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Message par Lady le Mer 17 Avr - 23:23

Kwak.


Vu que j'ai nulle part pour poster mes écrits hors Eclipse, j'ai décidé de me faire un petit nid ici.
Du coup, pour commencer par des actes plutôt que par des mots (ptdr t'as compris? ) voila la première partie d'une de mes nouvelles :

Avant de lire, merci d'écouter ce morceau de Blackmore's night qui m'a inspiré pour l'écriture de cette nouvelle et que j'écoutais en boucle lors de la rédaction.

Catherine Howard's fate - Blackmore's night:

Sans plus de cérémonies, voici la première partie de Élue !

Ses yeux mordorés se posèrent sur l’homme en face d’elle avec une déception propre aux femmes trahies. En l’accueillant dans son lit, elle lui avait offert sur un plateau décoré d’or sa confiance et son avenir.
En l’accueillant, elle s’était mise en danger au nom de l’amour et de la passion.
En l’accueillant, elle ne s’attendait pas à être ainsi trahie et trainée dans la boue.

Elle lui demanda du bout des lèvres la raison de sa présence dans cette cellule crasseuse, cette cellule dans laquelle elle était par sa faute. Il lui répondit du sourire de ceux qui se savent hors de danger qu’elle y était à cause de sa propre stupidité.
Ses sourcils bruns se froncèrent de colère et d’amertume acide. Elle était là à cause d’une dénonciation. Elle était là car on l’y avait envoyée.
Elle était là par adultère.

Ses jambes nues parées de voiles diaphanes commencèrent leur ronde habituelle dans cette cellule qu’elle ne connaissait que trop bien depuis ces quelques jours. Ses pieds nus maquillés de crasse ne firent pas un bruit sur le sol de pierre alors que ses doigts se portèrent à sa bouche. Elle devait trouver un moyen de s’en sortir. Elle, la femme intègre aux charmes d’un temps devait trouver une échappatoire, une liberté, une once d’espoir.
Elle ne pouvait le laisser s’en sortir de cette liaison infamante sans en payer les conséquences. Par honneur, par droiture et par revanche, il ne pouvait en réchapper.

Alors qu’il attendait un mot ou une réaction à travers ces barreaux qui le protégeait d’elle, elle analysait la tenue du traître à son cœur et à sa vie. Elle analysait tout ce qu’elle pouvait, récoltait toutes les informations qu’elle pouvait trouver sur lui. L’information est le pouvoir et elle comptait bien être surpuissante.
Alors que troublé, il se détourna pour s’en aller, un rictus s’empara des lèvres pourpres de la jeune abusée. Un scénario, un plan se fomentait lentement dans sa tête.
L’adultère l’avait plongée dans cette situation horrible ? Très bien. L’adultère allait l’en sortir.

Ravalant pour un temps sa fierté, elle joignit les mains et s’adressa à la Mère de Toutes les Femmes, à la protectrice de l'humiliée et de l’usée. Ses mots furent crus et dépourvus de la douceur dévolue aux femmes. Ils étaient remplis de venin et de fiel, de ressentiment et de haine. Ils étaient pleins, vrais et purs. La Mère appréciait ce genre de chose, elle fut généreuse.

Lorsque la nuit fut à son point culminant, elle sourit. La Bénédiction des Putains était à son apogée en cette heure. En ce moment du soir, tout était possible pour elle. C’est avec une appréhension grandissante et un frisson de pouvoir dans les veines qu’elle attendit le nouveau garde. Celui-ci serait sensible. Celui-ci tomberait dans ses filets.
Celui-ci serait la clef.

Alors que le garde innocent des desseins de l’emprisonnée s’approchait de son sulfureux destin, la Bénie des Galantes affinait ses charmes tout en l’observant de ses yeux intéressés.
L’homme n’avait pas d’alliance, ce qui allait faciliter son travail, bien qu’une alliance n’était rien qu’un bout de métal face à la Bénédiction des Enjouées.
Ses yeux parés du plus pur des or se maquillèrent de la plus pure et la plus tentatrice des innocences. Elle s’approcha des barreaux de sa prison aux murs si épais et demanda de sa voix douce si l’homme pouvait l’aider. Elle n’avait plus à boire et elle mourrait de soif.
Elle avait si soif disait-elle, qu’elle serait prête à n’importe quoi pour le remercier.

Grace au don de la Mère, ses mots embrumèrent avec aisance l’esprit de l’homme faible. Celui-ci alla avec la hâte des bénis chercher l’eau de la femme au pas de course. Quand il revint, ce fut pour voir la jeune femme assise sur le matelas crasseux et répugnant de sa cellule. Elle lui souriait. Elle lui souriait à lui. Elle l’invitait.

Oubliant tout ce que ses valeurs avaient pu lui apprendre, tout ce que son entraînement de soldat avait martelé au fer rouge dans sa tête, il sortit de sa poche la clef de la cellule de la belle et ouvrit la porte tel Pandore face à sa boite.

L’Ève se pourlécha les babines en l’observant dans une caricature pure de la femme possédée par les désirs. Il se précipita pour la rejoindre, commençant à se dévêtir sur le chemin de la luxure tant convoitée.

La femme aux cheveux de noyer sourit. Tout se déroulait selon ses aspirations. Pendant que l’homme attendait son dû alors vêtu de la plus pure des médiocrités, elle s’approcha à pas de félin et lui demanda d’aller plutôt vers le mur en arguant que ce serait plus confortable. L’homme charmé par l’hypothèse de la chair acquiesça et s’y dirigea d’un pas leste. Leste aussi fut la main de la femme lorsqu’elle s’empara du crâne de l’homme avant de l’éclater contre les pierres composant ce mur.

Plus confortable pour elle en effet, elle n’aurait pas à l’étouffer.

Alors que l’homme inconscient au nez défoncé s’échouait sur le sol, la Vengeresse des Bafouées récupéra son tribut libérateur.
D’une main sûre et habile, elle ouvrit cette cellule mortifère et se dirigea d’un pas plus leste encore vers la porte de sortie de cet enfer. Une fois libérée de ce donjon nauséabond, la vengeance serait plus aisée et plus douce encore.

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Message par Lady le Ven 19 Avr - 3:58

Coucou voila la Deuxième partie de Élue qui en comptera... Je sais pas combien. Entre cinq et sept.
Vous connaissez surement la musique vu le premier post, voila celle que vous devez écouter avant de débuter ce chapitre qui sera plus court que le précédent !

Wanderer's Lullaby:

Bonne lecture mes ptits canetons !


La jeune femme contempla son reflet dans le miroir brisé. Elle sourit en se passant la main sur sa face ébréchée. Elle caressa les cicatrices, suivit les traces et sourit devant le dessin qui se présentait sous la pulpe de ses doigts.

Une face déchirée, dégradée et fissurée par le passage de cette foutue lame.
D’une main fébrile et fiévreuse, la diaphane nymphe se saisit d’un fragment de miroir. Le sang de ses mains commença à couler avec timidité alors qu’elle contemplait le tableau qui se créait au sol.
Des volutes d’encre rouge dessinaient une scène mortelle sous ses yeux alors qu’elle ne pipait mot, saisie dans l’instant de grâce de la Bénédiction Créatrice.

Lorsqu’enfin elle détourna l’arme de cristal de sa chair, ce fut pour déchirer un pan de sa tenue pour éponger ces larmes écarlates.
De ses menus pieds blancs, elle virevolta jusqu’à la lourde porte à la poignée de fer qui la gardait à l'écart de ce monde. Elle était là pour être protégée du mal des Hommes on se plaisait à lui dire. Foutaises. Elle savait qu’elle était là pour protéger le monde de sa rage.

Elle se contempla quelques instants et contempla dans le reflet sale ses mains encore maculées de peinture vermillon. Là, elle avisa ensuite les murs et commença à peindre ce qu’elle ressentait et voyait lorsqu’elle fermait ses yeux clairs.
D’un sourire mutin, elle se mit à représenter ce qu’elle aimait le plus sur ces murs; des scènes de batailles et de carnages. Un petit rire cristallin s’échappa de sa gorge lorsqu’enfin, elle eut fini de peindre ce sinistre présage.

L’éternelle jouvencelle se mit à tracer de ses pieds un chemin jusqu’à la seule fenêtre qui ouvrait le monde à ses yeux opalin. De vertes vallées s'étendaient jusqu’à la ligne de l’aube naissante; des forêts aux promesses oubliées murmuraient à ses oreilles des contes de liberté et de renaissance.

Elle se mit à danser dans son monde au son d’une mélodie qu’elle seule pouvait percevoir. Ses pieds nus parés d’ichor dessinaient sur le sol les souvenirs d’une valse éternelle. Son chant se mit à résonner sur les murs de pierres froides dénuées de vie.

De sa mélopée, la sirène a la voix d’Or énonça en direction des cieux la complainte de la Dame malmenée des Hommes. Un mensonge fait à l’univers et aux Dieux même. Un mensonge si puissant, si éloquent que la matière même se mit à y croire.
Alors que ses mots mentaient à la Mère des Captives, la Bénédiction de l’Échappée se mit à couler sur sa peau tel une seconde nature.

Ses yeux irisés voyaient les failles du monde, ses oreilles effilées en entendaient toutes les complaintes et ses doigts agiles trouvaient les fils du destin à manipuler.
Un fin sourire s’empara de sa face couturée lorsqu’elle se mit a analyser cette porte qui isolait le monde d’elle, cette porte qui protégeait le monde de sa colère dévastatrice, cette porte.
Maintenant qu’elle était la choisie de la Bénédiction des Fuyardes, la danseuse aux cheveux de neige se mit à voir les failles de cette porte tant honnie et damnée.
De ses doigts fins armés d’ongles dévastateurs, elle se mit lentement à détisser la réalité qu’un autre avait construit avec tant d’efforts.

Ses doigts gracieux défaisaient petit à petit le tissu du monde, l’ancre qui enserrait sa prison dans sa certitude. Telle une virtuose, l’égérie aux cheveux floconneux voyait petit à petit l’avenir s’ouvrir sous ses mouvements agiles et maîtrisés. Son échappatoire éternel et terminal commençait à se dessiner sous ses yeux nacrés alors qu’un sourire de la plus pure des folie venait maquiller ses lèvres dénuées de couleur.
Libre. Elle était libre. Libre, enfin !

Une fois la frontière réduite en cendres aussi froides que son cœur gelé, la Couarde s’élança de ses pieds rougis en direction de l’herbe chaude et tendre.
A l’instant où son maigre pied foula le sol riche de promesses et d’avenir, celui-ci devint aussi froid que le corps de la Perdue.
Mort.

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