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Message par aGreatGuzzlingGorgonzola le Mer 10 Avr - 1:04

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Message par aGreatGuzzlingGorgonzola le Mer 10 Avr - 1:10



Comment peut-on rêver si l'on ne peut pas dormir ?



Un monde d’eau. Rien d’autre à des milliers de lieues autour, ni même le ciel ou la terre. Le seul son était le silence vrombissant de cet océan infini. La lumière étrange semblait venir lâchement de partout autour de Placido. Il avait toujours ses membres écartés comme s’il était une étoile tombée du firmament et ne bougeait pas, l’eau portant avec bonté son corps frêle dans ce paradis singulier. Ses pensées et ses ressentis étaient dissous dans l’eau, après tout ces deux rémoras ne seraient que des poids pour lui. Le temps avait sûrement coulé bien plus profondément, il lui était impossible de faire la différence entre l’éternité et l’instant dans ce cosmos liquide. Il n’y avait rien, et tout ce qu’il lui fallait : ce monde était parfait.
Du moins ça l’était tant qu’il pouvait y être.

Dans le monde que la plupart des gens considèrerait réel ou véritable, Placido fut réveillé par son corps qui réclamait de l’eau. Comme à son habitude matinal, il se leva avec difficulté et fit l’inventaire de ses maux du moment. Douleur aux yeux, douleur aux lombaires, toux grasse, nez bouché, jambes ankylosées, faiblesse des bras, respiration lourde, maux articulaires, migraine, crampes intestinales, gencives irritées, tout le monde était présent. Il avait comme très souvent dormi dehors dans un bosquet tranquille non loin d’un village perdu dans le ventre d’Haynailia, près d’une petite rivière. Il se traîna ensuite jusqu'à la rivière pour satisfaire sa soif, puis il prit quelques minutes de pseudo-hypnose pour se regarder dans l’eau. Il aimait bien la forme floue et les couleurs atténuées des objets dans l’eau. Malheureusement il ne réussit pas à se bercer, le soleil étant bien trop désobligeant pour y arriver. Le temps était venu de continuer sa route vers sa destination inexistante.
En chemin vers le village, il ne pouvait pas s’empêcher de repenser à ce rêve, son rêve. Il se souvenait encore de la première fois où il en avait fait l’expérience, un temps où il était encore à Axaques, cette cité maudite où la vie venait expirer. La seule chose qui l’avait gardé là si longtemps était sans surprise l’eau, ce liquide qui obnubilait son esprit. Parfois il se demandait s’il n’était pas de l’eau dans une vie passée, une idée qu’il ne partagerait sûrement jamais avec quelqu’un d’autre. En plus ça n’avait pas l’air de bien rentrer dans sa croyance en l’Empereur Dieu, même s’il était loin d’être le croyant le plus fervent dans ce pays. Le soleil était particulièrement cruel avec lui, ce qu’il voyait comme une punition divine, mais il n’était pas certain du crime qu’il avait commis.

Son tourment continua avec la rencontre d’un jeune Josis visiblement perturbé, une rencontre qui a failli surprendre l’ex-mage, sans compter la collision qui venait d'être empêchée. Ce Josis se mit instantanément à attaquer Placido de la façon la plus vicieuse, la conversation. La quantité et la vitesse d’absurdités, de détails et de trivialités que celui-ci pouvait produire était terrifiant, un véritable démon exotique. Il parlait de toutes les personnes qu'il avait connu, du manque de propreté à Placido, quelques chose sur les paladins, une allusion aux tomates, et trsitement bien plus encore. Il fallait absolument s’échapper de ce monstre. Malheureusement, vu l’intelligence du Josis, la technique préventive de jouer la personne gravement atteinte n’allait servir à rien. C’est dans ce genre de situation que Placido regrettait sa politesse, étant très tenté de lui dire de se taire et de l’écarter de son chemin. Le rediriger vers quelque part d’autre était la dernière solution, et puisqu’il semblait chercher de l’aide, il proposa au Josis, dès que le petit prit le temps de respirer, de voir si les gens du village vers lequel Placdio allait pour se faire aider. Le Josis accepta de le suivre, une moindre inconvénience, car maintenant le mage fourbe pouvait utiliser sa lenteur à son avantage. Après moins de 5 minutes de marche, le Josis perdit patience, fit un cri strident et abandonna l’homme-limace pour galoper droit vers le village, faisant balloter lon bric à brac étrange sur son sac dans tout les sens.
Placido souffla, libéré de ce diable. En rétrospective il se demandait où étaient les parents de ce jeune fou au beau milieu de la campagne haynailienne. Ce n’était plus son problème, donc il arrêta d’y penser.
Plus tard sur le chemin il prit une pause pour récupérer son énergie en quantité modeste. C’était le bon moment pour sa deuxième activité préférée, « se perdre dans ses pensées ». En vérité ce n’étaient pas toujours des pensées. Parfois c’était une méditation, parfois des longues discussions avec lui-même, se remémorer des regrets du passé ou bien le plus souvent il voyait de l’eau dans son esprit. Il visualisait de l’eau qui coulait, au repos dans un bassin, la pluie paisible ou belliqueuse, la brume qui humidifiait les prairies tôt le matin, les cours d’eau de toutes tailles, les océans, et bien évidemment son monde aqueux. Lui-même ne savait pas vraiment ce qu’il voyait de si captivant dans l’eau. Cette matière était pour lui belle, puissante, généreuse, fascinante, reposante, mystérieuse en dépit de tout son savoir dessus, et bien plus encore. Il savait qu’il avait un grave problème vis à vis de sa perception du liquide concerné, mais c’était la seule possession qu’il avait depuis bien longtemps. S’il pouvait parler  avec l’eau il le ferait sans cesse, convaincu qu’il s’entendrait parfaitement avec son âme sœur hydrique. C’était plus qu’une obsession, c’était plus qu’un amour, c’était plus que lui ou tout autre chose dans le monde, mais il ne savait pas ce que c'était. Il n’avait pas besoin de le savoir, il avait juste besoin de l’avoir. Au bout d’une heure il reprit son chemin vers le village.

Quelques heures plus tard, il arriva au village de Vange, un petit village pas très remarquable. Il avait l’impression d’avoir déjà été ici, mais tout les lieux-dits dans son pays se ressemblaient. Il avait sûrement fait le tour entier de la campagne au moins deux fois pendant toutes ses années, et sa fatigue chronique n’était pas dans le camp de sa mémoire. C’était sans importance, donc il arrêta d’y penser. Il devait être près de la mi-journée au vu de la position du soleil qui le cherchait encore. En dépit de ses maux de ventre, il savait qu’il devait manger s’il souhaitait vivre, une question rhétorique qu’il n’avait pas su répondre jusqu’alors. Bien sûr, il n’avait pas une seule pièce sur lui. Il décida donc de mendier passivement, une chose qu’il avait fait par accident il y a de cela bien des années lorsqu’il s’était assis dans la rue en ville et qu’à cause de son apparence piteuse, des passants lui avaient donnés des pièces. C’était sa source principal de revenu, ne trouvant pas de boulots temporaires qu’il pouvait faire ou qu'il voulait faire. Il s’adossa donc contre un mur dehors, s’assit en tailleur au sol et se mit à attendre. Il était fortuit qu’il était arrivé à cette heure où les villageois étaient plus actifs pour récupérer de quoi manger ou pour rentrer manger dans leurs foyers. Au bout d’une heure il avait réussi à gagner quelques pièces. Il était reconnaissant de la générosité des Haynailiens vis à vis des pauvres et il remerciait l’Empereur Dieu pour cela. Il recevait parfois des mauvais regards, mais leurs opinions n’étaient pas importantes pour lui, qu’ils le méprisent.
Avec ses sous en main, il chercha de quoi manger. Il essaya d’abord le bâtiment contre lequel il était. C’était visiblement une auberge, mais il décida de tenter sa chance au cas où. Dès son entrée, le tavernier s’approcha,  sûrement pour faire partir Placido, mais celui-ci sembla le reconnaître et lui demanda ce qu'il voulait. Placido n’avait aucune mémoire de cet homme. Il demanda donc de quoi manger avec les pièces qu’il avait, et l'aubergiste lui offrit une boue sans nom, ainsi qu’une carafe d’eau qu’il n’avait pas demandé, mais qu’il n’avait pas besoin de payer curieusement. Cette mixture mystérieuse était pas très bonne, mais c’était déjà payé, donc autant le manger. Après avoir fini son assiette, il prit encore du temps pour regarder l’eau dans la carafe et dans son verre. Il prit une gorgée de l’humble nectar pour se débarrasser de la texture huileuse dans sa bouche. Tout allait mieux à présent. Il se mit à tremper son doigt dans l’eau, à observer pour la millième fois la rétention de l’eau à la surface de son doigt et sur les bords du verre, à tourner l’eau puis l’interrompre et observer le tumulte des petits flots produits, les gouttelettes qui sortait à chaque mouvement brusque, le clapotis de l’eau, tandis que les gens sortaient et rentraient dans l’auberge sans qu’il s'en rende compte. Il avait tendance à être absorbé par l’eau, et il haïssait être interrompu lors de ces « sessions ». C’est une des raison pour laquelle il aimait être seul et s’arrangeait pour le rester. Il avait honnêtement oublié ce que c’était d’interagir avec ses compères humains, mais il se portait relativement bien de ce point de vu là. Après quelques heures, il n’avait plus rien auquel il pouvait penser, le temps était à nouveau venu pour son voyage sans fin. Il sortit donc de l’auberge, et à son plus grand malheur les villageois étaient tous agités autour du puits de la place centrale. Il ne dit rien, évidemment, et tourna avec léthargie sur ses talons pour reprendre le cours du ruisseau qu’était sa vie, quand il entendit quelqu’un dire « ce pauvre enfant est tombé dans le puits ! ». Placido avait tilté avec une vivacité qui ne lui ressemblait pas : C’était le Josis qui avait dû faire une étourderie et était tombé dans le puits. S’il avait été avec lui, il aurait peut-être pu éviter que ceci arrive. Son cœur fragile s’écrasa sur lui-même à cette pensée. Il pris une marche rapide vers le puits, se frayant un chemin au travers des villageois surpris par son implication dans l'affaire. Il vit que le puits était très ancien, et que lors de sa chute sûrement provoquée par sa précipitation, le Josis avait attrapé la corde, mais la vitesse de sa chute et le poids du jeune Naosien avait cassé l’axe rouillée tenant la corde au couvert du puits. Le puits était en plus trop étroit pour une échelle, et l’agitation du Josis au fond du puits montrait il ne savait pas nager et qu'il n'y avait pas de temps à perdre. Placido allait devoir faire ce qu’il n’avait pas fait depuis très longtemps, à savoir quelque chose. Il s’éclaircit la voix avant de proclamer solennellement aux villageois :
- Écartez-vous je vous prie, je vais le sauver. Soyez prêts pour la réception.

Ils s’écartèrent, certains confus et d’autres amusés par l’homme piteux, puis il se mit à susurrer des incantations, une chose dont il n’avait pas besoin s’il était bien à jour sur la pratique de la magie. Cela faisait longtemps qu’il ne l’avait pas senti, cette énergie qui se mobilisait dans son corps, cette force qu’il utilisait pour concrétiser son lien avec l’eau. L’eau était son maître, mais il pouvait inverser les rôles pour en devenir le Seigneur. C’était de l’extase pure d’être un avec sa magie et l’eau à nouveau, il se sentit renaître, ses peines disparaissant comme de la pluie dans un océan.Cependant il n’avait pas de temps à perdre à apprécier ce moment, il avait quelqu’un à sauver. Il tendit sa main en avant pour effectuer le sort d’attraction de l’eau, accumulant le potentiel attracteur en un point avant de le libérer en un coup. Presque instantanément, le sol trembla sous leurs pieds et une clameur violente résonna dans le puits en plus des cris du Josis apeuré. L’eau jaillit du puits comme une éruption, arrachant le couvert du puits telle une bête sauvage déchirant la chair et les os de sa proie, manquant d’écraser quelqu’un à l’atterrissage. L’eau continua de monter avec le Josis emporté dedans avant de ralentir au bout de quelques mètres au dessus du sol. Le Josis, à présent dans la masse d'eau immobile, tomba au travers de l’orbe au dessus du sol, et un jeune homme du village réussit à le rattraper de justesse. Le destin ayant fini de jouer pour le moment, le mage retourna l’eau dans sa prison, se fracassant au fond comme la houle de la mer contre les rochers du littoral. Le mage qui ne se servait plus de sa magie à présent, fut instantanément vidé de sa nouvelle vigueur, tombant au sol comme le ver centenaire qu'il pensait être. Les villageois à leur tour rentrèrent en une éruption de joie, soulevant le pauvre mage pour le féliciter de son acte. Un des villageois s’approcha et commença à lui parler :
- Vous avez sauvé cet enfant, vous êtes un véritable héro comme on n’en voit plus souvent !
- Un vrai héro n’aurait pas casser votre puits. Je m’en excuse.
-  Rien d’important, le temps était venu de faire quelque chose de ce vieux puits de toute manière. Vous avez fait ce qu’il fallait au bon moment, et personne ici n’aurait pu faire de même !
- C’est facile quand on est mage. Rien de spécial.
- Modeste en plus ! Personne ne vous en voudra de prendre du mérite. Au contraire, vous devriez rester ce soir, une célébration est en ordre.
- Je suis navré, je dois partir. Célébrez sans moi.


Il se mit à partir, quand le Josis encore un peu sonné se mit à hurler d’un cri strident comme personne d'autre ne pouvait le faire, puis se rua vers le mage, se mettant pour la deuxième fois dans la même journée entre lui et son devenir. Le Josis prit une grande respiration, encore épuisé par l'incident et dit :
- C’est vous qui avez fait ça, m’sieur ? Vous pouvez bouger l’eau ? C’est incroyable ! Génial ! Vous êtes très forts m’sieur ! Comment vous faites ? Vous voulez bien me l’apprendre?Je veux le faire maintenant ! Allez allez allez, s’il vous plaît, dites dites, m’sieur ! Vous pouvez faire la même chose avec de l’huile, ou de la bave ? Vous avez de l-
- Du calme, petit. Je suis heureux que tu vas bien. Je dois partir maintenant. Au revoir.


Il contourna lentement le Josis à présent silencieux et qui regarda le mage partir sans que la plupart des villageois s’en rendent compte, trop occupés à préparer une fête pour le héro absent.

Bien plus tard à la nuit tombée, Placido était sous un arbre, toujours à côté du même cours d’eau de ce matin. L’utilisation de sa magie l’avait complètement dérangé. Il était agité. Il n’arrivait plus à se concentrer. Il ne pouvait pas faire le vide non plus. Il était perdu. Il était anxieux. Il était épuisé. Il pensait qu’il allait mourir. Il était confus. Il avait peur. Il aimait pas ça. Pas du tout.
Ce bonheur, la joie immense qu’il avait senti au travers de sa magie, c’était son monde : Il l’avait trouvé, son paradis singulier. Néanmoins sa magie le détruisait, il n’avait plus ce qu’il fallait pour faire face à sa magie, trop puissante pour son cadre faible. Son monde parfait était à sa portée, il pouvait l’avoir son rêve, mais il savait que c’était impossible qu’il y survive et qu’il l’atteigne. Il fit une autre chose qu’il avait pas fait depuis très longtemps. Il se mit à pleurer en silence pendant des heures. La seule chose auquel il pouvait penser était son seul souhait, la seule chose qu’il avait trouvé de véritablement prometteur, même si c’était absurde, même si c’était inutile, même si c’était sans valeur, qui avait été brisé par ce monde cruel. Il se demandait pourquoi le ciel ne voulait pas qu’il soit heureux. Chaque épisode de sa vie où il avait attrapé un brin d’espoir, il était arraché et brûlé devant ses yeux, sans coupables à trouver, sans solution pour résoudre le problème, juste des cendres sur lequel verser ses déceptions. Il en avait plus que marre à vrai dire. Une lassitude ténébreuse et bien plus profonde que d'habitude noyait son esprit.

Après quelques heures en tant qu'homme le plus pathétique de l’histoire, il sombra à son tortionnaire Fatigue, à présent espérant que son monde existe au moins encore dans ses rêves. Tant qu’il pouvait y être, ce monde était parfait : Un monde d’eau.
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