d'un orage faisait craquer le bois des arbres et les éclairs du ciel, et la petite rivière était devenue un torrent d'eau sombre dont la puissance faisait se mouvoir même les plus grands rochers. Mais le jeune garçon au pied de la colline n'était pas rentré chez lui. Shun'u, pris d'inquiétude, voulut lui hurler de s'en aller, mais le tumulte voila son cri. Les autres esprits de la tempête lui jouaient un tour ! se dit il, fâché. Et un vent violent poussa alors l'enfant dans l'eau.

   Shun'u, qui voyait le garçon emporté par les flots, dévala alors la colline à toute jambes, sautant dans le combat des eaux pour le saisir. Le courant tenta d'emporter Shun'u, mais il était si grand et fort que, pas à pas, il regagna la rive, l'enfant dans ses bras. Maudissant les esprits farceurs, Shun'u était dans une colère noire, mais le garçon pleurait à chaudes larmes, tremblant et terrifié. Shun'u ne sut quoi faire pour le réconforter, et le couvrit de la pluie à l'aide de son grand corps. Mais l'enfant avait peur de Shun'u, et ce dernier le comprit. Arrachant l'écorce d'un arbre, il dessina dessus un visage souriant, qu'il mit sur sa face. On dit alors que le terrible orage s'arrêta, tout comme les pleurs de l'enfant.

   Shun'u, content que ce dernier soit sauf, le ramena au village et lui fit don de l'écorce avant de repartir dans son temple sans dire un mot. C'était le premier haut fait du tsukumogami, mais déjà, les habitants apprirent la bonté de l'esprit des tempêtes.



Comment Shun'u obtint ses masques

  Shun'u se sentait seul au temple Daranibô. Même si il descendait quand les villageois demandaient son aide, ces dernier le remerciaient avec crainte. Shun'u ne voulait que discuter avec quelqu'un, mais seuls les moines lui rendaient visite.
  Un jour, une jeune femme vint à son temple. Elle était aussi belle que pâle, et Shun'u s'étonna de sa présence. Il lui demanda pourquoi était-elle là, et elle dit se sentir seule. « Comme moi ! » s'écria t-il, « Les gens ont peur de moi, alors ils n'osent pas eux même venir. ».
  La jeune femme sourit. Son sourire était très beau, et ses dents encore plus blanches que sa peau. « Les gens ont aussi peur de moi. », dit-elle. Shun'u ne comprit pas qu'il était étrange que des gens aient peur d'une femme si belle, et se réjouit encore une fois. « Comment donc faire pour que ce ne soit plus le cas ? », dit il.
« Tu as un air trop méchant. »
« C'est parce que je dois garder cet endroit, mais un jour, j'ai gravé un visage bienveillant sur du bois. »
« C'est une très bonne idée ! A l'aide d'un masque auréolé d'un beau sourire, tu pourras avoir une meilleure mine. Je peux le faire avec toi, si tu veux. »
  Alors, ils firent tout deux un masque doré. Il représentait un visage souriant avec bonhomie, les pommettes hautes. Très heureux de ce masque, Shun'u le mit, et ils rirent ensemble. Le jour d'après, la jeune femme ne vint pas, et il en était très attristé. Cependant, il continua ses services, et une semaine plus tard, des villageois vinrent le remercier, lui offrant des armes et des poteries en cadeau. Shun'u se réjouit, et le nombre de gens afflua de plus en plus. Il cessa enfin d'être seul, mais un jour, la jeune femme inconnue lui manqua. Alors, il demanda aux villageois s'il ne l'avait pas vue. Mais l'un d'entre eux, l'air effrayé, lui répondit qu'elle était victime d'une terrible maladie, et que personne ne voulait être contaminé. Ainsi, aucun d'entre eux ne s'en approchait, ou ne connaissait son nom, car elle était maudite.
« Elle m'a aidé à faire mon masque ! » S'énerva Shun'u « Cette personne est bonne et noble, il est cruel de la laisser seule ! »
Ainsi parla Shun'u, mais nul ne sut où trouver la jeune femme. Déçu, il se replia dans le sanctuaire, refusant de voir qui que ce soit.

  Pendant la nuit, car Shun'u ne dormait point, il entendit des bruits de pas vers l'entrée du temple. La jeune femme inconnue revint alors, sa peau s'illuminant à la lumière de la lune, et l'esprit mit sur sa tête le visage souriant en rigolant.
« Des gens sont venus me voir quand je portais ce masque ! Je t'en remercie. »
« C'est parce qu'ils ont su que tu peux rire, et que tu sais désormais en être capable. » dit-elle, tendant un objet à Shun'u. Il le récupéra dans sa grande main : c'était un masque blanc, et il représentait lui un visage empreint de tristesse, se déformant pour imiter la tête d'un homme mort de chagrin. Le sourire vacillant, la jeune femme lui dit, d'une voix faible et épuisée:
« Si tu ne peux pas pleurer, les gens te trouverons bizarre quand quelque chose de triste a lieu... Je te l'offre. »
«Je n'en suis pas heureux. Si tu me l'offre, c'est que tu vas mourir. Si tu vas mourir, je ne te reverrais plus. »
« Je sais. Mais nous mourrons tous... »
  Shun'u le vit. La jeune femme n'en avait plus pour longtemps. Ses jambes tremblaient tout comme ses lèvres, elle était fiévreuse et en sueur. Elle avait fait usage de ses dernières forces pour l'emmener, et il le comprit. L'esprit des tempêtes mit le masque de deuil, lui qui ne pouvait verser de larmes, et enlaça alors la jeune femme. Cette dernière mourut dans la nuit, et le lendemain, il l'enterra.

  Depuis ce jour, jamais Shun'u ne quitta les deux masques offerts par la jeune femme, qui restèrent toujours fixés à ses épaules, et depuis ce jour, jusqu'à ce qu'il quitte le sanctuaire, jamais plus il ne se sentit seul.




Ce sont que les deux premiers récits, Shun'u étant le sujet de nombreux contes populaires à Nerimazu, où il se bat contre des malfrats, des sorciers, ou sauve les villages alentours de catastrophes ou de problèmes plus mineurs. La plupart des récits évoquent sa sincère affection envers les villageois et ceux qui se rendaient à son temple courtois, bien que ceux de nature plus épiques le représentent comme un combattant féroce si mis en colère.

Mais, un siècle après sa création, vers le début du XIIème siècle, Shun'u cessa de se mouvoir, restant à genoux devant l'entrée du sanctuaire. Totalement inactif, il tient dans ses mains son armes, si fermement que l'on ne saurait l'en extirper de sa poigne. Le jour où Shun'u cessa de bouger, tout les parchemins disparurent du temple. L'on dit que, sa mission terminée, l'esprit des tempêtes s'en était allé, comme cela était convenu. Les habitants l'honorèrent alors régulièrement, continuant de lui rendre visite. Shun'u était devenu un idole local. En dehors de la région cependant, l'on oublia lentement le bon démon qui se reposait dans un lieu reculé de Nerimazu, que tout le monde avait abandonné.

  Un jour, en 1344, des pillards groupés attaquèrent les villages et mirent à sac le temple, qui brûla. Les bandits, qui, échouèrent à lui prendre l'arme, ne prêtèrent aucune attention à Shun'u, mais le sanctuaire n'était plus qu'un tas de ruine, tout comme les habitations qui l'avoisinaient. Depuis, très peu de gens vont à Daranibô, sauf certains qui veulent arracher le fruit Megumaremashita des mains de Shun'u, ce qui est vu comme un haut sacrilège envers ce dernier.

 Très récemment, des témoins affirment avoir vu le temple vidé du corps de l'esprit des tempêtes. Certains disent que des malfrats on réussi à l'emporter entièrement, mais d'autres disent que cela annonce le retour du Bon Démon.
avatar
DALOKA
Eternel lolicon

Messages : 1894
Date d'inscription : 01/12/2010
Age : 20
Localisation : Près de toi, toujours très près de toi 8D...

Feuille de personnage
Nom des personnages: TROP

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum