Royaumes éthérés

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Royaumes éthérés

Message par Kiart Nenzo le Mer 3 Aoû - 22:01

Caché derrière les livres qui ont été ramenés à l'iris par l'âme aveugle, ce livre vous interpelle. Non pas qu'il soit finement décoré ou non... Mais qu'il soit un simple tas de feuilles attachés ensembles, parcourues de dessins mais aussi de textes énigmatiques décolorés par les années, ne laissant qu'une maigre part lisible.
Pourtant, la forme des lettres, le soin apporté aux dessins, tout cela semble montrer un attachement étrange, d'autant plus que les titres.
Royaumes éthérés


L'illusion n'est qu'un domaine de l'esprit.
Fruit de l'imagination, il faut comprendre que pour saisir cette façon de pratiquer la magie, il faut comprendre que notre monde n'est perçu que par nos sens de façon irrégulière et imprécise, que ces informations sont interprétés par nos pensées erratiques et que nous sommes incapables d'être impartial, que nous sommes faillible et que ces failles sont le cœur de notre pensée.

L'illusion? C'est accepter cela. Et bien plus encore.
Imaginez. Vous voyez une fleur. Sentez son parfum? Est-il âcre? Est-il doux? La touchez-vous? Les pétales sont-elles comme une fine étoffe qui se briserait sous vos doigts ou rugueuse? Épaisses ou fines? La tige? Parcourues de feuilles ou non? La terre où elle repose? Est-elle humide ou sèche? Argileuse ou sablonneuse? Puis ses couleurs? Combien de nuances? Le bruit du vent qui frôle les pétales? Comment elle se plie au gré du vent?
Et ce ne sont que des questions simples à l'illusionniste.
L'illusionniste ne créera pas une fleur, il réussira à créer un monde entier de sensations où les notions se plieront à ses désirs pour piéger l'esprit.
Il distordra la perspective pour donner une apparence plaisante et subjuguer autrui.
Il brisera les règles du temps pour altérer la durée du rêve, brisera les tabous de l'espace à seule fin d'abuser l'esprit humain.
Et pour cela, il doit posséder la clé.

De base, nous connaissons instinctivement les réponses car nous avons vu, senti, touché tant de fois que notre esprit a déjà connu toutes ces données, mais nous sommes incapables de les ressortir. Notre esprit est un coffre qui referme notre expérience et seule la discipline de notre pensée permet d'ouvrir la porte vers ces parts de la réalité.
Et désormais... Comprenez. Lorsqu'on ouvre cette porte, qu'on accède à l'immensité des connaissances que nôtre corps a assimilé, que l'on a le plein potentiel de son esprit et de sa mémoire, que nous ne sommes qu'au début de notre art.
Nous avons pris conscience que notre esprit est fragmenté et que tel dans un cocon, il s'entoure de ténèbres percées par les liens avec la réalité.

Comme je l'ai dis, un illusionniste pourra plier les notions de la réalité à son désir.
Et imaginez, qu'une personne dépende de votre bon vouloir pour sentir quelque chose.
Ralentissez sa notion du temps, accélérez la. Modifiez sa perception des couleurs, des formes, de l'espace, sa logique. Deviez et décrochez ce que l'abusé pourrait utiliser.

Ce qui fait de nous un être humain est un ensemble de fragment et nul dieu ne peut nous le retirer.
Nous sommes fragments, nous sommes multiples, nous sommes uniques et pourtant nous sommes anonymes dans la masse. Nous sommes.
Car viens la une grande vérité.


Que sommes-nous ?
Un nom est donné par les parents et se fausse.
Une apparence dépend du point de vue, nul ne peut expliquer ce qu'est le bleu uniquement par la voix et sans comparaison.
Nos pensées sont fragments, tortueuses et modifiable.
Notre âme est outil et dans l'immensité des âmes liés, seules quelques unes ont la personnalité de s'affirmer et de transcender l'anonymat.
Notre corps ? Fragile et destructible, l'âme lui survit pourtant et elle est composante.
Au final, rien ne peut nous définir proprement, tout peut se détourner et dans le monde de l'illusion, on comprend enfin dans une règle essentiel.
Rien ne nous défini, rien ne fait de nous que nous sommes différents à part cette phrase...

Je suis.


Je suis. J'existe. J'ai énoncé ma forme. J'ai énonce des mots.
Même si je suis une création de l'esprit d'un autre. Même si je suis mort. Même si je ne suis rien d'autre qu'un animal. Je suis.
J'existe potentiellement. Et cela me suffit.

Et c'est en comprenant que nous existons que nous atteignons la plénitude de l'illusion.
Brisez les tabous de l'identité, acceptez de ne pas avoir de réalité. Dépassez-vous. Devenez notion.
Vous n'êtes pas un être, vous n'êtes rien. Vous êtes quelque chose d'abstrait, d'inexorablement inconnu à tout autre que ce vous que vous avez conscience.
Avec le temps, tout ce que vous aspiriez à être ou avoir ne sera rien car vous comprendrez la plénitude.

Et passez ainsi la première étape dans les royaumes éthérés.
Lorsque vous vous séparez de toute attachement, que vous pulvérisez ce qui était, est et sera, il ne reste rien que le « Je suis ».
Phare dans l'obscurité, il vous guidera et vous sauvera lorsque vous perdrez des repères singuliers, temporaires ou fictifs, car il est immuable.


En devenant « Je suis », vous devenez capable d'être tout et rien.
La mort ne fait plus peur car vous existez et quand vous n'existerez plus, vous n'aurez plus besoin de cette conscience.
La douleur n'est plus un frein. Elle est un message. Mais vous n'êtes pas ce message. Vous êtes et cette douleur n'est pas vous.
Les sentiments heureux ne sont plus rien pour vous qu'un message. Vous êtes et vous pouvez les apprécier. Mais ils ne sont pas vous.

En connaissant de nombreuses vies, de nombreuses réalités différentes, goûtant à une immensité de royaumes éthérés, vous êtes.
Si vous deviez changer, disparaître de vos amis, les attaches du monde terrestre se demandera ce qu'il s'est passé.
Mais dans les royaumes éthérés, le changement est infini et infime, et grandiose, et limité, et transcendant, et ce n'est pas vous. Car vous êtes.








En comprenant ce qu'est un royaume éthéré, vous comprenez même la notion que la réalité peut se plier à vous.
Un royaume éthéré, c'est vous. Et l'infini. Vous travaillez ensemble. Et vous créez.
Un jour, un homme a énoncé « La forme est vacuité et la vacuité forme ».
Cette vérité, je l'ai compris ainsi.
Je suis. Et sachant le néant de mon existence, je suis pleinement conscient de pouvoir créer.
Nulle attache avec le monde terrestre est nécessaire pour atteindre les royaumes éthérés où nous en sommes tous des seigneurs.


Les royaumes éthérés forment l'absolu de l'illusion et de ce que nous pouvons être.
Observez le monde terrestre. Voyez les événements qui le parcourent. Voyez la dureté d'une réalité aussi factice qu'éphémère. Voyez la vide qu'est la forme.
Maintenant... Vous dirigez votre royaume. Imaginez que chaque événement soit différent.
Vous êtes un roi. Vous êtes un mendiant. Vous êtes.
Et vous formez le royaume éthéré. Vous êtes l'infini de la réalité et vous êtes le vide de vos pensées.

Ainsi vêtu de ces atours, vous pouvez créer des mondes par vôtre pensée, aller au-delà de l'imagination. Vous êtes. Et le royaume éthéré est.
Nul ne peut l'atteindre sans vôtre toucher. Nul ne peut vous atteindre quand vous y êtes entouré.
Nul nom ne pourra le définir car quel nom peut définir le royaume terrestre ?
Le royaume éthéré est une extension de vous. Il est vous.
Et dans le pouvoir que vous obtenez par sa pleine connaissance, vous pouvez deviner les changements. Vous pouvez voir l'infinité des possibilités.
Dénouer l'écheveau du destin et trouver la voie vers l'accomplissement terrestre.
Car vous êtes.
Et d'autres ont besoin d'être.

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Distorsion

Message par Kiart Nenzo le Jeu 22 Déc - 20:53

Je suis assis, la chaleur du feu proche contre ma peau. Je sens ma tempe humide, trempé et je sens que mon crâne est une étuve.
Mes yeux sont clos, je ne vois rien. Et pourtant j'entends. Le doux crépitements des flammes qui lèchent le bois, des cris lointains, des bruits de pas contre le sol pavé proche. De l'eau. L'eau clapote non loin de moi. L'eau est extrêmement proche, je peux sentir la fraîcheur qui s'en échappe, un contraste avec la chaleur.

Et quand j'ouvre les yeux. Je vois.
Le sol est pavé, des roches partout et qui forment un bloc solide juste à côté de l'eau.
Et partout, des flammes. Je suis dans une ville qui entoure une cuve d'eau qui est gardée par des quais. Un port?
Oui... Sauf qu'il est vide. Il est pleins de bateaux qui brûlent. Ils sont tous partis. Ils ont tous été brûlés.
Mais par qui?

Et ma vision reviens autour de moi. Je suis sous un bâtiment écroulé. Un pont en pierre finement ouvragé. À peine commencé. Déjà prêt à être utilisé.
L'auberge qui me surplombe a été éventré et le reste du plafond brûle derrière moi. Je pense que ce sont des caisses. Ces échafaudages brûlent vite, il vaut mieux que je bouge.
Je tente de me lever et je sens une douleur.

Ma cuisse a été percé par un énorme clou. Je ne sens plus ma jambe. Non, je vais bien. Il faut que je parte. Que s'est-il passé? Je n'arrive pas à réfléchir. Je porte ma main droite à ma tempe. Je sens un éclair. Je sens une fraîcheur. Ma main est couverte de sang. Ma paume est sanglante. Juste un coup de surprise. Je dois être malade. Je me sens mourant. Mais je dois me lever.

Je ne peux pas.
Je me lève et je clopine, prenant du bois comme appui. Je sens mon équilibre faillir un instant. Mais je me redresse et j'avance. Il faut que je prenne mon souffle.
Derrière moi. Au-dessus de moi. Tout s'écroule. Je sens la chaleur des flammes. Si proche et si douce. Si douloureuse.

La chute du bâtiment a levé un nuage de poussière, je m'en éloigne et je pense enfin. Que s'est-il passé?
Je tente de réunir mes souvenirs. Trop confus. Mal à la tête, mal à réfléchir. Un nom. Scarrath. Haynailia.
Ils ont abattu l'Iris et ils ont progressé sur nos terres en un rien de temps. Ils ont trahi le traité, ils nous ont tous massacré.

Girvanost était un rempart. Il était le dernier refuge. Le premier point d'assaut. Une ligne d'approvisionnement qu'ils voulaient. L'empire avait demandé l'arrêt des combats. Nous avions déposé les armes pour Scarrath.
Le sang a coulé. Nos dirigeants nous ont abandonnés. Nos soldats se sont battus.
Je m'éloigne du bâtiment et vers le port, je vois enfin des morts.
Un civil qui portait une épée. Une fourche. Un simple couteau. Son visage était typiquement Waien. Ses yeux bleus fixaient le ciel. Il avait fermé les yeux au moment de sa mort. Quelqu'un les avait fermé?
Je pourrais prendre son arme mais je ne me sens pas.
Je ne veux pas ajouter du sang. Je ne peux pas me battre. J'ai honte de moi.

Je n'ai pas pu. J'ai échoué. Mes pensées reviennent. Je devais renforcer Girvanost. Je devais renforcer... Le port. Les murs. Les murailles. Reorganiser les rues. Renforcer les positions.
Je n'ai pas réussi. Girvanost est tombé.
Un massacre.

J'erre. Ma tête me lancine encore. Mes pensées fluctuent. La peur. La colère. La honte. Les regrets. L'indignation.
Ils ont refusés de m'accorder le budget. Survivrai-je? Ils auraient du m'écouter. J'aurai du fuir. Ils ont agi pour leur propre compte. Ma famille est-elle en sécurité? Ce n'est pas de ma faute. Je ne peux rien faire. Je ne peux rien faire. Ce n'est pas ma faute.
Je me souviens. J'avais demandé au gouvernement de m'aider. Ils étaient venu me voir. Un projet pour renforcer les villes. Avec nos frontières affaiblis, Waien devait se protéger. Ils m'ont pas écouté. Ils m'ont ris au nez. Ils étaient occupés à entendre leurs propres voix. Ils sont incapables.
La démocratie s'effondre. Ils ont provoqué leur propre perte.
Nos alliés sont tombés. L'Iris a été détruite.
Naosia a totalement annexé ce territoire et a des vues sur le nôtre. L'Empire en profite pour nous attaquer dans le dos. Scarrath cherche à renforcer son influence, les princes Marchands font bloc contre nous.

Je me pose contre un mur, le dos contre. La chaleur est étouffante. Je dois me concentrer. Pas avancer à l'aveugle. Je n'ai que peu de temps. Mon esprit se brouille.
Je dois fuir. Mais par où? Ou que j'aille, je dois traverser les ruelles. Partout des cris. Femmes et enfants. Cris de rage et de combat.
Waien se meurt avec ses enfants. Dans le sang et les combats.

Je m'effondre. Je n'arrive plus à me lever.
Je progresse lentement à travers la cité.
Des gardes affluent, certains fuient. Où?
Vers l'est? Vers l'ouest? Un garçon. Même pas quinze ans m'indique du bras la position. Il est même pas armé. Il a du emprunter l'équipement d'un de ses parents.
Et la ou il me montre je ne vois que des flammes. Je ne peux pas fuir dans cet état. J'avance lentement.
On m'abandonne. Je les suis.

Les gardes tentent de réunir tout le monde. J'ai peur. Je les aide. Nos cris alertent les assaillants. Scarrath. Haynailia. Parfois nos pairs. Une rébellion. Des partisans. Des fous. Des contrôlés. Des fanatiques. Un inquisiteur. Un monstre.
Chaque ruelle est un combat. Chaque soldat mort s'accompagne de deux autres. Chaque garde mort se transforme en deux réfugié. Nous devenons une masse compacte et lente. Nous abandonnons les blessés. Nous les portons. Ils m'écoutent. Ils me voient.
Certains me connaissent. Certains savent ce que je devais faire ici. Je suis un inconnu. Une image à laquelle les gens s'accrochent. J'ai de l'autorité? J'ai du charisme? Je suis un savant. Un architecte. Mais pas un combattant.

Nous atteignons une place. Une fontaine au centre, des corps partout. Livrées de Waien. Nos couleurs. Nos soldats. Morts.
Nous nous approchons. Un bruit de fer contre la pierre s'entend. Cavalerie. Infanterie.
Une charge unanime. Nous sommes que du bétail sous leurs fers. Une femme meurt transpercée à ma droite. À ma gauche. Un homme perd la tête juste à côté de moi. Je lève les bras.
Je sens le métal froid qui transperce ma gorge.


Dernière édition par Kiart Nenzo le Mar 10 Jan - 20:05, édité 1 fois

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Intrication

Message par Kiart Nenzo le Mer 4 Jan - 22:21

La pluie tombait, martelant pavée, voile de tissus et devantures, récoltant en ses filets le sable qui s'infiltrait, s'installait, s'accumulait et le déposant aux pieds des maisons.
Le vent soufflait et soulevait les vagues qui arrosaient ainsi d'une légère bruine les lieux qui semblaient encore avoir soif malgré cette pluie.
Rien ne perçait la couche grise de nuages, pas un rayon de soleil, juste une sombre lueur lugubre qui plongeait une pleine journée d'été sous une pénombre qui maintenait le port d'Uldiar dans un silence d'homme que l'eau et l'air malmenaient.

Et pourtant, sous cette pluie acharnée et sous ce temps, mon hôte doit se dépêcher. Maître du port, contrôleur des bateaux de passage, un carnet de cuir et un morceau de fusain sous le bras, l'autre rabattu sur son corps pour maintenir son maigre voile qui le protège de l'eau.
Le Merle des Mers est arrivé au port et sa cargaison a été déchargé mais il doit tout vérifier et noter de main propre.


Bordel de pluie. Pourquoi elle est tout le temps présente en cette période!

Dans son exclamation, il en oublie d'observer les alentours, personne l'attend et personne l'observe mais sa mémoire lui rappelle les conditions de son travail et pressant le pas, il avance en lançant des regards furtifs. Mais rien n'est la. Rien si ce n'est le Merle des Mers et sa cargaison qui l'attendent, au loin.

Dépassant la Dame pâle, la Foudredieu et la sorcière d'écume,ses pas le mènent à observer ce qu'il se passe.
A Scarrath, l'esclavage étant naturel, les cargaisons de cet acabit existent.
Mais parmi les hommes se trouvent des non humains. Naosiens.
Ce terme lointain provient du nom que ce peuple se donne, s'il se souvient bien. Un qui ressemble à un chat, deux à un oiseau et un autre à un crocodile. Toujours rabattu et caché, il fait signe au capitaine avant de se mettre dans un entrepôt ouvert, le toit couvert les protégeant de la pluie.


"Belle cargaison? Tu les tiens d'où?
-La plupart proviennent de l'est. T'imagine pas la merde de les extorquer à Nuelen. Heureusement, j'ai pu obtenir la plupart des gosses pour deux bouchées de pains."

Les yeux se lèvent vers ces enfants malingres qui tiennent leurs chaînes tant elles leur pèsent sur les poignets. Puis ses yeux retournent vers les non humains qui regardent les environs avec un regard éteint.
"Et pour les bêtes là? Comment tu les a eu?
-Bfhah! Tu m'croirai pas. Ils sont venus eux-mêmes. Ils sont venu pour une traversée, j'crois. T'crois pas qu'ils connaissent pas l'esclave. Regarde les. Quelques jours avec des chaînes et ça ne lève pas les yeux.
-Pas vraiment. Y en a un qui te fixe."

Levant le nez, il désigne le crocodile qui les fixait, ses yeux jaunes luisants, tel un prédateur alors que la pluie semblait former un masque d'eau.






"C'est comme ça que tu fais ta vie? À la botte des humains et entourés par ces derniers? Je me demande bien ce qui se passe dans ton crâne."
La main tendue sur un encrier, un Naosien fixait un autre. Comme deux frères par les traits, ils étaient opposés par le corps.
L'un vêtu d'un robe d'un textile blanc, ce dernier arborait un corps fin au visage couturé de cicatrices, ses écailles amplifiant la couleur rose de sa chair.
L'autre, vêtu d'une sorte d'herbes, et à la musculature de Berilien, il avait un visage suffisant et souriant alors qu'il tenait l'encrier entre ses doigts, son frère lui arrachant ce dernier d'un mouvement lent de la main, ne tentant pas la bataille.

"Et bien Argunan. Je suppose au moins que tu te plais ici."
Le plus musculeux se redressa en sortant ces paroles, redressant ses jambes et exposant ses pieds nus alors qu'il se mettait en une sorte de position de méditation malgré qu'il était assis sur une chaise en ébène finement ouvragée, sa queue se glissant entre les entrelacs du bois.
"Kiart. Pas Argunan. Et oui. Contrairement à toi, j'ai voyagé et découvert ce continent dont nous avions peur autrefois.
-Pfeuh, parle pour toi. J'ai dépassé ces griefs lors de mes études. L'humanité est comme nous, comme lui, comme moi et rien de plus."

D'un mouvement de l'index, il pointa mon hôte qui les observait d'un oeil fatigué. L'alcool et les mauvaises nuits font mauvais ménage et Kiart lui menait la vie dure à surveiller cette conversation qui s'approche plus des mondanités qu'autre choses.
Ce que l'un devient, ce que l'autre pense. Que l'armuré ait surpassé sa maladie et soit devenu un membre éminent d'un conseil. Que l'autre soit devenu le maître d'une importante entreprise qui appartenait à Bartanon. Rien ne l'intéressait et d'une oreille distraite, il captait certaines informations.

-... Ils veulent la guerre...
-Il y a encore un moyen de les calmer...
-... Ils ne s'arrêteront pas aux Beriliens.

Un conflit?






Une trompe de guerre sonnait au loin.
Sous sa tente, Morgenstern Vantusius croisait les pieds, observant la toile devant lui.
Pour quelle raison les Naosiens avaient accepté les pourparlers, il n'avait aucune idée mais les restes d'Haynailia ne pouvaient qu'apprécier ce court répit qu'ils leurs offraient.
Depuis 1867, ce peuple s'était montré belliqueux et avait réussi à opposer une force puissante à l'extravagance de Berilion. Depuis tout ce temps, les Naosiens n'avaient fait que se renforcer et idolâtrer une figure légendaire, un guerrier à leur yeux qui leur avaient permis de gagner. Toujours plus progressif, ils avaient progressé par l'est du Scarrath, réussissant une campagne d'une efficacité extrême qui a permis en une génération de capturer la moitié du territoire.
Vingt ans plus tard, Scarrath tombait. La province de Waien s'effondrait. Et le sud de l'empire était à feu et à sang.

Les yeux dans le vide, Morgenstern retrouva contenance alors que la toile rouge et recousue de l'empire s'agita devant lui, une main couverte d'écailles et griffue soulevant le tissu épais avant de permettre à l'individu de rentrer.
La légende des Naosiens, le dragon des mers.
Une balafre courait le long de son oeil gauche, l'orbite aveugle, et exposant sa chair rose jusqu'à sa machoîre, alors que son bras droit était manquant jusqu'au début du coude, laissant qu'un moignon de chair qui dépassait de ses écailles et après de la créature qui lui servait d'armure. Son corps était plus qu'épais et devant lui se tenait un être qui devait approcher les quatre vingts ans mais qui profitait encore d'une vigueur d'un homme de vingt ans au vu de sa posture.


"Enchanté de vous rencontrer, comte Vantusius.
-D... De même Arxan."

Tirant une chaise, Arxan s'assit alors devant Morgenstern, son oeil unique vers ce dernier, son museau lentement animé par son souffle lent.
"Je suis... Étonné que vous ayez accepté cette trêve avec Haynailia. Le commandement pensait que les hostilités allaient continuer jusqu'au début de l'hiver.
-Moi de même. Je pensais même à étirer jusqu'à la moitié de la saison de l'hiver. Mais nous avons d'autres priorités, d'autres temps, d'autres époques à gérer. Le peuple pourrait être las de ces disputes avant que nous n'ayons fini de régler ce que l'état veut.
-L'état es-
-L'état est une chose. Mais nous avons ici un but et ce papier.. Est la seule chose qui justifie ma présence."

Posant sa main sur la table, il appuya cette dite main sur les accords que les deux commandements avaient préparés à leur encontre, les Naosiens et les Haynailiens s'étant mis sur la même longueur d'onde sur le devenir du conflit. Et d'un reniflement dédaigneux, il repoussa la feuille d'un pouce, son visage trahissant une haine viscérale à l'encontre de ce papier.
"Vous savez pourquoi on vous épargne cet automne? La peur. Aurore est un front que nous ne devons pas perdre. Ils placent plus d'importance sur ce continent que sur l'ensemble de vos terres agricoles.
-...
-D'ici là, estimez vous heureux de pouvoir vivre quelques jours de plus sur ces terres. Mon peuple reprendra tôt ou tard la place qui lui est dû... Signons donc ce tissu de mensonge avant d'échanger des mondanités."

Se levant en silence, Arxan attrapa la plume qu'on lui avait déposé à son attention et d'un tracé étrangement aérien, il déposa une esquisse de lys en guise de signature avant de tendre la plume vers mon hôte. N'osant lever un oeil vers celui de l'Aulousien, Morgenstern se contenta de saisir la plume, traçant un Vantusius stylisé.
Une courte pause était ainsi faite, permettant à Naosia de se concentrer sur les forces de la coalition de Nurenuil.







Mon peuple... Il se meurt. Incapable de survivre. Une maladie contre nous. Les hommes insensibles. Les animaux non plus.
Mais nous... Oui. Nous sommes condamnés. Je n'ose pas imaginer ce poids qui repose encore sur mes épaules. La guerre, la régence... Et maintenant la maladie.
Jamais, mon peuple mourra. Nous survivrons.
La maladie n'a jamais été nôtre faiblesse. Nous trouverons un moyen.
Plus forts, plus résistants... Je ne vais pas seulement nous arracher à ce fléau. Mais je vais aussi donner une chance.

Plus de morts. Plus d'agonies. Juste une vie éternelle... Et méritée.
Tellement... Méritée.

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Survie

Message par Kiart Nenzo le Ven 6 Jan - 22:01

Mon hôte se tient au soleil, aligné avec ses pairs sous un soleil épais comme Scarrath a toujours connu.
Il se tourne vers la foule qui est au pied de l'estrade et voit deux peuples.
Des humains qui sont issus de toute les castes, habillé de coton ou de soie, venu des hauts plateaux de Jykan ou des bas plateaux.
Et de l'autre côté, lorsque son regard se pose, il ne ressent que de la haine. Des Naosiens, de toutes races mais habillés de façon uniforme.

Garde et soldat, El'Akaïr l'a embauché. Ses pensées voltigent de points en points, sa main se resserre sur la garde. Il attend le moment alors que son maître se tiens sur l'estrade, habillé d'une toge en soie rouge qui est finement attaché par une broche léonine en bronze sur l'épaule gauche. Le dos tourné, on ne voit que la chevelure noire et huilée de cet homme alors que deux Naosiens s'avancent sur l'estrade.


-Tchh... Ils ne sont que deux?
-Silence. Signal.


Mon hôte a à peine haussé la voix mais ses compagnons lui donnent un coup de coude, la formation se remettant en place de ce côté gauche de l'estrade, la droite étant marqué par le vide que seuls les deux Aulousiens honorent.
Un grand et épais, recouvert d'une sorte de plantes. Le second, fin et d'une posture plus courbé sous sa toge pourpre, et c'est la ou s’arrêtent les différences. Kiart et Arxan. Deux frères qui n'ont pas hésité à suivre leur pays pour massacrer la moitié de Berilion.
Je sens l'agitation de mon hôte tout comme celle de ses compagnons. La foule frémis également.
Le grand reste légèrement en retrait mais est seul pour protéger Kiart, qui s'avance avec un large sourire vers le maître El'Akaïr.


-Chers humains, chers Naosiens. En ce jour béni, nous célébrons le réchauffement des relations entre nos deux pays. La crainte ne doit pas être un fardeau pour le peuple, notre ignorance ne doit pas nous arrêter dans la voie de la réussite.
Aujourd'hui, le peuple de Scarrath est fier de pouvoir observer ce moment et assister à l'aboutissement des efforts qu'il a produit.

La foule humaine frissonne, Kiart s'avance vers l'estrade pour prendre la parole, El'Akaïr recule et croise les bras dans le dos. Un raclement de gorge, un mou
Je suis également honoré d'être ici. Mon peuple a toujours promulgué l'harmonie et la réussite, a toujours cherché à atteindre son plein potentiel. Mais aujourd'hui, il pourra comprendre que son potentiel n'est rien sans des alliés. Nous pourron-
La main gauche levé, l'autre sur le cœur, l'Aulousien s'arrête. Un bruit. Un souffle. Une trompe.
Son visage se tourne vers son frère. El'Akaïr avance et tiens son poignard alors que mon hôte court en avant, sortant la lame de son fourreau.
D'un pas léger, il avance vers El'Akaïr qui approche sa lame de la nuque du plus faible des Naosiens, la lame s'approche et glisse contre ses écailles.
Puis une giclée de sang, la main du dignitaire est broyée sous une poigne d'acier et un cri échappe de sa main, qui fait écho au cri de rage d'Arxan.


"TRAÎTRE!"

Mon hôte se jette sur lui. Et avant qu'il ne plonge vers la mort. Il voit.
La foule humaine qui massacre les Naosiens.
Ses alliés qui tentent de trancher Arxan, ses mouvements agiles alors qu'il écrase le cadavre sans viscères du dignitaire, ses bras déjà ensanglantés. Il protège son frère et tiens mon hôte en respect.
Avant que son armure ne lui entrave les membres... Et qu'une griffe s'enfonce dans sa gorge non protégée.
Ses oreilles s'ouvrent. Et un murmure me parvient.

"Pour Eclipse!"






Ils doivent bien être treize. Assis autour d'une table, ils sont tous entourés par des Régisseurs, leur armure de chitine bleue caractéristique, qui observent et écoutent sûrement derrière leur masque impassible. Le regard de mon hôte passe le long de la table, identifiant ses interlocuteurs.Des representants d'armées, des representants de régions annexées de Naosia voir de l'archipel... Et également une femme ayant reniée son statut d'héritière dans la coalition de Nurenuil.
Alors que mon hôte observe cette salle remplie par ceux qui dirigeant Naosia, il sent une honte, ses doigts se resserrant alors qu'il sent les regards vers lui.


-Eh bien, qu'en est-il du front de Waien. Je sais que votre situation a été difficile mais maintenant, que pouvez-vous nous dire de la situation de Darandhaume? Alvia, la suppléante de Briar, une Josis à la carapace finement ouvragée. Ses mandibules se frottent doucement lorsqu'elle parle.
-Hmm.. L'empire tend à vouloir maintenir ce fort et maintient une puissante ligne de ravitaillement. Même avec mon travail de sape sur le long de la frontière annexée n'a pas pu arrêter le ravitaillement pour les Darandhaume et Chênefort. Les frontières internes ne sont pas beaucoup gardée mais la présence de plusieurs milices de citoyens empêche tout effort collectif sans qu'on risque de se faire repérer.
Se tendant en avant, mon hôte pose ses doigts sur la carte centrale, avant de dessiner une ligne imaginaire qui soutient son exposé, son visage contracté par la réflexion.
Même nos illusionnistes n'ont pas suffit à troubler la chaîne de commandement. Ils ont commencé à mettre à profit Axaques pour produire des enchantements.
-Cela est troublant. Je ne pensais pas qu'Axaques allait utiliser les derniers travaux que j'y avais déposé. J'aimerai proposer de couper cette production mais les défenses autour sont impénétrables à moins d'un envoi de forces d'un groupe de Josis de l'archipel.
Je ne reconnais pas la voix mais je le sais, je le sens que mon hôte a affaire à ma propre personne, cette incarnation se tournant ensuite vers un des deux Aulousiens attablés, ce dernier manipulant sa tenue de coton avec une sorte d'inquiétude.
-Le fait est que nous ne pouvons pas atteindre Axaques et que nos efforts de sape vont bientôt ne plus pouvoir suffir. Il faut en arriver aux faits, Darandhaume est intouchable en l'état et il vaudrait mieux laisser une garnison pour maintenir un siège alors que nous progresserons en le contournant. Nous devrions pouvoir ainsi en profiter pour rapidement progresser dans les terres. Qu'en est-il de la préparation logistique pour les Kirians?
-Aucun soucis, dirigeant. Les Kirians pourront bientôt rejoindre les forces stationnés sur Waien et reprendre l'offensive. Nous avons également renforcé les compartiments de stockage comme demandé.

Mon hôte tourne la tête vers Alvia, survolant du regard cette dernière avant de s'attarder vers Arxan. Observant le chef Aulousien, il ne peut s'empêcher de détailler son oeil manquant et couturé ainsi que son corps, n'entendant presque plus de la conversation alors qu'il ne s'égare dans une contemplation, son esprit remuant aussitôt lorsqu'un sourire amusé se dirige vers lui, un sourire que tous ont pu voir.






Sang... Douleur... Mais également doute, regrets, incapacité.
Incapable de se détacher, mon hôte observe une situation qu'il n'aurait jamais voulu. Au-delà de sa propre mort, le dragon des mers se meurt.
Le premier général de Naosia dépérit, le corps mutilé dans une bataille inégale.
A cette évocation, son esprit s'égare, il y repense, son visage dans ses mains.

L'air est âcre et l'odeur du sang se mélange à celle de la sueur, les cris de guerre s'échangeant là où les vivats fusaient. Fantassins contre cavalerie, des Naosiens et des humains se battaient côte à côte contre d'autres humains, les lames sifflant et s'entrechoquant dans des combats personnels qui par leur présence dépeignaient un tableau.

Alphonsius, le chef du fort de Darandhaume avait fait une sortie réussie du siège et avait réussi, en utilisant habilement la cavalerie, à reprendre les environs du fort en détournant l'attention des assiégeants. Le vieux général en avait profité pour couper le front du ravitaillement et avait forcé le Dragon des mers et son armée à reculer, sous les attaques de l'armée d'Haynailia.
Après deux jours de terrible chevauchées, ils étaient retourné à Darandhaume pour se voir prit entre le marteau et l'enclume.

Et c'est dans cette image que mon hôte avait senti sa mort s'approcher, combattant dans l'espoir d'emporter le plus de monde, terrassé par la tétanie, la fatigue ou la perte de sang, son corps se faisant sans cesse plus lent et ses ennemis étant sans fins.
Mais alors qu'il se tenait aux prises avec un piquier, le miracle du dragon était venu. Véritable foudre, ce Naosien traversait le champ de bataille comme une flèche mortelle qui fauchait des vies. Totalement pris dans une frénésie, sa lance transperçait les corps comme un simple quartier de viande sans jamais s'arrêter pour la retirer, cette dernière revenant toujours à sa main. Ou qu'il allait, il galvanisait les troupes.
Plus qu'un chef, il était l'accomplissement des efforts d'un peuple.

Et, terrassé par la fatigue et le nombre, il avait perdu son bras et son corps était transpercé en plusieurs points.
Mon hôte lui-même passa sa main sur ses côtes mais alors qu'il y pensa, il vit plusieurs mages Naosiens vêtus de plantes s'atteler vers la tente de commandement.
Nul n'avait vu qui l'avait attaqué dans le dos en premier. Mais aussitôt, le dragon des mers se retrouva à terre avant de tenter de répliquer du bras droit, récoltant la tête du lâche.
Mais après cela, il se faisait lui aussi moins vif, moins efficace.
Le corps de plus en plus ensanglanté, il avait fini son dernier combat, combattant un seul adversaire qui lui prit le bras avant de lui-même se faire transpercer le ventre.

On l'avait porté lorsque Sulliar était arrivé pour les sauver... Et plusieurs hommes, plusieurs Naosiens.
Le dragon des mers n'était pas qu'un soldat, pas qu'un simple Aulousien. Il était celui qui avait sauvé le dirigeant, avait sauvé la colonie de Yehn Seil d'un assaut de la coalition de Nurenuil, réussi à prendre Rivendoc par le fleuve et repoussé la lance de l'empire, Cimeterre Vantusius.
Le Dragon des Mers mourant, Naosia en perdrait la guerre. Et certains plus que d'autres.







Heureux? Oui, c'est le mot.
A la droite de l'hôte, se trouvait Argunan... Kiart... Son futur frère par les liens et celui auquel il devait allégeance.
Et devant lui, celui qu'il aimait. Son oeil unique vibrait, de même que la mâchoire de mon hôte.

-Et que leur union nous illumine.
Une étreinte, nullement dans des habits mais chacun dans une armure de célébration. La paix était arrivée, les accords avec l'empire... Et maintenant, un étrange rêve se réalisait alors que sous les yeux de son nouveau frère, il étreignait celui qu'il craignait tant de fois d'avoir perdu.
Pour une fois que le bonheur avait la grâce de les toucher.

-Astar... Je ne veux pas oublier un seul instant de ce jour.






Assis, le visage sur ses coudes, il était encore une fois un témoin lointain.
Disposé pour les besoins des recherches, il n'était qu'un Régisseur et s'il était au service de celui qui fût le Dragon des mers, il ne voit en lui qu'un chercheur avec ses propres tics.
Incapable de tout faire seul avec un bras en moins, il s'échinait pourtant pour reprendre ce que la révolution de Naosia avait fait perdre... Les sciences, les savoirs.
Une révolution qui apporta la mort de beaucoup de mages mais qui libéra l'archipel d'une machination qui avait corrompu leur histoire.

Mais là? Que faire si ce n'est attendre, observant ce vieil excentrique jouer avec les plantes, l'aider à s'allonger lorsqu'il oublie de se reposer... Ou juste s'occuper de cette bague qu'il garde toujours dans cet écrin et qu''il lui demande de lui mettre au doigt à chaque fois qu'il sort.
Un souvenir? Qu'importe.

Les souvenirs seront bientôt de l'histoire ancienne... S'il arrive à battre la mort comme il a déjà fait tant de fois.

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Trépas

Message par Kiart Nenzo le Dim 8 Jan - 14:16

Ai-je peur? Oui.
Ces yeux à travers lesquels j'observe sont les miens. Cet esprit qui frissonne est également le mien. Et j'observe une peur mêlée de fascination.
Je le vois à travers les yeux d'une âme aveugle, un démon.

Ses pas avancent et foulent le sable du désert, le maculant d'une encre sanguine dont il n'est jamais rassasié, l'histoire de ce lieu étant une concentration de massacres que nul despote espère atteindre.
Ses pieds sont nus et alors qu'il progresse, le sable s'accroche à ses écailles, progressant sur cette protection avant de progresser vers ce qu'il appelle son armure.
Une plante qui vit à travers son porteur, se gorgeant d'un sang qui n'est pas le sien alors qu'elle en est elle-même couverte, lui donnant l'aspect d'une fourrure maculée.
Son visage est une expression de souffrance profonde, son regard jaunâtre se teintant de rouge alors que c'est ce même rouge qui s'efface sous ses larmes, ses pupilles tournés vers celui qu'il tient dans ses bras.

Le berçant presque, il le tient dans ses bras et s'y raccroche alors qu'il progresse, rabattant le fin voile de la toge de son frère afin de cacher la cause de sa mort et son visage inexpressif à lui-seul. Pourtant, le sang s'est imbibé et le pourpre n'arrive pas à cacher la teinte autour de la nuque du cadavre.


Ses bras frissonnent mais il continue de progresser, traversant un campement qui se vide de toute ambiance, les visages se faisant multiples afin de voir cette lente marche alors qu'il le traverse vers sa propre tente. Nul son, si ce n'est la respiration d'Hommes et de Naosiens qui retiennent cet instant alors qu'il rabat de son épaule le coton non teinté, déposant sur l'étoffe la trace de son massacre, l'ambiance retombant alors qu'il n'a rien dit.
Aucune indication, aucun contrôle, aucun chef qui puisse nous répondre.
Les personnes se dispersent, tentant de vaquer à leurs occupations, mais on le voit, tous regardent cette tente.

Brisant le sacré de ce moment, il ose s'avancer vers le démon, suivant le tracé du sang qu'il a laissé derrière lui, des pas et une ligne continue dans le sable, qui ne cesse réellement là où il est rentré. Les doigts fébriles d'Aldeus tirent doucement le tissu en évitant de toucher le sang, faisant rentrer un petit peu de lumière extérieure.
Assis en tailleur, il expose son dos à ma vision et cache assis le cadavre de son frère. Le toge retiré de ses épaules, je le vois allongé sur le dos, le visage maintenu droit par la main droite de son frère qui est glissée sous sa nuque.

Et la tête rejetée en arrière, il se met à fredonner. Doucement, sa glotte s'agite et un son rocailleux en sort, s'affinant lentement à mesure que la tension se dénoue.
Et ce chant se répercute.
Le sol vibre, au rythme du chant, la respiration de l'Aulousien s'amplifie et le sable se déplace, se déformant en six blocs qui l'entourent et s'élèvent hors du sol.

Instinctivement, je vois ce corps reculer et s'éloigner de la tente, mais rien n'arrête le sortilège.
Tout autour de la tente, le sable s'agite et se mue dans le sol comme du verre avant de glisser vers la tente, alors que la pierre en-dessous s'élève et prend forme.
La foule se reforme devant cette démonstration de maîtrise. Mais celui qui y est et moi-même savons ce qu'il en est. Un moyen de se refouler, un moyen d'honorer.
Ce chant est un chant funèbre et ce qui se forme est une tombe glorieuse destinée à une personne qui a juste souhaité la paix.

Le socle se forme autour de la tente, l'extrayant de ses appuis et la faisant retomber contre les piliers à l'intérieur de la tente. Le tissu se déchire, la protection contre le soleil se décompose en plusieurs morceaux d'étoffes sous les pointes de granit s'élève et forment une structure en arche qui soutiens vers les trois mètres, formant une coupole où le verre remonte, s'y accumulant et formant un prisme dans la voûte, la pierre soudant l'ensemble pour ce qui pourrait être une éternité.
La pierre à l'extérieur continue de s'élever et douze piliers s'élèvent autour.

Le chant, dicté par Arxan, se fait désormais plus fort à mesure que des Naosiens s'y accrochent, donnant leurs poumons à cette musique monotone et répétitive qui dirige le développement de ce temple.
La pierre s'élève et prends forme en des piliers bruts et carrés, la structure, plusieurs passes se formant à mesure qu'un toit se forme vers l'extérieur des piliers, formant une couronne formé par des colonnes et qui prennent des formes de plus en plus courbés. Et à mesure que le temple progresse, atteignant les dix mètres, la pierre se referme en laissant des ouvertures espacées, telles des fenêtres pour illuminer le prisme.

Le chant, maintenant repris dans un chœur composé de tout ceux qui ont du respect pour l'Aulousien, atteint son apogée alors que les lèvres d'Arxan, s’entrouvrent en une suite de claquements, la voix de tout les Josis grimpant vers les aigus et celle des Mirianiens les accompagnant, formant une lente alternance entre aigu et grave.
Les yeux humectés, la vision me parvient enfin de Kiart... D'Argunan... Qui s'enfonce lentement dans la pierre, formant une tombe scellée dans les fondations qui se creusent.
Et lorsque le chant s'éteint des lèvres d'Arxan, les piliers s'effritent, la roche se brise en certains lieux et les piliers se déforment pour ne laisser qu'un travail d'artiste où se dessinent des paysages, le sol creusé en une mosaïque où l'enfoncement fait place à la peinture, représentant un crépuscule... Ou une aube.


-Maintenant, je n'ai rien à perdre.
La voix brisée, Arxan les prononce... Avant de s'effondrer en avant, peu osant accourir à son aide.






Un démon...
Cette image ne fait que s'inscrire dans cette voie alors que je poursuis l'infinité de vies qu'il retire.
Ayant rejeté l'armure des Tisseurs, je le vois porter seulement une armure d'homme, de plates et fait d'un acier couleur fumé. Ses écailles sont blanchies, son visage n'est plus qu'un masque et sa voix... Un cri.


Je le vois à chaque fois, à la tête de ses pairs et unique par rapport à eux. Rejetant Chitine, Roche ou plantes, il s'enchaîne à l'acier de même que ses mains l'étreignent.
Je le vois, armé d'une lame. Parfois d'une claymore. Parfois d'une hallebarde. Chaque voie évoque la perfection d'un style. Chaque voie montre la mort qu'il porte.
Et chacune ses réunissent en un point.

Je le vois alors qu'il tourne le dos à mon hôte.
Ma lame, il l'a perdu dans le cadavre de celui qu'il vient de tuer.
Il sent la peur qui lui étreint le ventre alors qu'il se sait si proche. Arxan... Démon qualifié de Dragon.
Son corps est une arme et mon hôte n'a plus qu'un couteau en tant qu'arme.
L'occasion est belle, trop belle... Et unique.
Il sent la salive au goût de métal dans sa bouche et la piqûre que son corps lui envoi. Ce coup sera probablement le dernier.
Il s'élance et court vers sa propre mort dans l'espoir d'achever cette guerre. De sauver la coalition. De tuer ce monstre. D'apporter la paix à Eclipse... De se sauver. De sauver son fils qui doit probablement s'entraîner pour se battre, au nom du même peuple pour lequel il a juré de combattre.
Et sa lame touche, elle se glisse dans la jonction de l'aisselle, l'Aulousien relâche son arme... Et les hommes l'entourent de leurs lames.









-Pitié... Dieux... Donnez moi un espoir.
Assis à ses côtes, mon hôte lui étreint le bras. Astar... Amant... Rêveur... Et soutien.
Et éperdu.

Ses deux mains entourant celle d'Arxan, il s'y accroche et ressent la froideur d'un mort.
Et pourtant, il ne peut pas le voir;
Autour de lui, on s'agite.
Tout Naosiens et humains s'agitent pour le sauver. Incapable d'utiliser la magie. Incapable de l'opérer.

Pourquoi il ne peut même pas voir son visage? Couvert par une étoffe, il ne peut même pas la retirer sans voir l'oeuvre des Tisseurs.
Mages sans utiliser la magie pour soigner, ils guident la vie pour qu'elle travaille à leur place.
Et que verait-il? Un corps recouvert d'une chair qui n'est pas la sienne, voir le sang de son aimé battre dans le corps d'un quelconque parasite.
Y a t-il vraiment une beauté dans l'acte de sauver des vies lorsque la vie elle-même prend une tournure si chaotique et cruelle?
Ses doigts ne s'en resserrent qu'avec plus d'espoir, nichant son front contre son poignet sans que personne n'ose l'en retirer.


-Arxan... Tu as encore à perdre. J'ai... Encore à perdre.








Une longue bataille. Voilà l'unique pensée que je ressens du premier roi de Naosia et dernier de sa lignée.
Ayant perdu son frère durant les combats, il a rendu service à sa nation en formant la paix avec les états humains, repartissant équitablement les territoires et les richesses.
Alors même qu'il rentrait voir son peuple, brisé par l'expérience, il foula au pied la tyrannie d'une élite corrompue et fonda une nation qu'il fit prospérer.

Il conquit ce qu'il resta d'Aldor, pacifia Eclipse et Aurore. Et son peuple parcouru l'intégralité du globe.
Sous son règne glorieux, tous furent portés avec les mêmes chances.
Même lorsque ses proches moururent... Il resta seul, sans enfants ni lignée.

Éloigné du peuple, il en resta bienveillant... Avant de lui-même s'effondrer...
Une longue bataille... Qu'il venait de terminer.

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